MÉTAUX
Métaux alcalins et terreux, — Les métaux ainsi appelés sont excessivement avides d'oxygène ; aussi s'altèrent-ils rapidement à l'air, et ne peuvent-ils être employés àrétat métallique ; leurs oxydes ont depuis longtemps été appelés alcalis; les principaux d'entre eux sont le potassium et le sodium, dont les applications industrielles sont très-variées. A côté d'eux se placent des métaux dits alcaline -terreux, dont les oxydes ont à la fois les propriétés des alcalis et des terres, comme le calcium (métal de la chaux), le magnéisdum ; enfin les métaux terreux, comme l'aluminium.
Le potassium n'existe dans la terre qu'à l'état de combinaison, jamais à l'état métallique; on le rencontre dans beaucoup de roches, feldspaths, micas, dans les cendres des végétaux. Cassant à 0^, mou et se lais-
sant couper au couteau à lo^, présentant alors l'éclat de Tarfeent, liquide à 55^ et ressemblant au mercure, il se vaporise à la chaleur rouge en un gaz vert émeraude. On ne le peut conserver que dans Thuile de naphte ou le caprylène (composé seulement de carbone et d'hydrogène), afin d'empêcher tout contact avec l'oxygène, car il est si avide de ce corps, qu'il l'enlève même à l'eau, c'està-dire qu'il brûle sur l'eau.
Le sodium, non moins répandu dans les roches et dans les eaux, ressemble beaucoup au potassium, mais il ne fond qu'à 90<> ; son affinité pour l'oxygène est aussi très -grande, quoique un peu moindre que celle du potassium.
Les combinaisons de l'ammoniaque (azote et hydrogène) ressemblent beaucoup aux combinaisons formées par les deux métaux précédents. Aussi a-t-on supposé l'existence d'un métal inconnu, Vammonium, analogue au potassium, qui produirait l'ammoniaque et ses dérivés. Mais l'expérience n'a rien prouvé à cet égard.
Nous renvoyons pour les autres métaux dont nous ne parlons pas au volume qui traite de la minéralogie.
Potasse; à la chaux^ à F alcool, — La combinaison d'un équivalent de^ potassium (490) et d'un équivalent d'oxygène (100), qui s'obtient par la combustion du premier corps, ne constitue pas seule le corps qu'on appelle potasse dans le commerce ; celle-ci est toujours combinée à un équivalent d'eau, c'est-à-dire qu'elle apparaît sous la forme d'un
hydrate de potasse. On la conserve à Tétat de cEtesoItttfon dans des flacons de verre vert, que la potasse n*attaqae pas, et bouchés à rémerf ; efl'e attaquerait» en effet, à îa longue, les flacon» de cristal en verre tendre, dont elle décomposerait l'oxyde de plomb. Lorsqu'elle est à. Tétat soïîde, on peut la conserver en fragments dans des flacons bien bouchés.
La potasse à la chaux du commerce est formée par la décorapositibn du carbonate de potasse à l'afde de la chaux, qui produit avec ce dernier corps du carbonate de chaux fnsoluble, tandis que la potasse se sépare «t s'isole ; ce corps est rarement pur? on le purifie en l'agitant avec de Talcool très-concentré, qu'on chaufib, puis qu'on fait p^usr ou mofns (ïïsparaître« La potasse ainsi purifiiée, appelée potasse à Valcooly renferme toi^ours de Taclde carbonique en combinaison sous forme de carbonate.
La potasse attaque et dissout les matières' animâtes; elle sert, en chirurgie, soas. le nom de pierre à cautère^ à cautériser lear chairs^ c'est-à-dire à les brûler ; on la cotde pour cet usage dans des moules qui la façonnent en petits cylindres;
Potasse brute ou perlasse et caustique. — Toutes les plantes, lorsqu'on les brûle, donnent des cendres qui contiennent de la potasse et de la soude combinées avec de Tacide carbonique , c'est-à-dire des carbonates de potasse et de soude ; elles contienneoit encore des chlorures et des sulfates de ces deux corps, des carbonates et phos-
(i^bates de chaux, de magnésie et du silicate d'alumine; la combustion dégage les composés organiques de carbone, d'hydrogène, d'oKjrgène, et Udsse se déposer ces cendres minérales; elles contiennent surtout de la soude, lorsqa'on a brûlé des végétaux qui viennent sur le bord de la mer, et surtout de la potasse dans ceux qui croissent à Tiutérleur des terres.
^ki Xait dissoudre ces cendres dans Teau ; cette lessive de cendres est évaporée à sec, et le réftidu forme ce qu'on appelle le carbonate de potasse brut, la potasse perlasse ou potasse brute. Ce lavage sépare les carbonates de potasse et de soude des autres matières citées plus haut, qui forment un mélange insoluble.
Cette potasse brute renferme 60 à 80 pour iOO de carbonates de soude et de potasse ; on peut la purifier de nouveau des sulfates, chlorures et silicates de potasse qu'elle contient, en la dissolvaut par l'eau froide, puis <en faisant évaporer celle-ci.
Presque toute la pota^fie brute que consomme rindustrie vient d*Amérique ou de Russie ; mais dans tous les pays, les cendres des yégétMiXt ^soutenant de la potasse et de la soude* sont employées soit comme engrais pour l'agriculture, soit ^our blanchir le linge sous la forme de lessive de cendres. On remarque, du reste, que les plantes faerba- 'Oées, les Iterbes, donnent plus de cendres utiles Qtte les plantes ligneuses et les bois, et que les feuilles en donnent également plus que les branches, Técorce plus que le tronc.
La potasse hydratée ou potasse caustique^ c'est-a-dire brûlante, qui a l'aspect de masses blanches, cristallines, opaques, est préparée à la chaux.
Chlorate de potasse détonant, — La potasse (oxyde de potassium) combinée avec l'acide chlorique (1 chlore et 5 oxygène) forme un sel cristallin en minces paillettes: c'est le chlorate de- potasse qui, par suite de ses propriétés oxydantes énergiques, forme avec tous les corps combustibles des mélanges ' explosifs; il suffit souvent de frapper avec un • marteau une petite quantité de chlorate de potasse et de soufre mêlés ensemble pour produire une violente détonation, qui peut même être dangereuse si on agit sans prér^aution. On avait songé à utiliser cette propriété pour fabriquer des capsules fulminantes, pour les fusils à percussion et aussi pour préparer une poudre à canon d'une grande puissance; mais l'expérience a fait abandonner cette invention : la poudre, difficile à préparer et à conserver, brisait les armes. On a de même entrepris la confeciion d'allumettes soufrées et enduites d'une pâte de 3 de chlorate de potasse et d'eau gommée et de à partie de soufre qu'on allumait en la mouillant dans l'acide sulfurlque d'un flacon.
Pyrophore, — La potasse, combinée avec le soufre, et préparée à l'aide de 2 de sulfate de potasse et de 1 de noir de fumée, donne un sulfure de potassium qui prend feu au contact de l'air, d'où on lui a donné le nom de pyrophore , par suite de sa grande affinité pour l'oxygène qu'il enlève de suite à l'air.
Un autre sulfure de potassium (1 de potasse, 5 de soufre), appelé foie de soufre, sert en médecine pour traiter les maladies de la peau.
Eau de Javelle; sel d'oseille. — La potasse, combinée au chlore dans d'autres proportions, fait une dissolution d'hypochlôrite de potasse qui, sous le nom d'eau de javelle, est employée pour détruire les couleurs végétales, les taches, etc., et pour opérer le blauchîment des étoffes. Cependant elle coûte plus cher que rhypochlorite de chaux, qu'on emploie de préférence dans les opérations en grand.
La potasse combinée avec l'acide oxalique (oxygène et carbone) forme plusieurs combinaisons, dont Tune, le bioxalate de potasse, connu sous le nom de sel d'oseille, s'extrait de beaucoup de sucs végétaux ; c'est un sel blanc, cristallin, qui sert à enlever les taches d'encre, de rouille et autres du linge, en se combinant avec l'oxyde de fer de ces taches, et en formant un oxalate double ou combinaison soluble, qu'on fait disparaître ensuite en la dissolvant par un lavage dans l'eau.
Salpêtre; nitre. — Le salpêtre ou nitre existe dans la nature tout formé, et il peut, dans les pays chauds, l'Egypte ou l'Inde, être recueilli à la surface du sol, après les pluies. Il suffit de laver les terres, qu'on enlève jusqu'à quelques centimètres; l'eau dissout les sels splubles; on fait évaporer cette eau au soleil, et le salpêtre, qui est un azotate de potasse (composé de potasse et d'acide azotique), se dépose en gros cristaux ; c'est le nitre brut.
ijuelquee grottes naturelles se couvrent de la même manière de cristaux plus ou moins nets, et de masses nitreuses qu'on peut traiter de même.
On fabriquait artificiellement le salpêtre ea mêlant des terres calcaires avec de la terre végétale et des fumiers ; on arrosait ce mélange placé dans une aire d'argile recouverte d*uja toit ayec les eaux de fumiers et les urines, en ajoutant des cendres de rockes feldspathiques et potassiques; on formait ajnsi des murs en gradins, retenant les eaux, et exposés au vent qui, en évaporant cellesci, favorisait le dépôt des matières nitreuses qu'elles tenaient en dissolution, par suite des décompositions opérées dans la masse. On lavait ensuite les terres et Ton recueillait Tazotate de potasse qu^elles contenaient. Ces nltrières artificielles sont à peu près abandonnées aujourd'ihui ; on recueille encore cependant quelquefois le salpêtre en lessivait ou grattant les murs des caves kumides, las ruines, les plâtras des vieilles maisons, surtout ceux qui piroviennent des étables et des écuriesp car la présence de matines organiques qui paraissent fournir l'azote nécessaire au salpêti^ag^., est indispensable à l'opération^ dont les causes ne sont pas encore complètement connues.
Fabrication de la poudre, — La poudre à tirer s'obtient en mélangeant intimement du salpêtre pur, du charbon en poudre et du soufre ; ces matières, en détonant, produisent un volume très grand de gaz ; et lorsque la combinaison a lieu dans un espace très-etroît,
comine le canon d'un fusil, et que les parois la canon sont très-résistantes, le gaji ne trouve dlssue qu*^en pressant lortement la l)alle (qui remplace une paroi mobile), ^par suite, Û la projette au loin avec force.
tJa litre du mélange que nous venons d'indiquer produit souvent 350 litres de gaz; mais, en général, l'expansion est encore trois fois plus considérable, c^est-à-dire de près de dOûUtrès produits.
Les mélanges, de salpêtre ou de nitre avec le charbon sont moins combustibles que ceux de nitre et de soufre ; mais ils développent une plus grande quantité de gaz et ont, j^ar suite, une plus grande force de projection* Mais cette force est encore plus grande dans le mélange ternaire de 66 de nitre, 10 1/2 de soufre et 25 1/2 de carbone. 75 de nitre, 12 de soufre et 13 de carbone donnent une projection plus forte encore ; aussi est-ce à peu près la composition de la poudre de guerre en France ; car sur 100 parties, il j en a Ib de salpêtre» 12 1/2 de soufre et 12 1/2 de cixarbon. La poudre de chasse a moins ae force; elle ne contient que 76,9 ou 80 de salpêtre, 9,6 ou 10 de soufre, et 13,5 ou 14 de charbon. La poudre de mine, qui a beaucoup moins de force de projection et qui encrasserait les armes, si on voulait s'en servir pour le tir, contient 62 de salpêtre, 20 de soufre, 18 de charbon.
La poudre de guerre prussienne renferme 75 de salpêtre, 11,5 de soufre, 13,5 de charbon ; ces proportions varient en Angleterre et en Autriche, où Ton n'emploie que 10 de
soufre et 15 de charbon ; en Suède, 9 de soufre, 16 de charbon; en Chine, 10 de soufre et 14 1/2 de charbon, et toiyours environ 75 de salpêtre.
Ces variations tiennent à la diversité que présentent les armes auxquelles la poudre est destinée. Il est bon que la puissance explosive ne soit pas de nature à briser Tarme et à agir trop violemment et trop brusquement sur ses parois ; si Tarme est courte et la poudre peu explosible, la balle est arrivée hors de l'arme sans que toute la charge soit brûlée et ait fait son effet. Il importe, dans les armes plus longues, que la poudre imprime toute sa force de projection à la balle qui parcourt l'intérieur de l'arme, successivement, et non de suite et brusquement C'est en employant des grains plus ou moins gros, en rendant la matière plus ou moins compacte, et en carbonisant plus où moins le charbon que Ton fait varier ces qualités de la poudre.
Le salpêtre employé à la fabrication de la poudre doit être très-pur, et ne pas renfermer plus de 2 à 3 millièmes de sel marin. Le soufre doit être pulvérisé en poudre très-fine. Quant au charbon, on carbonise exprès les bois tendres et légers, qui fournissent un charbon facile à pulvériser et qui ne laisse presque pas de cendres.
On emploie pour cet usage, la bourdaine et le fusain, le châtaignier et le peuplier, et même les tiges de chanvre et de chènevottes.
Leur carbonisation ne se fait pas en meules comme pour le charbon ordinaire, mais dans
des fosses creusées en terre où Ton laisse la combustion sq faire et s'achever pendant 3 ou 4 jours ; on trie soigneusement les charbons, et l'on obtient environ 20 de charbon pou^r 100 de bois employé. 11 est préférable d^opérer la carbonisation dans des cylindres de fonte soumis à l'action du feu, dont on peut régler à volonté l'action et la durée. On obtient ainsi 30 à 40 pour cent de charbon.
Pour la poudre de guerre, on pousse la carbonisation jusqu'au noir; pour celle de chasse, on se contente de produire du charbon brun ou roux, qui serait trop brisant pour les armes de guerre.
On fabrique la poudre en pilant les matières qui la composent, légèrement humectées, dans des mortiers qui, en 14 heures , reçoivent jusqu'à 30,00J coups de pilon, nombre nécessaire pour rendre la poudre compacte. On fait ensuite passer la poudre par les trous de cribles de peau tendue, de grandeurs différentes, et qui sont superposés pour recevoir les différentes espèces de poudre : la poudre à canon passe par un grénoir à trous de 4 millimètres de diamètre ; celle pour les mousquets, par des ouvertures de 2 millimètres. Les grains les plus fins, qu'on fait passer par des trous plus petits, servent à la poudre de chasse. On sèche ensuite toutes les poudres, soit à l'air libre, en été, soit artificiellement dans des boîtes soumises à des courants d'air chaud.
A l'époque de la grande Révolution de 89, on employait un procédé dit procédé révolutionnaire^ qui donnait très-vite beaucoup
de poudre, mais d'une qualité inférieure* On réduisait en fine poudre le nitre d'un côté», puis ensemble le soufre et le charbon, puis on mêlait le tout dans des tonneaux tournants, où des petites billes en étain oa en bronze, très-nombreuses, favorisaient le mélange intime des substances. Oq formait ensuite plusieurs couches de poudre^ séparées par des toiles mouillées, qu*^on comprimait fortement à Taîde d'une presse, de manière à Ibrcer Peau à mouiller uniformément toutes les couches. Il en provenait des galettes qu^On faisait ensuite sécher k Fair et qu^on Malt comme à Tordinaire.
La poudre de chasse et d^autrea poudres subissent encore une opération de lissage qui leur donne une surface brillante et polie et plus de densité; les lissoirs sont des cyliudres dont Taxe tournant a des bras qui agitent toute la masse et font frotter les un^ contre les autres les grains, qui se poliissent ainsi. Il faut toutefois s'arrêter lorsque la surface des grains a acquis une suffisante dureté, car cette opération dîmjiiuetoiûours l'inflammabilîté de la poudre.
On fabrique encore la poudre par le procédé des meules dont le nom indique suffisamment la nature, et celle de mine ou poudre ronde par des opérations à peu près analogues, appelées procédés Bernois ou de Champy.
Comme cette poudre ne doit pas ôtre trop inflammable, on emploie les charbons les plus cuits, les fumerons à sa confection.
Une fols la poudre confectionnée, il faut
Teasayer afin de s^aesurer de ses qualités et de sa puissance de projectiosi.
U faut d'abord que le litre de poudre non tassé (pour la poudre de guerre) donne une .densité de 0^20^^. à 8a^. ; que le grain soit .anguleux, dur, sec et bien égal, d'une grosseur de 2»»™5 à i"a«»5 pour la poudre à canon et de 1=^4 à 0°™ô pour la poudre à fusil, et qu^il résiste un peu à la pression, sans laisser de poussière.
Allumettes au phosphore amorphe, et chlorate de potasse. — Les allumettes phospho- Fèes ont de graves inconvénients, d'abord «ourla santé des ouvriers employés à leur fabrication ; puis elles sont une cause fréquente' d'incendies produits soit par imprudence et malveillance, soit par leur inflanination spontanée sous l'influence de la seule dialeur et de la lumière solaire ; enfin elles ont souvent occasionné des empoisonnements même involontaires ; toutes ces raisons •ont fait recliercher un moyen d'obtenir des allumettes exemptes de ces inconyénient& On fabrique aujourd'hui des allumettes au phosphore amorphe, ou plutôt les allumettes •elles-mêmes ne contiennent pas de phosphore, mais une pâte de chlorate de potasse, de matières combustibles et du grès dur en poudre; on frotte ces allumettes sur une surface recouverte d'un vernis contenant du ' phosp&ore amorphe disséminé dans une matière dure, et qui cède un peu de ce phosphore au chlorate de l'allumette lorsque l'on frotte c^e^ sur la face phosphoréa Ce système offre de grands avantages. La pftte
de Tallumette peut être fortement chaufif^e sans prendre feu, et jamais elle ne projette en déflagrant de particules enflammées ; la surface enduite de phosphore rouge peut elle même être chauffée sans s'enflammer, les deux éléments enfin peuvent être frottés par d'autres corps sans inconvénients ; leur réunion seule produit l'incandescence. A ces qualités précieuses se joignent Tinnoeuité des substances employées sous le rapport rénéneux et leur ininflammabilité spontanée.
(Voir Phosphore rouge.)
Sel de cuisine ; chlorure de sodium* — Le sel ordinaire de cuisine, dont les usages sont si variés et si nombreux, s'extrait des eaux de la mer, qui le tiennent en dissolution ; c'est un composé de deux corps simples, le chlore et le sodium, autrement dît un chlorure de sodium. Ce n'est pas seulement dans la mer qu'il se rencontre ; il forme encore dans la terre des masses assez considérables qu'on désigne du nom de sel gemme et qui sont tout à fait identiques au sel marin.
Lorsqu'on regarde de près le sel, on remarque qu'il présente une foule de petits cristaux, les uns isolés, les autres groupés. Si on prend un verre grossissant ou un microscope pour mieux distinguer la forme de ces cristaux, on s'aperçoit qu'ils ont tous la forme de petits cubes; mais ce qui est plus curieux, c'est qu'un grand nombre d'entre eux se sont accolés les uns aux autres d'une manière régulière, et que souvent ils ont formé des espèces de petites pyramides à quatre faces, creuses, et présentant sur leurs quatre côtés des es-
pèces de gradins. Ces groupements parfaitement réguliers se présentent plus rarement dans le sel gemme, qui est souvent très-pur et l^lanc ; il est cependant quelquefois coloré en rouge ou en jaune par Toxyde de fer.
Les cristaux de sel marin décrépitent comme la poudre lorsqu'on les projette sur des corps en combustion ; on ne peut guère attribuer cette décrépitation qu'à la présence de l'eau dans ces cristaux ; mais les petits cristaux sont généralement anhydres (sans eau).
Extraction du sel ; set gemme. — On obtient le sel en faisant évaporer l'eau de la mer, qui le tient en dissolution, dans des bassins peu profonds, appelés marais salants ou salins ; l'eau de la mer, qui contient environ 2 à 3 p. 100 de sel, y est amenée soit par la différence de niveau, soit par la marée, soit par des machines hydrauliques; elle recouvre le sol à 5 ou 6 centimètres d'épaisseur ; on la renouvelle tous les deux jours, au moyen d'écluses, lorsqu'elle a déposé tout le sel que son évaporation pouvait donner ; cette opération se fait ordinairement depuis le mois d'avril jusqu'à septembre; on récolte ensuite le sel, qui forme des couches plus ou moins blanches de 4 à 5 centimètres d'épaisseur ; quelquefois même, comme sur les côtes de Vendée et de Bretagne, la récolte du sel se fait tous le^ jours.
Le sel gemme, qui forme de véritables mines, est recueilli par d'autres procédés; on commence par le dissoudre en faisant couler dans l'amas salin de l'eau douce ; on ramène cette eau, qui contient souvent 25 à
30 p. 100 de sel, à la surface du sol au moyen de pompes, et on Févapore par la chaleur, dans des chandières, où le sel se dépose sous forme de cristaux. On sèche ensuite le sel à l'air chaud après l'avoir purifié.
On exploite aussi quelques sources (Teact salée, qui contiennent quelquefois de 5 â 10 p. 100 de sel au plus. ^,
Carbonate de soude ; procédé Leblanc. -^ Le carlwnate de soude s'extrait ordinaire ment des cendres des végétaux qui croissent près des rochers baignés par la mer, et qui contiennent des proportions variables de carbonate de soude. Les varechs^ par exemple, contiennent plas de sulfate et de chlorure que de carbonate. Pendant les guerres du commencement de ce siècle, lorsque les produits étrangers, les soudes d'Espagne en particulier, ne pouvaient plus pénétrer en France, le gouvernement engagea les chimistes à chercher le moyen de produire artificiellement la soude, et après de nombrenses tentatives infructueuses, un médecin français, Leblanc, résolut complètement îa question.
