PREMIERE PARTIE
LIGNE DE L'ATLANTIQUE
Carte générale. — L'Amérique septentrionale présente la configuration physique la plus favorable aux travaux de communication soit par canaux soit par routes artificielles. Une des circonstances les plus remarquables est , sans contredit, la disposition de ses immenses fleuves navigables , ses larges baies , ses détroits et ses lacs qui concourent à former un ensemble de navigation intérieure , incomparable sur aucun autre continent. Elle dessine une ceinture de canalisation naturelle et parallèle à la côte de plus de 1,800 lieues de développement, sur laquelle les bâtimens à voile peuvent naviguer à l'abri des tempêtes , depuis l'extrémité orientale de rUnion jusqu'au golfe du Mexique.
Une autre circonstance non moins remarquable, et peut-être plus importante encore , par l'influence qu'elle a exercée, dès l'origine des premiers établissemens , sur l'objet que devait se proposer toute entreprise d'amélioration intérieure , c'est la division absolue du pays en deux grands versans , de l'est et de l'ouest , par la chaîne des monts Alleghaniens.
Le vei*sant de l'est fut le premier habité : les états de l'Atlantique furent aussi les premiers à sentir les besoins de communications , et à s'occuper des moyens d'en établir entre les états de l'est et ceux de l'ouest , entre l'Atlantique et le golfe du Mexique ; cette idée primitive , la plus grande , la plus féconde de toutes , vint présider et diriger tous les efforts individuels que les besoins des localités réclamèrent d'abord.
Telles sont les bases grandes et simples du système de voies de communications données , pour ainsi dire , par la disposition physique du pays ; ce furent aussi celles que s'imposa la com-
mission des améliorations intérieures, lorsqu'elle eut à s'occuper du gigantesque ouvrage qui forme le sujet de notre première publication sur les État»-Unis.
Les chemins de fer ne sont que le complément de ce premier travail , et viennent se ranger dans la même classification. Nous distinguerons donc , sous la dénomination de ligne de V Atlanliqae , tous les chemins de fer qui tendent à former une seconde ceinture artificielle de communication parallèle au littoral , et , sous celle de VAttantique vers V ouest, tous ceux qui tendent à créer ou à activer des rapports directs ou indirects entre cette première ligne et les régions à l'ouest des monts Alleghaniens.
Sur le littoral se trouvent les plus grands centres de population , déjà réimis par la navigation à vapeur , qui jusqu'ici a secondé d'une manière si remarquable l'esprit commercial de l'habitant des bords de l'Atlantique. Néanmoins , ce moyen de communication n'était pas complet ; il laissait de longs intervalles à remplir par la voie de terre , et l'ensemble de ces transports , trop lents pour l'esprit actif et lo comoteur des Américains , ne répondait plus aux besoins devenus plus grands et plus pressans d'échange et de rapports entre ces différentes masses d'habitans. Ce sont ces besoins de créer de nouveaux rapports sur le même littoral qui donnèrent naissance à cette conception nationale, dont les bienfaits devront se faire ressentir aux générations les plus reculées, celle d'établir une ligne de chemin de fer des bords de l'Atlantique. Elle devra un jour unir Boston à la Nouvelle-Orléans , en passant par toutes les capitales des États de l'Atlantique.