ANNÉE KILOGRAMMES
LA CHÈVRE D'ANGORA hors de la TURQUIE
La Chèvre d’Angora fut pendant plusieurs siècles sans rivale dans le monde entier, c'est pourquoi certains pays étrangers essayèrent d'en entreprendre chez eux l'élevage, malheureusement ce fut fréquemment sans résultat.
Pourtant, dans la premère moitié du XVII° siècle, à l'époque des Croisades, la destinée voulut que cette impor. tation fut, en France, couronnée de succès. En ce qui concerne ce premier essai, nous n'avons pas, à notre grand regret, trouvé beaucoup de renseignements. Un voyageur et historien, bien connu en Turquie, Evlia Tchélébie, dit dans un de ses ouvrages : « Le climat de la France défavorable à la Chèv c d’Angora rendit l'élevage impossible, et un grand nombre des animaux importés ne résista pas ».
Après cet essai infructueux, le Marquis de Gironi, en Toscane, voulut essayer à son tour. Il était disposé à faire toutes les dépenses nécessaires à la réussite de l’entreprise, si grandes fussent-elles : il fit émigrer une famille turque spécialisée dans la pratique de l'élevage de ces animaux et du tissage de leur mohair. Malgré cela, il ne réussit point encore.
En 1767, M. de la Tour d’Aigues, Président de la Société Royale d'Agriculture, fait une importation importante de Chèvres d’'Angora qu'il installe dans ses terres de la Chaîne du Libéron, dans les Basses-Alpes. Ces bêtes y prospérèrent admirablement sous la conduite de leurs gardiens,
car M. de la Tour d’Aigues avait, à l'exemple du Marquis de Gironi, confié ces animaux à des chévriers turcs emmenés avec eux dans le but d'apprendre aux Français, non seulement à élever la Chèvre d'Angora, mais aussi à en filer et à en tisser la mohair.
En 1778, on tente un nouvel essai à la ménagerie de l'Ecole d’Alfort au milieu d’autres animaux exotiques et orientaux. Mais en décembre 1:70, Kumefelt n'y trouva plus qu'un mouton péruvien et une vache indienne.
C'est également à la fin du XVIII siècle, en 1786, que Louis XVI fit créer une bergerie modèle à Rambouillet; on essaya d'y installer des chèvres d’Angora, en même temps qu'on irtroduisait en France le mouton mérinos.
Tandis que les Français essayaient vainement d'’acclimater la Chèvre Mohair, les autres pays de leur côté, s'efforçaient d'y réussir.
Le Roi d'Espagne, Ferdinand VII, s'inspirant sans doute d’un essai préalable tenté en 1763 sans résultat concluant, acheta, vers 1830, cent chèvres d’'Angora et les établit d’abord au Parc d'El-Retiro, où elles se multiplièrent si rapidement qu'il fallut bientôt les transporter sur les montagnes de l'Escurial où leur troupeau existait en 1843.
En même temps, en France, plusieurs savants naturalistes s'aidant du concours de la Société Nationale d’Acclimatation creent un mouvement d'encouragement en faveur de la race étudiée. Enfin, le 24 mars 1854, la Société Impériale d'Acclimatation décide qu'un nouvel essai doit être fait pour doter la France de Chèvres d'Angora et, le 3 décembre de la même année, elle recevait en don du Maréchal Vaillant, un superbe troupeau de seize bêtes dont |! ’Emir Abd-el- Kadir lui avait fait hommage.
Plus tard, la Société, par l'intermédiaire du Baron Micunu, Consul de Brousse, ayant acheté encore soixanteseize chèvres dont six noires, elle put faire de nombreuses distributions en divers points de la France; l'essai fut partout parfait, excepté cependant en pays humide. L’humidité du sol et de l'air, en Alsace, n’a pas permis de bons résultats. En montagne, dans le Jura chez M. Jolo, un bouc et quatre chèvres prospérèrent, et, dans la suite, cet éleveur put constater que les Chèvres d’Angora sont remarquables par leur résistance à toutes les maladies.
