‹ Chez l'avocat, comédie en 1 acte en vers libresChapitre 4 sur 31 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

LES MÊMES, mains le précédent Monsionr.

CHARVERON.

C’est lui! c’est Ducanois!... il est bien! — Mais pourquoi Mon cœur s’est-il donc pris à battre?

Là .'morbleu .'soyons homme!... hem !... Et d’un ! resteàquatre

4 chez l’avocat

Et voilà tout!. . . — Après le quatrième, moi !

Mon tour viendra : du sanctuaire Hardiment franchissant le seuil,

Je m’asseyrai dans son fauteuil,

Pour lui débiter mon affaire :

Monsieur ! . . . — Car il est temps d’ouvrir ce cœur meurtri ! Nul ne me connaissant ici, que j’imagine,

Je veux vous dire — à vous — le coup qui m’assassine, Et de quelle amère farine Le pain que je mange est pétri !

J’étais heureux! j’avais vingt-sept printemps tout juste — Un physique... agréable — une santé robuste —

Une inaltérable gaîté,

Et pas mal de foin dans mes bottes,

Pour faire souper des cocottes — Qui m’ont joliment regretté !

... Un jour fatal !... un jour d’été,

Le macadam brûlait sous les pieds, et l’asphalte Fondait sur le coup de midi,

J’avise contre un mur une affiche — et fais halte Devant son prospectus maudit!..

« LeTréport! — Bains de mer! — Casino!— brise fraîche — « Plage superbe — air vif! — hôtels à tous les prix!

« Excursions! bateaux de pêche!... »

Tout ce luxe de pufïs où les niais sont pfïs!

— Et cet Eden qui m’allèche A cinq heures de Paris!..

Le soir même, j’étais à la gare du Havre,

Pressé de partir!.. Insensé!..

Hélas!., après un mois passé.

Des amis, du Tréport, ramenaient mon cadavre :

J'étais bel et bien... fiancé I Et voilà cependant comme un malheur arrive 1 En flânant, j’avais laissé Tomber mon cœur sur la rive :

Un ange est venu, qui l’a ramassé!

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