MORDANS
coiveut’ une modification plus ou inoiuf.
marquée de l’action des differentes sul>stances satines en usagé dans la teinture , et deviennent propres , après avoir subi cette action , à formêr une combinaison plus ou moins durable avec les anatieres colorantes. La recherclie des pbeiiomenes nui s’opèrent dans cette réaction des divers mordans sur les sujets que 1 on se.
propose de teindre , et sur la matiece colorante que 'l’on leur veut appliquer , est aussi utile qu’intéressante pour le teiiitu rler ; mais pour la simplifier , nous commencerons par considérer miiquement comment les différentes substances salines , qu’on nomme mordans, se comportent avec
les sujets à teindre. « ;
Lorsque les acidrs agissent sur une substance organisée , leur action est a la ve lité trèsr-diverse , en raison de la composition de la substance qui leur est soumise ; mais, en général , quelque soit leur degre d’affaiblissement , ils tendent a en alteier la nature et.à provoquer, dans toute sa masse ou sa surface , des combinaisons dans lesquelles ils entrent souvent eux-inemes comme principes constituans ; et les su ^
. stances végétales ou animales , ainsi altérées , se comportent avec les matières co-
fô6 • M0R1)ARS.'
forantes autremetft qu*eUès ne ‘l^'îyiràiçnf fait'avant'cette actîoti. A la vérité, on se— rail tente de croire , au premier aspect ,* que les acides ou les substances salines à base soluble , n'cprouveiit aucune modification elles-mêmes en réagissant sur les matières à teindre ; cependant il nous paraît plus probable que ces agens reçoivent une altération plus ou moins grande dans là réaction , soit qu'ils abandonnent au composé qui se forme , une partie des élémens qui leur appartiennent , soit que j sans êtte aucunement altérés dans leurs élémens , ils participent , comme principe constituant aux combinaisons que leur présence a déterminées. Mais dans les deux cas, la modification qu'ils subissent, n'est que partielle et il en’ reste une quantité considérable dans la liquçur , qui n'a pas changé de nature. ‘ <
Voilà ce qui a lieu dans notre opinion , lorsqu'on fait agir , sur les matières à teindre-, soit des acides , soit des sels à base ' soluble ; mais quand le sel a une base insoluble , les phénomènes sont différens , et une partie de sa base , séparée de son dissolvant , entre constamment en combinaison avec-Te sujet. Én outre, une partie de la substance saline , par elle-même-, sans
MORDAKS,
se décomposer , ou put sou acide peut exercer sur les fibres du sujet à teiïidre.j une réaction aiialogue à celle que nous pensons êtré exercée dans les mêmes, cas , soit par des acides isolés , soit par des sels h base soluble. On voit doue combien l’action des mordans devient compliquée ; elle se cornpose de faction de l’acide qui entre dans. leuF composition , pris isolément, de celle de la substance saline qui résulte de la combinaison de cet acide avec une base insoluble, et enfin de l’action de cette base insoluble elle-même , qui est placée dans les circonstances les plus favorables pour céder à l’affinité prédominante qui l’entraîne vers le tissu.'
L’influence exercée par la présence de cette base et par sa combinaison avec le tissu , est ordinairement si considérable et si saillante , cju’elle est la seule qqi frap|)e les yeux de 1 ol^rvateur , et que tous les autres effets se confondent danscelui qu’elle produit. En conséquence , pour ne pas sortir des bornes étroites^ dans lesquelles le cadre de notre ouvrage nous oblige de nous renfermer, nous nous contenterons de signaler ce que présente de plus remarquable la combinaison triple ne la matière co-
MOnDANS.
lorante du sujet à teindre et de Ja base insoluble du sel rjui sert de mordant.
' •’ Entre les matières destinées à. être teintes i les matières animales sont celles qui sont modifiées le plus aisément par l’action des divers mordans; elles leur enlèvent généralement leur base insoluble et entrent dans une telle combinaison avec cette base , que le- composé résultant , ^paraît avoir une nature particulière. Ainsi , l’alumine , par exemple , en se combinant avec les sujets du règne 'animal , afFaiblit J eur disposition à fermenter ot. donne à la combinaison de leurs principes constituons, un caractère de permanence plus grande.
Des effets analogues , mais plus prononcés , sont produits par cette même base saline, lorsqu’on la combine avec la gélatine des peaux qu’elle transforme en une matière indestructible nui a tous les caractères du cuir. •
Mais si l’action des matières animales sur l’alumine est très— prononcée , et si elles enlèvent sans dillicultc celte base à ses dissolvons, il n’en est pas de même' des substances végétales qui ont pour elle beaucoup moins d’affinité. Aussi, dans ce cas; on aide celte faible affinité en ne donnant
• ' •, ftlORDANS. 109 >.
pour dissolvant à Falumine qu’un acide qui - .. iiit de la tendance à l*abandonner; et c’est , là la cause poup laquelle l’alun , ou sulfate d’alumine, est employé dans la teinture .des lils et cotons , tandis que l’acétâte de la même base y produit les meilleurs effets , par la facilité avec laquelle une partie de son acide se volatilise, et abandonne une quantité considérable de**base au sujet à teindre. * • ' >
‘ Mais les mordans n^ont pas seulement •pour effet de modifier la nature des sujets à teindre, et de les rendre propres à se combiner avec Iq couleur , ils agissent en— • core sur la matière colotante avec énersrie, . • et la précipitent de son ^dissolvant. Dans • ' cet , état de combinaison, ils conservent presque’toujouES de Taffinité pour les matières à teindre , et c’est sur çetté propriété. , recônnue qu’est fondé Tusage, d’incorporer quelquefois le mordant apbain de teinture , avant que d’y' plonger le sujet à teindre ; tandis que d’autres itois on combine le sujet » à teindre avec le mordant, ayant que de - .
l’exposer à l’action du bain de teinture. ' ■ ' •Nous airticiperions sur les matières des Traités destinés à la teinture proprement., dite, •si jious voulions décrire la manière . '
de sc comporter des diVeri mordans, avec %* •> ‘
Teinture 3 , , i‘ 7. • .
îl<> . MOUDANS. ' ' ,
les tissus des différens rèones, et le» dififo- . • rentes substances tinctoriales; aussi nqus bornerons ici nos observations, et nous nous contenterons d’ajouter eu général :
premièrement que, quel que soit le sujet à teindre , et quelle que soit la matière colorante qu’on veut employer, la quantité du mordant influe sensiblement sur les résultats , et qu'on doit toujours en proportionner la dose aux effets qu’on veut obtenir ; secondement , qu’en associant ensemble différens mordans., on peut produire avec la même matière colorante des '
‘ effets souvent très-divers ; et troisièmement , que les tissus végétaux ayant moins d’affi- , nité pour les matières colorantes que les tissus du règne animal , il est'à propos de les soumettre à différentes opérations qui leur donnent^une nature nouvelle , et qui les aniraalisent en quelque façon.
Quoique nous soyons forcé d’abandonner ‘‘la matière importante qui nous occupe , sans l’avoir, pour ainsi dire,, même attaquép, nous ne pouvons cependant passer outre ,
. sans dire un mot des substances végétales qui se comportent en teinture comme des mor— dans. Ces substances ont un caractère parti- • culier et la propriété d’exercer unefetiou < puissante sur les substance des divers règnes, .