Dans la Drôme, M. Alvio affirme que la mohair des Angoras nées en France est plus fine que celle de leurs parents, et qu'elles y sont un produit plus avantageux que les moutons.
Après tous ces essais et ce long travail, on ne trouve plus aujourd'hui en France, pas plus qu'en Europe, une seule chèvre d’Angora. Il est établi que la cause essentielle de l’insuccès en France est le climat, mais nous ne saurions nous rzn1ger à cette opinion, car il n'existe pas de différences si grandes entre le climat français et celui de l’Asie Mineure. La vérité est plutôt dans la bouche de Benion qui dit : « Les Français, avec de la patience et de la persévérance, auraient sûrement obtenu un résultat égalant celui des Anglais au Cap ».
Si l'importation de la Chèvre Mohair a eu en Europe un éhec retentissant, l'élevage en Afrique, et plus particulièrement en Afrique du Sud, a été remarquable et nous pouvons aisément considérer que l'exportation a été faite au Nord par les Français (Algérie), au Sud, par les Anglais (Cap).
Nous signalerons avec plaisir un résultat satisfaisant à Madagascar.
D'après un article de M. Poisson, publié dans la Chèvre au Foyer (n° 35 de 1925), voici quelle est la situation de l'élevage d’Angora à Madagascar.
Le premier troupeau de Chèvres d’Angora importé dans l'ile comprenait trois mâles et trois femelles qui furent cédés, en juin 1914, par M. le Directeur de l'Agriculture de l’Afrique Orientale anglaise à M. Carongeau, Chef du Service Vétérinaire des Haras et de l'élevage. Ces animaux furent placés à Befanamy, sous la direction du Vétérinaire directeur de l’Autrucherie officielle. Ces Angoras furent croisés avec les chèvres du pays dès 1013, et l'influence dominante du sang Angora fut telle que, reproduits en consanguinité, les deux troureaux d’'Angora et de métis Angora, sont presque identiques. Malgré quelques pertes, et une épidémie due à une sorte de scepticémie hémorragique, assez jugulée d'’ailleurs, on enregistre en 1924, quatre-vingts animaux.
Néanmoins, la longue période de dix ans de reproduction en consanguinité a eu pour effet de diminuer la valeur des prod its. Aussi dans le but de remédier à cet inconvénient, le Gouvernement de la Colonie a-t-il fait acheter à M. le Vétérinaire Major de 1” Classe, Geoffroy, Chef du Service Vétérinaire en 1024, dans le Sud de l’Afrique, vingt-quatre Angoras sur sélectionnés. Les animaux de ce dernier troupeau sont de plus petite taille que ceux de l'Afrique Orientale anglaise, mais la mohair est plus longue, plus fine, plus bouclée et plus soyeuse. Ce nouveau troupeau sera employé de la manière suivante :
1° Formation d'un troupeau d'Angoras purs avec les
éléments régénérés par infusion de sang nouveau au troupeau de 1914;
2° Formation d'un troupeau d'Angoras très purs avec les unités de 1924.
En outre, des essais d'acclimatation seront entrc 2ris avec les anciens métis Angoras dans différentes régions du pays.
Ce programme est en voie d'exécution, il semble que les régions d'altitude entre 1.000, 1.200 mètres soient les lieux dilution, en particulier, il paraît indiqué de faire des essais dans les contrées de l’Ysalo, chaîne de montagnes gréseuses et détritiques qui s'étend à l'Est de la Province de Tuléar, à environ 200 kilomètres à l’intérieur et en direction Nord Sud entre les fleuves Mangoka et Onilahy.
L'élevage à Madagascar est presque sans frais car on met le troupeau en pâturage toute la journée et on le rentre le ‘soir dans un parc, comme font les indigènes pour les bœufs. C’est dire par là que cet élevage pourra être entrepris très facilement par les Malgaches.
Le Service Vétérinaire des Haras et de l’Elevage a également introduit la Chèvre d’Angora dans la partie centrale de l’Ilé et un petit troupeau a été placé à Austirahé, au Sud de Tananarive.