Le procédé Leblanc transforme le sel marin ou chlorure de sodium en sulfate de soude par l'action de l'acide sulfurique. Il décompose ensuite environ 1000 parties de ce sulfate de soude anhydre (sans eau), par le moyen de la chaleur, et à l'aide d'un mélange de 1050 de carbonate de chaux et de 550 de charbon, de manière à former d'une part du carbonate- de soude, de l'autre un sulfure de calcium contenant de l'oxygène,
et fflirî, étant insoliible dans Ven.% peut être facilement séparé du carbonate, lequel au contraire se dissout dans Teau, et est réduit fn poudre ensuite sous des meules.
Pastilles de Vichy. — Le carbonate de soude contenant une quantité double de gaz acide carbonique forme un sel, le Mcarbonate de soude, qu'on emploie très-souvent en médecine ; oe sel dont on fabrique des pastîiles, en le mêlant à des matières gommeuses et sucrées, forme les pastilles dîgestives, de toutes sortes, de Vichy, de Darcet et autres ; le bicarbonate a pour objet de saturer, de dissoudre, de décomposer la trop grande quantité d*acide qui se développe dans les digestions difficiles. Il suffit pour préparer ce sel d'exposer le carbonate de soude à un courant de gaz acide carbonique.
Sel de soude. — Le sulfate de soude qu*0n emploie en médecine sous le nom de sel de Glauber, existe dans les eaux de mer et de 'Sources salées; on Ten extrait facilement lorsque la température est très-froide; on Toblient aussi facilement en décomposant le sel marin, qui en contient une certaine quantité, par l'acide sulfurique.
Natron. — Le natron, dont l'industrie tire parti depuis si longtemps, est un carbonate de sonde que les eaux déposent dans les pays chauds, l'Egypte, les Indes, le Mexique, par lew évaporatîon, par suite de la réaction du carbonate de chaux des terres sur le sel marin dès eaux.
Borax. — Le borax du commerce est un
composé d'acide borique (bore et oxygène) et de soude ou un borate de soude. Ce corps a la propriété, lorsqu'il entre en fusion, de se boursoufler et de se vitrifier à une flamme quelconque. Le verre de borax dissout alors presque tous les oxydes des métaux, et se laisse colorer par eux ; cette coloration sert à faire reconnaître les diflérents métaux, mônae lorsqu'ils sont en très-petite quantité.
On plonge, par exemple, une boucle de fil de platine (le moins fusible des métaux) dans du borax, puis on ajoute à celui-ci les parcelles de l'oxyde ou du métal qu'on veut connaître ; on fait fondre la matière, et la coloraticn qu'elle présente fait connaître la nature de la matière à analyser.
Souvent le métal prend plus ou moins d'oxygène, c'est-à-dire qu'il a des oxydes différents et divers degrés d'oxydation ; par suite il peut colorer différemment le borax.
Pour reconnaître ces cas, on chauffe le borax dans la partie de la flamme qui est en avant de l'espace obscur ; la flamme à cet endroit est ce qu'on appelle réduisante, c'està-dire qu'elle oxyde moins, parce que les parties combustibles ne sont pas complètement brûlées ; oxydant moins, elle n'amène le corps qu'à la coloration due à l'état de protoxyde. Au contraire, la flamme au delà de la partie brillante est oxydante parce que le gaz est mêlé à beaucoup d'air atmosphérique; on y obtient la coloration du peroxyde, ou oxyde le plus oxydé.
Les usages du borax sont très-variés et très-nombreux. Dans les manufactures de
verre, on s'en sert pour rétablir les fusions qui tournent mal; la peinture sur porcelaine en fait usage pour appliquer plus facilement l'or et les couleurs ; enfin, il est employé pour faire couler les soudures de l'or, de l'argent, du platine, du cuivre, du fer, etc. Le borax, mêlé en eflTet aux soudures, forme en fondant un vernis qui empêche l'oxydation des métaux qu'on veut souder, et décape même ces pièces de manière à favoriser le soudage ; cependant le cuivre et le laiton se soudent plutôt avec addition de résine ou de sel ammoniac. On emploie pour ces usages le borax désigné dans le commerce sous le nom de borax octaédrique, qui renferme moitié moins d'eau que le borax ordinaire et qui, par conséquent, se boursoufle moins.
Aujourd'hui, le borax se prépare au moyen de l'acide borique, qu'on fait agir à chaud sur une dissolution de carbonate de soude.
Magnésium ; magnésie. — Le magnésium, ce métal qui aTéclat de l'argent et qui brûle avec une lumière si vive et si brillante, forme avec l'oxygène un oxyde, ou magnésie blanche, qui est très-employée en pharmacie.
C'est une poudre blanche, très-peu soluble dans l'eau, et que l'on ne peut fondre aux plus hautes températures de nos fourneaux.
C'est un contre-poison très-efficace contre l'empoisonnement par l'arsenic, parce qu'elle forme avec l'acide arsénieux un composé qui est insoluble dans les liquides et les tissus du corps, et qui, par conséquent, est non vénéneux.
Combinée avec de l'acide snlfurîque, elle donne le sulfate de magnésie qui est tenu en dissolution dans un grand nombre d'eaux minérales pui^atives, qui doivent , à sa préseace leurs propriétés médicales. Les eaux -d*Epsom (Angleterre}, de Sedlitz (Autrîclie)» et beaucoup d'autres, contiennent du sulfate de chaux qui, en traversant des calcatpes magnésiens, réagissent sur le carbonate de magnésie et dissolvent du sulfate de magnésie. En faisant évaporer ces eaux, il se dépose des sels cristallisés de magnésie., qu'on peut du reste reproduire à volonté dans les laboratoires ; les eaux de la mer d'où l'on extrait le sel marin contiennent de grandes proportions de sulfate de magnésie' qu'il est facile de recueillir dans les marais salants par révaporation des eaux-mères et des résidus.
Ecume de mer, — Des roches entières sont composées de silicates de magnésie (acide silicique ou de silicium et magnésie) et de cart)onate de magnésie. Dans les Alpes, la dolomie (carbonate de magnésie) forme des masses considérables. L'écume de mer qui sert à faire des pipes, le talc, la serpentiae 'sont des silicates magnésiens contenant de Peau, et qui se laissent couper et travaîBer au tour et au ciseau, comme le bois, le mart)re, les pierres dures.
Combinés à d'autres i^ilicates, ils fwTnent les minéraux connus sous les noms de pérîdot, de pyroxène, d'amphibole.
Verres, — On raconte que des Phéniciens, s'étant servis, dans un voyage, de natron
pour construire, sur du sable, un foyer destiné à cuire leurs aliments, la fusion du sable et du natron leur donna un verre transparent. Telle serait l'origine des verres.
On peut distinguer le verre en trois espèces, le verre commun incolore» le coloré et le cristal.
Le premier, verre à vitre ou verre blanc, composé de sHice, die chaux, de potasse ou de soude, s^ fait avec du sable bïanc, du sel de soude, ou sulfate de soude, des rognures de verre blanc, de la craie ou de la chaux et de Toxyde de manganèse.
Le verre coloré commun on verre à bouteille contint des silicates de fer, trè»> fusibles dans du sable ferrugineux, des cendres ou soudes brutes, de l'argile jaune, et des tessons de bouteilles.
Le cristal est composé de sable, de pétasse et d'oxyde de plomb ou d'oxyde de zinc.
On obtient un verre blanc d'excellente qualité en fondant 410 parties de quarts en poudre, 64 de carbonate de potassé raffiné, 24 de chaux caustique.
En France, on se sert plutôt de carbonate de soude, qui coûte moins clier, mais donne un verre un peu coloré en vert jaunâtre, quoique assez fusible et facile à travailler. On aperçoit cette teinte surtout dans les verre» à vitres.
On remplace aujounfbui l'oxyde de plomb par l'oxyde de xinc, qui donne un cMstaltrè»dur, très-blanc et très-limpide, et une partie de la silice par Taclde borique; on emploie également, du reste, le soufflage ou le mou'»
lage dans les moules en bois ou bronze pour fabriquer les objets en cristal.
Les tubes se font à Taide dQ deux ouvriers qui étirent, en s'éloignant Tun de l'autre le verre qu'Us ont chacun soufflé.
Trempé très-chaud dans l'eau, le verre devient très-cassant.
En optique, on emploie un verre très-incolore et très-homogène; Fun est dd niême composition que le verre de Bohême, à base de potasse et de chaux ; il porte le nom de crown-glass; l'autre, le flint-glass, est un cristal préparé avec 50 de sable blanc, 50 de minium et 15 de carbonate de potasse trèspur. Le crown-glass comprend 120 de sable blanc, 35 de carbonate de potasse, 20 de carbonate de soude, 20 de craie , et un peu d'acide arsénîeux. En réunissant deux lentilles de crown-glass et de flint-glass, on obtient des lentilles dites achromatiques qui ne laissent passer que des images tout à fait incolores, tandis que les lentilles ordinaires donnent toujours des images colorées sur leurs bords.
Le cristal et les prismes obtenus avec le zinc et le borax sont d'une limpidité et d'une blancheur remarquable; ils sont de plus très-durs et très-infusibles, qualités précieuses pour les verres d'optique ; mais s'ils résistent plus à la gravure et à la dorure par le feu, leur taille et leur moulage sont beaucoup plus difficiles.
Fabrication de la verrerie. — L'ouvrier verrier,pour fabriquer un objet quelconque en verre, se sert d'une canne ou tube en fer
d'un mètre et dai^U qu'il plonge dans le verre fondu à plusieurs reprises poiir en retirer une quantité de plus en plus grande qu'il tourne, et. tasse à l'extrémité. Puis il soufre dans la canne, de manière à faire prendre au verre la forme d'un globe ; il la relève ensuite, le globe s'aplatit; il la rabaisse, le verre prend la forme d'un cœur. Il fait en suite aller puis revenir la canne, comme un pendule, de manière que le ballon de verre s'allonge en cylindre. On perce ce cylindre, puis on le refroidit par un mouvement de rotation ; on détache ensuite le cylindre de la canne en posant une goutte d'eau sur le point d'attache ; un coup donné à la canne opère le détachement. On ouvre le cylindre de l'autre côté en entourant l'endroit où doit avoir lieu l'ouverture d'une goutte de verre fondu qui s'allonge en filant et qui détermine une rupture très-nette, par suite de la propriété qu'a le verre chaud de se fendre en un point déterminé quand on le touche avec un corps d'une température différente. On chauffe de nouveau bien également, on fend ensuite le cylindre dans le sens de sa longueur à l'aide d'une goutte d'eau placée à la partie supérieure où l'on passe un fer rougi ; puis on aplanit chaque côté avec une règle de fer, qui affaisse par son poids les bords relevés du cylindre ; on laisse ensuite refroidir les carreaux ainsi obtenus qui sont bons à être livrés au commerce.
Les procédés pour la fabrication des verres à boire, carafes, globes de tous genres, sont analogues à ceux que nous venons de dé-
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crire. Sauf quelques modifications de détail^ quelques soins particuliers et des disposîtionsr un peu différentes des foumeaux-appareite, la fabrication des glaces, à base de soude et de chaux suit également la même marche. A Saint- Gobain, la manufacture la plus impor^ tante de France, le mélange destiné aux glaces est de 300 parties de sable quartzeux très-blanc, de 300 de rognures de glace, de 106 de carbonate de soude bien sec (beau-coup plus que pour le verre à vitre, afin de donner une plus grande fusibilité au verre), et 43 de chaux éteinte.
Une opération particulière à la glace est le polissage qui s'opère en plusieurs parties ; on use d'abord cette glace par le frottement du sable pour la dégrossir ; on la doucit aisuite avec de Témeri fin, humecté d'eau, et Ton polit avec du colcothar délayé et des poll^olrs en feutre.
Bouteilles, — La fabrication des verres à bouteilles emploie des matières de peu de valeur. La quantité des matières suivantes varie selon les cas; 100 de sable ocreux c<mtenant de l'oxyde de fer qui rend le verre plus fusible; 40 à 60 de soude de varech qui fournit, avec 30 ou 40 de cendres de bois, les carbonates alcalins ; 450 à 180 de cendres lavées appelées charrëes qui donnent des silicates d'alumine et de potasse, 80 à 100 d'argile ocreuse et 100 à 150 de calcin ou laorceaux de verre et de bouteilles cassés. On fait marcher l'opération très-vivement, surtout la fusion ; on opère de même pour retirer au bout des cannes le verre fondu qu'on
tourne coDstamment, et qu'on appuie d*ua côté en continuant à tourner la canne de manière à former le goulot; on souffle eo^ suite le verre en forme d'œuf ; puis, on réchauffe et on rintroduit dans un moule en terre ou en bronze qui donne la forme et les dimensions voulues. On retire ensuite la bouteille ; on en façonne le cul à Taide d'un petit rectangle de tôle sur lequel on tourne la bouteille avec la canne; puis, on sépare celle-ci; on. forme le rebord du goulot avec un filet de verre liquide ; on façonne et Ton recuit.
Cristal. — Le cristal, qui doit être très-transparent, très-homogène et sans aucune coloration, se fait avec 300 parties de sai)le pur, 200 de minium ou oxyde de plomb, et 100 de carbonate de potasse purifié. Le choix de ces matières coûteuses donne la raison du haut prix de la gobeleterie de luxe. Plus le ml-^ nium est en grande quantité, plus le cristal est dense et réfringent et donne de beaux effets de lumière; il est toutefois une limite qu'il ne faut pas dépasser si Ton ne veut pas que le cristal se colore en jaune.
Verres colorés, — Le verre prend des colorations très-différentes lorsqu'il contient des métaux combinés avec l'oxygène, en quantité restreinte. Ainsi, pour faire des verres colorés, on mêle aux matières du verre des oxydes métalliques, et la fusion répartit uniformément l'agent colorant dans tous les points de la masse.
Le fer (protoxyde de fer) donne au verre la couleur vert foncé ou vert bouteille. Un. au-
tre oxyde de fer (le sesquioxyde, 2Fe 30), le colore en jaune. L'oxyde de cuivre et celui de chrome donnent deux beaux verts diflFérents de nuances. Le manganèse (sesquioxyde 2Mn 30) donne le violet, et Toxyde de cobalt le bleu. Lecuîvre (oxydule 2Cu 10), donne une coloration rougè très-intense ; le pourpre est obtenu par une dissolution, dans du chlorure d'or, d'un peu d*oxyde d'étaîn mêlé à du cristal pulvérisé, le tout séché et fondu. Des quantités égales d'oxyde de cobalt et d'oxyde de fer donnent une coloration noire ; du noir de fumée ajouté en proportions variables au mélange qui donne du verre blanc, colore celui-ci en jaune de différentes nuances depuis le jaune clair jusqu'à l'orangé pourpré.
On plaque souvent sur un verre incolore une couche légère de verre coloré , dont l'épaisseur peut varier à volonté et par suite aussi rioieasité; ce placage se fait en plongeant la canne recouverte de verre incolore encore pâteux dans un masse en fusion de verre col oré, qui recouvre ainsi le premier d'une épaisseur que l'ouvrier peut régler à volonté.
Peinture sur verre. — Pour peindre sur verre, on réduit en poudre des verres colorés très-fusibles, broyés avec de la térébenthine et qu'on applique sur les \slsqs avec un pinceau. On chauffe ensuite le tout de manière à fondre le verre coloré, maïs en ne poussant pas le feu jusqu'à fondre ou déformer le vase, de verre sur lequel on veut appliquer la pienture. On emploie pour les verres colorés?
deux parties de quartz, deux et demie de plomb, uae d'oxyde de bismuth, plus un oxyde métallique colorant ; si cet oxyde était attaqué par le plomb ou le bismuth, on remplacerait ceux-ci par un et demi de borax fondu, un quart de carbonate de chaux et un quart de nitre.
EmaiL — L'émail n'est autre qu'un verre rendu opaque par un oxyde métallique, généralement un oxyde d'étain ou un acide arsénieux, un phosphate de chaux ou une combinaison d'oxyde d'antimoine. Le cristal dont on se sert doit être bien fusible ; on l'oxyde par un alliage de quinze parties d'étain 'et de cent parties de plomb, qu'on chauffe et qu'on purifie, et 1 on forme un composé d'étain et de plomb àorSt dn mêle 100 parties avec 100 de sabïe pur et 80 de carbonate de potasse. On ajoute, selon les couleurs que Ton veut donner aux émaux, les corps dont nous avons déjà parlé.
Aluminium; bronze d aluminium, — L'aluminium, qui est un des composants de l'argile et de la plupart des terres, est un métal qui, même à la chaleur rouge, résiste à l'action de l'air comme les métaux précieux, l'or et l'argent, et même de l'hydrogène sulfuré, qui attaque ce dernier. Il est aussi léger que le verre (densité 2,56), d'un aspect identique à l'argent quoique plus bleu, lorsqu'il est poli, très-tenace, aussi résistant et aussi dur que l'argent.
On l'obtient par la décomposition du chlorure d'aluminium à l'aide du sodium qui s'empare du chlore, forme du sel marin et isole l'aluminium.
Il peut servir en bijouterie à remplacer des octets qui exigeraient quatre kilos d'argent; il est souvent allié soit au silicium ou à d'autres métaux, et peut former un bronze excellent quoique un peu terne.
L'aluminium est dé plus aussi soaore que le cristal, malléable, ductile, conducteur de l'électricité huit fois plus que le fer ; aussi son usage dans les transmissions électriques devra-t-il, lorsqu'il sera devenu bon marché, augmenter encore la rapidité des communiacations.
Il se refroidit assez lentement, absorbe aisément le mouvement calorifique, est trèspeu volatile et fuse entre 500, point du zinc» et 1000% point de l'argent.
Il pôirt-df^nc remplacer l'or et l'argent par ses propriétés et surtout par Tinaltérabilité à l'air de son éclat, car l'argent lui-même se ternit facilement Le jus des fruits acides n'altère pas l'aluminium, mais l'acide acétique (vinaigre mêlé de sel marin), ledissoiut très-sensiblement
Allié avec très-peu de cuivre, il forme des alliages blancs et durs, et un bronze jaune d'or, très-malléable et peu altérable. 11 s'allie, du reste, aussi avec l'étain, le fer;, l'argent, le zinc : on peut le plaquer sur du cuivre et dorer ses fils par la galvanoplastie.
Son prix de fabrication et d'extraction qui était, en 1854, de 3,000 fr. le kilog., est descendu depuis 1857 à moins de aoo fr. (et celui du sodium, qui sert à le préparer, de 2,000 fr. le kilog. à 20 fr.); aussi peut-il déjà être employé dans la bijouterie^ les indus-
tries «Tart, à cause de sa facilité à, être moulé, ciselé, estampé, etc. Sa légèreté et son inaltérabilité le rendent précieux comme remplaçant du cuivre et de l'acier dans les instruments de chirurgie, de physique, de mathématiques.
 mesure que son prix de production di^ minuera, il remplacera probablement les métaux les plus usuel», car, grâce à sa ré»if^ tance et à ses autres qualités, il ne faut que 1 kilog. d'aluminium pour remplacer dans la confection des objets divers, 7** 1/2 d'or, 4^ d'argent, 3^ 1/2 de cuivre, 2^85 d'étain, et 2^68 de zinc.
Cette nouvelle branche d'industrie est presque tout entière due aux recherches d'un savant français, M. Henri Sainte*Claire Deville, et c'est à la science -pure qu'on doit cette découverte et les améliorations que nous avons signalées dans sa fabrication.
Pierres précieuses. — L'alumine estjusqu'ici la seule combinaison connue d'oxygène et d'àiumînium ; c'est une poudre blanche qui ne se dissout pas dans l'eau, comme le sable, et qui est infusible à tout autre fèu qu'au mélange incandescent d'oxygène et d'hydrogène.
Cet oxyde existe dans la nature sous forme de cristaux prismatiques à 6 faces, colorés de belles couleurs par la présence d'oxydes métalliques colorants ; aussi la bijouterie les emploie-t-elle comme pierres précieuses;.
Le saphir est l'alumine colorée en bleu*
Le rubis est Talumine colorée en rouge.
Le corindon est Talumine incolore et transparente.
Elle se présente enfin sous forme de prismes opaques et de cailloux de toutes couleurs, bruns lorsque l'oxyde de fer les colore, rouges, jaunes, etc.
L'alumine est après le diamant le corps le plus dur que Ton connaisse ; aussi sert-elle à polir les autres pierres précieuses, le verre, les glaces, etc. On choisit pour ces usages du corindon opaque qu'on réduit en poudre trèsfine, à laquelle on a donné le nom d'émeri.
Non-seulement elle sert au polissage, mais encore à roder les goulots de bouteilles et les bouchons qui doivent s'y adapter de manière à rendre leur contact parfait et imperméable au passage des liquides ou des gaz.
Combinée avec la magnésie, Talumine donne le spinelle (qui est alors un aluminate de magnésie) qu'on sait maintenant reproduire à volonté, et qui est également employé dans la joaillerie.
Un autre métal qui a beaucoup de rapports avec l'aluminium, le glucinium^ forme un oxyde, la glucine, qui se rencontre dans la nature combinée avec la silice et l'alumine, et qui donne encore quelques pierres précieuses.
Vémeraude, qui présente une belle couleur verte, est donc formée de silicate de glucine et ()e silicate d'alumine; elle cristallise en prismes à 6 faces ; 3t, orès de Limoges, on la rencontre en masses considérables; mais il est moins fréquent de la trouver à Tétat transparent, qui seul permet de l'employer dans la bijouterie ; lorsqu'elle n'a qu'une teinte d'un vert pâle, on l'appelle 6eVy/, et aigiic marine si le vert en est bleuâtre.
