‹ Chez les anciens AcadiensChapitre 8 sur 9 · CHANT ACADIEN · texte numérisé non relu

CHANT ACADIEN

Je l'avais cm ce rêve du jeune âge Qui souriant niannonçait le bonheur, Et confiante en cet heureux présage Mes jeunes ans s'écoulaient sans douleiu'. Il est si doux au printemps de la vie D'aimer d'amour les amis de son cœur, De vivre heureux au sein de la Patrie Eoin du danger à l'abri du malheur. (l>is)

CHCEUR

Evangéline, Evangéliue !

Tout chante ici ton noble nom, Dans le vallon, sur la colline.

L'écho répète et nous répond :

Evangéline, Evangéline !

148 ClIJiZ I,KS AxCIKNvS ACADIKNS

Qu'ils étaient beaux ces jours de notre eufauce,

Cher Gabriel, au paj-s de Grand-Pré,

Car là régnaient la paix et l'innocence,

Le noble amour et la franche gaîté !

Qu'ils étaient doux le soir sous la charmille

Les entretiens du village assemblé !

On n'3' formait qu'une aimable famille

Sous ce beau ciel, sous ce ciel adoré ! (bis)

Là les anciens devisant du ménage, Avec amour contemplaient leurs enfants, Qui réveillaient les échos du village Par leurs refrains et leurs amusements.

La vie alors coulait douce et pai.sible Au vieux Grand-Pré, dans notre cher pa5'S, Lorsque soudain, notre ennemi terrible Nous abreuva de malheurs inouïs ! (bis)

Hélas ! depuis sur la terre étrangère J'erre toujours en proie à la douleur, Car le destin dans sa sombre colère M'a tout ravi, mes amis, mon bonheur.

Je ne vois plus l'ami de mon enfance A qui j'avais juré mon tendre amour, Mais dans mon cœur je garde l'espérance^ De le revoir dans un meilleur .séjour, (bis)

Evangéline, Evangéline !

Tout chante ici ton noble nom, Dans le vallon, sur la colline L'écho répète et nous répond :

Evangéline, Evangéline" !

"Plainte et Pardon''

(GHANT ACADIEX;

Je r avais dit dans ma sombre misère : Point de pardon pour l'injuste agresseur Oui de l'enfer suscitant la colère, Xous abreuva de peine et de douleur.

Cruel destin ! pourquoi nous faire un crime D'être français, enfants de l'Acadie ; Pourquoi punir l'innocente victime Dont le seul tort fut d'aimer son paj-s ! (bis)

CHCEUR

Mais pardonnons, c'est Dieu qui nous l'ordonne, Oui, pardonnons, mais que le souvenir Des jours amers jamais nous abandonne, Sur le passé guidons notre avenir.

Nous les enfants des preux venus de France, Comme eux soyons sans reproche et sans peur, N'oiiblions pas leurs actes de vaillance, Suivons comme eux le chemin de l'honneur.

i5Ô Chez i,es Anciens Acadiens

J'entends toujours la voix triste et plaintive De nos aïeux, les martyrs de Grand- Pré, Et cette voix qui du passé m'arrive Brise mon âme et* mon cœur est navré.

L'entendez-vous?. . .C'est le sombre murmure D'un petit peuple à jamais condamné, Qu'on égorge et qu'on livre à la torture, Pour lui ravir sa foi, sa liberté, (bis)

Les vo>ez-vous, là-bas sur cette plage.

De ce pays les nobles pionniers,

Meurtris, sanglants, réduits à l'esclavage

On les bannit de leurs cbers foyers.

Pourquoi, Grand Dieu, pourquoi tant l'infortune,

Qu'avaient-ils fait vos enfants dévoués

Pour mériter cet excès d'amertume,

D'être proscrits, à jamais délaissés, (bis^

Mais aujourd'hui que renait l'e-spérance,

Ivt que la paix anime tous les cœurs,

Vivons unis, avec la confiance

Qu'ils ont cessé nos troubles, nos malheurs,

Vo3'ez là-haût, une étoile étincelle.

C'est le salut, le guide protecteur

Qui guidera notre faible nacelle

Dans les dangers d'une mer en fureur, (bis)

Poésie Rustique

(Echantillons de chansons io///posi'es ■pa.r nos pa3'sans et qu'on chantait au commencement du dernier siècle.)

"EI.IvE EvST TROP JEUNE"

C'était par un beau jeudi soir Je m'en été pour la d' mander, Mais j'ai trouvé les portes barrées.

Je m'ai t'assis près de la porte, "Belle dormez- vous, sommeillez- vous, Belle, nos amours, y pensez -vous ?"

Je ne dors point, ni je sommeille Toute la nuit je pense à vous.

"En as-tu parlé à ton père ?. . .

J'en ai parlé mais c'est l' refus, De nos amours pen.sons-y plus De nos amours pensons-y plus.

152 Chez i.es AxcieXvS Acadiens

"Beau Monsieur donne-moi ta fille Beau ^Monsieur donne-moi ta fille.

"Ma fille elle est encore trop jeune Elle n'est âgée que de quinze ans.

Tu peux toujours en attendant L,ui faire l'amour en l'espérant.

L'amour je ne compte plus la faire Garçon qui fait l'amour longtemps Ils disiont vrai qu'il perd son temps, Oui, je m'en irai sur les îles Là-bas sur les îles éloignées Je pleurerai le temps passé Etc., etc., etc.

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