En Algérie, l’acclimatation des Chèvres d’Angora s’annonce parfaite dès les débuts. En 1857, la Société d’Acclimartation affirme que le troupeau de onze chèvres et d’un bouc envoyé en Algérie comptait, trois ans après, quarante-sept têtes dont dix-huit boucs et vingt-neuf chèvres. Il n’y avait eu qu’un seul décès, celui d’une vieille chèvre atteinte de « Marasme ». En effet, pour la chèvre d’Angora, le climat algérien est très favorable, elle donne alors une mohaïir blanche, fine et longue. Malheureusement, en Algérie comme en Europe à l'heure actuelle, c'est le manque de fixité qui arrêta d'un coup cette marche dans le progrès de l’amélioration.
Les Anglais, poussant plus avant le timide essai des
Français en Algérie, exportèrent au Cap une quantité assez importante de chèvres et obtinrent ainsi un remarquable résultat.
Le promoteur de cette tentative fut un officier de l’Armée anglaise des Indes, qui était venu passer un congé € quelques mois dans le Sud de l'Afrique; là, il fut frappé par le grand nombre de chèvres communes que l’on rencontrait sur toute l'étendue de la colonie. Son séjour antérieur aux Indes et en Orient lui ayant permis d'observer les progrès qu'il serait possible de réaliser en croisant les races, il se décida à expérimenter au Cap, et c'est avec cette idée directrice que dès son retour à Bombay, il essaya de se procurer des boucs de pure race Angora. Ce fut lui qui fit arriver dans la colonie des chèvres Mohair à l'élevage desquelles on attache aujourd’hui tant de soins.
Notons en passant que la date de la propagation de la Chèvre en Afrique correspond exactement à celle de la dissémination du même animal en Amérique.
En 1849, pendant le règne du Sultan Médjid, un Américain, M. James David, spécialiste de la culture du coton, vint en Turquie; le Chef d'Etat, pour lui prouver sa reconnaissance, lui offrit comme présent deux boucs et sept chèvres, échantillons reproducteurs. C'est de là que naquirent les progrès de l'élevage de la chèvre en Amérique. Depuis 1881, les Américains ont fait, à plusieurs reprises, achat de noueaux reproducteurs; réalisant des croisements nombreux, ils obtinrent une superbe race. Ce fut alors, après le Cap, un nouvel adversaire que trouva la Turquie dans l'Amérique pour l'exploitation de la mohair.
D'après les statistiques, il existe en Amérique près de trois millions de chèvres et l'exploitation de la mohair peut
atteindre cinq millions de kilogrammes. Au Cap, c1 relève sensiblement les mêmes chiffres, tant en ce qui concerne la population caprine qu'en sa production. Pour l’ensemble de ces deux pays, on compte donc environ six millions de chèvres, et la Turquie, malgré ses guerres fréquentes, en conserve un nombre qui s'exprime ainsi par rapport au précé- VSHATEN TE
D'après un travail récent et inédit (juin 1925) de M. F. Malfroy, Vétérinaire Major de deuxième classe et Chef du Service Zootechnique du Soudan, la situation et l'historique de l'élevage de la Chèvre d'Angora en Afrique Occidentale Française, est la suivante :
« De ce que nous venons de voir, il semble bien résulter que l'élevage de la Chèvre Angora procure des bénéfices importants à ceux qui l’entreprennent, et que son élevage est susceptible d'enrichir une région.
Cet élevage peut-il devenir intéressant en Afrique Occidentale Française, notamment dans les régions subsahéliennes et sahéliennes ? A notre avis, la réponse est affirmative, et les populations nomades et semi-nomades de ces régions pourraient en tirer un grand profit.
On peut estimer qu’il y a actuellement un troupeau d’environ 3.000.000 de caprins en Afrique Occidentale Française, dont les 3/1 sont élevés dans les régions subsahéliennes et sahéliennes qui conviendraient bien à la Chèvre Angora.