Cristaux artificiels* — On obtient aijjourd'hui artificiellement tous ces cristaux, en faisant chauffer les mélanges suivants à la température des fours à porcelaine.
Pour le rubis spinelle, 30 parties de magnésie, 25 d'alumine, 35 d'acide borique et i de chlorate de potasse, qui, exposés cinq jours au feu nécessaire à la cuisson céramique, ont donné des cristaux de 10 millimètres; le borax fondait, dissolvait l'alumine et la magnésie, et, en se volatilisant, laissait des cristaux de ces deux corps.
Le péridot ou silicate d'alumine s'obtient en chaulSant 4 gr. de silice, 6 de magnésie et 6 d'acide borique.
Le corindon, 10 parties d'alumine, 4 de silice, 16 de borax.
Imitations. — On imite même tous ces cristaux à l'aide de verres diversement colorés, chauffés et refroidis avec soin et lentement.
Le strass incolore en est la base ; c'est une combinaison d'environ 300 de cristal de roche pulvérisé en sable blanc, 470 de mlnium ou 510 de céruse; potasse à l'alcool, •l63 avec le minium, 96 avec la céruse ; 22 de borax et 1 d'acide arsénieux fondus en-« semble.
La topaze s'obtient par le mélange de 1000 de ce strass à 40 de verre d'antimoine, 1 de pourpre de Cassius ou seulement 1000 de strass et 10 de fer.
Le rubis, 1000 de strass, 25 d'oxyde de manganèse.
Pour l'émeraude, on remplace le manga-
nèse par 8 d'oxyde de cuivre pur, mêlé d^un peu d'oxyde de chrome.
Pour le saphir, ou le remplace par 15 d'oxyde pur de cobalt
Pour Taméthyste, on ajoute aux 1000 de strass 8 d'oxyde de mangaaèse, 5 d'oxyde de cobalt, 0,2 de pourpre de Gassius.
Pour Taigue marine, on se sert de 7 de verre d'antimoine et 0,4 d'oxyde de manganèse.
Pour le grenat syrien ou Fescarboucle, on met 500 de verre d'antimoine, 4 de pourpre deCasàius et 4 d oxyde de manganèse.
Alun; ses usages. — L'alun est u^isé dans la teinture en quantités très-notables ; c'est un sel formé de sulfate d'alumine et de sulfate de potasse, ou de soude ou d'ammoniaque. Le plus estimé de tous ces aluns est l'alun potassique (sulfate d'alumine, sulfate de potasse et eau), qui cristallise en solide k huit faces ; c'est ce qu'on appelle l'alun octaédrique; mais il contient souvent du sulfate de fer qui altère les couleurs à la teinture ; aussi lui préfère-t-on l'alun cubique, qui ne cristallise en cube que dans des dissolutions d'alun et de carbonate de potasse, où Talu-^ mine est en excès et l'oxyde de fer absent; cette forme cubique est un garant de la pureté de l'alun. C'est là ce qui fait le prix de l'alun de Rome. On sait aujourd'hui le fabri^ quer artificiellement.
La saveur sucrée de ce sel est en réalité astringente et rappelle celle de l'encre; aussi, privé de son eau, est-il employé en médecine» sous le nom d'sduii calciné, comme caustique.
On trouve généralement Falun près des volcans, produit parla combinaison du soufre, de ralumine, de la potasse, soumis à Taction énorme de la chaleur des cratères. Il suffit de le purifier en le calcinant, en le lavant et en laissant ensuite l'eau s'évaporer; il cristallise alors et est utilisé pour le travail des peaux. On l'emploie aussi dans la fabrication des papiers; mêlé à leur pâte, il les empêche de boire. Mais son principal usage est dans la teinture, où il agit comme mordant, c'està-dire comme substance propre à fixer et à rendre inaltérables les couleurs. Il donne de la fermeté au suif des chandelles et s'emploie dans la salaison des poissons.
Argile. — L'alumine se combine à la silice qui, comme elle, est très-répandue dans la nature, et elles forment ensemble des dlicates contenant généralement en outre de Teau et un peu de potasse.
L'argile, la terre à porcelaine ou kaolin» tous les débris des roches granitiques, les feldspaths, etc., sont des composés semblables, — de silice et d'alumine, avec addition soit de potasse, soit de chaux, soit de magnésie, soit de soude.
L'argile ordinaire ou terre glaise contient souvent du sable quartzeux, de l'oxyde de fer, du carbonate de chaux.
Elle se rencontre assez pure dans le kaolin, ou terre à porcelaine, qui est un résida de l'altération du feldspath et des roches feldspathîques.
Lorsque l'argile est pure, elle forme avec l'eau une pâte liante,facile à pétrir, à façonner ;
mais cette argile dite grasse est assez rare ; l'argile maigre qui renferme dçs matières étrangères est beaucoup moins susceptible d'être ainsi façonnée; on dit alors qu'elle est mom^ plastique \ seulement au )îeu d'être infusible comme dans sa pureté, elle devient fusible si elle renferme beaucoup d'oxyde de fer ou de carbonate de chaux. Celle qui renferme de grandes proportions de ce dernier corps est appelée marne; elle forme des couches de terrains considérables.
L'argile peut absorber les corps gras des étoffes de laine, des draps, etc. ; aussi certaines espèces, qu'on purifie de leur sable, servent-elles au dégraissage de ces tissus, sur lesquels on les répand en poussière ; c'est ce qu'on appelle la terre à foulon.
Certaines terres, telles que la terre de Sienne, les terres ocreuses ou ocres qu'on emploie dans la peinture, sont des mélanges d'argile et d'oxyde de fer ; cet oxyde, en quantité plus ou moins grande, est la cause de leurs différentes nuances.
Céramique ; poteries, — Toutes les poteries que nous employons pour nos usages domestiques sont fabriquées avec de l'argile qui a acquis de la consistance par la cuisson. Cette industrie de la céramique remonte à~ la plus haute antiquité.
Pâtes céramiques, — Qu'est-ce donc, que la porcelaine? Qu'est-ce donc que la faïence?
La première est formée d'une pâte argileuse qui se ramollit à la cuisson, devient ensuite compacte et parfaitement imperméable aux liquides ; la faïence au contraire est formée
d'une pâte qui reste poreuse après la cuisson. Voyons quelles sont ces pâtes, et comment leur fabrication doit être conduite.
L'argile mêlée avec de l'eau forme une pâte que l'on peut pétrir, façonner, mouler à volonté, et qui peut prendre facilement une certaine consistance. Desséchée à l'air, on peut la tailler, la façonner sur le tour ; cuite au feu, elle acquiert une grande dureté.
Mais, dans cet état même, elle continue d'être très-poreuse et très-perméable aux liquides, comme on peut s'en convaincre en l'appliquant sur la langue ; elle happe fortement celle-ci, c'est-à-dire qu'elle absorbe vivement l'eau qui la recouvre, et qu'elle adhère, par suite, fortement à la langue.
Pour rendre les vases ainsi confectionnés imperméables, il faut les recouvrir d'un vernis de matière nitreuse peu fusible, qu'on appelle couverte, qui doit cependant ne fondre qu'à une température inférieure à celle uù le vase pourrait se déformer. Cette couverte s'incorpore intimement à la pâle par la cuisson, et il est impossible d en apercevoir le joint de réunion à celle-ci.
Pure, l'argile se fendille et se déforme au feu ; aussi y ajoute-t-on toujours soit de la terre cuite pulvérisée, de la brique pîlée ou du sable quartzeux qui rend l'argile moins plastique, moins maniable, moins facile à travailler, et même plus poreuse; mais la couverte remédie à cette porosité.
Porcelaine. ~ La porcelaine peut sô diviser en porcelaine dure et porcelaine tendre.
La porcelaine dure est composée de kaolin
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et de feldspath ; le kaolin se présente sous Taspect d'une poudre très-fine, résultat de la décomposition d'une roche à feldspath ou d'un granit; il contient des proportions variables de silice, 50 à 70 pour iOO, 26 à 36 pour 100 d'alumine, i à 2 de potasse, quelquefois moins; de Teau, 10 pour 100; et de petites quantités de peroxyde de fer et de chaux. II faut ajouter toujours une certaine quantité de carbonate de chaux ; à Sèvres, suivant les pâtes et leur destination, on emploie pour faire la porcelaine le mélange suivant : 62 à 64 de kaolin lavé, 17 à 20 de sable, 10 de sable feldspathique très-fin ou 17 de feldspath quartzeux, et 4 à 6 de craie pure, /
On mêle ces substances et Ton en fait une pâte aussi homogène que possible, en battant le mélange et en piétinant même dessus. U faut une grande propreté dans toutes ces opérations, car la présence d*un cheveu suffit à gâter une pièce de porcelaine, parce que la chaleur de la cuisson décomposerait le cheveu et produirait des fentes ou des boursouflures. On abandonne souvent la pâteainsi obtenue dans des caves humides, où elle pourrit légèrement et acquiert des qualités particuMères.
Fabrication des vases; towr à potier, — Lorsque la pâte est bien homogène, on la travaille sur le tour à potier, grand disque en bois mu rotativement par le pied, et sur lequel l'ouvrier accumule la pâte, la façonne à la main, la creuse, l'ouvre et lui donne la forme et les dimensions voulues; on laisse
ensute sécher Tabjet, puis, par le tournassage, à Taide d'un autil tranchant, on perfectionne les contours, auxquels on donne des aarètes Tildes et parfaites,.en le faisant tourner également sur le tour.
Moules. — Souvent on donne à la p&te la forme voulue en la comprimant dans un moule d'une forme déterminée, et l'on ne fait à la main que la partie supérieure ; les moules sont en relief ou en creux, et généralement en plâtre; l'objet moulé éprouve toujours un certain retrait lorsque son eau passe dans les pores du moule, ce qui rend facile la sortie de l'objet. Les pièces rondes, anses, colonnes, etc., sont faites avec des moules en deux parties superposées. On obtient également des assiettes et des plats d'épaisseur et de dimensions égales, en remplaçant la main de l'ouvrier potier par un calibre qui figure en profil tous les reliefs et moulures qu'on veut donner à l'objet (]leluîci, placé sur le tour, est mis en rotation près du calibre, qui enlève la matière comme le ferait un outil ordinaire, et dessine les moulures voulues par la seule application des sinuosités de sa face.
Glaçure. -*- On soumet ensuite les objets & une première cuisson; puis, on applique la couverite formée de poussière feldspathique mêlée de quartz qui doit rendre la matière moins poreuse et d'un plus bel aspect Cette glnçure s'opère en plongeant le vasQ dans la bouillie à vernir, rendue liquide par addition d'eau ; les parties grasses malpropres neprennettt pas de v^ernis parce qu'elles sont peu
absorbantes. On applique ainsi quelquefois la couverte au pinceau, ou par arrosage ou saupoudrement.
On donne ensuite le grand feu dans les fours où Ton a donné déjà la première cuisson qui a formé ce qu'on appelle le biscuit. Ces fours, chauffés à présent à la houille au lieu de bois, ce qui donne une économie des deux tiers, cuisent les objets pendant 12, 24, 36 heures; les vases eont placés dans de grandes enveloppes en argile réfractaire infusible, appelées cazeites^ et après les avoir enfournées avec soin, et disposées «^n divers étages plus ou moins près du foyer selon le degré de cuisson qu'elles doivent supporter, on les laisse le temps convenable ; puis, on fait refroidir le four, on défourne, et Ton trie les pièces selon leurs qualités ou leurs défauts.
Porcelaine tendre. '— La porcelaine tendre est d'une pâte plus abondante en feldspath et plus fusib'e; on la distingue de la porcelaine dur^, dite porcelaine chinoise, par les noms dn porceaine française et anglaise ; elle est plus fusible, ft même le vieux Sèvres^ qui a eu une si grande réputation, ne contenait pas d'argile; la couverte en était pîombeuse et très-fusible; difficile, à cause de son peu de plasticité, à travailler au tour, elle ne l'était cju'au moule, mais la basse température qui lui était seule nécessaire favorisait beaucoup sa peinture et sa décoration; aussi a-t-el!e dû sa vogue surtout aux qualités des peintures qu'on pouvait y exécuter.
Poteries de grès* — Les poteries de grès
ou grès cérames ont de grands analogues avec la porcelaine ; seulement, leur pâte contient des argiles à oxydes de fer qui la colorent et la rendent imperméable, plus fusible, et, par suite, d'un travail plus facile; ces oxj'^des rendent même la couverte inuti e;on se contente de les glacer en jetant quelques poignées de sel marin dans le four lorsque la température est très-élevée ; lise forme al ors un vernis de silicate doubla» d'alumine et de soude, tandis que Taciae ch orhydrique se dégage.
Faïences» — Les faïences communes sont fabriquées avec des argiles mêlées à du quartz et contenant presque toujours des oxydes métalliques de fer ou de manganèse, qui les colorent en rouge ou en brun. Le travail de la pâte est plus facile que celle de la porcelaine; cette pâte doit être très-peu fusible, et on la recouvre toujours d'une couverte, après l'avoir soumise à deux feux.
On ajoute souvent à la couverte 2 parties de smalt (verre coloré en bleu parPoxyde de cobalt) qui lui donne une coloration bleue ; la faïence se fendille toujours au feu bien plus que la porcelaine, ce qui joint une cause de destruction à son aspect toujours moins agréable à l'œil.
Terres cuites. — Les poteries communes en terre cuite, telles que pots à fleurs, tuyaux de drainages, colorés en jaune, rouge, sont faites d'argiles impures, très-ocreuses, mêlées de sables, souvent non lavées, ni vernies ; pour la cuisson des aliments cependant on leur applique un arrosement de couverte de 5 d'argile et 7 de lîtharge.
Ces poteries très -poreuses laissent suinter, lorsqu'elles n'ont pas reçu de couverte, les liquides qu'elles contiennent. C'est une des qualités des tuyaux de drainage; c'est aussi à cette propriété que les bouteilles poreuses appelées alcarazas doivent la fraîcheur de leur eau ; celle-ci arrive par les pores à leur surface qu'elle maintient toujours humide; elle s'évapore et cette évaporation rend la température intérieure moins élevée que celle de l'extérieur.
Briques. — L'argile est encore utilisée pour la fabrication des briques, des tuiles, des carreaux en terre cuite ; on la cuit après l'avoir façonnée dans des cadres rectangulaires en bois, ou à l'aide de machines qui débitent les briques avec une grande rapidité ; cette cuisson ne se fait même souvent pas dans des fourneaux; on se contente de faire des voûtes avec les tas de briques, sous lesquelles on dispose le combustible qui, en brûlant, opère la cuisson* La couleur rouge de ces briques est due à l'oxyde fer contenu dans les argiles.
Mais pour fabriquer soit les creusets destinés à la fusion du verre, soit les briques réfractaires des hauts-fourneaux, on emploie des argiles très-pures d*oxydes de fer et de carbonates de chaux, afin qu'elles soient aussi infusibles que possible; on se sert quelquefois de mélanges d'une partie d'argile réfractaire et de 2 parties de graphite ou plombagine, ou même de coke très-pulvérisé.
Poterie colorée. — La porcelaine et toutes les poteries fines peuvent être ornées de
peintures, dorures et de colorations diverses; ces couleurs s'appliquent soit sur la pâte même, soit sur la couverte ou vernis; dans ce cas on les fait fondre avec celle-ci lorsqu'elles peuvent supporter la même température, ce qui n'a lieu que pour quelques couleurs qui résiistent au grand feu. Le bleu, donné par l'oxyde de cobalt, le vert, produit par l'oxyde de chrome, les bruns parles oxydes de fer et de manganèse, les jaunes par l'oxyde de titane, le rouge par Toxydule de cuivre, le noir par l'oxyde d'uranium, sont seuls dans ce cas. Plus ordinairement les couleurs sont obtenues par le mélange ou la fusion d'oxydes métalliques avec des verres incolores ou fondants, composés de quartz, de borax, de^ feldspath, de nitre, de minium, de litharge,' d'oxyde de bismuth, de carbonate de potasse et de soude. Ces couleurs sont alors appliquées à des températures plus basses dans des fours particuliers appelés fourneaux à moufle.
Les couleurs qu'on obtient ainsi sont trèsvariées : les bleus, toujours donnés par Toxyde de cobalt, varient de nuances, par des additions d'oxyde de zinc ; et le vert est produit par l'oxyde de chrome ; Toxyde de cuivre pour la porcelaine tendre ; on jaunît cette couleur avec les oxydes d'antimoine et de plomb ; on les brunit avec les sesquîoxydes de fer et de manganèse; on les bleuit avec le cobalt Les jaunes sont donnés par des chromâtes de plomb, des sesquioxydes de fer, des combinaisons d'antîmoniate de potasse; le rouge, par le sesquîoxyde de fer ; les violets
et les roses, par le pourpre de Cassius, mélange intime et variable d'or métallique et de peroxyde d'étain ; le noir, soit par roxydule d'uranium, soit par des mélanges de cobalt et de manganèse ; les gris, par le platine.
Les métaux, or, argent, platine, mêlés avec un fondant qui les fait adhérer à la poterie, s'appliquent à l'état métallique et sont ensuite polis au brunissoir.
Enfin on fait usage de dissolutions de ces métaux sous le nom de lustres métalliques, qui se déposent en couches minces et en grains très-divisés et donnent les plus beaux effets.
La cuisson des pièces peintes se fait dans des fourneaux dont on règle et surveille le feu avec le plus grand soin. Les couleurs étant choisies pour produire après la cuisson un effet déterminé, variable selon le degré de la chaleur, il importe de diriger le feu avec précaution ; les porcelaines soignées passent généralement à deux feux et même plus.
Ou imprime quelquefois les gravures sur les faïences à l'aide de planches de cuivre gravées. L'encre que prennent les creux de ia planche est composée d'un verre coloré à volonté en brun, noir, rouge ou bleu trèsdivisé et humecté d'huile de lin. On pose sur la planche ainsi gravée et encrée une feuille de papier mince que l'on mouille, que l'on presse un peu, puis dont on applique le côté imprimé sur la poterie; l'encre s'y dépose, marque le dessin; on enlève la feuille, on chauffe pour volatiliser l'huile, le verre coloré reste et forme le dessin ; on glace en-
suite à Tordinaire. On peut faire varier les dimensions du dessin, en remplaçant le papier par de la gélatine; en contact avec l'eau, les dimensions de l'épreuve augmentent d'une manière très-régulière; en contact avec l'alcool, l'épreuve se contracte et se réduit non moins régulièrement.
Pierres de construction. — Pour bâtir nos habitations, on se sert de pierres qui, toutes naturelles ou artificielles, sont formées: l^ou de silicates terreux et alcalins (silice) trèsdurs, ou 2° de quartz, grès, etc., ou 3"^ de pierres calcaires à base de chaux.
Les premières, les basaltes, les granits, les porphyres sont très-durs, difficiles à travailler et à relier par des mortiers. On ne les emploie qu'en grandes pierres de taille.
Les grès rouges et autres, les meulières des environs de Paris, légères, poreuses, mais très-solides, donnent aussi des pierres de taille fort belles.
Pierres calcaires. — Les marbres colorés ou non, les calcaires compactes et à grains durs, quelquefois colorés et qui peuvent prendre un aspect poli, sont composés principalement de chaux.
Ils se laissent assez facilement sculpter, s'usent peu et ne se salpêtrent point ; aussi les calcaires fournissent-ils les plus belles pierres de taille et tous les matériaux des constructions de luxe.
ChàuXy calcium, — La chaux, qui est si répandue dans la nature et dont les usages industriels sont très-multi plies, est une combinaison d'un métal blanc, brillant, ressem-
blant à l'argent, ne fondant qu'à une trèshsaite température, appelé calcium, et de l'oxygène pour lequel ce métal a une trèsgrande affinité ; la chaux est donc un oxyde dte calcium. Elle se rencontre dans la terre sotis une multitude de formes et dans beaucoup de corps , et généralement combinée à l'aicide carbonique ; elle est alors sous la forme de carbonate de chaux; ce composé forme des couches entières très-considérables dans la terre; les coquilles des mollusques, des huîtres, limaces, etc., qui se rencontrent si fréquemment dans les terrtiîns qui contiennent des fossiles, sont également formées de carbonate de chaux.
Chaux éteinte. — L'oxyde de calcium ou chaux se prépare en calcinant le carbonate de chaux qui existe dans la nature sous différentes formes, marbres, etc., à un feu qui produise une grande chaleur ; on peut aussi traiter le carbonate de chaux par l'acide nitrique ou azotique, qui donne de la chaux très-pure.
La chaux bleuît la teinture de tournesol qu'on a fait rougir par un acide ; elle agît donc comme un alcali, d'ane manière inverse de celle de l'acide ; elle est blanche, et, portée sur la langue, elle donne une saveur ou un goût qu'il est bon de connaître et qu*on désigne du nom de caustique.
C'est un corps excessivement résistant au mouvement calorifique ; il résiste à nos plus forts feux de forge, mais commence à fondre lorsqu'on le soumet à la température trèsélevée que produit la combustion d^n mé-
lange d'hydr(^ène et d'oxygène dans le jet d'un chalumeau.
Lorsqu'on jette de l'eau sur la chaux ou de la chaux sur l'eau, ce qui s'appelle éteindra la chauXt on voit de la vapeur d'eau s'échapper sous forme de fumée, de la chaleur se dégager par suite de la combinaison de la chaux avec Feau, ce qui produit une certaine élévation de température, qui atteint son maximum quand on a ajouté à la chaux la moitié de son poids en eau (par exemple 500 grammes d'eau par 1 kilog. de chaux). La chaux qui contient ainsi de Teau, et qui est hydratée, s'appelle de la chaux éteinte ; elle foisonne alors, c'est-à-dire elle augmente de volume.
