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RECHERCHES SUR LE SANG FŒTAL

d’une vitalité supérieure chez lequel les fonctions se multipliaient en raison du développement de son produit. Le fœtus vivant dans son sein d’une vie propre exigeait double apport, double profit. Cette duplicité physiologique de la femme en état de gestation devait entraîner un accroissement proportionnel des deux organismes maternel et fœtal auquel concourait la respiration, la circulation, les sécrétions, l’innervation, etc., chacune pour sa part.

Cette vue plus philosophique que scientifique, toute d’induction d’ailleurs, disparaît devant la réalité des faits rigoureusement observés.

Une partie de cette proposition est seule acceptable. Lanière fabrique pour deux, il est vrai, des éléments de nutrition, mais un seul en profite. Tandis que le fœtus s’accroît aux dépens de l’ organisme maternel, celui-ci subit une dénutrition proportionnelle, et nous nous trouvons en présence de ce double phénomène dont le contraste est singulièrement significatif : nutrition pour le produit, dénutrition pour la mère.

Il ne devait donc rien rester de ces vieilles idées, aujourd’hui que le fait de l 'anémie gravidique a remplacé l’idée de pléthore, et pour toutes les femmes la grossesse est une occasion de déchéance organique dont la composition du sang nous donne l’indice ; pour beaucoup d’entre elles elle est la cause d’un dépérissement profond qui s’accentue à chaque gestation nouvelle et qui, pour quelques-unes, dégénère en une cachexie véritable dont le dénouement n’attend même pas le terme de l’accouchement.

Il est vrai, par contre, que certaines mères se trouvent à merveille d’une grossesse et qu’elles paraissent bénéficier de leur état en santé, en force, en embonpoint. Ce développement quelquefois excessif offre un contraste curieux avec les résultats

inverses que nous faisions ressortir tout à l’heure; mais outre qu’il est plutôt un phénomène consécutif que contemporain de la gestation, il relève fort probablement de conditions particulières que l’étude physiologique complète de la femme enceinte peut seule élucider.

Nous sommes loin de posséder l’ensemble des formules scientifiques capables de mettre à jour l’état, la définition réelle, la biologie, en un mot, de la femme pendant la grossesse. Toutes les fonctions sont modifiées, personne ne l’ignore; les phénomènes cliniques nous l’apprennent à tout instant, et parfois un accident pathologique éclate brusquement, qui nousfait voir que la perturbation de tel ou tel système est allée au delà de ce que nous sommes convenus d’appeler la mesurepliysiologique. Il est des auteurs qui, par exemple, n’ont pas hésité à considérer comme un phénomène naturel, presque fatal, l’albuminurie chez les femmes grosses. Or, de l’albuminurie à l'urémie éclamptique il n’y a qu’une brève et souvent rapide succession de faits ; est-ce donc à dire que l’éclampsie soit une conséquence nécessaire de la grossesse?

11 en est de même si l’on envisage le système circulatoire, le cœur en particulier; de même pour le foie, pour le cerveau et les nerfs. De l’état prétendu physiologique de la mère à l’état pathologique il n’y a qu’un pas, ou plutôt, disons-le, il n’y a chez elle que des degrés dans un état toujours pathologique. Au milieu de ces inconnues, un élément, le plus important de tous il est vrai, puisqu’il assure ou détruit l’intégrité des organes et des tissus suivant sa composition, le sang a été plus particulièrement étudié. Dans sa constitution nous trouvons le principe et la résultante de la vie organique. Nous sommes donc fondés à établir un certain nombre de conclusions d’après la seule analyse chimique du sang, en attendant que la lumière

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