PHTISIE AIGUË AVEC INFILTRATION CASÉEUSE
PHTISIE AIGUE AVEC INFILTRATION CASÉEUSE PLUS ANCIENNE ET FOIE GRAS TRÈS DÉVELOPPÉ
Femme Le***, Augustine, ménagère, âgée de 24 ans, est entrée à la salle Sainte-Marie, n° 1, en avril 1879.
Père et mère bien portants, ainsi qu’un frère et des sœurs. Pas d’antécédents de tuberculose dans la famille. — Courte d’haleine dans sa jeunesse, elle avait la poitrine volumineuse. Réglée à 14 ans et depuis lors régulièrement. Mariée à 16 ans, elle eut deux enfants bien portants. Il y a 2 ans, à la suite d’un refroidissement, elle eut une bronchite qui dura 15 jours. A partir de cette époque elle a toujours toussé l’hiver, n’a jamais eu d’hémoptysie, mais depuis un mois elle expectore des crachats muqueux et elle maigrit beaucoup depuis 3 semaines, époque à laquelle se développent de l’ictère et un œdème des malléoles, œdème qui remonte peu à peu jusqu’aux genoux.
En ce moment, pas de sueurs la nuit, crachats muco-purulents, jaune verdâtre, adhérents au vase avec une petite quantité de sérosité. En arrière, râles sonores sous-crépitants disséminés dans toute la poiitrine; entre les deux omoplates on entend une respiration soufflante; foyer de râles sous-crépitants à la base en arrière et à gauche; dans ce point et ailleurs absence de matité. En avant, râles sonores surtout avec prédominance aux sommets.
Jamais de battements de cœur; — pas de bruits de souffle ;— Affaiblissement des bruits du cœur. — Pouls petit, faible, irrégulier.
Digestions normales; — pas de vomissements ; — pas de diarrhée.
Aujourd’hui teinte subictériquepeu accentuée, mais assez nette aux conjonctives et sur le trajet des veines ranines. Cette couleur jaune de la peau a été beaucoup plus intense qu’elle n’est maintenant.
Dans le flanc droit, tumeur mate à la percussion, dans la région épigastrique jusqu’à la région de l’hypochondre gauche; elle présente ■j un rebord arrondi, persistant dans les mouvements d’inspiration. C’est le foie qui a augmenté de volume. — Urines hautes en couleur. — La malade prétend avoir eu des selles grisâtres.
1er dosage des principes du sang :
Hémoglobine . 1 06 gf, 1 6 .
Pouvoir oxydant 206 centimètres cuoe;
Matériaux solides 88 gr, 82.
Pris 5sr, 100 qui ont donné résidu sec 0gr,453.
15 ventouses sèches sur la poitrine. — Extrait de quinquina 2 gr. — Julep diacodé. — Régime lacté.
Aujourd’hui crachats mucoso-purulents adhérents au vase.
Le pouls est petit, faible, inégal. Crachats toujours semblables et abondants.
Râles muqueux et sibilants en arrière. — La sibilance prédomine en avant. — Urine 700 gr., troubles, très foncées avec dépôt d’urates. Traitement. — Vésicatoire volant camphré entre les deux épaules.
2e dosage des principes du liquide sanguin :
Hémoglobine 104?r, 16.
Pouvoir oxydant 200 centimètres cubes.
Matériaux solides 88 grammes.
20 avril. — Faiblesse notable, même état qu’hier.
21 avril. — Râles sonores surtout intenses aux bases. — Ipéca 1 B1',50, émétique 5 centig. — Urines 600 gr.
22 avril. — Matières fécales peu colorées. — Urines 1000 gr.
23 avril. — En avant, râles sonores avec quelques râles sous-crépilants et prédominance au sommet gauche. En arrière quelques râles sous-crépitants et râles sibilants.
Râles sous-crépitants surtout au sommet droit.
3° dosage des principes du sang :
Hémoglobine 103 grammes.
Matériaux solides 87gr,5.
A partir du 23 avril, cette femme, dont la dyspnée ne cède à aucune médication, s’affaiblit de plus en plus, elle est prise de subdelirium, divague fout en étant assise sur son lit, et succombe le 26 avril au soir, en délirant.
MÉNINGITE SUBAIGUË TUBERCULEUSE. 157
Nécropsie. — Les poumons sont congestionnés, présentent des granulations tuberculeuses aux sommets, surtout à droite; mais c’est à la base gauche que l’on rencontre de gros noyaux d’infiltration caséeuse.
Les reins sont congestionnés et parsemés de granulations tuberculeuses.
Le foie, volumineux, pèse 2 200 gr. ;il est jaunâtre, très graisseux, onctueux au toucher, un peu dur par places.
Pas de granulations, ni péritonéales, ni méningées.
F. MÉNINGITE SUBAIGUE TUBERCULEUSE
L’hémoglobine diminue, son chiffre varie suivant la période: au début, pendant les prodromes, on peut la voir descendre à 93 gr, 70; alors les malades commencent amaigrir et se plaignent de céphalalgie.
Dans la seconde période, marquée par la dépression du pouls et de la température, l’hémoglobine descend au chiffre de 88gr,54, 86 grammes et vers la fin de cette période à 78 sr, 12.
Enfin, dans la phase ascendante de la température, la destruction de l’hémoglobine réduit son chiffre à 72gr, 91 : en général, à ce moment, le malade succombe.
Le pouvoir absorbant oscille, dans la première période, entre 180 c.c. et 183 c.c. Dans la seconde période, entre 170 c. c. el 168 c. c. ; dans latroisième période, entre 150 c. c. et 148 c. c.
Le poids des matériaux solides du sérum n’a pas varié: il est resté à 90 grammes ou au-dessus. Ce fait est important, car dans la pneumonie à forme cérébrale, ces substances diminuent rapidement en 24 heures.
Dans la fièvre typhoïde ataxique, ces mêmes substances décroissent dans de moindres proportions.
Les matériaux solides diminuenttoujours dans le sérum sanguin. On trouve fréquemment les chiffres suivants:
74er, 3 pour 1000
84 sr, 9
Les chiffres de la lre colonne se rencontrent plus fréquemment que ceux de la seconde.
Si l’on compare ces altérations du sang à la lésion hématique de la chlorose, on voit que dans celle-ci la destruction de l’hémoglobine se réduit à plus de la moitié de son chiffre normal, et cela sans lésions des matériaux du sérum, dans le cas où elle est exempte de toute espèce de complications.
Au contraire dans la méningite subaiguë tuberculeuse, l’hémoglobine est moins détruite et ne descend guère audessous de 78 à 75 grammes à la période d’état de la maladie, tandis qu’au début la substance oxygénifère est à 9o gr. et vers la fin à 72 gr.