II. y a longtemps
Eh bien! c'était voilà le coup de deux an-
nées.
Et qu'avez- vous fait à l'asile?
J'ai attendu de guérir pendant u: an et pen< dant l'autre année j'ai attendu de sortir.
Je m'attablai au restaurant du Dôme avec Isoard.
Je lire vais peut-être plus savoir me tenir à table, dit-il.
— Et quand vous avez été guéri, que fiti-on de vous à l'asile?
On me laissa parmi les fous. Je disais au
docteur : « Cela va me redonne? la* maladie! » Il file* répondait : « Il faut que je vous. observe.- »<
OH! il était bien gentil. C'est lui» qui<m'a fait sortir. Voilà son certificat. Il dit bien dessus- que je suis tout à fait ndftnali
Isoard n'avait manié ni* couteau- ni' fourchette depuis deux ans et il contemplait ces' instruments avec soulagement.
C'est la preuve que je suis libre). disait-il;
Et il ajoutait comme pour ne rien' cacher de la simplicité de son âme :
Ça me fait 1 bien plaisir
Itaard prenait un train 1 à' trois' heures pour rentrer chez lui.
Je vais vous accompagne*' dans 5 VôMe pays, Mdis-je; cela ne vous ennuie pas? ' C'était à soixante kilomètres dëiàv On arriva au bourg.
Voilâ ; ma forge, dit-ili en* s*altêtttf# devant une baraque.
tJrt autre forgeait à sa- place*. Il 1 Ip dontiaissait
bien.-
Eh bien ! bonjour ! qu'il lui dit, Le forgeron en resta le marteau sur l'enclume.
Ah! c'est toi? qu'il dit. On t'a relâché) C'est-y que tu serais guéri?
C'est que ça va bien maintenant.
Alors tu vas voir ta mère?
Eh oui! je rentre.
Nous reprîmes notre chemin.
Bonjour! dit Isoard à un autre villageois* L'autre répondit : « Eh bien! je t'avais cm
mort. »
Voici sa maison. Nous entrons. La mère lavaW du linge dans la cour.
Bonjour! dit Isoard.
La mère se retourne, lâche son battoir.
Je suis tant contente que tu reviennes déjà.
Alors, ces messieurs t'ont donné un bon certificat) J'ai le certificat.
Eh bien! assieds-toi donc, ainsi que le mon* sieur qui t'accompagne. C'est-y qu'il sort de l'asile 'départemental, aussi?
Je partis dans le village. La nouvelle était déjà cxjnnue. Le forgeron me demanda :
Pourquoi qu'on l'a relâché, puisqu'il était
fou?
Je suivis le forgeron à l'auberge.
Vous savez-t-y qu'Isoard est de retour?
lança l'homme.
— Et pourquoi qu'on l'a relâché? dirent lei braves gens.
D'abord il ne pourra plus travailler. Tu vas pas lui rendre ta forge, toi, Monchin?
S'il vient même pour se faire ferrer j'en voudrons point.
Le maire était parmi les buveurs.
Mais il est guéri, dis-je, i\ est comme vous autres. C'est moi qui le ramène!
Alors le maire proclama :
On ne veut pasde fou dans le village. Puisqu'il y a des maisons exeprès pour eux, pourquoi qu'on ne les y garde pas? La première fois qu'il bouge un dcîgt, je le fais remballer. Voilai Voilà!