V. ADRIEN DELAHAYE et Cie, LIBRAIRES-ÉDITEURS
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INTRODUCTION
La médecine entre de plus en plus dans la voie féconde des déterminations exactes, voie qui seule peut étendre sa ligne d’horizon et qui constitue l’unique méthode scientifique.
Les sciences physico-chimiques doivent à la balance, aux instruments et aux moyens de mesure leurs plus précieuses conquêtes ainsi que leurs bases les plus solides. Il en sera de même des sciences médicales. Pour atteindre le but, elles réclament un outillage spécial et varié, déjà très riche; augmenter cette collection, c’est donner aux médecins une arme nouvelle et par conséquent rendre service à ceux qui veulent aller en avant.
J’ai cherché à appliquer au dosage de l’oxygène du sang les procédés d’analyse par liqueurs titrées qui m’avaient fourni de bons résultats pour l’oxygène dissous dans l’eau. La principale difficulté résidait dans la teinte propre au sang, qui altère la sensibilité du point d’arrêt. Mais d’une part, la proportion relativement forte de l’oxygène contenu
INTRODUCTION
dans le sang permet d’opérer sur un volume assez faible, deux à cinq centimètres cubes au plus, délayés dans un d%'mi-litre d’eau, ce qui atténue la teinte. D’une autre part, grâce à un tour de main, consistant à ajouter du kaolin au liquide, on peut mieux saisir le moment où la réaction est complète. J’ai donc pu, avec le concours de M. Risler, présenter, il y a quelques années, au public médical une méthode rapide et suffisamment exacte pour le dosage de l’oxygène dans le sang.
Dès le début, j’ai été très heureux de rencontrer un jeune savant, M. Quinquaud, préparé à appliquer le procédé de dosage à la solution de diverses questions physiologiques et pathologiques. M. le Dr Quinquaud s’est tout d’abord servi de la mesure de l’oxygène absorbable par l’unité de volume de sang comme d’un moyen très commode pour doser indirectement Y hémoglobine ou matière colorante de ce liquide. Appuyé sur ces premières données, il s’est appliqué, par des expériences nombreuses et variées, à déterminer les altérations de l’hémoglobine dans les divers états pathologiques.
Ses études montrent que les altérations de l’hémoglobine sont d’une grande importance en pathologie, que certains problèmes de diagnostic difficiles, surtout lorsqu’il s’agit de lésions viscérales, peuvent être résolus par l’analyse chimique du sang. Le travail qu’il publie en ce moment est consciencieusement exécuté et offrira, sans aucun doute, un grand intérêt.
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C’est un premier pas qui conduira l’auteur à de nouvelles expériences encore plus étendues. Personnellement, je suis heureux de voir que je ne m’étais pas trompé et que le dosage de l’oxygène par l’hydrosulfite de soude est bien réellement de nature à rendre service aux médecins qui voudront se donner la peine de l’utiliser.
P. SCHUTZENBERGER, Professeur au Collège de France.