S'il était possible de remplacer ces animaux par des Angoras, ce serait une véritable fortune pour ces vastes régions deshéritées. N'y aurait-il qu'un + million de chèvres donnant un poil analogue à celui des animaux du Cap ou d'Asie Mineure, les nomades du Sahel et des confins
sahariens seraient en possession d’un capital important, car ces animaux auraient une valeur beaucoup plus grande que celle des chèvres indigènes. Ils en tireraient en outre un bénéfice annuel considérable. Ces chèvres donneraient, en effet, approximativement quatre kilogrammes de poils par animal (c'est la moyenne des toisons des Angoras de la bergerie d'El Onalodji) soit 2.000 tonnes par an pour un troupeau de 300.000 têtes.
Cette étude étant faite à la colonie, nous ne connaissons pas la valeur réelle du mohair en France, mais en tenant compte des prix payés au Cap (en moyenne un schling la livre anglaise), le produit atteindrait une valeur de 200.000 livres, soit au change de %0 francs la livre sterling, près de 13 millions de francs par an (sans compter la valeur des peaux et des animaux réformés). Il est intéressant de noter ici que les moutons de Macina (moutons à laine autochtones) ne donnent guère que Soo grammes de laine par an, et ce produit étant payé une moyenne de 4 francs le kilogramme sur place, 500.000 moutons ne rapporteraient, tels qu'ils sont actuellement, c'est-à-dire non améliorés, que 1.600.000 francs.
Or, la Chèvre Angora s'acclimate bien au Soudan et son poil ne semble pas y dégénérer.
En 1023, la bergerie d'El Onalodji (près de Tombouctou) a reçu du Cap un bouc Angora, don de la Chambre de Commerce de Tourcoing. Ce bouc vit au milieu des chèvres indigènes, et depuis son arrivée, il a toujours été en parfait état de santé et d'entretien.
Malheureusement, ce reproducteur était un peu âgé, aussi n'a-t-il fait que quelques montes. Les produits étaient bien venus; ils tiennent du père la teinte de la robe. Le poil
est plus long que celui des mères indigènes (race maure bleutée), mais il n’a encore aucune valeur commerciale.
Il ne faut pas compter avoir du mohair présentable sur le marché avec des 1/2, 3/4 et même 7/8 de sang: il faut au moins atteindre le 15/16 de sang.
En mars 1025, la bergerie d'El Onalodji a reçu de nouveau trois boucs et trois chèvres achetés au Cap par les soins du mandataire de la Chambre de Commerce de Tourcoing. Deux boucs et deux chèvres achetés en même temps doivent être mis dans une bergerie que le Chef du Service Zootechnique du Soudan compte installer dans le Sahel de Nioro.
Les nouveaux venus, un peu jaunes, ce qui n’est pas un défaut, se sont également très bien acclimatés, et ils sont en très bonne santé, sauf une chèvre morte accidentellement à El Onalodiji.
Les mâles ont commencé à faire des saillies aussi bien de chèvres indigènes que de chèvres Angora.
Il est évident que les animaux importés sont trop peu nombreux pour que l’on puisse penser dès maintenant à améliorer la race locale. I] faudrait avoir au moins cent chèvres et vingt boucs. Dans ces conditions, l’amélioration de la race irait assez vite. En outre, de temps en temps, et pendant quelques années, il faudrait introduire de nouveaux géniteurs mâles pour rafraîchir le sang.
Les cent chèvres seraient gardées en bergerie avec dix mâles pour faire des pur sang. Les dix autres mâles pourraient être répartis dans certains troupeaux désignés et surveillés, constitués uniquement par de belles chèvres, blanches de préférence. Ces troupeaux, qui ne contiendraient pas de mâles indigènes, ne devraient jamais être mélangés avec les autres troupeaux indigènes.
Tous les produits mâles 1/2, 3/4 et 7/8 de sang seraient castrés et toutes les femelles teintées, mal conformées, où dont le poil ne serait pas nettement amélioré seraient réformées. Au bout de quelques années, ces troupeaux uniquement formés d'animaux 15/16 de sang (car petit à petit, on retirerait les vieilles mères 1/2, 3/4 et 7/8 de sang) pourraient être considérés comme cânstitués par des animaux purs. On leur donnerait, de temps en temps, un mâle pur sang produit en bergerie.
