LIL. — Je ne sais pas., je ne comprends pas
GASTON. — Ah ! vous ne comprenez pas ? C'est pourtant li'ien simple : On profite de mon hospitalité pour séduire ma îemme. Après quoi, sachant que je tire le diable par la queue, on tente d'endormir mes scrupules en payant mon loyer, en me procurant une bonne, une villa et Dieu sait quoi encore... Vivette, éblouie, prévoit de refaire sa vie. Maiis le monsieur veut des enfant^,., alors il prend ses précautions. Et tout ça se passe comme si je n'existais pas. Ma parole, ils ne doutent pas de la puissance de l'argent les Américams. Ah ! si je ne réagissais pas, un beau matin, on se réveillerait divorcés sans qu'on le sache. Voilà la méthode, Lil ; en amour, comme dans les sardines. On achète les actions en douce et quand on a la majorité, on fout le patron à la porte !
VIVETTE. — C'est tout ? Je peux parler ?
GASTON. — Défends-toi si tu peux.
VIVETTE. — Primo : quoi que tu supposes, j'ignore tout de cette démarche auprès du médecin...
GASTON. — Alors, peux-tu m'expliquer comment il sait que depuis deux ans, nous désespérons d'avoir un enfant ?
VIVETTE. — Je me le demande a\'ec autant de curiosité que toi.
GASTON. — C'est difficUe.
VIVETTE. — Secondo : tes accusations me bles.senl profondément. Depuis deux jom's tu te conduis comme un goujat, tu me fais une vie insupportal)le ! S'il arrive un malhem-, c'est toi, toi seul qui l'auras voulu !
GASTON. — Ça alors ! C'est énorme !
VIVETTE. — Enfin, est-ce ma faute si le colonel a des attentions pour moi?
GASTON. — Des attentions!... Elle est modeste. Il a déjà dépensé plus que je ne gagne en un an.