‹ Chillon; étude historiqueChapitre 17 sur 49 · Voy. Boccard. Histoire du Valais, page · texte numérisé non relu

Voy. Boccard. Histoire du Valais, page

28. Jusqu'à la Toussaint, 26 mai 1242. — La nature du traité nous porte à le placer avant la victoire de Pierre sur les Valaisans.

29. « Et n'eût eu moyen de passer plus oultre s'il eût été advisé

par un naturel du pays d'envoyer partie de ses gens par la montagne d'Abondance el assaillir ses ennemis par dernier. » Chronique d'Evian, ms. de la Bibliothèque cantonale, à Lausanne, folio 8, revers.

30. Entre autres celui des comtes de Biandrate, qui fut enlevé de vive force, comme le retracent aussi les traditions suisses et valaisannes.

31. Le peuple des hauts vallons s'étant assemblé en un lieu qui fermait le passage, on s'y prit comme au Bret, el réussit à se placer sur la tète et en queue de l'ennemi. « Lors frappèrent nos gens en •dur esloc tellement que quasi tous les Allemands et Valaisans y moururent et là furent desconfyz. Et passa oultre Monseigneur Pierre jusqu'au bout du Valais, où saut le fleuve du Bosne. Et signora longtemps les Valeysans, el les tint tant qu'il les remit au bon saint homme l'évêque, comme sujet de l'Eglise. » Chr. de Savoie. — Pingon nous apprend que cet évèque était un Valperga; mais, imposé par le vainqueur, l'évêque Valperga n'a pas été placé dans le Rôle des évoques du Valais, où l'on passe de l'évêque Landry à Boson de Gradetsch, élu en 1243.

C'est au retour de la campagne que nous venons d'esquisser que les chroniqueurs ont un chapitre intitulé : De la manière dont Pierre de Savoie eut Vannel ''anneau) de Saint-Maurice, lequel ont les seigneurs de Savoie en garde (page 153 des Monument a). Quand Monseigneur, est-il dit , fut retourné des Marches de Valais, revint en la cité de Saint-Maurice et là fust reçu moult honorablement, plus par crainte que par amour. Tremblants l'abbé et les ecclésiastiques s'étaient congrégés tous en la chapelle du glorieux saint et là se tenaient moult dévotement. Et quand les vist, leur dit : « Mes amyz. je suis chrétien, sy ne veuillez avoir doubte de moy, mais qu'il soyt de votre plaisir de me montrer les reliques de céans. » Et ly montrèrent sans rien céler. Et Pierre trouvant l'annel du glorieux saint, auquel il lay prist une singulière dévotion, requit l'abbé et Je couvent qu'il fust de leur plaisir de le luy donner pour sa grande dévotion. Mais refusèrent , disant que sy précieux jocel pour rien ne donneraient. Lors leur sçust tant dyre , et leur allégua tant de raysons, qu'ils fusrent contens de ly bailler le dit annel , sous telle CUILLON. 16

condition qu'il ne deust l'aliéner à nulluy ni a aultre synon à 1» droite lignée de la maison de Savoye , pour le porter de hoir en hoir... Pierre porta l'annel toute sa vie, et y eut moult fiance, et en rémunération fit refaire le clocher du couvent tout de pierre de taille , bel en haut , et donna la vallée de Bagnes à l'abbaye, avec moult autres biens. » — Bagnes n'appai tenait-il pas antérieurement à Saint-Maurice? — Quoi qu'il en soit, les princes de Savoie ont porté l'anneau présumé de la légion thébéenne, du patron d'un monastère, foyer religieux de la contrée avant même que Colomba n prêchât l'Evangile à l'Helvélie, et ce joyau n'a cessé de demeurer dans leur trésor qu'à la révolution française , époque à laquelle il s'est perdu.

32. C'est pour échapper à ces dévastations que les habitants de Saint-Prex fondèrent le bourg fortifié de ce nom.

Page 1