Chaux maigre et grasse; fours à chaux. — La pierre calcaire d'où on extrait la chaux qui entre dans la fabrication des mortiers, etc., contient toujours, outre le carbonate de chaux, de l'argile, de la magnésie, de l'oxyde de fer, du quartz. Lorsqu'elle en contient beaucoup, elle ne peut s'échauffer avec l'eau, ne foisonne pas et ne forme pas de pâte avec l'eau; c'est de la chaux maigre. La chaux grasse, au contraire, contient peu et même ne contient point de matières étrangères ; elle foîsonnç et s*échauflfe beaucoup.
On extrait d'abord les pierres calcaires des carrières ou masses qu'elles forment dans la terre ; plus les pierres sont dures, meilleure est la chaux qu'elles donnent lorsqu'on les fait cuire.
Les fours à chaux qu'on emploie à cet usage sont ordinairement en briques ; on y
mêle la pierre à chaux à -de la houille ou de la tourbe qui sert à la combustion et qui doit être à peu près le quart ou le cinquième du poids de la chaux ; on chauffe et calcine le tout d'une manière continue, au rouge blanc, pendant au moins un jour.
Tontes les pierres ne se décomposent pas avec la même facilité; aussi on ne retire pas la chaux des pierres à grain très-serré comme la pierre de liais; on préfère s'en servir comme pierre de taille dans les constructions ou comme pierres lithographiques lorsqu'elles ne présentent ni cavités ni traces.'
Gypse; albâtre, — Le gypse ou pierre à plâtre est un composé d'oxyde de calcium (Cao) d'acide sulfurique (So'), autrement dit un sulfate de chaux, qui peut contenir ou ne pas contenir d'eau. On le trouve très-fréquemment dans la terre, associé au sel gemme. Lorsqu'il contient de l'eau, il se rencontre souvent en cristaux peu durs, qui prennent parfois l'aspect de fers de lance, et qu'on peut séparer avec un couteau en minces lamelles transparentes et incolores, dont l'apparence cristaUine est très -régulière. Aux environs de Paris, les enfants recueillent cette pierre assez abondante et l'appellent pierre à Jésus.
L'albâtre est encore une réunion de cristaux de gypse, entrelacés d'une manière irrégulière, tantôt blancs, tantôt colorés par de l'oxyde de fer: Dans les deux cas, la beauté de la pierre la fait employer dans la sculpture et l'industrie, pour tailler des statues, des vases, des pendules.
Chlorure de chaux désinfectant, — Unie au chlore, la chaux produit des corps dont l'emploi dans la teinture et le blanchissage est excessivement important. En ajoutant une dissolution d'acide hypochloreux à du lait de chaux, on a un premier composé : l'hypochlorite de chaux, qui sert au blanchiment des étoffes et décolore les tissus.
Mélangé avec du chlorure de calcium et de la chaux hydratée, on le vend dans le commerce sous le nom de chlorure de chaux pour les mêmes usages désinfectants. (V.
Chlore.)
Marbre; coquilles; sources calcaires* — Une des formes sous lesquelles la chaux est le plus répandue dans la nature, c'est sous celle dé combinaison avec Tacide carbonique où de carbonate de chaux. Le marbre, les coquilles et les os des animaux, celles des œufs d'oiseaux, la carapace des écrevisses, le renferment presque pur; il forme des amas très-considérables qui présentent des matières plus ou moins compactes, selon les terrains où on les rencontre; un grand nombre de cristaux de carbonate de chaux se présentent aussi dans la nature ; l'un d'eux, très-trans-r parent et souvent très-volumineux, le spaih d'Islande est très-recherché pour faire des verres d'optique.
Beaucoup da sources d'eaux contiennent en dissolution le carbonate de chaux; ces eaux renferment toujours de l'acide carbonique qui se dégage à l'air et laissent le carbonate de chaux former des masses solides, des incrustations calcaires en se déposant
soit au fond, soit sur les bords. Il est certaines sources, comme à Saint- Allyre, près de €lermont, où il suffit d'exposer très-peu ^ temps un objet quelconque, fleur, fruit, feuille ou tout autre objet, à Teau chargée de carbonate calcaire, pour que celui-ci se dépose en couches plus on moins épaisses sur Tobjet, de manière à en reproduire la forme et les détails avec beaucoup de netteté. Ou trouve Journellement des plantes, des végétaux, des arbres, des animaux mômes, qui ont gardé leur forme {»*imitive, mais qui sont en carbonate de chaux au lieu d'être en leur substance ordinaire ; c'est à une cause semblable à celle que nous venons d'indiquer qu'il ea/ajut attribuer la formation.
Mortiers et ciments, — Pour joindre les snatériaux les plus réguliers, les pia**res les plus exactement taillées , comme pour cimenter les moellons, les cailloux roulés, quartzeux, à foi^mes irrégulières, on emploie des ciments ou mortiers composés d'une pâte de chaux et d'eau. On a soin de ne mettre qu'une couche mince de ce mortier, afin ^ue Teau pénètre la pierre, et que la chaux adhère bien à celle-ci. Pour donner plus de consistance à la pâte, on mêle deux ou trois parties de sable ou de pierre broyée pour une de chaux éteinte ; puis, sur ce mélange humecté d'eau on comprime la pierre qu'on veut faire adhérer de manière à ne laisser entre deux pierres qu'une couche très-mince.
Le sable empêche le retrait trop grand de la pâte lorsqu'elle sèche, et par suite arrête le fendillement, surtout lorsque les grains sont
un peu rugueux ; ces mortiers prennent du reste plus de consistance en automne qu'eu été où révaporation de l'eau se fait trop ra*pidement.
Ces mortiers à la chaux grasse ne se solidifient pas du tout dans les lieux humides, et encore moins dans Teau; car cette chaux s'échauffe dans Teau, foisonne et prend un volume trois ou quatre fois plus grand.
Mais lorsqu'elle contient de Targile ou de la silice divisée pour environ 10 ou 15 pour 100, elle prend sous Teau en quelque temps^ après une faible calclnation, c'est-àr-dlre qu'elle devient insoluble, et ne peut êtredis^ soute par Teau.
Chaux hydraulique. — Cette chaux, qui est appelée chaux hydraulique, doit ses propriétés à la présence de l'alumine, de la silice et surtout de l'argile, qui lui enlèvent son eau et la rendent insoluble en se combinant avec elle. Il y a dans la nature des calcaires, xné* langes intimes de chaux et d'argile qui sont hydrauliques après la cuisson lorsqu'ils renferment 10 à 15 pour 100 d'argile, et qui durcissent sous l'eau ou dans les lieux humides en 15 ou 20 jours. Ce durcissement se fait en deux ou trois jours si la proportion d'argile est de 20 à 25 pour 100; elle se fait en quelques heures, lorsqu'elle est de 25 à 35 pour 100, comme dans le ciment romain.
On fabrique des chaux hydrauliques artificielles à très-bon marché, en mélangeant par exemple 4 parties de craie assez pure» avec une partie d'argile , puis en calcinant le mélange à très-petit feu.
Mortiers hydrauliques, pouzzolanes. — Il y a des roches poreuses qui peuvent, comme l'argile cuite, donner avec la chaux grasse des mortiers hydrauliques. La pouzzolane des environs de Naples est une de ces roches, et la plupart des roches volcaniques, qu'on trouve dans les pays de volcans, l'Auvergne, les bords du Rhin, donnent des résultats analogues; l'argile cuite, les briques ordinaires pilées, les tuiles et les pots ordinaires faits en argile et broyés, donnent des poussières identiques à la pouzzolane, et on s'en sert pour faire des mortiers hydrauliques artificiels ; ces mortiers prennent avec le temps une dureté extrême et ne subissent point d'usure, ou moins que la brique elle-même; toutes les auciennés constructions romaines ont dû ù des ciments de ce genre leur inaltérable solidité. C'est le résultat d'une très-fone adhérence de la chaux hydratée à la pouzzolane ou à l'argile, par suite de laquelle elle devient insoluble dans Teau.
Béton. — Le béton dont on se sert pour les fondations qui exigent un sol ou des murs imperméables à Teau, n'est qu'un mélange d'une partie de mortier hydraulique et de 2 ou 3 parties de petites pierres concassées qui, au bout de quelques jours, forment une couche tout à fait imperméable à l'eau, et sur lesquelles on peut établir sans crainte les pierres de taille. On a m^me fait des maisons tout entières en béton.
Silicatisation ou conservation des pierres, — La magnésie communique également à la
chaux des qualités hydrauliques, comme le font la silice peu agrégée et l'argile, et la fabrication des chaux magnésiennes pour les travaux maritimes a pris une certaine extension.
Mais une invention récente de M. Kuhlmann a rendu de plus grands services encore ; les pierres de construction se dégradent sous l'iniluence de l'humidité et du salpêtrage , et beaucoup de pierres très-poreuses ne sont pas utilisées ni même tirées des carrières, parce que leurs pores favorisent ces deux causes de dégradations.
M, Kuhlmann arrose ces pierres de silicate de potasse jusqu'à ce qu'elles en soient pé- ' nétrées intimement ; elles ont alors une dureté, une solidité qui empêche le salpêtrage et l'action de l'humidité ; on peut aujourd'hui silicatiser les rafalements des façades à 1 fr. 50 le mètre et même un franc, et les pierres des édifices acquièrent une durée très-notable, supérieure à celle que leur communique les enduits prétendus protecteurs dont on a voulu quelquefois les revêtir.
Mastics. — Les mastics employés dans l'industrie varient de composition selon les usages auxquels ils sont destinés ; ainsi, le mastic des vitriers est un mélange de céruse ou carbonate de plomb avec une huile siccative ou rendue siccative par l'adjonction de minium.
Le mastic des fontainiers est un mélange de suif, de résine, de brique pilée et de colcothar, que l'on fait chauffer et qui estexcel-
lent En y ajoutant du suif et de la cire, on le rend aussi fusible qu'on veut.
La cire ordinaire, toujours très- cassante»
Test beaucoup molus lorsqu'on y ajoute de la cire commune et du suif; on prépare un lut gras pour recouvrir les bouchons avec de la pâte d*amande pétrie dans de la colle d'amidon ; on peut mêler de même le plâtre cuit et Tamidon, ou faire des mélanges de chaux vive, d'argile, de blanc d'œuf.
Pour réunir les parties des machines on se sert d'un mastic de minium et d'huile de lin ; pour faire adhérer les tuyaux de fonte qui s'emboîtent, on se sert aussi d'un mélange de 50 parties de limaille de fer, de 1 de soufre et de 1 de sel ammoniac mouillé avec de l'eau^ qui se solidifie et adhère très-fortement.
Le mastic au blanc d'œuf pour recoller la pierre et le marbre, s'obtient en mêlant de la poudre de chaux vive avec le blanc ou ralbunune de rœuf, ou bien avec un fromage blaac.
Le mastic de Dhil s'emploie également sur la pierre; il est très-dur et très-imperméable, et composé de 9 parties de brique piiée etde 1 partie de litharge avec de l'huile de lin.
5 parties de craie, iO de sable, i de chaux mêlée à de l'huile de lin siccative par addition de litharge donnent un mastic hydraulique très-dur.
Enfin, on forme les trottoirs, les terrasses, les chaussées même à Taide d'un mélange de bitume ou d'asphalte fondu et de sable qui le rend moins mou et moins cassant, et qui lui donne une certaine consJstance.
Pour pêanîr les tubes en verres, cm emploie soit le mastic à la résine, soit de la gutta-perciia qui, d'elle-même, soude ses bords lorsqu^ite viennent d'être fraîchement coupés*
MÊTÀiaX INDUSTRIELS.
Pl&mk — Celui du commerce, lorsqu'il e«t très-ftexible et très-malléable, est très-pur. Mou et fondant à 335* environ, il eristalljse par fusion, et s'oxyde au contact de Tair humide, des vapeurs acides, et même des acides les plus faibles, comme Tacide carbonique.
Son oxyde est visible lorsqu'on le fond, car c'est cette mince pellicule qui le recouvre et qui est irisée ou diversement colorée. Il suffit toutefois de l'existence de quelques sel» dans Yes&fk, comme du sulfate de chaux, pour que le plomb ne s'oxyde pas; c'est pourquoi les eaux de source et de puits ne le recouvrent pas de pellicule blanche d'oxyde hydraté. L'acide azotique dissout le plomb; les acides sulfurlque et cMorhydrique l'attaquent faiblement
Massicot; lUhitrge; oxyde de plomb. — Le plomb brûlé à l'air et tenu à la température de la fusion prend l'oxygène de l'air et devient un oxyde de plomb ; lorsqu'il reste en poudre, c*est le massicot; si on a chauffé pendant très4ofigtemps, de manière que foxyde reste en fusion, on obtient un oxyde qui se transformera moins facilement en minium et qu'on appelle litha^ge. On peut l'obtenir sous la forme de petits cristaux rouges, qui reistent rouges lorsqu'on les laisse refroidir lentement, mais qui deviennent ja^mes lorsque te refroidissement est bnrsque.
La litharge présente ainsi des couleurs trjèsdifférentes, et si on la chauffe avec un tiers de son poids de sel ammoniac, on obtient la couleur connue sous le nom de jaune minéral.
Céruse^ blanc ou carbonate de plomb. — La céruse ou blanc de plomb, qui a été si longtemps employée dans la peinture à Phuile, est un carbonate de plomb, c'est-à-dire le produit de la décomposition par l'acide carbonique d'un oxyde de plomb.
On peut l'obtenir en exposant de la litharge mouillée avec de l'acide acétique ou vinaigre à un courant de gaz acide carbonique obtenu tout simplement par la combustion du charbon; c'est un procédé très-économique.
A Clichy, on fait dissoudre à froid la litharge dans l'acide acétique ou vinaigre de mauvaise qualité obtenu avec de la bière fermentée, et l'on a une dissolution renfermant une grande quantité d'oxyde de plomb que l'acide carbonique, produit par la combustion d'un foyer, transforme en carbonate de plomb, en laissant libre l'acide acétique, qui pourrait ainsi indéfiniment servir à dissoudre de nouveau l'oxyde de plomb, s'il n'y avait toujours quelques pertes.
Quelquefois c'est le fumier dans lequel on plonge le plomb et l'acide acétique qui est chargé de fournir l'acide carbonique nécessaire à la transformation en carbonate de plomb.
Minium» — Le minium, qui est une couleur rouge orangée, s'obtient en chauffant au contact de l'air du massicot en poudre
fine qui est un protoxyde de plomb. Le minium est aussi un composé d'oxydes de ploïnb.
On peut même obtenir le minium non plus en chauffant le massicot de manière qu'il absorbe de Toxygène en plus grande quantité, mais par la voie humide. On verse une dissolution de litharge alcalinisée dans une dissolution de plombate de potasse, et le minium se précipite sous forme de dépôt Jaune qui contient de Teau ; on dessèche ce dépôt, et il vient une poudre rouge de minium privé d'eau.
Jaune de plomb, — On obtient encore à Taide des sels de plomb et des combinaisons d'oxydes de plomb et de chlorure de plomb, les belles couleurs jaunes utilisées dans la peinture sous le nom de jaune minéral, jaune de Turner, jaune de Cassel. Le second s'obtient en mélangeant 7 parties de litharge et une partie de sel marin.
Le jaune de Cassel contient 10 parties de minium et de sel ammoniac chauffées et fondues ensemble.
Le jaune de chrome employé dans la peinture à rhuile et dans la fabrication des toiles peintes est une combinaison d'oxyde de chrome et d*oxyde de plomb, ou un chromate de plomb, que l'on obtient en versant une dissolution d'acétate de plomb (plomb et vinaigre) dans une dissolution de chromate de potasse.
Chrome. — Le chrome est un métal d'un blanc gris qu'on peut polir, et qui est assez dur pour rayer le verre. Il n'est pas magné-
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tique à la température ordinaire, mais il le devient à nicins 150 ou 20°; il dévie alors Taiguille aimantée. Il ne s'oxyde qu'au rou^e sombre.
Alliages et soudures du plomb ei de l'ëtain»
— Les alliages de plomb sont fort usités dans les arts :
Pour former les caractères d'imf^imerie^ on allie ensemble 76 de plomb et 23 à 24 d'antimoine , auxquels on ajoute quelquefois une très-petite quantité de bismuth.
On allie également le plomb et Tétain^ et on y mêle quelquefois de l'antimoine pour les durcir, et on en fait alors dés cuillers, des chandeliers, etc.
Mais ces alliages fondent à des tempéra* tures très-diverses selon la quantité d'ètain ou de plomb qu'on y fait entrer ; mais ces températures sont toiyours plus basses que celle à laquelle fuserait le métal le plus fusible de l'alliage.
Lorsque l'on veut travailler l'étain au tour, par exemple pour faire la poterie d'étain, on allie à ce métal 14 à 16 pour lOO de plomb, qui donne plus de dureté à l'étain.
La soudure dont sô servent les plombiers se compose de deux parties de plomb et d'une partie d'étain ; elle fond à 275^
Celle des ferblantiers contient 1 partie de plomb et 1 d'étain; elle fond vers 241<>.
Le plomb pur fond à 335o et l'étain pur à 3250 ; alliés ensemble, 3 de plomb, 1 d'étaia, fondent à 289'>; 1 de plomb, 2 d'étain, à 4960{ avec 3 d'étain à 4 860 ; avec 4, à489*>; avec 5, à 194o»
• Pour décomposer ces alliages, il suffirait
de les chauiTer ; mais on peut les attaquer par Tacide azotique qui dissout le plomb qu'on perut recueillir, et qui transforme l'étain en acide frtanni-que, en lui cédant son oxygène,
Etain* — Celui de Malacca est le seul à peu près pur. Très-malléable, blanc, fondant à 228*>, îl cristallise facilement, par fusion ; ' H en l'attaquant par un acide, sa surface de-
vient moirée.
Pour l'avoir en poudre, on divise les feuilles d'étain martelé, ou Téfeain fondu, par le battage. — A Talr, il ne s'oxyde pas ; en fondant, il se couvre d'une pellicule grise d'oxyde. Au rouge, il décompose la vapeur d^eau. L'^au régale le dissout facilement
Alliages ^t feuilles d'ètain, — On n'emploie l'étain pur dans les arts qu'en feuilles minces, obtenues par le martelage longtemps répété. On fbrme ^'abord des feuilles de 1 millim. environ d'épaisseur ; puis on bat ensemble une douzaine de ces feuilles ; après un nou\'el amincissement on coupe les feuilles en deux, on superpose ces moitiés et l'on martelle de nouveau; on arrive ainsi à obtenir des feuilles excessivement minces qui servent à envelopper les bonbons, les tablettes de chocolat, à l'étamage des glaces | les feuilles plus épaisses servent à faire des <$sdsses, de petites boîtes.
En alliant 72 parties d'étain à i8 de plomb, x>n obtient un alliage moins cassant que l'étain pur, et avec lequel on fait des couverts à bon marché, des vases, des plats, des
bouts de syphons et une foule d'objets de différentes formes et pour des usages trèsvariés.
Un bisulfure d'étaîn (2 de soufre, 1 d'étain) appelé or mussif^ en paillettes cristallines jaunes, s'emploie souvent pour bronzer le bois.
Nickel; maillechorL — Le nickel, qui a beaucoup de ressemblance avec le cobalt, forme, lorsqu'il est allié à 100 parties de cuivre, 60 de zinc et 40 de nickel, le maillecfhort ou argentan, qui a Téclat de l'argent et un beau poli; on s'en sert pour faire des objets de divers genres, et surtout des ornements de voitures et de harnais. On a même été jusqu'à en faire des vases, des ustensiles, des couverts; mais Toxydation facile des métaux qui composent cet alliage rend l'emploi de ces objets dangereux, et- le contact seul de vapeurs ou de liquides chauffés ou acides, produirait des sels vénéneux très-redoutables.
Le nickel est, au contraire, très-bien à sa place dans certains alliages, et divers pays, la Belgique et la Suisse, en ont fait la base de leur système monétaire. Ils ont ainsi obtenu des monnaies de poids minime, de durée longue, d'une inaltérabilité suffisante et d'un aspect très- agréable.
Pur, le nickel est blanc gris, magnétique comme le fer et le cobalt, et ne s'oxyde pas à 1 air.
Le cobalt, plus gris, très-polîssable, est moins oxydable, que le fer; mais, à la longue cependant, il se rouille aussi.
Bleu de cobalt, — Le cobalt ou plutôt son oxyde est la base de plusieurs couleurs fort importantes dans les arts. Lorsqu'il est mêlé avec certains silicates fusibles, qui servent à faire les verres ordinaires, il colore ceux-ci d'une belle couleur bleue fort employée dans la peinture sur porcelaine.
Le smalt ou bleu d'azur est un verre bleu du même genre qui contient de Toxyde de cobalt et qui^ pulvérisé très-finement, sert quelquefois à azurer le linge ou les papiers de couleurs à écrire; il est surtout employé dans les fabriques de papiers peints. Le chlorure de cobalt est la base de Tencre sympathique, dont les caractères ne sont visibles que lorsqu'on les approche du feu*
Bleu d'outremer. — Pour obtenir la belle couleur bleue appelée bleu d'outremer, dont la fabrication a, pour la teinture, une importance considérable, on mélange environ 37 d'argile blanche en poudre, 15 de sulfate de soude anhydre (sans eau), 22 de carbonate de soude, 18 de soufre et 8 de charbon qu'on pulvérise ensemble, puis qu'on chauffe au rouge pendant quarante huit heures. C'est le règlement convenable de la température qui produit le bon résultat de Topération ; il se produit d'abord de l'outremer vert ; on fait chauffer de nouveau cette matière pour la transformer, par un , nouveau dégagement d'acide sulfureux, en outremer bleu, au contact de l'air et de son oxygène.
