OPÉRATIONS DIVERSES
§ 48. Dissolution. — On entend le plus souvent par ces mots dissoudre un corps, le faire disparaître dans un liquide qui n’en modifie pas la constitution chimique. L’eau dissout le sucre qui est solide, l’acide nitrique qui est liquide, l’acide chlorhydrique qui est gazeux, pour former des liquides homogènes ayant les propriétés des corps qui sont en dissolution.
Quand un liquide a dissous un corps en quantité aussi grande qu’il le peut, la dissolution est dite saturée. Généralement les dissolutions se font plus rapidement à chaud qu’à froid, et la plupart des^ corps se. dissolvent en plus grande quantité à une température élevée qu’à une température basse.
§ 49. Filtration. — Quand un corps est dissous, on a I souvent intérêt à filtrer la dissolution pour séparer les I matières en suspension, elle devient alors parfaitement I claire, les particules non dissoutes restant sur le filtre, qui
est ordinairement de papier blanc ou gris non collé (buvard). Nous recommanderons d’employer de préférence le papier blanc, qui est le plus pur, s’il s’agit d’opéralions délicates; les filtres à p/w sont surtout convenables quand on veut recueillir les liquides; les filtres sam plis sont préférés pour réunir les poudres ou les précipités. (Fofr§53.) . •
§ 50. Les filtres sans plis se font avec la plus grande facilité : on prend un morceau de papier à filtre rond ou carré, que l’on plie en deux; on divise ensuite ce double, au moyen de deux plis, en trois parties égales, se recouvrant l’une par l’autre ; on fait d’abord le pli AB [fig^ 5),
(Fig. 5.)
en portant le point D sur le point E, puis on porte le point G sur le point B et on obtient ainsi le pli AE.
Cela fait, on arrondit le papier s’il n’est déjà rond, et l’on introduit le doigt, puis la main entre les feuillets, de telle manière qu’il y en ait trois de chaque côté [fig^ 6);
(Fig. 6.)
on place dans l’entonnoir le filtre ainsi disposé, on l’ap-
KLÉMEINTS DE CHIMIE. 5l
plique exactement contre les parois et l’on y verse la liqueur à filtrer.
On éprouve un peu plus de difficulté pour confectionner les filtres à plis, mais on y parviendra assez vite en suivant ponctuellement les indications suivantes :
On prend un morceau de papier rond, on le plie en deux, on obtient ainsi ABCD [fig^ 7)-
(Fig. 7-)
Puis on fait un nouveau pli BD, que l’on défait aussitôt, et sans retourner le papier, on continue de la manière suivante, d’après la 8.
(Fig. 8.)
On fait un pli DE que l’on défait également, puis le pli DF, toujours dans le même sens, mais qu’on ne défait pas.
On fait le pli DG en dehors, de nouveau le pli DE en dedans, et DH en dehors.
On obtient ainsi le quart du filtre.
Sans rien défaire, on marque le pli DI en dedans et le pli DJ en dehors; toujours sans rien défaire, on forme de nouveau le pli DB en dedans et le pli DL en dehors; le filtre est fait a moitié. Sans retourner le papier (ceci est important), on divise de la même manière la seconde moitié, en commençant par amener AD sur BD pour faire le pli e, et l’on continue comme pour la première moitié.
On ramasse ensuite les feuillets les uns sur les autres, comme dans un éventail fermé ; on coupe la tête du filtre (la base du cône), on souffle sur la tranche, on écarte les plis, on obtient ainsi un cône cannelé. Les plis sont disposés alternativement en dehors et en dedans, excepté ceux correspondant à A et à G, que l’on divise en deux au moyen d’un nouveau pli fait en dedans. On doit avoir soin de faire arriver toutes les lignes jusqu’au point D, et surtout de ne point fatiguer cette partie du papier.
Le filtre étant prêt à servir, on le place dans un entonnoir, en ayant soin qui/ nen dépasse pas le l)ord, et en l’enfonçant un peu profondément dans le col (la douille) pour éviter qu’il ne se crève [fig- 9).
