DE LA TROISIÈME ÉDITION
NousavoDS conservé, pour celte édition nouvelle, notre plan primitif; mais si le cadre est resté le même, nous avons augmenté le nombre des chapitres et fait de grandes modifications dans leur importance relative, afin de mettre ce livre au niveau des connaissances actuelles.
C'est ainsi que nous avons ramené le procédé sur plaque à un simple exposé, suffisant toutefois pour arriver à une bonne exécution, tandis que nous avons développé avec le plus grand soin les manipulations du collodion humide ou sec, le procédé Taupenot, les divers modes de tirage des épreuves positives, etc.; et que nous avons traité avec une attention particulière la question si importante du fixage et du virage; de plus nous avons consacré un chapitre nouveau a la théorie et aux causes d’altération des épreuves positives.
Nous devons à l’obligeance de M. Bertsch un article spécial sur la question des agrandissements et des épreuves microscopiques; nous avons emprunté aux Mémoires originaux les nouvelles méthodes proposées pour remplacer l’emploi des sels d’argent par d’autres agents photographiques dans le but d’obtenir des épreuves d’effets variés et présentant les plus grandes garanties d’inaltérabilité.
Des figures nouvelles et nombreuses ont été ajoutées, plusieurs ont été faites à la demande de nos lecteurs. Nous avons reçu, en effet, l’indication de certaines lacunes que nous avons comblées. Nous en remercions nos
YÜj PRÉFACE.
critiques, et nous espérons recevoir encore les observations de tous ceux qui s’intéressent à l’art de la photographie.
Pour cette édition comme pour les précédentes, nous avons obtenu le concours actif de plusieurs de nos collègues, à qui nous devons d’excellents matériaux; nous les prions de recevoir ici l’expression de notre reconnaissance.
Nous nous estimerons heureux si par ce livre spécial et par l’importance que nous avons donnée à cet art dans un recueil périodique (i), nous pouvons contribuer pour une petite part aux progrès incessants de la photographie.
(i) Répertoire de Chimie pure et appliquée. MM. Hachette et C'®, éditeurs.
TOTRODUCTION c
La brochure de Daguerre est le premier document publié sur la photographie. Elle est aussi l’un des plus précieux, parce qu’elle est un souvenir de trois hommes éminents dans les sciences et dans les arts, morts tous trois depuis la découverte du daguerréotype :
Gay-Lussac, Arago, Daguerre.
Le Rapport fait à la Chambre des Députés par l’illustre Arago a rappelé les noms de Charles, de Wedgwood et de Davy, dont les expériences ont précédé celles de Niepce et de Daguerre (2).
Les recherches photographiques de Niepce remontent a 1814. Il résulte des pièces recueillies dans l’ouvrage de . Daguerre, que Niepce a, le premier, obtenu une image durable; que, le premier, il a imaginé un fixatif; que, le premier, il a eniployé l’argent, et que, le premier entin, il a utilisé l’iode réduit en vapeur. Dans les images de Niepce, les blancs étaient produits par une légère
(i) L’inti'oduction de cette édition nouvelle a été mise à la suite de celles des éditions précédentes, elle leur fait suite et complète jusqu’à ce jour l’histoire de la photographie.
{'i) Wedgwood, manufacturier anglais, né en 1780, mort en 1795. — - Charles, physicien, né à Beaugency en 174B, mort en 18:23. — Niepce (Joseph-Nicéphore), né à Ghalons-sur-Saône , mort eni833.~ Davy, chimiste anglais, né à Penzance dans le Cornouailles en 1778, moi't en 1829. — Gay-Lussac, né en 1778, à Saint-Léonard ( Üaute-Vienne ) , mort à Paris en i83o. — Arago, né en 1786 à Estagel (Pyrénées-Orientales), mort à Paris en i853. — Daguerre, né à Cormeilles en 1787, mort en 1 85 1 .
INTRODUCTION
couche de bituiue de Judée ; les noirs, par le brillant de l’argent.
L’association de Niepce avec Daguerre date de 1829.
Déjà, depuis 1824» Daguerre faisait des expériences, mais il n’a pas été dit que ses essais eussent produit quelques résultats utiles avant 1829. Daguerre, imbu des idées neuves et hardies de Niepce, les développa, les modifia, et parvint, après un long travail, à les métamorphoser à un tel point, qu’en employant pour ainsi dire les mêmes réactifs, il arriva à un but complètement difr férent, et substitua, au procédé alors délicat et incertain de Niepce, un procédé facile et infaillible.