Pour obtenir les différentes nuances, o.n fait varier les proportions de sulfate et de carJlK)nate du mélange.
Bismuik; blane de fard et de perle. — Le bismuth est un métal blanc gris qui cristallise facilement en beaux cristaux semblables à ceux du sel marin et colorés par des pellicules irisées d'oxyde ; dissous dans Tacide aBotique^ il forme un azotate de bismuth qui se dissout dans Teau et se précipite sous la forme d'un précipité blanc, qui a reçu le nom de blanc de f^rd. On emploie souvent ce composé pour blanchir la peau, habitude très-malsàine à tous les points de vue. Si, par hasard, un visage ainsi blanchi se trouve ^i contact avec la moindre 1a*aoe d'hydrogène sulfuré, lequel se fonne très- facilement dans tous les lieux de grande réunion édairés au gaz, Tazotate de bismuth s'aHëre, et la cou«~ leur blanche noircit et préi>ente l'aspect le plus désagréable.
Le blane de perle est également un composé d'une dii^solution d'azotate de bismuth mêlée à une disi^olotion de sel marin ; le précipité qui se produit est blanc, sons fome de petites paillettes très-fines; c'est un chlorure de bismuth. Son empl<H présente également des in-eonvénieatsL
Antimoine ; éméiique» — L'antimoine, métal blanc bleuâtre, est un des composants de ce vomitif et de ce poison violent qu'on appelle rémétique ; celui-ci est une combinai^ son d^antlmoine et de tartrate de potasse.
Tous les autres composés qui contiennent de rémétique, produiaeiiit aussi l'empoisonnement.
Zinc ; zincage ; fer gaioanisé. — - Le zinc qui est, comme on sait, d'un blanc bleuâtre,
est peu flexible quoique mou ; lorâqu'ou le lime, il graisse la lime; très-malléable lors^ qu^il est pur, il Test peu, au coatraire, lorsqu'il ocmiient; coinme le zinc du commerce, des particules d'autres métaux» et se casse même aisément à 200<' ; il est également cassant après avoir été, à 100^, facile à forger, à laminer, à étirer.
C'est un métal qui se dilate beaucoup de Qo à 100® ; aussi ne le peut-ou clouer, car les variations de température le feraient décliirer. Il se rouille assez facilement lorsqu'il est cloué 9LYB0 le fer qu'il préserve d'ailleurs de la rouille ; c'est un des métaux les plus électrotpositifs.
Le zinc ne s'oxyde pas à l'air sec, mais k l'air humide, il se forme lentement une couche oxydée qui préserve le reste ; aussi sertil h couvrir les toitures ; mais les ustensiles de cuisine en zinc, surtout en zinc impur, doivent être étamés, parce que les acides et les sels dissolvent cette surface oxydée.
Il brûle du reste à la chaleur rouge, avec nos flamme blanche très-vive.
On recouvre ai;yourd'hui le fer, par les procédés électriques, d'une cou(^e de zinc analogue k la dorure du cuivre et de l'argent.
Par ce zincage, le fer galvanisé devient inoj^y* dable.par l'oxygène ; le zinc, étant plus électro-positif que le f *r, forme avec lui un cou- ÎAe électrique qui, lorsque Tair agira sur ul, portera l'oxygène négatif sur le zinc positif et préservera le fer de la rouille. Le fer zinguè, qui présente quelques analogies avec le fer étamé, devient ainsi très-durable»
12 de zinc, allié à 1 de fer, donnent xui alllageexcessivementdur, inattaquableà la lime.
Zinc, — Le zinc, chauffé sous l'action du mouvement calorifique, se combine avec l'oxygène; autrement dit, il s'oxyde et devient blanc, léger, mais varie souvent d'aspect suivant sa préparation. On le rencontre dans les cendres que donnent quelques végétaux qui viennent dans les contrées riches en minerais de zinc, les thlaspî, les fleurs de calamine, espèce de violette à fleurs jaunes, qui croît dans les terrains d'où l'on extrait la calamine (carbonate de zinc qui est la mine d'où l'on retire . le zinc). Aussi les mineurs qui recherchent les minerais de zinc n'ont-ils qu'à rechercher cette fleur pour les découvrir.
On emploie du reste l'oxyde de zinc en médecine comme collyre, dans les maladies d'yeux, les ophthalmies. Il remplace en peinture le blanc de céruse, ne s'altère pas aux émanations d'hydrogène sulfuré, et n'est pas vénéneux pour ceux qui l'emploient.
Le zinc en limaille échauffé et plongé dan^ le chlore y brûle (comme dans l'air) en lançant des étincelles ; il résulte de cette combustion, dû chlorure de ^nc qui, lorsqu'il est uni à l'oxyde précédent, donne un ciment très-dur et une peinture inaltérable et hydrofuge. Le ciment résiste au froid, à l'humidité, à une chaleur de aGO*» et aux acides énergiques ; il est aussi plus dur que le marbre. On Tobtient en délayant dans du chlorure liquide de l'oxyde de zinc, plus 3 pour 100 de borax.
. Pour la peinture, on mêle à l'oxyde de zinc
2 litres de chlorure de zinc, 5 litres d'eau
contenant du carbonate de soude. En deux
'heures, ce mélange durcit et peut être lavé,
brossé sur bois, toile, métal, s^ans s'écailler.
Blanc de zinc. — Le <zinc métallique volatilisé, dont on enflamme la vapeur, donne un courant d'air qui contient une poussière fine d*oxyde blanc de zinc, qu'on emploie en peinture pour remplacer la céruse dont la fabrication, quoique faite aujourd'hui en appareils clos, est toujours dangereuse à cause de ses émanations plombeuses, et dont les applications, cartes glacées, etc., qui contiennent du carbonate de plomb, peuvent être des causes d'empoisonnement.
On doit se servir d'huile de pavots ou d'œillette pour les peintures blanches, et de l'huile de lin pour les peintures foncées; mais, pour empêcher Tintroduction de la litharge ou de l'oxyde de plomb dans ces mélanges qui, outre leurs dangers, noircissent au contact des vapeurs d'hydrogène sulfuré, du gaz de l'éclairage ou des fosses d'aisance, on remplace la litharge par le bioxyde de manganèse, qui rend également les huiles siccatives ; il faut seulement en mettre un peu moins de 5 p. 100 en hiver.
En ajoutant du sulfure d'antimoine aux huiles, on obtient un jaune orangé ; avec du chromate de zinc, un jaune citron ; en y ajoutant de l'oxyde de cobalt, on a une couleur verte.
On peut, du reste, rendre siccatives toutes les peintures à l'huile et au blanc de zinc
par Taddition de 3 à 5 p. 100 de manganèse.
Vitriol ou coupprose blanche. — L'oxyde de ^inc combiné avec ra<'ide sulfurique doMie le sulfate de zinc ou titriol blanc du coiûmerce, qui, par son aspect, ressembla au sulfate de magnésie; cette similitude a quelquefois donné lieu à des commencement* d*idm^ poisonnement, heureusement peu redoutables; en administrant de Teau albumineuse ou contenant du blanc d'œuf, l'albumine se combine avec le sulfate de zin(f, le rend insoluble, et tout danger f st écarté. Le suïfkte de zinc provoque d'ailleurs des vomissements qui expulsent la matière toxique.
Ce sulfate sert aussi en médecînô à la conservation des pièces d'anatomie, et à la fabrication des indiennes.
Cuivre, — Rouge, tr ès-malléable ; v^t en feuille mince; il fond à la chaleur rouge et au blanc ; ses vapeurs brûlent avec une belle flamme verte. H ne s'oxyde pas à l'air sec, mais bien à l'air humide; Il se couvre alors de vert de-gris;' ses usages sont nombreux.
Couleurs à base de cuivre. — Le vert minéral employé en peinture est un carbonate de cuivre produit par Taction d'un carbonate alcalin quelconque sur du sulfate de cuivra C'est un produit qui forme souvent dans la nature des masses vertes, compactes, connues sous le nom de maladiite, laquelle contient les éléments de l'eau, et doit à cette présence de grandes variétés de teintes. On s'en sert dans l'industrie pour fabriquer des vase», des pendules, des cheminées, des dessus de tables, des encriers et autres objets d'ornements.
Les cendres Uleues ou ]>leu naturel de monta-
fske, qu'on emploie en poud^ e fine dans Tinustrie des papiers peint*} pour les colorer en •bleu, est, comme la malachite, un carbonate de cuivre hydraté.
Le vert de Scheele, de la peinture à Thuile, est un arsénite de cuivre, obtenu en dissolvaat à kil. de carbonate de potasse et 1 kil» d'acide arsénieux, et 15 litres d'eau, dans une disi^lutkm bouillante de a kil. de sulfate de cuivre, et 40 litres d'eau ; le résultat e&t plus ou ipojns coloré selon la quantité plus ou moins grande d'acide arsénieux.
Veri^dh-gris , ctamagn', — Les objets de cuivra pur ne s'aUèrent pas à l'air sec ; mais si l'air est bumi'je, si le cuivre est soumis ^ l'actjioq de liqueurs ou de vapeurs acides telles que celles qui se dégagent des aliments qu'on chauffe dans les ustensiles de cuisine, y se couvre de vert-4e-gris, matière verte qui est une com lunaison du cuivre et de l'oxygène, et qui présente cette même couleur verte que donne la flamme du euîvre lorsqu'on fait brûler ce métal à une forte chaleur.
Pour empêcher la formation de cet oxyde, qui a des propriétés vénéneuses et qui se forme partout où le cuivre eat en contact avec des vapeurs acides et chaudes comme dans les casseroles, les lampes, les gobe-<lets, eta, il faut avoir soin d'étamer ces va* ses, c'estr-à-dire de les recouvrir d'une cou^ che d'étain qui s'interpose entre les liquides et le cuivre et empêche son altération. Pour étamer ces objets en cuivre» on les décape
— uo —
d'abord, c'est-à-dire on les nettoie avec du sel ammoniac (chlorhydrate d'ammoniaque), puis on étend Tétai n fondu sur la surface métallique que Ton a chauffée. En refroidissant, rétain adhère au cuivre et le recouvre solidement.
On étame aussi les épingles qui sont formées de fil de laiton, en les plongeant dans une dissolution chaunée d'étain.
Composés et sels de cuivre ; vitriol bleu.
— Le cuivre combiné avec l'oxygène et d'autres corps donne des composés colorés dont on fait beaucoup d'usage.
Le protoxyde de cuivre, contenant de Teau et dissous dans de Tammoniaque donne une dissolution bleu pourpre appelée eau céleste.
Combiné avec l'acide sulfurique, il donne le sulfate de cuivre, ou vitriol bleu du commerce, qui donne de beaux cristaux bleus, qu'on peut rendre très-volumineux en les plongeant dans la solution de sulfate de fer.
Laiton ou cuivre i aune. — Pour mouler le cuivre, il faut l'allier au zinc, qui l'empêche de produire des soufflures lorsqu'on le coule, et le rend assez dur pour être travaillé aisément au tour : il lu! communique en outre une couleur jaune d'autant plus claire qu'il est en plus grande proportion.
Le laiton ou cuivre jaune contient 1/3 de zinc pour 2/3 de cuivre ; le tombac, 10 à 14 pour 0/0 de zinc, le similor qui a la même composition, et le chrysocale qui contient 6 à 8 pour 0/0 de zinc, renferment, en outre, 6 à 8 d'étain.
Le clinquant qui peut se réduire en feuil-
les très-minces, lorsqu'il est battu, contient également 10 à 14 de zinc; on obtient tous ces alliages en fondant le cuivre et le zinc ensemble. On ajoute quelquefois un peu de plomb et d'étain au laiton afin de lui donner plus de dureté et de pouvoir le travailler sans qu'il graisse la lime, c'est-à-dire sans qu'il remplisse les cavités de la lime. L'alliage des statues contient ainsi 91 de cuivre, 6 de zinc, 1 ou 2 de plomb et autant d'étaîn.
Bronze. — On peut allier ensemble dif- .iérentes quantités de cuivre et d'étain et obtenir ainsi des alliages ayant des propriétés physiques très-différentes ; en général l'étain durcit le cuivre ; aussi les peuples anciens employaient-ils un allî ge semblable pour fabriquer leurs armes tranchantes et même défensives ; ils lui donnaient le nom d'airain^ le fer et l'acier leur étant inconnus.
Le bronze des canons est un alliage de 90 de cuivre et de 10 d'étaiu ; celui des cloches de 78 de cuivre et 22 d'étain ; celui des espèces de tambours très-sonores appelés tamtam, instrument qui nous vient des Chinois, et celui des cymbales contiennent 80 de cuivre 20 d'étain ; . le métal qui sert à former les miroirs métalliques des télescopes, renferme 67 de cuivre et 33 d'étain.
Le bronze des méi ailles est en général composé d'environ 95 de cuivre, 5 d'étain ; et une petite quantité de zinc ; pour les objets d'ornements, statues, pendules, candélabres, fontaines, etc., on augmente la quantité de zinc.
Le métal qui sert à faire les monnaies de
êr
cuivre dites de billon, c'est-à-dire les 50m5, a souvent varié de composition; les anciens sous royaux, ou sous roagjes étai^t en cuivre presque pur; sous la première répiitblirt^ que on frappa, avec le métal provenant delà fon<te des cloches, des sous blanchâtreacoiirr teiiant 85 de cuivre et 15 d'étain ; d'autres^ di^ la même époque, mieux affinés^ de* couleisr jaune, contenaient96 de cuivre» 4- d'étaia,
Ces sous qui ont été retirés dte la circula^ tion, sont en^^és cepeadant dans la faiibrication des nouvelles pièces qui contienu'ent environ 95 de cuivre, 4 d'étain, 1 de sôûc^
Canon». — C'e^, comme bous l'avons vu»
un alliage de 100 de cuivre et. il d'étaîn»
qu'on adopte généralemeOit pour fabriquer les pièces ; cependant on préfère souvent UB alliage qui ne contient que 8 à 9 d'étain et 100 de cuivre pour les petites pièces de calibre inférieur au 8. Ces proportions sont les plus convenables pour que le euivre,. qui est te* nace, ne soit pas trop mou, et qiue l'étain qui diminue sa ténacité, augmente sufôsamment sa dureté. Ces conditions sont très-importantes pour que les pièces résistent aux énormes pressions que produit TexplosiOB de la poudre, qu'elles ne cèdent pas aux ricochets des boulets dans l'intérieur d» Tàme, et que cependant elles soient assez fusibles pour pouvoir être fabriquées par le mou« lage.
La fonte de fer est bien meilleur marché que le bronze, et elle serait préf^able à employer, si elle n'était pas cassante ; aussi ne sert-elle qu^'à fabriquer des pièces de rem-
. part fixes, des batteries de côtes, auxqueflei on peut donner des parois très-épaisses et* très-résistantes sans que la lourdeur qui en résulte soit un inconvénient
un emploie aussi la fonte abord des navires, parce que les pièces étant moins sonores, étourdissent moins les artillenrs toujours confinés dans un étroit espace où le bronze ferait un tapage insupportable.
Lorsqu'on veut fabriquer les canons, on coule le lH*onze dans des moules d'argile, de bouse de vache et de crottin de cheval, qu'on a formés sur un modèle en pl&tre et en terre, qu*on a détruit lorsque le monie a éié construit et qui est remplacé par la fonte qui remplit Tintérieur du moule où elle se refroidit On brise ensuite les moules, puis on porte les canons aux ateliers de tournage qui achèvent de leur donner extérieurement la forme qu'ils doivent avoir, puis aux ate*iiers de forage, où la pièce est percée et forée de manière à former cette cavité destinée à recevoir la poudre et le boulet, et qu'on appelle l^me.
Fer. — Le plus utile des métaux ; le fer doux renferme un peu de carbone ou de silicium. Forgé, il pèse 7,9 ; très-tenace, magnétique naturellement ; non altéré dans l'air et Toxygène secs ; s'oxyde rapidement ou se rouille à Pair humide, surtout en présence de l'acide carbonique ; la rouille est un oxyde ôe fer, ou mieux une sorte de carbonate de pîotoxyde. Attaqué facilement par l'acide chhrhydrique, il dégage de l'hydrogène; raciale sulfurique le dissout aussi à froid ;
l'azotique Tattaque aussi vivement, surtout lorsqu'il n'est pas étendu d'eau.
Sanguine ; cokothar» — Le fer, qui s'oxyde très-facilement à Tair, absorbe, quand il est chauffé convenablement , l'oxygène en proportions très-variables ; lorsqu'on le fait rougir au feu, par exemple, et qu'on le frappe avec un marteau, il se détache des particules noires, appelées battitures de fer qui présentent à l'extérieur une oxydation plus énergique qu'à l'intérieur ; le peroxyde se rencontre très-fréquemment dans la terre en cristaux noirs, en masses rouges ; les premiers oxydes sont appelés fer oligiste, fer spéculaire; les seconds appelés hématite rouge ou sanguine^ servent à polir les métaux.
On prépare aussi artificiellement un peroxj^de identique sous le nom de colcoihar^ poudre rouge, fort employée dans la peinture à l'huile ; c'est avec elle qu'on peint en rouge, les carreaux des planchers d'appartement; très-divisée, elle sert à polir l'argenterie, les glaces.
Viiriol vert — Le vitriol vert ou coupe-* rose verte, est un sel d'un vert clair, composé d'oxyde dé fer dissous dans de l'acide sulfurique, comb naison qui donne un sulfate; les vieilles ferrailles peuvent être utilisées pour le produire: mais comme il existe dans la nature des pyrites de fer qui sont des sulfures de fer (soufre et fer), on traite ces minéraux par le grillage et l'on obtient un sd soluble dans l'eau, qui sert & faire de l'encre, à teindre en noir et à composer le Vleu de Prusse.
Ces pyrites sont très-répandues dans le sol. Elles présentent la forme de cristaux cubiques, jaunes comme le laiton, couleur qui a bien souvent trompé led personnes qui les trouvaient, et qui les prenaient pour de l'or ou pour un corps qui en devait renfermer.
On les traite aujourd'hui par la chaleur, afin d'en retirer le soufre qu'elles contiennent et qui s'élève quelquefois jusqu'à 68 p. 10p.
Bleu de Prusse. — On remarque souvent chez les pharmaciens de beaux cristaux jaunes, accumulés en masses assez considérables ; ces c ristaux qu'on désigne sous le nom de prussiate de potasse, parce qu'ils fournissent la belle couleur bleue appelée bleu de Prusse, sont des combinaisons de fer, de cyanogène (composé d'azote et de carbone) et de potassium, autrement dit, ferrocyanure de potassium.
Combinés avec les sels de peroxyde de fer, ils forment un précipité bleu, qui est le bleu de Prusse, utilisé par la teinture et la peinture à l'huile, comme couleur. On l'obtient en brûlant des os, des peaux, de la corne, des vieux souliers, qui donnent un charbon animal qu'on mêle ensuite à du carbonate de potasse fondu ; on agite le mélange en fusion avec du fer qui laisse des parcelles de métal dans le mélange, lequel, lavé, filtré, et évaporé, donne les beaux cristaux que l'on connaît.
Fonte ; hauts fourneaux, — La fonte de fer n'est autre chose qu'un carbure de fer, c'est-à-dire une combinaison de carbone et de fer obtenue par le chauffage du fer au
contact du charbon, à une très-haute température dans les hauts fourneaux.
On peut refroidir brusquement la fonte qui sort du fourneau, et obtenir ainsi une font^ blanche, dure et cassante ; tandis que si on laisse le refroidisse n. en t s'opérer avec len-^ tèur, on a une fonte grise qui contient peu de carbone, et celui qu'elle contient est crls^ tallisé en paillettes noires ayant l'aspect du graphite; cette fonte douce et malléable peut être travaillée assez facilement à la lime, trouée et soudée. Mais si !<îs fontes renferment quelques matières étrangères, soufre, phosphore, manganèse, elles n'abandonnent pas ainsi leur carbone et restent dans la première catégorie. Il importe, lorsqu'on veut avoir une fonte grise travailiabîe, d'empêcher le laitier (formé des terres qui accompagnent le minerai de f^ fondu), le charbon ou un oxyde, de pénétrer la fonte en trop grande quantité.
On fond ensuite le minerai dans de hauts fourneaux coniques de 12 à IB mètres d'élévation, en briques réfractaires et qui produisent une énorme chaleur. On introduit par en haut du charbon de bois ou de coke, car on ne peut employer la houille qui n'est pas réduite en coke, parce qu'élu eontieol; des soufi-es qui rendraient le fer aigre et cassant ; on allume ce charbon et on active la combustion à l'aide de machines soufflantes très-puissantes qui apportent continuellement de nouvelles masses d'air. On jettip alors le minerai de fer, mêlé avec le char*bon, et la pierre calcaire ou argileuse avec
laquelle on Ta extrait de la terre ; on active le feu, ^ le fer entre en fusion en 2^0 ou 24 heures. On retire avee des ringards ou le** vicr», tes terres fondues ou vitrifiées qui surnagent au-dessus, de la fonte parce qu'eU les sont plus légères; c'est ce qu'on ap*»
pelle le laitier; on coule ensuite la fonte dans de& moules en sable où elle prend h^ fbrme des objets que Ton veut avoir ei!k fonte; lorsqu'elle est ainsi moulée en loiagae barre triangulaire ou circulaire, la. foBte prend le nom de gueuse.
