‹ Chillon; étude historiqueChapitre 21 sur 49 · Histoire des Confédérés, trad. IT · texte numérisé non relu

Histoire des Confédérés, trad. IT

61. La seule charte municipale que nous possédions de Pierre de Savoie est celle que renferme la Chronique d'Evian, manuscrit de 372 pages qui se trouve dans la Bibliothèque cantonale, à Lausanne. L'auteur de cette Chronique, noble Frs Prévost, châtelain d'Evian, nous paraît, en général , bien instruit. La charte diffère peu de celles du siècle. Elle est de 1265. Peu de pénalités. Aucune mention de la peine de mort; le coupable est livré à la merci du seigneur. Les bourgeois peuvent librement acheter et vendre, en payant la treizaine (le treizième) s'il s'agit d'une maison. Le seigneur s'est aussi réservé une part sur la vente du vin (dimidium octavum et de dimidio unum quartum) et le droit de vendre seul du vin, « mais pur et sans mauvais goût», pendant le mois de mai. Protection aux marchands, de l'Arve au pont de Saint-Maurice. Aucune leyde (imposition) sur ce qui se vendait sous la halle du prince. Service militaire une fois l'an, dans les limites des trois diocèses de Sion» Lausanne et Genève. Un citoyen ne pouvait être arrêté, si ce n'est

en flagrant délit de vol, de maléfice ou de trahison. La navigation appartenait à la ville, mais le comte avait le quart du gain, ainsi que le droit de passage sur le lac, moyennant deux deniers par homme et la nourriture des bateliers. — Moudon parait avoir eu des franchises plus étendues, autant qu'on peut le conclure de quelques actes concernant des bourgeois de cette ville. — A Saint- Maurice, la commune affectait l'indépendance. Voyez dans la Gallia christiana XII, 503, la convention passée entre le monastère et la commune, sous le sceau de Pévêque Boson de Sion, 1238. — Ebald de Mont fonde Rolle de Rotulo) en 1261.

62. Ce qu'avaient fait les seigneurs contre le roi, les bourgeois le tentaient contre le seigneur, et les serfs s'étaient aussi mis en mouvement. Les cas d'incapacité de tester se réduisent à un petit nombre. Les redevances se convertissent en argent, dont le prix diminue. Les ventes de serfs sont très rares. La glèbe le devient dans le Pays de Vaud plus que nulle part dans la Suisse allémanique ou burgonde. La loi romaine, selon laquelle les enfants suivaient la condition de la mère, et que les Burgondes avaient adoptée, fait place à la coutume meilleure suivant laquelle ils suivent la condition du père, un droit descendant vers la servitude à un droit ascendant vers la liberté. Pierre est favorable à ces dispositions et à celle par laquelle, chaque année, de nouveaux territoires étaient remis en abergement à des paysans contre de légères redevances.

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