Niepce et Daguerre ont une même part de gloire et les mêmes titres à la reconnaissance publique; Niepce a inventé, Daguerre a réalisé.
Dans le procédé de Daguerre, l’iodure d’argent remplace le bitume, le mercure se substitue à l’iode et l’hyposulfite de soude à l’huile de lavande ; mais la marche de l’opération est la même : création de l’image par l’action de la lumière, développement de l’image par un réactif et fixage par un dissolvant approprié.
Ce rapprochement permet de penser que sans Niepce, Daguerre n’eût pas produit le daguerréotype, mais aussi que sans Daguerre la précieuse découverte de Niepce eût été stérile ; aussi les deux noms doivent-ils être étroitement unis comme les deux procédés.
La découverte si inattendue du daguerréotype, alors surtout qu’elle avait pour interprètes Gay-Lussac, Arago comme pairde France et député, Thénard (i), et MM. Dumas, Pelouze, Dabinet, etc, comme membres de l’Institut,
(i) Louis-Jacques TlicMUird , né le 4 '777 f Louptière (Aube),
niorl à Paris le y, i juin 1847.
INTHODUCTION. xj
devait éveiller rattention du muude entier et stimuler le zèle des savants. Il était donné à M. Fizeau, jeune et habile physicien, d’^ipporter au daguerréotype les perfectionnements les plus utiles.
Deux conditions manquaient au procédé de Daguerre. Le temps de pose était relativement trop long et les épreuves étaient trop fragiles. M. Fizeau fut assez heureux pour remédier a la fois à ces deux inconvénients graves. Il eut l’idée d’employer, comme adjuvant de l’iode, le brome qui communique à la plaque une sensibilité extrême, et il imagina, pour fixer ce dessin si fugitif, le moyen le plus hardi, le plus élégan-t et le plus savant au point de vue des données de la chimie. De ces découvertes de M. Fizeau date réellement l’essor du daguerréotype.
Des physiciens habiles, des praticiens expérimentés ont continué, complété le travail de M. Fizeau ; MM. Claudet, Gaudin (t ), etc., ont publié sur les méthodes d’accélération des Mémoires très-importants au double point de vue de la science et de la pratique. Grâce a leurs travaux, le daguerréotype est arrivé au plus haut point de perfection.
On se plaît à citei' les vues de MiM. le baron Gros, Thierry, etc.; les magnifiques portraits de MM. Claudet, Vaillat, Andrieux, Thomson, etc., et les épreuves instantanées de MM, Gaudin, Mackaire, etc.
(fest a IM. Talbot que la photographie doit ses premiers essais importants. Talbot a repris l’étude des sels d’argent, et, iippli(|uant l’idée de Niepcc et les travaux de
(0 Le ehloruie et le bromure d’iode ont été proj)Osés vers la mémo époijiio que beau bromée de M. Lizeau , le premier par M. Claudet , le seeoîKl [)ar M. Gaudin,
ilSTRODUGTIOIN.
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Daguerre, il est arrivé à faire paraître une image existante, quoique invisible (i). Les premières épreuves produites par ce procédé ont été présentées à l’Académie des Sciences par M. Biot, dont le nom se lie d’une manière intime aux progrès de la photographie, comme ceux de MM. Ghevreuî, Pouillet, Régnault et Séguier.
Les travaux de M. Blanquart-Evrard, ceux de M. Legray, de M. Bayard ont apporté à la photographie les améliorations les plus importantes. Les épreuves de M. Legray, de M. Lesecq et deM. Baldus ont prouvé ce qu’on peut obtenir avec le papier, sans autre intermédiaire, et ce n’était pas encore le dernier mot de la perfection. Le papier, à cause de sa texture, ne devait pas donner toute la finesse qu’on pouvait désirer ; M. Niepce de Saint-Victor, neveu de Nicéphore Niepce, a répondu à cette dernière objection en proposant l’emploi de la glace recouverte d’un vernis ou plutôt, pour ainsi dire, d’un papier sans épaisseur. L’albumine de Niepce et le collodion, qui rappelle les noms de MM. Legray, Archer et Bingham, ont produit, entre les mains de photographes exercés, des prodiges de pureté et de rapidité. Les épreuves de photographie micrographique, présentées par M. Glergetàla Société d’Encouragement, au nom de M. Bertsch, témoignent de la perfection à laquelle on peut arriver en ce genre sans faire oublier pourtant les ma-
(i) Nous lions faisons un devoir d’indiquer, aujourd’hui que nous les connaissons et pouvons les certifier, les titres deM. Bayard, l’un des [ihotograpbes les plus habiles et dont la trop grande modestie a laissé dans l’ombre des essais d’une grande importance. Déjà le i3 mai i83ç) M. Bayard présc niait a M. Biot des épreuves directes sur papier obtenues à la chambre noire; en juillet de la même année, il montrait dans une exposition puhficiue trente dessins obtenus par le même procédé.
