SCÈNE SEIZIÈME MARTHE
L’âme s'attriste I
— Et tout le monde sait combien De rages de dents passent, rien Qu’à voir la trousse du dentiste !
CHAHVBROJT.
Oui, Marthe ! tu l’as dit! dentistes — avocats —
Doivent n’avoir qu'une devise !
Dents et maris, c’est même cas !
« Guérissez — ne séparez pas ! •
— Oh! les concessions, Marthe ! .. je me ravise !
En veux-tu fuire ?
Oui, pour ma part !
Et toi?
CHARVEROX.
Moi ? qu’à csla ne tienne !
Mon abnégation égalera la tienne...
MARTHE
Vrai? pourquoi, ciel clément, faut-il qu’il soit trop tard? OHARVERON.
Trop tard ?... il n’est jamais trop tard !... jamais, te dis-je, Pour bien faire et virer de bord !
Nul procès qui ne se transige.
Tout aussitôt qu’on est d’accord !
MARTHE
A plaider rien ne nous condamne!
D’abord j’y renonce...
CHARVERON.
v Et moi donc!
— Au diable les procès ! le palais ! la chicane!
Et les avocats ! — Oh ! pardon !
CHEZ L’AVOCAT
Ceci, monsieur, n’est pas honnête, Mais j’ai quasi perdu la tête,
Tant j’ai de plaisir et d'amour!
Songez à cet heureux retour,
Et que c’est le premier beau jour Après quatre mois de tempête!
MARTHE
Cher Hector !
CHARVERON.
Chère Marthe!... ah ! ciel I De nos ennuis passés bannissons la mémoire,
Et rentrons tirer de l’armoire Notre pauvre lune de miel !
MARTHE
Rentrons!
CHARVERON.
Tout doux, madame! après un dur voyage,
Le marin bénit Dieu qui le ramène au port.
Vive Dieu donc! — Vive le mariage! —
Les bains de mer! — et le Tréport!
MARTHE
Hector!
Marthe! Sauvons-nous vile,
Bras dessus bras dessous, aux tourtereaux pareils !
MARTHE
Un moment!... «.
Payant Dacanois.
Permettez, monsieur, que je m’acquitte !
CHARVERON, mémo jeu,
En vous remerciant, Monsieur, de vos conseils!
— De notre visite importune Excusez-nous, et dites- vous — Tout bonnement — que la Fortune Vous avait envoyé deux fous!