(Pifî- 9-)
Quelquefois il est nécessaire de filtrer des liqueurs qui attaquent le papier, l’acide azotique par exemple; il suffit alors, au lieu d’employer un filtre, de faire une petite pelote d’amiante que l’on tasse légèrement dans le col de l’entonnoir; on verse dessus la liqueur à filtrer.
Souvent les liquides que l’on veut filtrer sont épais, visqueux, comme l’albumine, les solutions de gélatine, celles qui renferment de l’amidon en suspension, etc.; ces liquides sont alors excessivement lents à passer, et quelquefois susceptibles de s’altérer par le seul fait d’une vaporisation inégale des éléments qui les constituent
(collodion) : on peut alors forcer la filtration en s’aidant de la pression atmosphérique. M. Gaillard a indiqué un appareil très-simple basé sur ce principe, et propre à filtrer tous les liquides avec une grande rapidité.
Cet appareil [fig- lo) se compose d’une cloche tuhulée a, a bords dressés et s’appliquant exactement sur une glace dépolie épaisse on ferme la tubulure de la cloche
(Fig. 10.)
avec un bouchon traversé : i"^ par un entonnoir à longue douille c; 2® par un petit tube coudé en verre d : une petite poire de caoutchouc à soupape c, ajustée a ce tube de verre, permet de faire un vide partiel dans l’intérieur de la cloche; on met sous la cloche le vase /dans lequel on reçoit le liquide filtré.
On place un tampon de coton légèrement tassé dans la douille de l’entonnoir; souvent même, pour éviter que le coton ne soit trop serré par le fait même de la pression, on l’arrête a la naissance de la douille par une grille d’argent ou tout autre corps sur lequel le liquide a filtrer soit sans action, on verse la solution, et on produit le vide au moyen de la poire en caoutchouc : le liquide passe
immédiatement très-clair et assez rapidement pour qu’il ne puisse pas s’altérer. On peut encore monter directement l’entonnoir et le tube d’aspiration sur la fiole, soit au moyen d’une tubulure en caoutchouc, qui s’applique exactement sur le col du flacon fy?g. 1 1), soit au moyen
(Fig. II.)
d’un boiicbon conique percé de deux trous, l’un pour l’entonnoir, l’autre pour le tube d’aspiration.
Enfin on peut, a la rigueur, produire l’aspiration par la bouche, mais on doit le faire avec précaution, surtout si l’on emploie les liquides contenant de l’éther.
§51. Cristallisation. — Un corps cristallise lorsqu’il prend une forme régulière qui lui est propre; pour que la cristallisation soit possible, il faut que les molécules de ce corps aient une certaine liberté, qu’elles puissent se mouvoir : aussi est-ce surtout en dissolvant les corps solides dans un liquide, et puis abandonnant ce liquide soit au refroidissement, soit à l’évaporation, que l’on obtient des cristaux qui se déposent d’autant plus beaux et plus nets, que l’évaporation ou le refroidissement ont été plus lents et (jue le repos a été absolu. La cristallisation peut être employée comme moyen de purification;
pour qu’elle donne alors les meilleurs résultats, il faut obtenir des cristaux aussi petits que possible. 11 sufütpour cela d’agiter la dissolution pendant le refroidissement; un lavage rapide a l’eau distillée froide débarrasse les cristaux du liquide qui les imprègne (eaux mères), on les recueille sur du papier buvard et on les fait sécher. C’est par cristallisation que l’on purifie le sucre de canne ou de betterave. Le sucre en pain est en cristaux trèspetits; dissous de nouveau, et soumis a une évaporation lente et tranquille, il donne le sucre candi.
On peut encore, par la sublimation, obtenir à l’état cristallisé certains corps solides que la chaleur volatilise.
( Voir § 58 .)
§ 52 Précipitation. — Précipiter un corps, c’est le séparer de son dissolvant, soit en faisant subir a l’un ou à l’autre une modification purement physique, soit, le plus souvent, en provoquant un changement chimique dans la constitution du dissolvant ou du corps en dissolution : ainsi on précipite l’argent de l’azotate d’argent dissous dans l’eau, en le faisant passer à l’état de chlorure ou d’iodure insolubles, on précipite le sulfate de soude en abaissant la température de l’eau, ralbumine en la eoagulant, le sulfate de eîiaux en ajoutant de l’alcool a sa dissolution aqueuse.