{ l^ote de la tioisiènic édition.)
INTRODUCTION. XÜj
gnifiques épreuves de MM. Aguado, Delessert, Vigier, etc. En présence de ces admirables résultats de la photographie (daguerréotype, talhotype ou autres procédés ), il peut sembler téméraire d’attendre de nouveaux succès. Pourtant il y a encore tout un monde a découvrir. Depuis les ingénieuses recherches de M. Becquerel fils et l’application si heureuse qu’en a faite M. Niepce de Saint-Victor, on sait qu’il est possible d’obtenir, non-seulement le dessin, mais aussi les couleurs.
,^Si la photographie a fait de si grands, de si rapides progrès, le mérite en revient incontestablement aux photographes intelligents qui nous ont donné les procédés que nous allons développer; mais nous devons aussi accorder une part aux chimistes, aux opticiens habiles qui les ont aidés et leur ont aplani les difficultés matérielles.
A côté des noms de Vauqueiin, de Pelletier, de Gay- Lussac, de Courtois (i), deM. Balard, qui rappellent Thyposulfite de soude, les sels d’or, les cyanures, l’iode et le brome, nous sommes heureux de citer MM. Fordos et Gélis, a la fois chimistes et fabricants, qui ont expliqué et réalisé d’une manière si intelligente les bains à fixer de M. Fizeau, et nous pensons être justes en nommant entre autres, à la suite de Porta, qui nous a dotés de la chambre noire, et de Dollond (2), à qui l’on doit les premiers objectifs achromatiques: en Angleterre, M.Ross; en Allemagne, M. Yoigtlander; en France, MM. Lerebours et Secretan, Chevalier, Dnboscq, Jamin, Hermagis, qui
(1) Pelletier, né à Bayonne en 1761, mort en 1797. — Vauqueiin, né à Saint- André d’Hébertot (Calvados) en 1763, mort en 1829. — Courtois, né à Dijon en 1777, 'Tooï’I m i838.
(2) Porta , né à Naples en i54o, mort en i6i5. — Dollond, né à Londres en 1706, mort en 1761.
lINTHODUCTION.
ont rendu à la photograpliie des services réels, soit en interprétant les inventions si ingénieuses de MM. Wheatstone, Claudet, Ziégler, Martens, etc., soit en coordonnant, simplifiant et condensant le matériel photographique.
On s’étonne que des phénomènes si remarquables et qui ont autant préoccupé les savants n’aient pas encore reçu une explication complètement satisfaisante. M. Donné est le premier qui ait hasardé une théorie : MM. Choiselat, Ratel, en ont donné une autre pour le daguerréotyp|; mais ces essais de théorie si séduisants, qui admettent l’intervention du mercure, ont été fortement ébranlés par la découverte si intéressante de l’effet des verres continuateurs qui produisent une image sans mercure.
Si la théorie est encore ol3SCure, les moindres détails de la pratique ont été mis en lumière, et l’on peut dire qu’il n’est pas un art qui ait été aussi bien étudié que la photographie. Nous avons déjà cité la brochure de Daguerre; nous devons mentionner entre autres les Traités de MM. Lcgray, Lerebours et Secretan, de M. de Valicourt, de M. Chevalier, et les brochures spéciales ouïes 'Mémoires importants publiés sur chacun des procédés particuliers par MM. Talbot, Blanquart-Evrard, Gaudin, Nie{)ce de Saint-Victor, le baron Gros, Claudet, Brebisson, Laborde, Thierry, Couppier, Yaillat, etc.; les articles intéressants que nous donnent périodiquement la Lumière, la Revue photographique et le Cosmos du savant abbé Moigno.