La méthode catalane, qui est de jour en jour moins employée, opérait en 6 heures en»viron sur les mînet-ais riches el fusibles.
On fait souvent subir à la fonte une se>eonde fusion, soit pour exécuter de trèa^ fortes pièces, soit pour fabriquer de, petite objets, tels que les bijoux en fer; dansic© dernier cas on fait refondre la fonte dans de$< creusets de terre fortement chauflTés.
Le fer puddlé, qui est de qualité inlérieutre, rempli de fissures ou pailles,, mal soudé, a. cependant une grande dureté ; aussi s'enir ploîe-t-il pour la confection des rail!» de eh^. mîn de fer. Ce fer est préparé par la méthode anglaise ou puddlage, où Toa ne s© sert pas de l'action du martinet et où l'affinage se fait *par des courants d'air chaué dans des foyers différents. On peut du reste améliorer la qualité du fer puddlé en le rér chaufTySiot au blanc, en le soudant, et en te corroyant de nouveau.
Tôle; fer-blanc. — La.tôle est tout simplement le fer réduit en feuilles ; on l'obte-
naît jadis et on Tobtient encore, mais plus rarement à Faide du martelage du fer chauffé au rouge, sur des enclumes, à Taîde de marteaux qui pèsent plus de 200 kil. Cette sorte de fabrication donne une bonne tôle, trèsrésistante, mais très-peu homogène.
On fait plus géoéralement usage de cylindres lamineurs entre lesquels on fait passer les plaques de fer coupées à la cisaille, en dimensions égales à celles des feuilles de tôle qu'on veut obtenir. On chauffe le fer avant de le passer dans les cylindres dont on resserre peu à peu i'écartement, et entre lesquels on rétire de manière à lui donner l'épaisseur voulue. On obtient de la sorte une tôle très-tenace et peu chère, qui sert à fabriquer une foule d'ustensiles ; malheureusement elle s'oxyde facilement à l'air humide ; pour remédier à cet inconvénient, on rétarae, c'est-à-dire on la recouvre d'une couche d'étain.
Pour cela, on la décape avec de l'acide sulfarique; on la chauffe, on la plonge dans plusieurs bains d'étain fondu, puis dégraisse ; la tôle s'imprègne ainsi d'étain et forme le fer-blanc, dont l'aspect est lisse, brillant, ' miroitant.
Acier. — L'acier n'est autre chose que du fer mélangé d'une petite quantité de char* bon ; deux ou trois millièmes de charbon suffisent à changer complètement les propriétés du fer et à en faire de l'acier. Non-seulement il devient brillant, poli, mais encore il est très-ductile, très malléable, fin, serré, de grain plus dur, plus élastique et plus cas-
sant, et peut se souder et se fondre à une température moins élevée.
Pour obtenir Tacier naturel on débarrasse la fonte de son laitier et de son charbon, et on la ramène presque à Tétat de fer. 11 se soude facilement, mais il ne donne qu'une trempe de mauvaise qualité. Or, la trempe et les propriétés particulières qu'elle donne h Tacier est surtout ce qui distingue Tacier du fer ductile. Lorsqu'on refroidit promptement le métal chauffé, en le plongeant dans Teau froide, on obtient un acier très-dur et cassant, tandis que la même opération ne modifie guère les propriétés du fer malléable.
Il y a cependant du fer aciéreux, contenant du carbone qui se durcit par la trempe, et qu'on emploie pour les instruments agricoles tranchants : faux, socs de charrues, serpettes, etc.
On fabrique encore de l'acier cémenté^ qu'on obtieot en plaçant des barres de fer forgé dans des caisses en tôle rem plies de cément, mélange de poudre de charbon dur, de suie, de 1 dixième de cendres et de sel marin. On chauffe le tout à une haute tempe* rature ; le charbon faute d'air pour brûler, se combine avec le fer rougi, pendant les six ou huit jours qu'on fait durer l'opération. On obtient ainsi un acier commun, peu homogène, présentant des soufflures ou des ampoules à sa surface, d'où lui vieai son nom d'acier poule; on est généralement obligé de le corroyer et de le fondre à nouveau pour faire disparaître ces irrégularités. Ce raffinage se fait en brisant les barres cémentées
et en les chauffant et forgeant avec d'autres barres plus dures ou plus tendres; ce cotroyage rend racler plus mou, parce qu'il perd un peu de son carbone à chaque chaude. ^
On se sert des aciers cémentés pour tous les outils communs : couteaux, faux, etc.
L'acier fondu a une plus grande homogénéité, un grain fin et serré, et la trempe lui donne une très^grande dureté, qui lui per<^ met d'entamer presque tous Jes corps. Mais cet acier ne peut se souder, et plus le tranchant en est mordant, plus il se casse follement On l'obtient en fondant, à plusieurs reprises, l'acier dans des creusets réfractaires. Aux Indes, on prépare, au contact du charbon de certains végétaux, un acier fondu de qualité supérieure : Tacier Wootz, qui coupe nos aciers le plus dur ; c'est avec cet acier qu*on fabrique, en y ajoutant un peu de manganèse, les sabres de Damas, dont la renommée tranchante est bien connue. Du reste, en fondant l'acier avec des métaux comme l'argent et le platine, en très-petites quantités, on obtient des aciers très-durs.
C'est avecl'acier fondu et trempé durqu*on confectionne tous les tranchants fins et résistants, comme les rasoirs, canifs, burins de graveur et d'horlogers, ressorts, etc.
Trempe, — La trempe, dont nous avons déjà parlé, peut aussi s'opérer sur des objets déjà achevés, en fer ou en acier. Ces objets sont d'abord cémentés, puis trempés dans l'eau froide ; pour les outils on ne trempe quelquefois que le tranehant de manière à
laisser en fer le dos et les parties résistantes de routil.
Lor$qu*on a chauffé l'acier et qu'on Ta laissé refroidir lentement, il est aussi mou et aussi facile à travailler à la lime et au tour que le fer malléable ; et même lorsqu'il a été trempé, si on le chauffe de nouveau jusqu'au rouge et qu'on le laisse refroidir lentement il redevient malléable; cet acier recuit est l'état où les obj( ts sont façonnés au marteau, à la lime, au tour; on les trempe ensuite pour les rendre aussi durs que l'on veut. On se guide pour ne recuire que jusqu'au point ou l'acier sera assez dur sans être trop cassant, sur les couleurs brillantes que prend le métal quand on le recuit et qui sont dues à des lames minces d'oxydes qui se forment à la surface et qui, selon leur épaisseur, réfléchissent plus ou moins telle ou telle couleur.
Ces couleurs correspondent à des températures connues, et l'habitude fait connaître jusqu'à quelle couleur il faut recuire pour avoir tel ou tel objet; comme une trop grande clmuffe donne ensuite un outil trop cassant et trop dur, après la trempe, il impoi^te de ne la porter qu'à une température modérée qui lui donne l'élasticité convenable. A 220**, l'acier trempé et recuit a une couleur jaune paille qui convient auK canifs et rasoirs ; à 240, jaune d'or; à 255, brune; à 265, pourpre qui convient aux burins, ressorts, outils pour couper le cuir, le liège, etc., ainsi que la couleur violette ; à 2^5, bleu clair; 295, bleu indigo; à 315) bleu très-foncé; à .%S2,
vert d'eau. Si la trempe est trop forte, et Facier trop fragile, on le recuit et on le refroidit lentementd'une quantité convenable de manière à le ramener au degré voulu.
Mercure. — Blanc d'argent, liquide à la température ordinaire , d'où son nom de vif-argçnL Solide mal éable , à 40<> au-des^sous de glace , il peut être martelé et frappé en médailles; très-dense, 14 fois plus que l'eau, s'oxyde facilement, émet des vapeurs à la température ordinaire, et comme il est très-vénéneux, son emploi dans l'industrie est la cause de beaucoup de maladies, le tremblement mercuriel, la cachexie, etc., qui se manifestent par le gonflement des gencives, l'inflammation des glandes salivaires, la chute des dents. L'iodure de potassium, les bains, les purgatifs, les opiacés, et surtout Téloignement du mercure facilitent la guérison. Employé à doses modérées, le mercure est utile pour le traitement des maladies de la peau, ulcères, lèpre, etc.
Amalgames ; éiamage des glaces. — Le mercure constitue avec un grand nombre de métaux des alliages ou amalgames, solides lorsque le mercure n'y domine pas, liquides lorsqu'il y domine. Amalgamé avec l'étain, il forme le tain des glaces, qui donne à cellesci leurs propriétés de réfléchir et de reproduire avec netteté et fidélité les images.
L'opération de l'étamage se fait généralement à l'aide de feuilles d'étain peu épaisses, ayant les dimensions de la glace à étamer et qu'on imbibe d'abord de mercure, puis qu'on recouvre ensuite d'une couche plus épaisse
de ce dernier corps. On fait alors couler la glace sur Tétain, de manière que les bords du verre repoussent devant eux le mercure qui se trouve en trop grande quantité et qu'on recueille dans des rigoles faites exprès ; Pair qui pouvait exister entre la glace et rétain est complètement chassé, et Tadhérence des deux corps est parfaite. On presse la glace à Taide de blocs de plâtre pendant plusieurs jours, et elle se trouve couverte d'un tain formé de 4 d'étafn et de 1 de mercure environ parfaitement adhérent et suffisamment solide.
Cinabre ; vermillon, — Le cinabre et le vermillon, qui donnent de belles couleur^s rouges utilisées dans la peinture à l'huile et à Teau,. sont des sulfures de mercure (soufre et mercure) qu'on obtient en mêlant 6 ou 3 de mercure et 1 de soufre, qu'on fait ensuite sublimer, et qui donnent des cristaux d'un beau ronge. Le vermillon s ^ produit généralement en ajoutant 4 d'eau, et de la potasse (1/2 partie) au mélange précédent, et chauffant le tout à une température de 45'^ à 30->.
Sublimé corrosif, — Un corps bien connu sous le nom de sublimé corrosif, est une combinaison de chlore et de mercure, qu'on obtient en pains solides, qui fondent à 26s<^ et bouillent vers 295''.
On comprend que la réunion de deux corps aussi actifs et doués de propriétés aussi énergiques que le chlore et le mercure, doit donner un composé non moins énergique ; c'est, en effet, ce qui a lieu, et c'est en particulier
pour tous les êtres vivants un des poisons les plus violents. Cependant on l'emploie quelquefois à très-petites doses en médecine pour le traitement de quelques maladies ; mais les dangers qu'offre son emploi doivent ren* dre très- prudents ceux qui veulent Tadmi* nistrer. Il se dissout dans seize fois son poids d'eau froide e^ dans trois fois d'eau bouik lante ; c'est sous cette forme de dissolution qu'on l'emploie pour garantir les bois des at* ta<pes des insectes de toutes sortes ; les punaises ne résistent pas en particulier à la plus faible dissolution de ce genre.
CalomeL — Le mercure et le j chlore ne forment pas ensemble un seul composé ; il est un autre corps appelé calomel, fart usité en médecine sous toutes les formes, pastilles, dissolutions, pommades, poudres^ etc., qui contient également du mtercure et du chlore, mais ce dernier corps est en quantité moitié moindre. On l'utilise en médecine comme vermifuge, pour débarrasser les voies digestives des petits vers qui s'y logent et s'y développent, et aussi comme purgatif. Comme on a besoin de l'obtenir en poudre très-fine, on le fait distiller dans un vase à col large qui communique avec un récipient où la vapeur de calomel se dépose en poussière îhk palpable.
Un composé plus complexe encore de mercure, sert aujourd'hui de jouet chimique, malgré ses propriétés vénéneuses, qui devrait en faire interdire l'usage. C'est le sulfo-* cyanure de mercure, associé au nitrate de potasse, qui est la base des serpents de Phdt-
rtiKDM; Id ûoin ^e ce e^mposé indique suffis samment sa composition de soufre, de cya-^ iiiOgène (charbon et azote) et de mercore.
Fulminate de mercurs et d'argent, -*^ Les capsules <}i!i, dans tous ies fusils à percussion» servent & enflammer la poudre, contiennent une matière explosible, qu'on appelle fnimi* nato de mercnre. C'est un composé de mercière oxydé avec un acide fulminique qui est formé d'oxygène et d'azote et carbone (ou Cyanogène) qu^on obtient en dissolvant une partie de mercure dans 4 2 d'acide azotique et 11 d'alcool que l'on chauffe modérément; dans le refroidissement du mélange, auqud on ajoute un peu de nitre, il se dépose de petits crist&ux dont on fait une pâte qu'on place ensuite dans les capsules. Ce faln^lnaée de mercure est un des corps les plus explo»sibles; il suffit de le frotter pour qu'il détone violemment ; aussi doit-il être manié avec de grandes précautions.
Un autre composé, qui détone très-facilement, est ce qu'on appelle l'argent fulminant, et qui se forme en dissolvant de l'oxyde dans de l'ammoniaque caustique. La moindre fiiction, celle d'un fil, d'une barbe de plume ea détermine l'explosion violente lorsqii'll est sec; il détone même sous l*eau à unetem* çéa^ature de 100 degrés; ce <qm a domié lieu à des essais de machines de guerre, trop coâ<* teoses pour avoir pu réussir.
Argent. -*-Le plus btanc des métaux et le plus éclatant lorsqu'il est poli ; après l'or, le plus malléable, le plos.dactile, fond vers 1000°, donne une vapeur verte; en fiisîoD, absorbe
22 fois son volume d'oxygène, qui se dégage par le refroidissement ; de là le rochàge ou projection de l'argent qui se solidifie et qui est dû au dégagement de Toxygène; il est inoxydable aux basses températures ; c'est La cause de sa valeur, la chaleur, les alcalis ne pouvant l'attaquer. En contact avec le sel marin , il se ternit, car il se forme du chlorure d'argent ; aussi faut-il dorer Tintérieur des salières d'argent.
Alliages d'argent; titre des monnaies, bi^ joux. -- L'argent pur est trop mou et s'userait trop vite pour permettre de fabriquer des objets d'usage journalier ; aussi lui alliet-on une certaine quantité de cuivre, un huitième ou un neuvième, et ce mélange lui donne une plus grande dureté, sans lui ôter sa couleur blanche.
La petite bijouterie d'argent, et tous les objets d'ornement, jouissent d'une tolérance de 5 millièmes pour un titre légal de 800 argent 200 cuivre.
Pierre infernale. — L'argent peut être dissous par l'acide azotique et donner, après Tévaporation de l'acide, de l'azotate d'argent en cristaux incolores et lamelleux.
On fond ces cristaux, on les coule dans de petits moules de la largeur d'un crayon ordinaire, et l'on obtient des petits b&tons d'azotate d'argent auxquels on donne le nom de pierre infernale, et qu'on emploie en médecine et en chirurgie pour cautériser ou brûler les chairs.
On s'en est également servi à l'intérieur contre Tépilepsie, malgré les dangers que
présente son emploi ; mais comme il se décompose facilement à la lumière solaire lorsqu'il est en présence de matières organisées, comme le corps humain, les personnes ainsi traitées, qui s'exposaient à la lumière, voyaient toutes les parties de leur corps bleuir, par la décomposition de l'azotate, comme lors- Qu'il en tombe une goutte sur la peau. Il suffit, dans ce cas, d'attendre que l'azotate soit évacué pour s'exposer au jour et n'avoir plus à craindre ce changement de couleur.
On se sert du reste de cette facile décomposition de Tazotate d'argent pour marquer le linge qu'on encolle avec de l'empois mêlé de carbonate de soude ; on écrit les lettres ou les chiffres avec une dissolution gommeuse d'azotate d'argent ; la lumière fait apparaître en brun les caractères, qui sont indélébiles et résistent à tous les lavages.
Essais des alliages d'or et d'argent, — Les essais ont pour but de connaître exactement les titres des alliages des monnaies et de l'argenterie.
Coupellation, — L'essai par coupellation se fait en fondant l'alliage d'argent et de cuivre avec du plomb dans une coupelle ou capsule poreuse et à parois épaisses. Cette coupelle, faite de cendres d'os humectées et moulées, absorbe le plomb fondu qui s'oxyde et qui dissout en même temps le cuivre qui s^oxyde également, tandis que l'argent reste inattaqué en globule ou bouton. On dose alors celui-ci facilement. Plus il y a de cuivre dans l'alliage, plus il faut syouter de plomb.
Aux titres de 9^, Il faut 3 ^e jàomb pour rafflnàge de 1 ■gramme d'argent ; à 900, 7 gr.; à sm, 40 gr. ; à 7«l, 12 gr. ; à 600, i4 gr., et au^essous, de A6 à 47 gr.
Il importe de bien régler la température de Veami pour ne pas volatiliser rargent par ime trop forte ehaletir, fii laisser au plon^ dans te bouton par une trop faible.
Esisms jHPr voie ^humiés, — Ce inrocédé est beaucoup plus précis; il ooi^i^iste à (précipiter rargentparifmexSissolutionde sel marimdont on con-naât kfaree; l'argent passe à i'état de'ChloPUTe insoluble, et le nombre de centimètres cubés §ui ont été versés pour précipiter Pargent donne le titre de Talliage, oair la dissolution est préparée de telle sorte cfu^'un décimètre cube précipite juste 4 gr.
d'argent pur.
Essais de Vor nbu ôomhaïK. — Outre les procédés précédents plus du moins modifiés, on >emploie très^igénéraiemeht, surtout pour ta bijouterie, l'essai au touchau qui n^exige pas la destruction des pièces comme les pré- <^ents. lOn frotte l*oti>jét à essayer sur une pierre noire très-dure, -quartz coloré par du bitume, et qu'on appelle pierre de touche; Tôlyet «d^or laisse des traces sur cette pi^erpe, •et les dernières traces indiquent .trè»4>iea par leur couleur, à un centième près, H (quantité d'or contenue. On compare d'ailleurs 0^ traces avec celles que donnent les tmtchmtix^ petites leimes ô^er et de 'enivre ^ontle titre est exactement connu. ^On passse ^n reste sur toutes oeis traces une peftite tige de verre mouillée d'acide azotique 'môle
à 2 p. 0/0 d'acide chlorhydrique, et la couleur que prend l'acide sur chaque trace, la manière dont il attaque chacune indique le titre de l'alliage.
Or. »— L'or se trouve à Tétat natif, car il n'est pas oxydable à l'air, et il se désoxydte facilement; ordinairement allié à l'argent dans la nature, on le rencontre dans les sables quartzeux; jaune en masse, il devient vert-bleuâtre en feuille mince; trèi^ductile, mais peu tenace; fond à 1200» environ; il émet alors une luiï'ièred'an vert bleuâtre.
Le chlore et le brome Pat' aqueut seulsà froid ; aucun acide ni alcali ne Fattaquent. L'eau régale (composée de chlore) seule le dissout, d'où lui vient ce nom de régale^ Tor étant jadis appelé le roi des métaux.
FeiiS d'artifice. — Toutes les pièces d'artifices sont composées essentiellement de nitre ou salpêtre, de soufre et de charbon, substances qui sont les éléments de la poudre. Seulement on y ajoute des poudres ou limailles de fer, d'acier, de cuivre, etc. La limaille de fer fine et longue, donne des étincelles brillantes, rouges et Wanches; les limailles de fonte et d'acier qui contiennent du carbone, produisent encore plus d'éclat et d'étincelles. La limaille de zinc donne une belle couleur bleue-verdàtre lorsqu'elle brûle avec la poudre ; celle de cuivre, une flamme verte ; le sulfure d'antimoine, une flamme bleue. Le succin produit un feu jaune ; il en est de même de la colophane et du sel marin très-sec. Le mica jaune donne de belles étincelles jaune doré ; le noir de fumée, mêlé à la
poudre à canon, donne une couleur rouge foncé, et, avec beaucoup de salpêtre, une couleur plus claire. Le yert-de-gris produit un vert léger ; le sulfate de cuivre, avec du sel ammoniac, un vert olive ; le camphre, des flammes blanches et aromatiques qui couvrent les autres mauvaises odeuns. Le lycopode (semence d'un végétal, qui brûle facilement), donne une flamme rose magnifique ; sur les théâtres on s'en sert pour imiter les éclairs et les torches des furies, * parce que, répandu dans Pair, d s'enflamme subitement à l'approche d'une bougie.
La disposition qu'on donne aux cartouches de carton ou de papier qui contiennent les matières combustibles, et le mouvement dont on les anime, sont les seules causes des difi*érents feux, éclairs, soleils, roues, serpenteaux, etc. Généralement, l'extrémité des cartouches, fusées, etc. , est étranglée à l'aide d^un fil serré qui sert à augmenter le jet du feu.
Les compositions des différentes pièces varient de proportions. Ainsi, les feux de Bengale se font avec 7 de nitre, 2 de soufre, 4 d'antimoine. On les colore, comme nous l'avons dit, de différentes manières ; les chandelles romaines ont 16 de nitre, 5 de charbon, 3 de soufre.
Enfin, le feu grégeois se fait avec 4 de nitre, 2 de soufre et i de naphte, La composition de ce feu fut longtemps un secret chez les peuples anciens, et l'ignorance et la peur lui attribuaient des propriétés extraordinaires, comme de ne pouvoir être éteint et
de brûler sous l'eau. Ces résultats n'auraient plus aujourd'hui lieu de nous étonner, puisque nous connaissons, en effet, des corps comme le potassium qui, dans leur contact avec l'eau, décomposent et brûlent, avec un vif éclat, une flamme et des mouvements de projection rapides.
