‹ Chimie pathologiqueChapitre 129 sur 166 · SANG DE LA MÈRE · texte numérisé non relu

SANG DE LA MÈRE

est constante aussi bien dans la première moitié de la grossesse que dans la deuxième.

11 faut renoncer, dès lors, à considérer cette deuxième période de la grossesse comme une période d’accroissement et de bénéfice pour la mère, qui, à ce qu’il semblerait, se soustrait peu à peu aux exigences du fœtus : quel que soit le témoignage des apparences extérieures, le sang s’appauvrit de jour en jour et la nutrition se ralentit dans l’organisme de la femme enceinte.

Chez celle-ci, le chiffre de l’hémoglobine sera descendu, au moment de l’accouchement, du chiffre normal, qui est 110 grammes pour 1000 grammes de sang, à 60, à 65 gr. pour 1000 gr.; chez celle-là il ne sera arrivé qu’à 103 gr. pour 1000; chez d’autres nous rencontrerons tous les intermédiaires : 79 gr., 83 gr., 54 gr., etc., etc. C’est dire qu’il y a des anémies gravidiques très variables au point de vue de la destruction de l’hémoglobine; et telle est d’ailleurs la raison qui nous a détourné de l’idée d’établir des moyennes.

On peut néanmoins formuler la loi suivante : II existe toujours une destruction , tantôt forte, tantôt faible, de la substance oxygénifère du sang pendant la grossesse.

On s’explique dès lors la production possible d’anémies réellement graves, dites à bon droit anémies pernicieuses, si l’on considère qu’elles ne sont que l’exagération d’un phénomène physiologique constant : l’anémie gravidique. La lésion hématique venant à dépasser certaines limites encore compatibles avec l’intégrité de la régénération organique, il en résulte une altération profonde du milieu intérieur qui compromet désormais la vie des organes et des tissus; la dénutrition commence.

De là des plasmopathies qui contribuent pour leur part à l’adultération du sang, et la malade entre alors dans un cercle vicieux dont la cessation de la vie est trop souvent le résultat.

Les circonstances dans lesquelles l’anémie prend ces proportions redoutables qui la font appeler pernicieuse, sont heureusement rares; mais ce qui est moins rare, c’est de voir une bonne proportion d’anémies graves et fort longues, dont l’origine se retrouve dans une ou plusieurs grossesses malheureuses dont les malades n’ont jamais pu se relever complètement.

Citons maintenant, entre autres, deux résultats complets d’analyse qui nous paraissent réaliser deux exemples types d’anémie gravidique minimum et maximum.

A. Le chiffre de l’hémoglobine était descendu à 65 gr. pour 1000 au moment du terme. Voici la série d’observations obtenues dans deux cas, la constitution du sang étant normale au début de la grossesse. Nous déduisons, bien entendu, le chiffre de l’hémoglobine du chiffre qui représente le pouvoir respiratoire d u sang.

Hémoglobine.

Pouvoir respiratoire.

Fin

du 1« mois..

180 ce. p. 1000.

2® mois..

3e mois..

4e mois. .

.5® mois..

6® mois..

7® mois..

8e mois. .

9® mois..

B. Voici maintenant les variations qu’a subies l’hémoglobine lorsque son chiffre, au moment du terme, est resté à 103 gr. pour 1000.

Hémoglobine. Pouvoir respiratoire.

Fin du 1er

mois

. 108ür,0

207 cc. p.

mois., . .

mois

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