Dans son Rapport à la Chambre des Députés, Arago a cherché à établir que la photographie était appelée à étendre le dotnaine des sciences, que loin de nuire aux beaux-arts, elle leur viendrait en aide, et que loin de paralyser le travail des artistes, elle lui donnerait au con-
INTRODUCTION
traiie une nouvelle impulsion, f.es prévisions de rillustre Académicien ont été de beaucoup dépassées; le daguerréotype, ou plutôt la photographie, a tenu plus encore qu’elle ne semblait promettre : les sciences physiques et naturelles se sont emparées des procédés de Daguerre et de M. ïalbot, et en ont fait de nombreux moyens d’étude et de vulgarisation.
Les artistes sont aujourd’hui en possession de magnifiques cartons qui, avant cette découverte, n’étaient l’apanage que d’un petit nombre de riches amateurs, et là ne s’arrêteront pas les services rendus aux sciences et aux arts !
Le procédé auto-photographique, les différents calques sur bois et sur ivoire, les admirables reliefs du stéréoscope, la gravure et la lithophotographie, permettent de multiplier à l’infini la reproduction des œuvres artistiques !
Depuis que ces lignes ont été écrites, disions-nous, à l’occasion de la deuxième édition, des progrès sérieux ont été accomplis et de nouveaux noms sont venus se recommander à rattention du public et à la reconnaissance des photographes.
Le portefeuille photographique s’est enrichi des belles épreuves de MM. Bisson frères, Fenton, Ferrier, Gaillard, Jearirenaud, P. Périer; des portraits historiques signés Legray et Nadar, des reproductions de MM. Bingham, Fierlants, Richebourg, etc., etc. Un véritable savant, enlevé à la science et aux arts avant qu’il eût pu jouir de son succès, Taupenot (i), a doté la photographie de l’ingénieux procédé qui porte son nom.
(i) Professeur au Prytanée impérial de la Flèche, mort tà Paris en i85(j.
INTRODUCTION
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De nouveaux ouvrages, réunissant lesrecettes éparses, commentant les résultats, ouvrant des idées nouvelles, ont apporté leur contingent au progrès. Nous citerons entre autres les Traités de M. Yan Monckhoven^ deM. Stéphane Geoffray, de M. Belloc, celui de M. G. Sella, de Turin (traduit par M. de Yalicourt). Mais l’événement le plus important est la formation de cercles de photographes qui dans les divers pays réunissent les hommes voués à cet art et, publiant leurs travaux dans des bulletins périodiques, leur donnent la plus grande impulsion. La Société française de Photographie compte aujourd’hui de nombreux adhérents , son importance grandit chaque jour, et la munificence de l’un de ses membres lui permet d’offrir des récompenses exceptionnelles (î).
Tels sont les travaux ; mais les résultats prouvent déjà qu’Arago, le jour où il demandait à la France d’acquérir . le secret de Daguerre, prévoyait toute l’importance du mouvement qu’il allait communiquer aux sciences, aux arts, à l’industrie. Une communication de M. Faye à l’Institut sur les phases de Téclipse du i 5 mars 1 858, a montré les hauts enseignements qu’on peut en attendre, et les succès inouïs du stéréoscope ont prouvé combien le commerce lui-même devait de reconnaissance à l’illustre Secrétaire perpétuel de l’Académie.
La photographie a pris dans notre société actuelle une place tellement importante, que les honneurs et la fortune sont venus souvent récompenser ceux qui lui consacraient leurs études et leur temps; mais s’il en est dont le travail, utile à tous, soit pour eux infructueux, qu’ils pensent, dans les mauvais jours, qu’ils n’ont pas été oubliés et
( I ) Prix de loooo Ir. fundé par M. le duc de Luynes.
INTRODUCTION. XVlj
qu’ils trouveront leurs collègues réunis pour leur tendre la main et relever leur courage (i).
Trois années ne se sont pas écoulées, et nous avons à constater que la photographie a fait de nouveaux progrès et rendu de nouveaux services.
Les questions théoriques que nos devanciers avaient laissées encore assez obscures vont chaque jour s’étendant, et si elles ne sont pas complètes encore, elles ont fait de grands pas dans ces dernières années; et nous devons citer à ce sujet les travaux de MM. Hardwich, Crookes, Spiller, Maxwell Lyte en Angleterre, Van Moncklioven en Belgique, Schnauss en Allemagne, Girard, Ad'. Martin, et nous-mêmes en France, et il y a lieu d’espérer qu’avant peu la théorie photographique sera complètement établie.