Les précipités sont toujours imprégnés de liquide [eau mére) \ pour -les purifier, il est nécessaire de les laver. Ces lavages'peuvent se faire sur un filtre, ou simplement par déeantation, au moyen de l’eau, ou d’un autre liquide approprié.
§ 53. Décantation. — On emploie le mode de lavage par déeantation lorsque le précipité est ti*ès-lourd et se rassemble facilement au fond du vase; tels sont le ehlo-
ü6 PREMIÈRE PARTIE.
rure, l’iodure d’argent : il suffit, en effet, de laisser le précipité se rassembler, et de verser avec précaution la liqueur qui surnage [décanter)^ de remettre de l’eau nouvelle, d’agiter avec une baguette de verre, et de laisser le dépôt se rassembler pour décanter de nouveau; en répétant ces opérations successives huit à dix fois, on a un précipité parfaitement lavé (i).
§ 54. Lmacje. — Si l’on veut purifier par cette méthode un corps insoluble, les lavages doivent à la rigueur être faits à l’eau distillée, mais le plus souvent l’eau filtrée suffit : toutefois on a le soin de terminer l’opération en versant deux ou trois fois de l’eau distillée sur le filtre. 11 faut, pour que ces lavaves soient bien faits, qu’ils soient assez prolongés; ils sont terminés quand l’eau sortant du filtre est parfaitement pure. On se sert avec avantage, pour cette opération, d’un flacon a deux tubulures [fig- 12),
(Fijr. ri.)
(ij § 53 La Lévi^cuion se rapproche de la décantation; ce n’est pas un lavage, mais une manière d’avoir des poudres très-fines: c’est ainsi, par exemple, qu’on prépare du tripoli pour plaques. On mêle du tripoli déjà fin dans un grand vase un [reu haut avec une grande quantité d’eau ; on agite vivemomt, puis on laisse reposer un instant : les poudres les plus grossières tombent au fond , les plus fines restent en suspension dans l’eau. En décantant cette eau sur un filtre et renouvelant l’opération , on obtient des [)Oudres aussi fines que l’on veut d’après le temps de repos laissé au li([uide agité. On trouve dans le commerce des poudres de tripoli ou autres poudres à polir qui sont numérotées d’après le temps qu’elles ont mis à
OU (l’une üole dont le bouchon est percé de deux trous [fig. i3), munis de tubes en verre. On souftle modéré-
(Fig. i3 )
ment avec la bouche dans le petit tube A pour faire pression à la surface du licjuide, et immédiatement l’eau monte dans le grand tube et sort par l’orifice effilé B, avec une force que l’on gradue a volonté; on peut, en renversant la fiole complètement, obtenir, par le tube A, un écoulement très-régulier.
Nous recommandons ces fioles de lavage comme trèscommodes pour beaucoup d’opérations photographiques, ainsi pour rincer les plaques, les glaces, etc.
§ 55. Évaporation. — Cette opération a pour effet de séparer un corps solide ou liquide de son dissolvant quand ce dernier peut passer à l’état de vapeur; l’évaporation est spontanée (\\x‘mà le liquide se dissipe de lui-même (une goutte d’eau salée, abandonnée à l’air libre, dépose des cristaux de sel par évaporation spontanée) : on active l’évaporation soit en faisant le vide par la machine pneumatique, soit, et c’est le cas qui se présente le plus fréquemment, en chauffant le liquide jusqu’à son point d’ébullition. Le dissolvant se vaporise plus ou moins rapidement et abandonne le corps qu’il tenait en dissolution. Lorsqu’on laisse perdre les vapeurs, l’évapoi'ation se fait
se déposer. Il ne faudrait pas employer la lévigation pour des substances non homogènes, si ce n’est comme procédé de séparation.
simplement dans une capsule de porcelaine ; si, au contraire, on veut les recueillir, elle se fait dans une cornue munie d’un récipient : c’est alors une distillation.
§ 56. Distillation. — On appelle ainsi l’.opération par laquelle on sépare un liquide volatil d’un solide, ou un liquide plus volatil d’un autre liquide moins volatil. Quand on a pour but de purifier une substance par la distillation, on l’introduit dans une cornue de verre dont le col est engagé dans la douille d’un ballon également de verre, soit directement, soit par l’intermédiaire d’une allonge de même substance.
