UN MARIAGE IMPOSSIBLE
— Eh bien, mon cher Hugues ? dit Triégler en embrassant son ami qui revenait de Soissons.
— Je suis bien heureux de n'être pas entré dans la diplomatie.
— Pourquoi? est-ce que tu n'aurais pas réussi dans tes intrigues de province?
— J'ai réussi à marier mon oncle avec la sage-femme que tu sais.
— Vraiment. Alors, bonjour à la succession.
— Oui ; et à la place sa malédiction. Car mon brave oncle m'a maudit.
— Il n'y a pas grand mal.
— Le lendemain du bal masqué, mon oncle est parti de Soissons avec madame Éméhe. Il a confié ses biens à vendre à Dumoulin, son notaire, qui m'a raconté le contrat de mon pauvre cher oncle, comme l'appelait Toinon, qui, en apprenant Taffaire, a perdu ses deux dernières dents. M. Noirau a légué toute sa fortune à la sage-femme.
— Plaignons les vieux bourgeois amoureux, dit Triégler, et n'en parlons plus.
Juillet 1846.