La pratique a fait des progrès plus grands encore : les épreuves encore plus belles, plus riches de teintes, semblent présenter les garanties de solidité que n’avaient pas les précédentes; aux noms que nous avons déjà cités, nous devons ajouter ceux de MM. Adam Salomon, Alophe, Petit pour le portrait, de M. Michelez pour les reproductions.
Une idée heureuse, féconde dans ses résultats, a permis de mettre le portrait à la portée de toutes les bourses, et l’invention du portrait-carte (2), qui permet de réunir les
(1) La Société française de Photographie a institué une réserve spéciale pour fonds de secours.
La Société des Amis des Sciences fondée par M. le baron Thénard , DONNE DROIT à SOS socours à tout savant malheureux, secours qui peuvent être revendiqués non-seulement par lui , mais encore par sa veuve , ses enfants, son père et sa mère.
(2) Plusieurs personnes réclament l’initiative pour le portrait-carte; nous croyons (pie le premier spécimen a été }iroduit par M. Disderi.
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INTRODUCTION
images (le tous ceux auxcjuels nous attachent l’amitié, la sympathie et la reconnaissance, esta la fois une source de jouissance pour tous, et une branche de commerce d’une grande importance pour la photographie ; on retrouve dans tous les salons quelques-uns des charmants spécimens de MM. Bayard et Bertall, Bilordeaux, Disderi, Ken, Lewitsky, Pesme et Yarin, etc.
La réduction pour carte de visite a conduit à ces épreuves délicates qui, invisibles à l’œil nu, s’animent sous le microscope ; les premières épreuves nous sont venues d’Angleterre, mais les petites chambres spéciales de M. Bertscii et les épreuves microscopiques artistement montées de M. Dagron nous ont bientôt rendus égaux, sinon supérieurs aux Anglais.
La question des grandissements a été abordée avec non moins de bonheur: l’apparition d’un système de chambre solaire dù à M. Woodward lui a donné une nouvelle impulsion, et les remarquables épreuves produites par MM. Aguado, Delessert , Mayer et Pierson, celles que M. Bertsch a exécutées avec les procédés d’amplification et les perfectionnements qui lui sont propres, prouvent que la solution du problème ne tardera pas à être corn-
La science astronomique a été redevable à la photographie de nouveaux essais importants; l’éclipse de juillet 1860, étudiée sur les différents points du globe, a été reproduite avec succès en Espagne par M. lœon Foucault, spécialement attaché a l’Observatoire de Paris, et en Algérie par M. Girard, membre de la (Commission envoyée pa r I ’ It (‘ol e Pol y tetd ! ni( j u .
f.’activité dans la production des images photographiques suit le progrès incessant de cet art; elle prend de telles proportions, que les photographes, à défaut du so-
IINTUODUGTION.
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leil et de la lumière du jour, emploient la lumière artificielle qu’ils peuvent obtenir, soit par l’électricité, soit par la pyrotechnie, et produisent ainsi des épreuves convenables à toute heure et par tous les temps ; enfin de nouveaux et ingénieux moyens semblent promettre pour le tirage des positifs une rapidité qui surpasse même celle des presses typographiques.
Les essais déjà tentés pour obtenir par la photographie des planches gravées en relief ou en creux, des pierres ou des feuilles de zinc pouvant servir au tirage par l’encre grasse, ont été continués avec succès par MM. Ch. Nègre, Poitevin, Asser, James, et ont donné comme la lithophotographie des épreuves remarquables et inaltérables; mais ces procédés, qui sont un retour définitif aux premières recherches de Nicéphore Niepce, ne sont applicables qu’à un tirage important ; il fallait trouver de nouveaux moyens qui réunissent à l’inaltérabilité d’un tirage au charbon la facilité des manipulations photographiques ordinaires pour quelques épreuves isolées. MM. Poitevin, Fargier, Salmon et Garnier, Pouncy, ont prouvé que la solution du problème était possible.
Ces progrès, dont nous citons seulement les principaux, sont d’autant plus rapides qu’ils ne sont plus dus à des efforts isolés; les sociétés spéciales, dont nous annoncions l’existence récente, sont partout constituées, elles correspondent entre elles, dirigent les travaux, indiquent les difficultés, constatent par des expositions fréquentes les résultats acquis, une part importante leur est due dans ce mouvement immense, et nous sommes heureux de dire que la Société française de Photographie est au premier rang.