On porte le liquide a l’ébullition, la vapeur qui se forme s’engage dans le col de la cornue, s’y condense par le refroidissement, et le liquide distillé se réunit dans le ballon (|ue l’on refroidit en le mettant dans une terrine pleine de glace ou d’eau, suivant la plus ou moins grande volatilité du liquide [fig- i4)* On facilite le refroidissement
(Fie- '4-;
par un courant d’eau froide marchant en sens inverse de la vnpeur du rujuide qui distille. Cette disposition d’appareil, représentée fig. i 5, est due à M. Liebig. Elle est surtout commode pour distiller les liquides trés-vobuils comme l’élber, ce (jui la rend précieuse en photographie pour tirer pai*ti des vieux collodions. Lorsqu’on a
une grande quantité de substances à distiller, de l’eau, de
(Fig. i5.)
l’alcool par exemple, on se sert d’appareils en cuivre étamé, qui ont reçu le nom (Y alambics. ( Yoir § 27, 4 - )
§ 57. Concentration. — On dit que l’on concentre une dissolution, quand on évapore en partie le dissolvantpour rendre plus considérable la proportion des corps dissous [voir § 55); on dit, au contraire, qu’on étend dissolution quand on y ajoute une nouvelle quantité du liquide dissolvant.
§ 58. Sublimation. — Cette opération est analogue à la distillation (§50), mais s’applique seulement aux corps qui passent pour ainsi dire immédiatement de l’état de vapeur à l’état solide ; tels sontl’iode, le sel ammoniac : on cbauffe ces corps, ils se volatilisent [se subliment) , et vont se rassembler a la partie supérieure du vase dans lequel on fait la sublimation. { Voir^ 51 .)
§ 59. Chauffage. — Le mode de ebaulfage est a peu près indifférent : on cbauffe, soit à la lampe a alcool, soit
6o PREMIÈRE. PARTIE.
au charbon, et, quand cela se peut, au gaz; remarquons toutefois que la chaleur doit toujours être appliquée graduellement, afin d’éviter la rupture des vases et la perte des substances qu’ils contiennent. Pour obtenir une chaleur bien régulière avec le charbon de bois, on le recouvre de cendres, ou l’on emploie quelques charbons de Paris, Lorsqu’on se sert de vases de verre, on doit, autant que possible, les choisir très-minces et à' égale épaisseur. Il faut avoir soin, lorsqu’on opère sur des liquides, de chauffer seulement la partie des vases que ces liquides recouvrent; on y parvient facilement en plaçant sur l’appareil de chauffage un disque en tôle, percé au centre d’un trou rond, dans laquel s’engage le fond du vase (capsule, ballon, etc.) : trois ou quatre de ces disques, présentant des ouvertures différentes, suffisent pour toutes les opérations.
§ 60. Fusion. — Nous entendons par fusion le passage d’un corps solide à l’état liquide par la seule application de la chaleur; ainsi le feu opère la fusion du plomb, de l’argent. 11 faut distinguer la fusion aqueuse et la fusion ignée: la fusion aqueuse est la dissolution d’un corps solide dans son eau de cristallisation, la fusion ignée est sa li(juéfaction après le départ de l’eau. Le carbonate de soude cristallisé, exposé à la chaleur, éprouve d’abord la fusion aqueuse, puis il perd son eau de cristallisation, devient de nouveau solide, et, par l’application d’une plus forte chaleur, il éprouve la fusion ignée.
