Chroniques de Genève, liv. IV
21. Voyez la liste des baillis de Ghillon, à la suite de la Xotice sur Chillon, de M. de Bons, dans les Mémoires de la Soc. d'hist. de la Suisse romane. Ce sujet n'est point encore complètement éclairci. Bien des documents portent d'autres noms que ceux de la liste : seraient-ce ceux des lieutenants du châtelain, agissant en l'absence de celui-ci. Le temps durant lequel les châtelains demeuraient en charge variait selon le bon plaisir du prince.
22. Le bailliage de Chablais comprenait seize Châtelainies ou Castelanies, savoir celles de Gebenne, Versoye, Aquarie, Allingii, Thononis, JEquiani, Fisterne, S. Mauricii Agaunensis, Saxonis et Intermontii, Conthegii et Saillonis, Ghillionis, Turris, Viviaci, Castri Sancti Dionysii inFruencia, Paterniaci, Mureti. Protocole du notaire Raynaud, en 1329. — Voyez Y Histoire de la maison de Savoie, de M. Gibrario, t. III. pages 36, 47, 54, 100, 130, 138.
23. Les revenus étaient perçus par les métraux, les sautiers ou gardes-champêtres, les douaniers, les pontonniers, les péagers et les économes des terres ecclésiastiques (corearios). On affermait les impôts, les gabelles, les fours, les moulins, la pêche, etc. On percevait l'affouage sur ceux qui faisaient du bois, le paissonage sur ceux qui menaient paître, l'alpage ou chavanage (cha vanna, un chalet) sur les troupeaux qui passaient l'été sur les croupes herbeuses des Alpes. — On levait le cens sur l'avoine, les chènevières, les poules, les chapons. On tenait un compte des corvées ou manœuvres. Chaque famille qui employait des bœufs, ou des bidets (chevaux), pour le labourage, payait annuellement, sous le nom de terrage, une coupe d'avoine à la châtelainie. C'était le seul tribut que payassent les habitants du bourg de Chillon (Comptes de la
châtelainie , entre autres celui de 1266 à 1267). — On levait la treizième sur les ventes. On levait la reprise (repreiza) à la mort du seigneur. Les maisons payaient la toise, celles exceptées où ne se faisait pas de feu. Celles de Villeneuve payaient 8 deniers lausannois par toise. A Saint Maurice, celles de la rue payaient 12 deniers, les autres 6. (Archives de cour et Archives de la chambre des comptes , à Turin. — Cibrario. Economica politica del medio evo. — Endumiaium Chillionis, folio, dans les Archives de Vaud.)
Les sujets du prince étaient, avant Amé VI, divisés en cinq ordres : le clergé; les barons et chevaliers barons, qui combattaient sous leur propre bannière ; les nobles, qui ne payaient qu'un tribut volontaire ; les censitaires et tributaires, tenant maison à titre onéreux, qui les obligeait à des prestations en argent, pains, châtaignes, tourtes, côtelettes, œufs, poivre, etc., à des corvées et à un service de garde, avec haubert, gorgière, salade, et avec l'écu, l'épée et la lance ; enfin les taïllables, dont les uns étaient assujettis à une redevance fixe, et les autres étaient taillables à merci (ad misericordiam).
Chaque contrée était imposée diversement. (Voyez VEnduminium.) Les droits s'entrecroisaient; la vallée de Bagnes, par exemple, devait au comte, lorsqu'il se trouvait dans l'Entremont, les droits seigneuriaux, et entre autres les honneurs de la chasse, assavoir, les peaux, les boyaux, la graisse de l'ours, les quartiers droits et la patte du cerf, enfin le nid des oiseaux de proie (avium nobilium); mais le comte s'éloignait-il, l'abbé de Saint-Maurice restait seul seigneur, et la vallée ne devait plus au châtelain que la cavalerie, les manœuvres pour le château deChillon, 27 sols pour le charnage et 12 muids de blé. Acte du 4 juillet 1219, dans les Archives de l'abbaye de Saint-Maurice.
