SANG DU PLACENTA
Nous avons, pour être complet, analysé le sang- contenu dans les cotylédons. Nous l’avons extrait du placenta par des incisions multiples pratiquées sur le délivre aussitôt après son expulsion. Les résultats de cette étude restent fatalement vagues, puisque nous ne pouvions obtenir par notre procédé qu'un sang mixte appartenant aussi bien à la mère qu’au fœtus. Aussi n’y attachons-nous qu’une importance secondaire.
Cependant il n’est pas sans intérêt de faire connaître les chiffres qui représentent la composition du sang placentaire. Aussi, ces chiffres, constituant une proportion intermédiaire entre ceux qui appartiennent au sang de la mère et ceux qui se rapportent au sang fœtal, nous fournissent-ils une sorte de preuve, un corollaire de nos premières expériences, puisque le sang du placenta n’est qu’un mélange de ces deux sangs.
Dans une observation déjà citée nous trouvons pour l’hémoglobine :
98,Jr,95 pour le sang de la veine,
112 pour le sang des artères,
91 pour le sang de la mère,
Tandis que le chiffre 93er,70 se rapporte au sang du placenta.
Pour le pouvoir oxydant, même résultat :
Pour le s'ang de la veine 190 cc.
Pour le sang des artères 220
Pour le sang de la mère 175
Et pour le sang du placenta 180
Cet exemple suffit. Nous n’insisterons pas, d’autant plus qu’au point de vue du but que nous nous sommes proposé nous n’aurions à en déduire aucune conclusion nouvelle digne d’intérêt.
LES AFFECTIONS ZYMIQUES PUERPÉRALES.
Nature des accidents. — L’infection puerpérale vraie est un état morbide zymique; on trouve l’agent infectieux sous deux formes, dans l’une, ce sont des granulations brillantes, plus volumineuses que les granules protéiques vulgaires; on les rencontre dans le liquide utérin, dans les vaisseaux, surtout dans les capillaires des organes; dans la seconde, qui se voit bien dans le sang des femmes qui succombent vers le '10e ou 14e jour des accidents infectieux graves (car il s’en faut qu’on les rencontre dans tous les accidents puerpéraux, et on doit les chercher chez les femmes qui ont présenté des symptômes graves et aigus que nous avons signalés au début de notre travail). Ce sont des filaments assez longs, qui ont une grande tendance à se fragmenter; par places on les voit courts et moniliformes ; c’est une variété de bactéries qui se trouve dans les vaisseaux des capillaires : tout cela disparaît avec rapidité. C’est surtout dans les lymphatiques splanchniques que le plus grand nombre existe.
L’infection est caractérisée anatomiquement par la diffluence et la congestion de la rate, par des lésions diverses sur lesquelles j’ai insisté ailleurs, et surtout par l’altération du sang ; l’agent zymique a pour propriété d’altérer une partie seulement de l’hémoglobine qui devient inapte à absorber l’oxygène nécessaire à l’hématose, de telle sorte que le dosage se complique singulièrement; j’ai été obligé, pour avoir des résultats exacts, de doser directement l’hémoglobine, puis de comparer avec le dosage par l’hydrosulfite. En opérant ainsi, on arrive à ce résultat que dans le globule sanguin d’une emme atteinte d’accidents infectieux, il y en a une partie qui
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absorbe l’oxygène, tandis qne l’autre est inerte, de là l’explication de la dyspnée précoce sans lésion apparente.
Un 2e fait, — c’est la diminution en masse de tous les gaz du sang.
3e fait. — Accumulation des matières extractives dans le plasma sanguin et dans divers organes, spécialement dans le foie, de là des irritations et des fausses pblegmasies dans divers organes, muscles, cœur, poumons, lymphatiques.
4e fait. — Il s’agit non pas d’une altération graisseuse, mais d’une lésion du protoplasma cellulaire qui se divise en dérivés de l’amide albuminoïde. Toutes ces lésions de nutrition se portent dans chaque organe, aussi bien dans le tissu nerveux qu’ailleurs, de là ces troubles intellectuels si précoces dans le cas d’infection particulière suraiguë; de là aussi cette lésion de fonction du foie qui rend compte de la diminution d’urée, alors même que la fièvre est à son maximum.