Tous les êtres qui vivent, leurs corps, les substances qui les forment, les fonctions et les organes par lesquels ils se nourrissent, respirent, se reproduisent, sont encore du domaine de la chimie.
Chair ; gélatine. — Les animaux ne peuvent vivre, c'est-à-dire se nourrir qu'à l'aide d'organes, qui sont toujours composés de gaz que nous connaissons, oxygène, hydrogène, azotate, carbone, plus des sels calcaires.
Et d'abord la chair, ou viande qui apparaît sous cette enveloppe mince qu'on appelle la peau, est formée par la réunion des muscles formés eux-mêmes de faisceaux de fibres, au milieu desquels circulent des liquides divers, des canaux, etc. C'est un assemblage hélérogène qui contient des sels alcalins (phosphates de potasse, de soude, de chaux), de l'albumine, des substances azotées, de la créatine, de la graisse, de la gélatine, et surtout de la fibrine qui est la matière même des fibres musculaires.
Cette fibrine, qui est incolore, car la chair ne doit sa couleur rouge qu'au sang qui y séjourne, se rencontre également dans le sang, où elle se coagule en longs filaments, lors^
qa'on bat celui-ci ; elle paraît être coniposée de* 63 à 63 de carbone, 7 d'hydrogène, t'ô à. t7 d*a70te et 13 1/2 à 14 d'oxygène.
La peau, comme les cartilages, bo«nllîe' av«c de Feau, se tran^-forme en des matières gêlatîneoses et visqueuses, la gélatine et la; chondrine, la première fournie surtout par' la peau, les tendons, les membranes des intestins, la seconde par les cartilages. Ce sont deux composés en proportions différentes d'aaote, d'oxygène, d'hydrogène, de carbone, où, pour 1 d'azote, on trouve 2 ou 3 d'oxygène, 5, 6 ou 7 d'hydrogène, et 6 à 8 de carbone.
CoUe. — La gélatine pure ou colle de poisson, qui est transparente et incolore, se dissout dans l'eau bouillante et prend unegrande cohérence par le refroidissement, ce qui la fait employer au col i âge des corps dur?.
On la prépare en faisant bouillir avec de Peau des rognures de cuir, de peaux, de tendons, des cornes ou des sabots d'animaux, conservés dans un lait de chaux pour en éviter la fermentation. On les brasse longtemps jusqu'à ce qu'il se dépose une matière visqueuse qu'on moule ensuite dans des moules en bois, et qui est la colle-forte ; on fait ensuite sécher les pains de gélatine sur dea filets dont ils prennent l'empreinte.
On extiait encore la gélatine, des os,àrîntérieur desquels elle est contenue en quantité assez notable. On chauffe pour cela les os dans une marmite en fonte bien fermée, avec de la vapeur d'eau, de manière à dissoudre lagélatine ; mais cette méthode n'en retire qu'une
assez faible quantité, et on préfère écraser les os, puis les faire bouiflir dans de Teau pour en extraire la graisse, dans de l'acide cWorhydrique qui dissout les sels calcaires, puis encore dans de l'eau chaude où la gélatine «e sépare par le refroidissement ultérieur.
L'ichthyocolle ou colle de poisson, qui est de la gélatine très-pure, s'obtient à l'aide du séchage de la vessie natatoire de l'esturgeon. Ces matières, lorsqu'elles sont bien pures, servent surtout au collage des vins (voir Fabrication des vins), à clarifier les liqueurs, à former des gelées; des marmelades consistantes, etc. On se sert aussi de la gélatine, mêlée de gomme arabique sucrée, pour fabriquer la colle à bouche destinée à coller le papier. Le taffetas d'Angleterre, avec lequel on cicatrise les coupures, est une dissolution aromatisée de gélatine ; on fabrique môme avec celle-ci des perles artificielles.
Matière du cerveau. — La matière qui remplit le cerveau, organe de la pensée, paraît être composée de deux acides gras, l'un solide, l'acMe cérébrique blanc, facile à décomposer par la chaleur, et dissous par- l'alcool qui serait formé de 66 à 67 d'azote, 10 d'hydrogène, 2 d'azote, 1 de phosphore^ i9 à 20 d'oxygène ; l'autre, liquide, huileux, jaunâtre, dissous dans l'alcool seulement bouillant etd'autres substâncesgrasses: Tune* que l'on retrouve dans le foie, les autres analogues à celles que l'on désigne sous le nom de stéarine, oléine, etc. L'augmentation du phosphore accroît la puissance cervicale.
Sang, i— Le sang,, formé par dôuxphénô-
mènes chimiques, la nutrition et la respiration, et qui fournit aux organes les principes nécei^sdires à leur développement, se compose d'une multitude de substances différentes. Ainsi on y trouve de l'eau, de l'albumine; qui est la base d'un grand nombre de tissus , de la fibrine, qui forme la matière des muscles; une matière colorante rouge, l'hématosine, contenant du fer ; une autre jaune, des matières grasses phosphorées, qu'on rencontre aussi dans le cerveau , des sels trèsnombreux.
En un mot, toutes les matières qui forment la chair, la bile, l'urine, etc., existent dafis le sang, qu'on a justement appelé de la chair coulante. Mais toutes les njatières n'y sont pas dans la même proportion : l'eau y entre pour 79 p. 100 ; l'albumine, pour i 9 centièmes ; les sels, 1 p. 100; la fibrine, quelques centièmes.
Le sang sec est un excellent engrais, car il contient 15 à 20 pour cent d'azote; l'albumine qu'il renferme le rend également propre à clarifier les sirops, les jus des raffineries de sucre, et aussi à clarifier le vin.
Lorsque le sang est corrompu, il devient quelquefois un véritable poison; dans certaines maladies, où le sang est vicié^ son application sur une plaie ou une simple coupure, peut amener une sorte d'inoculation d'un virus mortel. Très -souvent les chirurgiens sont victimes d'accidents de ce genre ; la moindre piqûre d'un de leurs instruments, imprégné du sang d'un malade, leur inocule un venin qui a, parfois, amené
ia mort. C'est par des putréfactions du même genre, que les boudins, formés surtout avec du sang, et mal fumés ou non assez salés, fermentent à l'intérieur, et empoisonnent réellement ceux qui les absorbent. L'eau bouillante et l'alcool, détruisent les propriétés toxiques de ces substances.
Laù. — Le lait, selon les animaux qui le produisent, contient en proportions variables de l'eau, une substance appelée casëïne, de l'albumine, du sel, du sucre de lait et des matières grasses, ou beurre de lait. Il peut fermenter et produire du vinaigre avec de l'alcool; le sucre le fait également fermenter. Le principe gras, ou la crème, se sépare lorsque le lait reste au repos.
On peut conserver le lait en le faisant évaporer à 100°; on a alors un extrait de lait qu'on enferme dans des boîtes, et qu'on fait coaguler dans l'eau bouillante ; il se conserve ainsi très-bien, même en mer ; il suffit d'y ajouter quatre fois son poids d'eau bouillante quand on veut s'en servir.
On y condense quelquefois plusieurs volumes d'acide carbonique, ou bien on le prive complètement d'air, en le chauffant à lOO^, puis on l'enferme en bouteilles métalliques. Ces procédés conservent de même bien le lait. On altère souvent le lait, dans le commerce, en y ajoutant de l'eau ou en lui enlevant sa crème ou beurre.. Comme dans ces deux cas, sa densité est différente de la densité ordinaire du bon lait, un aéromètre ou lactomètre, gradué sur la densité normale, fait constater facilement les fraudes.
Usage du lait, — Le ï ait de brebis; est le plus riche en beurre et en matières, azotées, c^est donc celui qui donne le plus d'aliments. Le lait de femme renferme au contraire, peu de caséine, tandis que le lait de vadie en renferme beaucoup, et est, par conséquent, plus difficile à digérer. On ne peut donc, pour les très^jeunes enfants, remplacer efficacement le lait maternel par le lait anima}.
lV)utefois, le lait d'èsiesse se rap|»*oche beaucoup du lait de femme, surtout lorsqu'il est riche en beurre, c-est-à-dire lorsqu'il provient du milieu d'urne traite.
Quelquefois le laitest coloré en jaune ou en bleu, par suite -de la présence d'une multitude de petits êtres parasites, infusoires qui se développent dans le liquide et Je colorent; le sel marin combat efficacemeilt ces altéra» tidns.
GomerwLtion éêê'ixiemdes. — Pour conserver la viande, on la soustrait à Faction de l'air, de Teau, de la chaleur, pr uneidessiocation complète et rapide qui ne l'altère pas mais qui la raccornit et lui 6te toujours un peu de saveur; on peut aussi la conserver dans sa propre gélatine, obtenue par concentration et èvaporation, qui lui sert de vernis inaltérable. La dessiccation et la compression s'^nploîent pour les fruits et les légumes. On oomprime la matière f^ôus la presse hydraulique au iO® de son volume primitif.
La salaison ou 8aopou€h*ation etfroltement des viande» par • couches avec le sel est im assez bon moyen de (conservation ; on préfère cependaint aujourd'hui les conserver
cN»i8' des boîtes de petites dimem^ons^ où. la sairmnire ne peut se perdre ; on peut ajouter aussi du nitre ou de l*aluQ et du. sulfate d'alumine, qui est aussi très^employé pour les préparations anaiomique^ et la oonservtatiOB des* oadawes, dans lesquels on Tinjecte par la veine carotide.
L*esprit»-de-vi4î ocmserve également les préparations anatomjqiieset les fruits, auxquels il communique cependant une certaine odeurs
Le -sucre en dissolution conx^entréenefep* misnte plus et conserve les fruits, rael* nes, etc.
Le jft'oid emipèche également la fermentati^n>^ aussi peut-on conserver en été: I^a mnde daiïs de la glace, et lai faire atmsi voyager;
Les procédés Appert et Sweny reposent sur la séparation complète des viandes du contact de Tair en plongeant les vâaudes dans un vase d^eau bouillante, qui par suite dé rébuliitio^n estiout-ài-fait privé d'air; puis, on verse diessas une couclie d'huile quâ s^6pp>ose à la dissolution de Pair dans Vemt, à'GAt , e& définitive, un bain-marie porté- à des' températures variables, eti dans lequ^ on plonge les bouteilles bien bouchées ren>f^rmant les léguines, sauces, viandes,, etc», à' conserver.,
La G^éosoto^ qui se rencontre dans: la, fa^ mèe et dans Taoide pyroiigneux, est ua exeellient conservateur ; c'est la. raisom pour la^ quelle on ùsme les pièces de charouterie.
Embaumement. — Pour embaumer les oadavr«s^ on se sert de sublimé corxo^fv de
perchlorure d'étâin et d'acide arsénieux.
Une injection de sublimé, ou mieux une immersion dans ce liquide, préserve de* toute aliération les substances organiques. Cinq à six litres d'hyposulfite de soude permettent de conserver un cadavre près d'iin mois, à bon marché (1 fr. 50 c).
L'immersion dans le chlorure de zinc donne également de bons résultats, et les lotions de la même substance, en décolorant les chairs, les durcissent et les conservent pendant des années ; mais ce système est aiyourd'hui peu employé.
Crémation, — D'ailleurs, quoi qu'on fasse, ces procédés seront toujours coûteux et ne pourront être appliqués généralement. Aussi serait-il convenable, sain, économique de revenir aux habitudes des anciens, à la crématiouj c'est-à-dire à l'ugage de brûler les cadavres, au lieu de les enfouir dans la terre qu'ils empoisonnent
Chimie et vie des plantes. — Toutes les plantes, toutes les graines contiennent 4 substances principales : 1° l'albumine ou gluten ; 2° les matières amylacées (amidon, fécule, dextrine, sucre); 30 les corps gras; 4<» enfin, le tissu cellulaire ou cellulose, qui est l'étoffe même de la plante et dont les produits sont excessivement variés; ce sont les gommes, les essences, parfums, huiles essentielles, etc., les résines, les matières tinctoriales, les acides et les alcaloïdes, comme Topium, le quinquina. Nous dirons quelques mots des plus împortans de ces produits.
Cellulose. — Le coton, les fibres des écor-
ces, léô fibres textiles, le vieux linge, le vieux papier, contie\ment une matière, la cellulose, composée de 12 équivalents de carbone, 10 d'hydrogène et 10 d'oxygène, qui s'y trouve presque pure, ainsi que dans les tranches de fruits ou de racines. Cette matière, outre son rôle dans la nature, sert à fabriquer le papier.
Bots durci; conservation des bois injectés.
— Aujourd'hui les matières azotées que contiennent les arbrfs amènent leur putréfaction ou leur pourriture, et ces matières servent de nourriture aux petits êtres, insectes ou autres, qui comme les termites, les tarets, etc., détériorent et dévorent, en les réduisant en poussière, les bois les plus neufs.
Pour remédier à cette altération, on a fait pénétrer dans l'intérieur des bois légers, pins, siapins, peupliers, des substances imputrescibles, telles que le suif, les huiles, les résines, les goudrons, chauffés à 200<>. Des pièces de chêne se conservent depuis des siècles, sans altération, dans les mines de sel.
On emploie également des vapeurs de créosote, des dissolutions de tannin, de sel marin, et surtout des sulfates de cuivre et de zinc. M« Boucherie, qui a donné une grande extension à cette industrie économique, pra tique simplement deux incisions aux pieds des arbres, et les canaux qui servent à faire monter la sève, servent également à aspirer le liquide conservateur, amené près des incisions, que l'on recouvre d'un sac ou d'une toile.
Toutes les traverses qui soutiennent les
rails des chemins de ifëp, injectées de cette manîèfe, ont fait un très^bori et très-long sepvîoe, et permis de réaliser ainsi une motable écbnomiiô. On préprare, du reste, de la même manière i«s bois destiiiiés auix objets de luxe.
(jOton^-pomdre. — Le c6ton, le chanvre, le ling^ le papier, toutes ces matières qui sont eoâipoisées de eellw'cse, les amidons, les sucres, «te., se transforment, par Faction à froid' de raci<lle asotiqne hjdraté (c'esit^-dlire contenant de Teau), en des matières tpès-.ex*piosibies, dont la plas connue est le cotonpondre, ou pyroxyle, qui contient S d'acide amtique fet 2 de cellulose.
<Ge coton -po/udre petit «e transformer au loioment de Pexplosion en une ma<tière »gaH ^use (\m remplit un volume, un espace 600 à 806 fois pins considérable ; de sorte qu-nn t?ôtOtt de 2 centinnt^tres de côté peut occuper un espace de i'6°» de c6té*
On coioiiprend qtieUe force d'explofsîon doit posséder une matière semblable ; aussi a4^n Gberctvé à la substituer à la poudre à tirer et à lîaiion; elle communique, en effet, à la fcjalle nue vitesse 4 fois plus considérable» ©t comme elle brûle complètement, elle n'encrasse pas les armes; elle ne s'altère point parThumidlté ou le transport, et tient 4 £ois moins de place que la poudre ordinaire, mais sa préparation en grand est d>ingereuse et six fois plus coûteuse que celle de la poudre or*, dinaire; de plus, elle a une tropgrande puissance explosive qui brise et fait éclater les armes.
Cette poissanoe explosive pourrait être cependant mise à profit dans les mines pour les explosions qui demandent une grande puissance, et on s'en est servi avantageusement en ajoutant de i^asotate de potasse au pyroxyle ; les effets sont alors quadruples. de ceux obtenus ordinairement Malheureuse-ment, la cherté de la matière retarde son emploi général.
On prépare le coton-poudre en ploi^ant»
pendant quinze minutes environ, le coton dans Tacide azotique hydraté, ou mêlé d'un acide sulfurique concentré; le coton s'imprègne d'acide azotique, on le lave, puis on le fait sécher avec précaution ; la matière conserve Taspect du coton.
Collodion. — Mis en dissolution, dans Téther, ce coton-poudre donne une matière transparente, le coUodwn^ qui peut être appliqué sur la surface des objets, et qui y adhère très-fortement. Préparé, en plongeant le coton dans 3 d'acide sulfurique concentré et 2 d'azotate de potasse, puis lavé, séché^ puis dissous dans de l'éther à 6 ou 8 pour cent d'alcool, ce collodion^ appliqué en couche sur 1» peau oa sur le vorre, . forme une mince pellicule imperméaible, qui peut, dam» le premier cas^ ri^mpUcer les tissus gommés ou taffetas d'Angleterre; dans le second^ servir à la photographie.
Gaz de Véclairo^e^ hydrogèate carbonée —
Le gas de réelairage s'extrait de la houille
chauffée dans d^ cylindres soumis, à une'
haute température ; il ne faut pas cependant
^iN3 cette température soit trop élevée pour
que le gaz conserve son pouvoir éclairant.
Le goudron, les huiles erapyreumatiques et les gaz ammoniaque, hydrogène carboné et sulfuré que contient la houille, se dégagent dans cette distillation. On en sépare le gaz hydrogène carboné, qui seul sert à l'éclairage, en faisant passer tous ces produits à travers des couches d'eau et de chaux qui retiennent tous les corps inutiles à Téclairage, et ne laissent sortir à peu près purifié que le gaz hydrogène carboné.
Goudron; benzine. — Le goudron distillé donne de Peau, de Tammoniaque, de la benzine (C'« H«), de Tacide phénique (C" H» 0), de la créosote (C** H« 0^), de la paraffine (C « H»o), de Taniline (C^* H'' AZ), à 86, 488, 200, 370, 182«, etc.
Un mélange de 3 à 6 parties de goudron, et 100 de plâtre en poudre, sec ou huileux, cicatrise très-bien les plaies suppurantes des armes à feu, conserve les peaux, empêche la putréfaction des matières animales, par suite de la présence de l'acide phénique.
La benzine, ou essence de goudron rectifiée, s'obtient en traitant les huiles de goudron par l'acide sulfurique, qu'on lave, puisqu'on mêle à de la soude caustique en petite quantité; on distille à plusieurs reprises avec de la chaux, et l'on obtient l'essence ou la benzine qui remplace la térébenthine pour la peinture à l'huile, le nettoyage et le dégraissage des étotles, peaux, etc. ; sa vapeur fait périr les insectes et peut être employée contre les acarus de certaines maladies de peau, la gale des moutons, etc. ; on en fa^
brique aussi une essence aromatique, qui donne aux savons une odeur ressemblant à celle de l'essence d'amandes amères, quoique moins suave.
Naphtaline. — Autre produit d^î la distillation de la houille, composée de 20 de carbone pour 8 d'hydrogène, substance huileuse, cristallisée, qui se dépose sur les parois des tuyaux de conduite du gaz; on la purifie par sublimation, mais elle garde toujours une odeur caractéristique qu'elle communique au gaz. Employée en teinture et contre les insectes parasites.
Paraffine, — Une autre matif^^re, qu'on recueille encore dans la distillation de la houille et des autres substances organiques, ou dans la distillation d'un mélange de cire et de chaux, c'est la paraffine, matière huileuse qui se solidifie en paillettes; on en fait d'excellentes bougies qui donnent une flamme très-brillante ; sa composition se rapproche de celle de la naphtaline, mais elle est beaucoup plus stable, et résiste à l'action de l'acide sulfurique, azotique et du chlore.
Créosote. — On emploie quelquefois, pour calmer les douleurs de dents, une substance liquide, la créosote qui se prépare en distillant le goudron du bois, et en recueillant la couche pâteuse inférieure qui se forme dans cette opération, et qui contient cette huile incolore, d'une odeur désagréable, qui paraît brûlante au goût, et qui cautérise fortement les chairs, les tissus, comme l'acide phénique; elle a la propriété de coaguler l'albumine, et par suite de prévenir et d'em»
pécher la putréfaction des viandes; mais les viandes ainsi conservées n'ont jamais une saveur bien agréable. Dissoute dans Talcool, elle s'emploie en médecine.
Sa composition serait de 28 de carbone, 16 d'hydrogène, 4 d'oxygène.
Acide phénique. — Un produit extrait du goudron de la houille, l'acide phénique, pa^ raît devoir prendre une place importante parmi les produits médicinaux et chirurgicaux les plus utiles. Il a la propriété de sécher, de cicatriser les plaies, de prévenir la gangrène, la supimration, l'infection, de purifier l'air; on l'emploie aussi intérieurement, par exemple, pour le traitement de l'angine couenneuse.
Il paraît composé de 12 de carbone, 15 d'hydrogène, 1 d'oxygène et d'eau, et quoiqu'il puisse cristalliser à la température ordinaire, on l'obtient en général sous la forme d'huile ; il est bon de se rappeler qu'il se forme aussi dans la distillation du benjoin.
Huile de schiste. — On extrait des schistes bitumineux que l'on trouve en grandes dalles, dakus quelques localités, à Autun (Saône-et- Loire), par exemple, une huile très-propre à l'éclairage lorsqu'elle est épurée, car elle contient toujours une assez grande quantité de bitume.
On fait distiller dans de grandes cornues la matière schisteuse, et en très-pou de temps on en recueille les produits huileux. Nonseulement remploi de l'huile de schiste est plus économique que celui de l'huile de colza ordinaire à cause du prix de vente, mais sur-
— Mo —
tout à cause de la moindre coosommation pour danner nue même lumière, différeBoe qui est de près d'ua tiers en faveur de rhjiile .de sehiste.
