SYLVIUS A TONY
« Mon cher Tony, tu m’oublies. Je saîs que Paris est autrement amusant que L**, mais tu as bien un quart d'heure à me donner. Le soir, ne pourrais-tu m'écrire un mot? Je crois que je deviens presque amoureux.
« En revenant par la promenade des Ormes, Théodore m'a accablé de reproches sur ma conduite pendant « le dîner. Il se moque de moi ; il se sert à mon égard des
| épigrammes les plus sanglantes ; je lui ai répondu qu'il | fallait que je connusse un peu plus Clémence. — Lui | as-tu demandé un rendez-vous ? m'’a-t-il dit. — Non, je n'y ai pas pensé. — Elle te l’aurait accordé de grand | cœur. — Je ne sais. — Alors viens demain soir chez | moi, elle s’y trouvera.
« Quelle nuit j'ai passé ! Je me suis couché, levé, recouché sans pouvoir dormir. Je ne pense qu’à elle, je ne vois plus qu'elle! Ah! Tony, si tu étais ici! J’ai voulu | lui écrire ; mais demain n'est-il pas bien plus simple de lui parler ? Cependant il faut préparer ce qu’on appelle une déclaration. Impossible de trouver le premier mot. J'ai pris pour confident mon oreiller et je lui ai récité les discours les plus extravagants. Enfin, j'ai allumé ma lampe et je t’écris à la hâte ce mot.
« DYLYIUS. »
6 CHIEN-CAILLOTI