P. =112. TR
Deux jours après son entrée, le genou droit se tuméfie, devient douloureux et offre un légerépanchement quine tarde pas à se résorber ; puis c’est au tour de l’articulation tibio-tarsienue droite qui devient chaude et douloureuse ainsi que les gaines des extenseurs des doigts
de pied, surtout du gros orteil dont les articulations métatarso-phalangienne et phalango-phalangienne se tuméfient à leur tour; le périoste tibial est également douloureux. L’articulation du genou redevient tuméfiée.
Dosage des principes du liquide sanguin :
Hémoglobine 70 grammes.
Pourvoir oxydant 136 centimètres cubes.
Matériaux solides 60s1', 3.
Enfin l’articulation scapulo-humérale seule reste le siège d’une phlegmasie tenace, puis peu à peu l’œdème du bras diminue, les phénomènes de tuméfaction, et la douleur cessent, les mouvements commencent à réapparaître, seul celui d’élévation ne se fait pas. Il y a une parésie du deltoïde pour laquelle on l’électrise. Au bout de peu de jours il se produit une amélioration très nette, les mouvements deviennent de plus en plus faciles.
B. — PSEUDO-LYMPHANGITE OU ERYTHEME ŒDÉMATEUX RHUMATISMAL
Il s’agit de l’apparition chez les rhumatisants d’un érythème diffus, mobile, qui se produit sur toute la surface cutanée, de préférence aux membres, sans thrombose, sans phlébite, alternant ou non avec des manifestations de rhumatisme ; tantôt précédant les arthropalhies, tantôt se produisant après elles, 2, 3, 5, 10 ans après la première attaque de rhumatisme articulaire ou autre. C’est un érythème diffus à la manière d’un érysipèle, mais avec développement œdémateux considérable; les lymphatiques sont altérés, les ganglions un peu tuméfiés, mais il y existe une grande mobilité des troubles locaux, et l’on constate une lésion hématique spéciale, analogue à celle qui appartient au rhumatisme.
Il ne s’agit pas de roséole rhumatismale, le gonflement œdémateux serait moins intense.
PSEUDO-LYMPHANGITE.
Dans ces circonstances l’hémoglobine est détruite et passe dans les urines, on la voit descendre à 73gr,91, et même audessous; le pouvoir oxydant arrive à 142 cent, cubes, les matières solides atteignent le chiffre de 59 grammes. Parfois ces chiffres peuvent même varier un peu suivant l’intensité des accidents, et présenter des minima plus faibles.
Lorsque la fièvre cesse, la résolution s’opère, et alors très rapidement, dans l’espace de 10 cà 15 jours, on peut constater par une nouvelle analyse chimique quantitative que l’altération sanguine a diminué dans de grandes proportions: la matière oxygénifère s’élève à 78 sr, 12, le pouvoir oxydant à 150 cent, cubes, les matériaux solides s’élèvent à 06 grammes. Ces chiffres sont dépassés si l’amélioration continue, et dans l’espace d’un mois, parfois il faut 2 ou 3 mois, les chiffres physiologiques sont atteints.
En voici un exemple :
PSEUDO-LYMPHANGITE OU ÉRYTHÈME ŒDÉMATEUX RHUMATISMAL
Bl... Eugène, 34 ans, peintre en bâtiments, est entré à l’Hôtel- Dieu le 7 avril, n° 21, salle St-Louis.
8 avril. — Malade depuis 11 jours.
Constitution arthritique; tendance légère à l’obésité.
Fièvre typhoïde, à 10 ans, qui l’a tenu deux mois au lit; — s’enrhumait en hiver. Son père est mort poitrinaire.
Sujet à des céphalalgies frontales violentes avec vomissements. Il y a 3 ans il a eu des douleurs dans les jointures qui étaient gonflées ; ce rhumatisme articulaire lui a fait garder le lit 5 semaines Pas de battements de cœur; — il n’a jamais eu de coliques de plomb: il était fort et robuste, sans essoufflement, avant celte maladie.
Depuis 8 jours il endurait le froid en travaillant plus qu’à l’ordinaire, surtout le 27 et le 28 mars. Le 29 il alla à son travail le matin, quoique très fatigué, et ressentant des douleurs dans la partie pos-
térieures des cuisses et des mollets et dans les jointures qui gonflèrent pour diminuer rapidement. Pas de mal de gorge, il se coucha avec un peu de fièvre, eut une légère épistaxis sans céphalalgie, le lendemain il vit la partie antérieure de ses deux cuisses couvertes de larges plaques rouges comme du sang, gonflées. — Courbature. La rougeur persista 3 jours.
Le malade se plaint en ce moment de douleurs existant dans le bras droit et l'avant-bras, dans l’avant-bras gauche et les deux mollets. Les coudes sont peu douloureux. Pas de céphalalgie. — Insomnie. — Langue laiteuse. — Piien au cœur. — T. = R. 39°, 4.
Traitement : Eau de Vichy, tisane de feuilles de frêne, sulfate de quinine 0er,20, laudanum et ouate.
9 avril. — Le matin 39°, 4, hier soir 39%6. — Insomnie sans céphalalgie.
1er dosage dos principes du sang :
Hémoglobine 73sr,91.
Pouvoir oxydant 142 centimètres cubes.
Matériaux solides 59 grammes.
10 avril. — Ce matin 38°, 9. — Hier soir 39°, 4.
11 avril. — Ce matin 39°, 8. — Hier soir 39°, 9.
12 avril. — On remarque sur la moitié inférieure et interne du bras droit, sur 0m,12 en longueur et 0ra,08 en largeur, une rougeur superficielle qui s’accompagne d’une adénite axillaire vers la tète de l’humérus. Cette rougeur s’accompagne d’un œdème douloureux. Le bras gauche est pris en totalité, sauf le tiers supérieur et le cinquième inférieur: là on remarque la même rougeur, même douleur, même œdème, même engorgement ganglionnaire.
Un semblable processus a eu lieu pour les membres inférieurs où il existe encore un peu d’œdème des cuisses.
La lésion cutanée a débuté par le genou et a gagné de proche en proche les cuisses. Les douleurs articulaires ont cessé complètement.
10 avril. — La rougeur abeaucoup diminué. — Les douleurs persistent, quoique moins vives.
17 avril. — Diarrhée intense depuis 6 jours. Œdème des cuisses encore très manifeste. Murmure continu très net dans les vaisseaux du cou. Prostration excessive. Encore un peu de rougeur, les dou-