Tous les ans, de nouveaux troupeaux améliorés pourraient être formés, car le nombre des animaux de sang pur formé à El Onalodji croîtrait très rapidement. Au début, on garderait à la bergerie administrative toutes les femelles, et on distribuerait les mâles en surnombre. Avant six ans, on pourrait même distribuer des chèvres, car sans cela, le troupeau pur sang de l'administration deviendrait trop important pour les pâturages dont on dispose à El Onalodji.
La chèvre, en effet, est très prolifique, et les troupeaux s’accroissent rapidement. Il suffit, pour s'en convaincre, de jeter un coup d'œil sur la situation annuelle du troupeau de chèvres maures de la bergerie (et encore faut-il tenir compte que jusqu'à cette année, les chèvres étaient uniquement destinées à nourrir les agneaux orphelins où ceux dont les mères étaient mauvaises laitières, aussi souvent sacrifiait-on un chevreau pour élever un agneau).
Le troupeau de chèvres d'El Onalodji date d'avril 1012. Il provient de soixante-dix animaux (deux boucs, quaranteneuf chèvres, six chevreaux, treize chevrettes) donnés à la
bergerie lors de la liquidation de l’autrucherie de Gouba (près de Niafunki).
Depuis cette époque, la situation annuelle a été la suivante (aucun animal étranger n'a été introduit) :
E £ = £ Æ | Vendus dans l'Année vw ä S E EE “à aus Deus Tronicx er Avril 1912 2! 49] 6| 13] 70 46 | 46 1% Janvier 1913 3 249)012)m21)2 85 ÉARSS ; 1914 2| 61| 34) 54! 151 53 » 1915 | 20| 98] 40] 42] 200 200 \ 1916 | 32/1927) 41] 45,245! | 10 1er Janvier 1917 | 50! 110] 74] 75] 309) 15 » 1918 | 105! 107! 46| 90! 348] 53 1919 | 925] 138] 52] 86] 328| 78| 122
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On voit donc que ce troupeau composé de soixante-dix têtes en avril 1912, comptait deux cent quarante-cinq animaux le 1‘ janvier 1916, c’est-à-dire après moins de quatre ans. En janvier 1925, il comptait deux cent quatre-vingt-cinq têtes dont cent trente chèvres et soixante-neuf chevrettes et quatre cent vingt-neuf animaux avaient été vendus, deux ceni cinq chèvres et deux cent vingt-quatre boucs.
La chèvre est plus rustique, moins délicate que le mou-
ton; elle est moins sujette aux affections parasitaires. Les caprins trouvent facilement leur nourriture dans la brousse sahélienne, car ils se contentent volontiers de feuilles et de gousses d'épineux.
Les indigènes, surtout les Touaregs auxquels nous avons montré les chèvres Angora et leurs toisons, et indiqué quelle en était Ja valeur, ont été heureux d'apprendre qu’on leur distribuerait plus tard de ces animaux ; ils ne demandent qu'à s'occuper de cet élevage intéressant. Plusieurs ont voulu emporter avec eux des échantillons de poils, et quelques-uns auraient même voulu nous amener des chèvres indigènes pour les faire saillir. A notre avis, il sera plus facile d’arriver à améliorer la race caprine, en vue de la production du mohair que d'améliorer la race ovine à laine, car on s’adressera surtout aux nomades Touaregs et Maures, plus intelligents que les pasteurs peulhs. D'ailleurs, ces deux améliorations peuvent et doivent être poursuivies ensemble.
Comme pour le mouton à laine, il faudra au début une grande surveillance des troupeaux qui auront reçu des reproducteurs. Il faudra aussi qu'au début l'Administration réglemente la vente des toisons afin que l’indigène ne soit pas découragé par les prix dérisoires que pourraient leur offrir quelques commerçants peu consciencieux.
En résumé, il faudrait pouvoir faire appliquer pour l'élevage de la chèvre, en ce qui concerne l'élevage proprement dit, la répartition des reproducteurs, la surveillance des troupeaux améliorés, la tonte et la vente des toisons, les mesures que nous préconisons dans une autre étude intitulée « l’élevage du mouton à laine en Afrique Occidentale Française » (Malfroy).