24. Le châtelain jugeait , tantôt seul , tantôt assisté de prudhommes, les causes, soit civiles, soit criminelles, qui devaient être expédiées sommairement; même les causes criminelles pouvaient être conciliées par argent, les causes capitales exceptées. La peine capitale entraînait toujours la confiscation (Reddit computum de XLVII solid. Xden. rec. de bonis cujusdam latronis suspensi hoc anno, dans les Comptes de Hugues de Grammont, 1256-1267.) Parfois le
comte vient en personne tenir ses assises à Chillon Edouard, par exemple, en février 1324-, Arch. Camer).
25. Exemple dans le compte de Guillaume de Montbel. châtelain en 1346. L'évêque de Sion, les barons du Valais, révèque de Novarre et les seigneurs de Milan sont sommés de veiller à la sûreté des routes.
26. Depuis le milieu du treizième siècle, les marchands lombards et vénitiens faisaient un grand usage de la route du Simplon. Le péage de Villeneuve, auquel aboutissaient cette route et celle de la Val d'Aost, était très important. Les Flammands avaient coutume de s'y rencontrer avec les Lombards. M. Cibrario nous apprend dans son Discours sur les finances de Savoie dans les XIIIe et A7P siècles Mémoires de l'académie de Turin, tomes XXXVI et XXXVII que, en 87 semaines, commençant au milieu de septembre 1284. il passa à Villeneuve 7307 ballots de marchandises, dont plus de la moitié étaient des ballots de draps français ou lombards (Compte du juifYsard. receveur des péages. Compte de Jaquet, receveur en 1284). Xe sont pas comprises les marchandises transportées à la charge (Cariche). — On percevait la leyde sur les objets qui se consommaient dans le pays, comme le sel, le vin, etc. — On prélevait 12 sols sur les nouveaux mariés. — On levait une amende sur qui. le jour où se tenait la foire de Villeneuve, se rendait au marché ailleurs. Comptes de Guill. de Septème, bailli de Chillon.
27. Selon M. Costa de Beauregard, les Juifs auraient été appelés en Chablais par Edouard .en 1325 : mais on en trouve antérieurement dans la contrée. Aucune occasion n'était négligée de leur arracher de l'argent. Ils devaient acheter le support, la demeure, la faculté de négocier, le stage, ou droit de demeurer en des lieux déterminés; celle de transporter leur domicile d'un lieu dans un autre, celle de tester, et jusqu'à celle de pouvoir être déposés dans la terre, après qu'ils avaient rendu le dernier soupir. — Sur la persécution des Juifs, en 1348, consultez Chronicon universelle et alsaticum Jacobi de Kœnigshoven , traduit en allemand par Schilter, Strasbourg, 1698. On y trouve les procédures instruites à Chillon et à Chàtel-Saint-Denys contre les Juifs, accusés d'avoir empoisonné les fontaines pages 1029 à t048). Un extrait de Kœnigshoven se lit
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dans le Conservateur Suisse, XIII, 313. La peste régnait ; on l'attribuait aux Juifs, et la torture contraignit les malheureux à l'aveu du crime qu'on leur imputait. Plusieurs furent livrés au dernier supplice. Le grand nombre s'enfuit où il put. Plusieurs, que le châtelain teuait enfermés à Chillon, peut-être dans le but de les dérober à la fureur populaire , en furent arrachés et brûlés vifs à Villeneuve.
28. Election, devant le châtelain, des syndics et percepteurs d'Aigle. [Millier, Hist. des Confédérés. IV, 34, note.) — Le châtelain nomme le vidome à Ollon, de concert avec l'abbé de Saint-Maurice, seigneur du lieu. Cibrario, III, 23, 24.
29. Ainsi dans la guerre contre Févêque de Sion, en 1384, et dans celle contre l'évèque de Lausanne en J 3 1 6 ; à la paix de Nyon, en 1322; en Faucigny, Cibrario, III, 130.
30. Par exemple, en 1346, à Payerne. Cette ville était déchirée par les factions des Malez et des Mestraux, qui la menaçaient d'une ruine entière, lorsque Guillaume de Montbel, châtelain de Chillon, intervint avec autorité. Comptes de la Châtelainie.
31. Le 17 juin 1315, Jean de Bagniol signe un traité entre Amé V et Pierre d'Oron, évêque de Lausanne. — Ruchat, Hist. ecclésiast. — Cibrario , Recherches sur V histoire et la constitution de Savoie, pag. 206.
32. Lors, par exemple, queSybillede Baugé épousa, dans Chillon, Amé de Savoie. Cibrario, II, 163.