5 ^ fait. — La composition chimique duglobuletendàse mettre à l’unisson avec celle du plasma pour la nature des sels.
Nous reprendrons tous ces faits avec des chiffres dans un autre travail.
La bactérie puerpérale est remarquable dans les capillaires sanguins; elle est formée de cours filaments; à part l’amylobactère, je ne connais pas d’espèces de bactéries aussi développées.
Il est une précaution indispensable quand on veut reconnaître ces bactéries après la mort : c’est de les étudier loin du foyer utérin, car dans la sphère vasculaire de cette région et dans le péritoine on trouve une multitude de vibrions qu’il ne faut pas confondre avec les bactéries.
Après 24 heures, qui est le terme où l’on fait ordinairement les autopsies, la recherche des bactéries est d’une grande diffi-
culté. Pour les constater sur le vivant, il faut examiner le sang
à une période avancée de l’infection puerpérale.
Mais il est plus facile de les rencontrer dans le liquide de l’oedème des petites lèvres du col utérin, quand cet œdème existe.
SÉNILITÉ
A l’état physiologique l’hémoglobine n’est plus que de 78 à 75 grammes, même un peu au-dessous, à partir de 80 ans; tandis que de 70 à 80 ans, la matière oxydable est de 80 à 85 grammes. Chez certains emphysémateux avec cyanose, les vaisseaux sont gorgés de sang, il n’est pas rare dans ces conditions de trouver l’hémoglobine à 103 gr. et même à 98gr,85 tandis que le pouvoir respiratoire est à 200 ou à 190 cent, cubes.
Le pouvoir respiratoire est de 150 à 144- cent, cubes au-dessus de 80 ans, tandis qu’il est de 154 à 163 cent, cubes de 70 à 80 ans.
Les matériaux solides, les albuminoïdes essentiels à la nutrition sont également diminués; ils ne sont plus que de 75gr,30 ou de 77gr,70 après 80 ans; tandis qu’avant cette époque ils sont détruits, [mais dans de moins grandes proportions; on trouve encore 81er, 80 à 71 ans, même 84 grammes à 79 ans.
SÉNILITÉ
La nommée G..., âgée de 82 ans, est entrée le 8 juin 1879 à la salle Sainte-Geneviève, n° 41.
Tl y a 9 ans qu’elle est à Ivry; auparavant elle faisait des journées chez les jardiniers. Depuis quelques temps déjà, elle ne pouvait plus marcher ni travailler. Jamais elle n’a fait de grandes maladies; elle a toujours eu assez bon appétit. Elle est venue 3 fois à l’infirmerie,
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toujours pour la grande fatigue qu’elle éprouvait, quoiqu’elle n’allât pas de sa salle au réfectoire.
Elle répond bien aux questions et ne déraisonne pas; se plaint seulement d’une faiblesse générale. Elle reste couchée toute la journée.
Les orages, dit-elle, l’ont toujours rendue très malade ; les variations de température qui régnent depuis un mois seraient, suivant elle, la cause du malaise qu’elle éprouve.
Gomme physionomie générale, elle présente tous les attributs de la cachexie sénile de Gendrin à un degré très modéré.
Pas d’albumine dans les urines.
Analyse chimique du sang
Hémoglobine
Pouvoir oxydant
Matériaux solides
La nomméeG..., âgéede 95 ans, est entrée à la salle Sainte-Geneviève, n° 45.
J 5 juillet. — Oppression depuis quelques jours. — Léger bruit de souffle au tcr temps et à la base. — Pas d’œdème des membres inférieurs. — Elle prend une petite quantité d’aliment.
Râles sonores ; râles sous-crépitants aux bases ; la respiration s’entend partout. Pas de lésions, si ce n’est de l’athérome.
L’aspect général de la malade est celui de la cachexie sénile bien développée avec maigreur, sécheresse, atrophie généralisée, peau mince, et émaciation diffuse.
Dosage du liquide sanguin.
Hémoglobine 75ar,50
Pouvoir oxydant 145 cent, cubes.
Matériaux solides 76gr,5