SYLVIUS
La clémence n'est-elle pas la vertu des rois ? Un polisson de classique l'a dit.
LE FEU
Que voilà donc deux individus longs en affaires ! Regarde, Sylvius, comme ces deux tisons se serrent amoureusement. [Le feu redouble de chaleur.)
CLÉMENCE
> Mon ami, j'étouffe, ce feu est si vif, ( Elle ôteson bonnet.)
SYLVics, d part.
Quelle bonne ménagère cette jeune fille fera dans dix ans! elle craint d'abîmer son bonnet, — tout à l'heure. [Haut.) Dis, Vertu-des-Rois , comprends-tu l'amour féroce, échevelé, égratignant?
CLÉMENCE
Je ne suis qu'une faible femme, cher Sylvius. (Elle l'élreint de ses bras et recule sa chaise.)
STLVIDS, à part.
Nous avançons.
CLÉMENCE
Oh ! je suis malade, Sylvius.
LE FEU
Allons, voilà qui va bien ; ce méchant barbouilleur de papier, qui me place ici comme utilité , me donnera au moins à la prochaine occasion un meilleur rôle.
CLÉMENCE
Prends garde, mon ami, tu marches sur ma robe. (Elle recule jieu à peu.)
SYLVICS,
Veux-tu te reposer un peu?
CLÉMENCE, d'une voix faible.
Oui.
LE FEU
Je crois que je puis maintenant me coucher. Sapristi! comme je vais dormir. [Il s'éteint.)