Mais encore la lumière est si blanche tet si pure, qu'on distingue aussi bien le bleu du vert, le jaune du rose, qu'au soleil, ce qui, comme on le sait, n'a jamais lieu avec les lampes à huile, ou même avec le gaz^ à la lumière desquels toutes les nuances so&t confondues. 11 y aurait même économie à substituer leschisteau gaz actuei d'éclairage, partout où celui-ci n'arrive pas facilement et où il pourrait causer des dégâts. Dans les ateliers, il remplace avec avantage la chandelle si coûteuse et si insuffisante, et son odeur, qu'on ne peut masquer, n'y a pas les incoiii vénients qu'elle peut avoir pour l'éclairage des pièces où l'air ne se renouvelle pas suffisamment, telles que chambres, salons, etc.
Seulement, pour l'huile de schiste comine pour tous les hydrocarbures liquides, c'est-àdire pour tous les liquides formés de carbone et d'hydrogène, qu'on obtient en distillant le schiste, l'asphalte, les résines des pins ou térébenthine, les huiles de naj^te et de pétrole, il faut qu'un courant d'AÎr trèsvif et très-consîdérable active leur combustion pour qu'elle ait lieu sans fumée et sans odeur. Aussi les verres, et cheminées de lampes à schiste doivent-ils concentrer par leur forme une grande quantité d'air sur les i mèches. Gomme ces huiles de schiste sont trèsinflammables par elles-mêmes, à cause de leur volatilité»il importe de .prendre des pré-
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cautions, soit dans leur- transport, soit dans leur maniement. Les extincteurs de feu de Carlier, qui contiennent de l'eau satnréed'a^ cide carbonique, sont très-propres à étouffer les incendies et les flammes de ces huiles, en les privant d'air. •
Aniline, — La houille distillée donne des huiles légères , des goudrons , qui, distillés eux-mêmes à 70 ou SQo, donnent 25 à 30 p. 100 de benzine; celle-ci fournit près de 90 p. 400 de nitro-benzîne ; cette substance, dissoute dans l'alcool, puis saturée par l'ammoniaque et l'hydrogène sulfuré, donne des aiguilles jaunes qui se transforment en aniline.
Chauffée sur la chaux rouge, la nitro-benzine donne également de Taniline, qu'on produit aujourd'hui à 20 ou 25 fr. le kilog.
Pure, cette matière est incolore, et a une odeur fort désagréable ; c'est son contact à 200O avec le bichlorure d'étain qui produit cette belle couleur rouge groseille connue sous le nom de fuchsine.
Résines. — Pour protéger les objets colorés de l'action de l'eau, de l'air, des frottements et des chocs, on les recouvre de vernis, enduits transparents, formés de résines, telles que la gomme-gutte, Télémi, la sandaraque, le sang-dragon, la laque de térébenthine, le succin, le copal et le mastic, que l'on dissout soit dans l'alcool, soit dans Tessence de térébenthine, soit dans l'huile. Ces résines sont des substances solides ou pâteuses, qu'on rencontre très-souvent dans las végétaux, le plus souvent colorées en jaune ou
en brun, qui ne se dissolvent pas dans Peau, et qui ne forment que des acides faibles.
Caoutchouc. — Le caoutchouc, suc laiteux de plusieurs végétaux, figuiers, etc., est formé de 8 de carbone et de 7 d'hydrogène ; il pa»
raît formé de deux parj;ies : Tune très-tenace, ^ très-cohésive, résistant à toutes les destructions; l'autre, plus molle, plus ductile, plus soluble, quoique de même composition toutes deux. 11 contient aussi des matières grasses, une huile essentielle, etc.; mais c'est le nélange de toutes ces parties qui donne au cioutchouc son extensibilité et son élasticité.
Non sulfuré, c'est-à-dirô non mélangé au soufre, 'il s'amollit beaucoup à plus de 30^, et au contraire durcit et perd son élasticité à Oo; mêlé au soufre, au contraire, il peut être employé aussi bien dans les pays chauds que dans les pays froids, car il peut supporter 100<> à 150» de chaleur; mais il ne se soude plus avec lui-même comme auparavant.
Mais il a alors l'inconvénient, à plus de 130° et au contact des métaux, de s'altérer ; le soufre se combinant aux matières organiques qu'il contient et lui ôtant sa souplesse, son élasticité; il ne joint plus hermétiquement les surfaces ou les tubes où on l'avait appliqué; il donne au contact du plomb, . de l'argent , de l'or, des sulfures noirs ; on remédie en partie à ces inconvénients en incorporant 4 de soufre et 100 de caoutchouc avec 60 de chaux hydratée, qui diminue un peu la sulfuration et rend la matière plus souple.
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Caoïttchoucdurcù — On obtient du côoutchou'c dur ou volcanisé, e?n tAmoUissaQt du caoutchouc de qualité inférieure dans de l'eau à 50O ; pute, on le i^dttit en pulpe ou en pâte par un mél-ange énei^t^ue, et on y introduit 50 pour cent de «oufre en canot pulvérisé, qu'on mêle intimement, et qu'oîi, répartit uniformément ; on ciiauflfo ensuite jusqii*à 135<>, et on obtienlt un caoutchouc dur, par refroidissement, ^résistant, qu'm petit ensuite scier, chantourner, rdbotw, user, refendre, polir de manière à avoir ces objets de toutes formtîs; on peut te courber en le plongeant dans Peau bouillante, pm«eti Timmer^earit ensuite dans Teem froide qui opère une treropft qui conserve la cowlwnre cjonnée ; on l'applique également sur des moules en bronze, des médailles ou des basreliefs; on chauffe ensuite le to«t à iW, et le caoutchouc refroidi a pris exactement la forme des objets.
On confectionne avec le caoutchouc durci d'excellents et solides peignes, plus résistants (ïue ceux de corne, des régies très-peu dilatables, et presque tous les objets qu'on fait ordinairement en bois, buis, corne, etc. ; on peut d'ailleurs en colorer à volonté la pâte avant la volcani-^ation, par des poudres de zinc, de vert de chrome, de vermillon, de bleu d'outre-mer, etc.
L'industrie du caoutchouc emploie aujourd'hui près de 2 millions de kiiognammes de ce corps.
On récrase, on le lave, on l'agglomère, et l'on peut alors le découper en feuilles ou en
fils, Ifétirer en fiH en laones, le mouler, Tinterposer dans les tissus, qu'il rend impeirméa^ blés en les pénétrant de sa pâte ; ses dissolutions dans Tessence de térébentbine donnent des pâtes qui servent d'euduits^ de colle, de reliures. L'huile de colza, contenant un ou deux centièmes de caoutchouc, est.emplojfée pour graisser les parties frottantes de^ machines ; eniin, 2 de caoutchouc, 1 ou 2 de chftuxj, donnent un naatic plus ou. moins fenne, mais tm^ours souple, selon la quantité de chaux, qui sèche bien lorsqu'on y ajoute i de minium.
Les ballons épais en caoutchouc s'obtiennent &a. soudant les feuilles; les petits ballons à gaz hydrogène, qui servent de joujoux aux enfants, s'obtîennentégalementpar le soudage, .par contact et pression de minces feuillesqu'on volcani^e par immersion dans un mélange de sulfure de caî^bone et de chlorure de soufre.
La gutéa^percha^ suc végétal tiré de Vt'sonmdrO'^Ua, est composée de caoutchouc et d'une résine ; mais elle est plus résistante que le caoutchouc à ia température ordinaire. Elle reste ^uple par un froid de 10? ; se lamine, s'étire à 60^ Volcanisée par le soufre, elle durcit cons-dérablement, et reste dure comme du bois; elle est inaltérable par les agents chimiques^ alcalis, acides, eau salée, et aussi.peut-elle servir pour la télégraphie sous-marine, les tuy<a(ux de conduite, d'eftu, degae,, le moulage; elle condiuit.aus^'i très-bien le son et isole le fluide électrique, ce que ne fait pas lecaoutchooc.
Vùis, — Le vin est, comme on le sait, le produit liquide de la fermentation du lus dé raisin ; le raisin contient en effet des matières fermentescibles, du sucre, de l'albumine, du tannin, de la pectine, du tartrate de potasse, des matières grasses, qui favorisent cette fermenation.
Les meilleurs produits sont ceux qui sont soumis à Taction du soleil et d'une température de 15 à 19° en moyenne. La nature du terrain n'a pas moins d'influence sur la qualité et le bouquet des vins ; c'est en partie à cette circonstance qu'il faut attribuer les différences qui existent entre nos vins français: les vins de Champagne viennent sur un sol très-calcaire ; ceux de Bourgogne, sur un mélange d'argile et de chaux ; les vins de Médoc et de Grave croissent sur des sables gras argileux; l'Ermitage provient d'un sol granitique. Mais souvent des sols identiques donnent des produits tout différents, car il faut un concours de plusieurs circonstances, température, sol, etc., qui ne se rencontre pas toujours.
Les engrais eux-mêmes ont de l'influence sur les crus ; trop énergiques, ils nuisent h la qualité en augmentant la quantité des produits; les boues des villes, les excréments non désinfectés, nuisent à l'arôme; aussi préfère-t-on les engrais formés de noir animal, rognures de cornes, chiffons de laine, marc de raisin, etc.
On foule d'abord les raisins sous les pieds, pour que l'air agisse sur le sucre du raisin ; c'est encore, paraltril, le meilleur procédé; on
a renoncé aussi à séparer les grains des rafles ou grappes, ce qui rendait les vins filants.
On encuve ensuite le raisin foulé et on l'abandonne à lui-même pour qu'il fermente à plus 15<> ; de la température augmente souvent considérablement et arrive jusqu'à 30° dans la cuve ; il se dégage de l'acide carbonique, et les matières solides mon ent à la surface et forment une sorte de chafeau solide. On laisse cette fermentation durer de 4 à 8 jours, et quelquefois un mois, un mois et demi, selon les pays. On brasse et on foule le mélange pour dissoudre 'e chapeau, et quand, par suite, la fermentation diminue, on décuve, c'est-à-dire qu'on soutire le vin qui est alors placé dans des fûts ou tonneaux incomplètement remplis, et où la fermentation continue, encore. On pressure les résidus des cuves, et l'on réunit le liquide ainsi obtenu au vin des tonneaux.
Dans ces opérations, ce qui se produit, c'est une transformation du sucre du raisin en eau-de-vie ou alcool, et une combinaison de cet alcool avec les huiles essentielles du vin ; l'alcool n'est pas simplement mêlé au vin, mais plus ou moins combiné daus la vinification.
On colle ensuite les vins, c'est-à-dire qu'à l'aide de blanc d'œuf, de sang, de gélatine^ on entraîne le tannin et les matières albuminoïdes qui feraient de nouveau fermenter le vin, en un mot tout ce qui peut le troubler.
Ces matières forment des composés insolubles, qui se déposent et laissent le vin parfaitement limpide.
Vins blttmis. — Comme le principe colorant du vin est contenu dans la pellicule du raisin, et qu'il ne se dissout que dans l'alcool, lorsqu'on veut obtenir des vins non colorés on fait précéder la fermentation par le pressurage, de manière que les pellicules restent dans, le pressoir et que, par suite de l'ab-» sencê de matière colorante, la fermentation ne puisse se colorer.
V4n$ de Champagne mœnseux. — Ces vins sont préparés avec du raisin rouge, qu'on presse une première fois», ce qui donne le vin le plus blanc ; une seconde pression donne les vins rosés. Les masses en fermentation sont colIÀ^ jusqu'à trois fois ; on introduit ensuite ce vin épuré avec 4 p. 100 de sucre candi dans des boutt?illes fermées de bouchons maintenus avec des fils de fer. Le sucre fermente par l'action des matières albu* mineuses, l'acide carbonique produit ne peut s'éohapperet est forcé de se dissoudre dans le vin qu'il rend mousseux et légèrement aigrelet ; cette saveur est détruite ou masquée par celle du sucre contenu en excès* 11 faut maintenir les bouteii les bien horizontales, et en faire écouler, au bout de six mois, les dépôts que la fermentation troublée a produits.
Altération rfev vins. — • Le vin tourne lorsque son sucre se change en acide lactique et on acide acétique; il jaunit, se trouble, de« vient amer et sans parfum. On doit prévenir cet inconvénient en multipliant les collages et en tenant les tonneaux très-propres.
Les vins acides se forment soit par le 'contact de Tnir dans les tonneaux et les bou-
teilles, soit par la chaleur ; on y remédie en ajôtttaintà ces vins du tartrate neutre de polASBe, qui détruit l'acldl té.
H <8atft avoir soin ég lïement de renffertner le rin danfô des tonneaux soufrés, afin d'éviter la savetir amère qui se développe dans l^s dtitrfes fûts où rota n'a pas eu le soîn de faire bi*ûler du «oufre, dont l'acide sulfureux empôciie la fermentation. Le goût de fût e^t du feste dîlfficile à en'ever, même en agitant '4 litre d'huile d'olive avt?c 235 litres de via, buile qui doit dissoudre les moisissures odorantes du tonneau.
Les vins blancs, qtii coiitiennent pen de Ijannin parce qu'ils n'en ont pu emprunter laufx rafles avec lesquelles ils n'ont pas ferïnewté, deviennent quelquefois filants et visqueux ; pour remédier à ce défaut, il suffit ta- ajouter par pièce de 235 litres, 15 gr. de tannin ou de la noix de galle (40 gr.), ou le double de pépins de raisin pîlês. On les colle avec de la colle de poisson.
Les vins bleus sont le résultat du changement du tartrâte de potasse en carbonate de potasse, lequel, comme tous les alcalis, change la nature de la matière colorante du vin et le bleuît. Dans ce cas, on doit ajouter de l'acide tartrique qui rend de nouveau la liqueur acide.
Sophistications, falsifications, — Bien que les progrès de la chimie les aient rendues moins nombreuses et moins hardies, et q\i\>n ne fasse plus guère de vin sans raisin, trèssouvent encoreon ajoute au vin du plomb ou de l'alun pour rendre sa saveur âpre plus aarréa-
ble. Le plus souvent on ' l'additionne d'eaude-vie ou d'alcool, ce qu'on reconnaît facilement à l'odeur qui se dégage en chauffant le tout à 60®. L'addition d'eau se manifeste lorsqu'on le faisant bouillir, il se dégage beaucoup de bulles d'air. Quand le vin contient de l'alun, il dépose, lors de l'ébuliition, ' un dépôt rose qui, calciné, donne de l'alumine.
Enfin, on découvre facilement si le vin a été coloré au moyen de fleurs, de bois, de baies, etc., en l'agitant avec une dissolution de potasse ; s'il est naturel, il se colore en vert olive, sinon il ne se colore pas. La gélatine dissoute décolore le vin naturel presque complètement, et ne décolore pas le vin coloré artificiellement. On s'en sert donc aussi comme moyen de rectification.
Amélioration des vins, — Le repos clarifie souvent les vins et les améliore lorsque leur sucre de glucose continue à fermenter. Le froid soit naturel à — 9° ou — 15®, soit au moyen de mélanges réfrigérants, améliore également les vins en les appauvrissant d'eau et de matières azotées, qui ne peuvent plus aiors fermenter, ni former de dépôt.
Cidre. — Le cidre est produit par la fermentation du jus des pommes douces, acides ou âpres, dont on extrait le sucre en écrasant les fruits^ soit sous des meules, soit entre des cylindres, soit à bras, soit par des râpes. On a soin que les fruits ne soient pas trop mûrs; on laisse macérer à l'air la pulpe obtenue par la pression, afin qu'elle se colore en brun, ce qu'on estime beaucoup ;
puis, on abandonne le jus qui s*écoule, à deux fermentations, d'abord dans des vases cylindriques ouverts, où ii se clarifie spontané- "ment, puis dans des tonneaux fermés à Tair^ où la fermentation est beaucoup plus lente.
Pour que le cidre garde une saveur sucrée, il ne faut pas qu'il fermente complètement, afin que tout son sucre ne soit pas changé en alcool. Le cidre paré a précisément subi toutes les fermentations ; aussi est-il amer et acide. Il noircit et aigrit lorsqu'on le tire de la pièce et au fur et à mesure des besoins, parce qu'alors le contact de Tair l'altère. On corrige ce défaut par une addition de gomme ou de cassonade, ou en forçant Tair qui y pénètre à traverser d'abord une couche d'eau.
Quelquefois le cidre devient filant lorsque la fermentation visqueuse commence; on paralyse l'action du fei ment dans ce cas, par l'addition d'alcool, de cachou, de sucre^ etc.
AkooL — L'alcool riont nous avons déjà parlé (composé de 4 C, 6 H, 2 0), contient presque toujours de l'eau, sauf j'alcool absolu, les eaux-de-vie en renferment de 50 à 55 p.
100. Pour reconnaître ces quantités d'eau, qui augmentent la densité des alcools, on compare le poids du méiiinge au poids ordinaire de l'alcool, à l'aide du pèse-esprit ou aéromètre gradué qu'on introduit dans le liquide.
On peut encore faire t^ouillir l'alcool, et si on connaît les températures où les divers mélanges d'alcool et d'eau entrent en ébulUtion, il suffit d'y plonger un thermomètre et de noter le point d'ébullition du liquide pour connaître la proportion d'eau contenue.
L!alcool est un poison vidienii; il cause U ixkort lorsqu'il est introduit en grande quau^ tîté dans restomac. Etendu d'eau, Ji pmiduit rivresse et les congestions, en arrêtant k circulation et en coagulant Faltanine du sang*
Falsification de ValcooL. — L'ai^MDel le ^us ei>ncentré renferme toujours \% à IS centièmes d'eau.
Mais des matières moins innocentes que l'eau altèrent parfois les alcools. Leur séjour dans des vases de métal développe un goût acide, un acide azotique ; lorsqu'ilg ont été fsàafiés dans des tonneaux à vins rouges, ils ont un goût de fût et une couleur rouge. On mconnaît ces altérations, car alors les alcools verdissent et bleuissent par Tacétale de plomb (vinaigre et plomb) et les- alcalis-; on liesi décolore avec du noir animal.
On cherche souvent, dans le commerce;, à leur dcmner en fraude un bouquet^ une saveur Kecherchée, en y introduisait du poiv\re, du gingembre, de Tivraie, du lauriercerise^ du pyrèthre, du stramoine, qu'on découvre en agitant ces alcools avec de Facîde sulfai^îue; plus la teinte prise par Teau-dovie est foncée^ plus elle contient de matières étrangères*
Une autre fraude consiste à ajouter i/ 400 d'acide sulfurique pour comnraniquer à Teaude^vie jeune le bouquet de» vieilles'; m plongeant du papier de tournesol dans^ la liqueur, celui-ci rougit, par suite de la pré^ sence de l'acide et découvre la fraudei Souvent encore on mêle l'alcool provenu
de ia distillation du vin avec des alcools ou des esprits de grains, de marc, de betteraves, de pommes de terre. Pour reconnaître ces altérations, on verse une goutte d'azotate d'argent dans la liqueur, et si à la lumière solaires il se forme un dépôt noir, c'est ((|u'il y a un mélange semblable.
Tabac; nicoline, — Le tabac doit ses propriétés à un alcali naturel, la nicotine, qui entre pour environ 6 pour 100' en moyenne dans la composition des tabacs.
La nicotine est un poison violent, et lorsqu'on fait abus du tabac, les effets d'un empoisonnement très-caractéri>é se font sentir. 11 paraît même prouvé que Tusage continuel du tabac produit un empoisonnement lesit, qui -altère presque touyours les fonctions. vitales. On peut du reste rendre innoSènsif le tabac en interposant, sur le passage de la fumée des cigares et des pipes, du cotCMi imbibé de tannin, puis desséché, qui arrête la nicotine, et. par suite ses eôets toxiques.
On reconnaît facilement la présence de la nicotjne dans les em poi son nememts en versant de l'eau iodée dans les tissus, organes ou déjections des personnes empoisomnées; il se forme un précipité jaune qui caractérise nett^nent sa présence.
Eéher; chloroforme; ééhérisation, — L'éther est un liquide très-mobile et très-fluide, composé de 4 C, 5 H, 1 0, et qui provîe(nt de l'alcool traité par l'aeide sulfurique. Ge liquide incolore, d'uneodeur vîveet agréaâ[>)e, et d^une saveur acre et ibrâlante, produit l'ivresse lorsifu'il ' ^ aèsoi^iè» ou «senieiDcnt
lorsqu'on respire sa vapeur. Cette ivresse est bientôt accompagnée d'insensibilité, et Ton peut alors pincer, couper, tailler les chairs, scier les os, désarticuler les membres sans que lés malades aient le sentiment des opérations qu'on leur fiiit s^ubir. C'est là, on le voit, une découverte bien précieuse pour la chirurgie. On substitue, toutefois, généralement aujourd'hui à Téther, le chloroforme, qui est un éther contenant du chlore, mais dont Faction est beaucoup plus prompte.
Cependant l'usage de ce dernier corps est plus dangereux que celui de l'éther.
L'éther est très-volatil, très-inflammable et doit être conservé dans des flacons bien bouchés et remplis entièrement, sinon il s'évapore peu à peu, laisse les flacons vides et, en se mêlant à l'air, produit des mélanges détonants qui produisent de graves accidents si on en approche une bougie allumée.
Matières grasses; stéarine; bougies — Les graisses ou corps gras se rencontrent dans les végétaux, dans les plantes, comme chez les animaux, et les principes qu'elles contiennent sont la stéarine er la margarine que l'on rencontre dans les graisses de mouton et de bœuf qu'elles rendent assez solides, puis l'oléine qui donne un caractère huileux à toutes les graisses. Ces substances sont considérées comme les résultats de la combinaison d'une même substance grasse appelée glycérine, avec trois acides gras différents, l'acide stéarique, margarique et oléique.
L'acide stéarique sert aujourd'hui à fabriquer économiquement es bougies stéariques