RENCONTRE DE JÉSUS AVEC SA MÈRE
Marie se tenait renfermée dans sa petite maison, en proie à sa douleur, et attendant d’un moment à l’autre l’annonce fatale de la condamnation de son divin Fils. Tout a coup saint Jean paraît sur le seuil. La Mère désolée s’empresse de l’interroger. Mais pour toute réponse elle voit couler des larmes. Ah ! s’écrie-t-elle, je ne comprends que trop ! et sur-le-champ elle part avec la pieuse famille qui l’entoure pour dire un dernier adieu à son bien-aimé Fils. Elle le rencontre au bout d’une rue, à peu de distance du lieu où il avait fait une chute. Quelle langue pourrait dire les sentiments de tendresse, les regards compatissants qui furent échangés entre ces deux cœurs si brûlants d’amour? Je voudrais seulement, mon pauvre pécheur , que vous pussiez rentrer en vousmême et peser la dette énorme que vous avez contractée envers la justice divine, tandis que vous avez été par vos désordres la cause de tant de peines pour ces deux cœurs innocents. Voyez Jésus qui se plaint de votre cruauté à tourmenter le cœur de sa Mère; voyez Marie : avec quelle douleur elle vous exprime ce quelle souffre, en vous voyant si impitoyable à l’égard de son bien-aimé Fils. Et vous, quels sont donc vos sentiments? Quoi ! vos yeux ne se changent pas en deux fontaines de larmes ?
CINQUIÈME EXERCICE
Jetez-vous ce soir aux pieds de Jésus et de Marie et prenez la résolution de changer totalement de vie au moyen d’une bonne et sainte confession. Ne tardez pas, mon frère ; c’est peut-être le dernier avis que Dieu vous donne .
Ve STATION.
JÉSUS AIDÉ PAR LE CYRÉNÉEN
Telle était la quantité de sang que Jésus avait perdu, qu’on voyait le moment où il allait succomber sous son lourd fardeau. Mais la haine de ses bourreaux acharnés ne serait point satisfaite, s’ils ne le voyaient suspendu vivant a la croix ; c’est pourquoi, ils cherchent dans la foule quelqu’un qui veuille bien aider le Sauveur à porter l’instrument de son supplice. — Quel sera, dans cette religieuse assemblée, le compatissant Gyrénéen qui consentira a prendre la place de Jésus? Chacun se retire. Ah ! j’en comprends le motif. Pour passer les nuits entières dans ces veilles infâmes, on a des forces de reste ; mais pour demeurer une demi-heure a genoux dans une église à méditer sérieusement sur son éternité, la tête n’y tient plus. Pour se livrer à mille excès on a un estomac a digérer le fer; mais pour jeûner le carême prescrit par l’Eglise, la santé ne le comporte pas. Ah ! maudite illusion ! Quelles métamorphoses on verra dans l’autre vie, mes frères, si nous ne remédions pas a temps a ces désordres! On reconnaîtra alors que si l’on avait souffert pour Jésus-Christ la moitié de ce qu’on souffre pour le monde, on aurait été de grands saints. Réveillez-vous donc, réveillez-vous et embrassez de bon cœur la croix de Jésus-Christ, en lui demandant la force de la porter avec persévérance jusqu’à la mort, oui, jusqu’à la mort.
VIe STATION.