§ 61. Pesée. — Rien de plus simple que cette opération, (jui consiste a mettre le corps que l’on veut peser dans un des plateaux d’une balance, et des poids dans ! ’ au t re [)1 al ea u j u s( j u’ a ce ( j u e f éq ui 1 i l)re soi t parfai tem en t
établi; s’il s’agit de pesées très-rigoureuses, à un millième de gramme par exemple, cette méthode demande une grande précision dans la construction de la balance. On peut toutefois, avec une balance sensible, mais qui n’a pas une grande précision, obtenir une exactitude indépendante de la justesse, mais non de la sensibilité de la balance; on emploie alors la méthode de la double pesée. On met dans un plateau le corps à peser et dans l’autre de la cendrée de plomb pour équilibrer, puis on remplace le corps à peser par des poids jusqu’à ce que l’équilibre soit parfaitement rétabli ; ces poids, placés dans les mêmes conditions que le corps qu’on a retiré, en expriment exactement la valeur pondérale. Lorsqu’on se propose d’opérer sur un poids déterminé d’une substance, on met .sur un des plateaux les poids qui représentent la quantité désirée, on équilibre sur l’autre, puis on remplace ces poids par la substance elle-même, ajoutée peu à peu, jusqu’à ce que l’équilibre soit complètement îxtabli. Il est rare que l’on ait besoin, en photographie, d’employer la double pésée, si ce n’est dans les expériences de recherches.
Mettre les poids au hasard est une mauvaise méthode : le premier poids seul se met au jugé, ensuite on procède suivant la série régulière en doublant ou à peu près quand le poids est trop faible, et en retirant la moitié du poids ajouté quand il est trop fort : on arrive ainsi bien plus vite au résultat cherché.
Ajoutons que jamais on ne doit peser directement sur les plateaux; on pèse, soit sur une feuille de papier, et dans ce cas on en met une de même poids dans l’autre plateau, soit dans un vase dont on prend la tare, en faisant équilibre avec des poids ou de la cendrée de plomb. Pour les opérations photographiques, la petite balance des bi-
62 PREMIÈBE PARTIE.
joutiers convient parfaiteiîieot; la facilité avec laquelle elle se démonte pour se renfermer dans une boîte, la rend très-commode pour le voyage : il suffit grandement quelle accuse i centigramme, sous le poids de 5o grammes. Pour des évaluations de poids plus considérables, comme celles des doses d’hyposulfite, on peut également bien se servir d'un petit vase quelconque jaugé une première fois avec un poids exact de la substance dans des conditions déterminées. Avec une pareille mesure, on calcule facilement, en se servant du même vase, les quantités dont on a besoin et qui ne sont pas nécessairement rigoureuses.
La pesée des liquides sera remplacée, autant que possible, par des'déîerminations de volumes. On aura un vase cylindrique en verre comme une éprouvette, gradué en centimètres cubes et d’une contenance de nSo centimètres cubes environ (les éprouvettes, en raison de leur forme allongée, nous semblent plus commodes, et surtout plus exactes que les verres à pied) ; on s’en servira pour mesurer la quantité de liquidenécessaire. Onsaitquele gramme est le poids de î centimètre cube d’eau pure à la température de -H 4*^; pour établir la relation du volume au poids d’un liquide quelconque, il suffira de peser une fois lo grammes de ce liquide, et de noter à quelles divisions de l’éprouvette graduée ces lo grammes correspondent. La qualité des acides do commerce étant variable, il vaut mieux faire cette détermination cîiaque fois qu’on entame de nouvelle provisions. Nous avons pensé, néanmoins, qu’il serait utile de donner le poids (à i5 degrés de température) d’un'centimètre cube des divers liquides
employés en photographie :
gr
/Vcide sulfurique à 66 degrés Baiimé. ... n*" i ,84
Vcide nitrique le plus concentré )> i ,5o
\cide nitrique à ^\o degrés » i ,38
ÉLKMEISTS DE CHIMIE. 63
Acide chlorhydrique à ?.2 degrés Baume . r*" i,i8
Acide acétique cristallisé et liquéfié. ... » i ,o6
Acide acétique crisiallisable » i ,o4 (i)
Alcool à 33 degrés Baumé » o,8o
Alcool absolu » 0,79
Éther sulfurique à 56 degrés Baumé ... . » 0,75
Éther sulfurique pur » 0,78
Connaissant le poids de i centimètre cube du liquide qu’on veut employer, on peut facileyient trouver combien il faut de centimètres cubes pour la quantité de grammes dont on a besoin : on divise simplement cette quantité par le poids du centimètre cube du liquide.
Par exemple, si l’on a besoin de 36 grammes d’acide acétique cristallisable et qu’on veuille savoir à combien de centimètres cubes équivaut ce poids, on divise 36 par I ,o4; le quotient — 34,6.
Donc 36 grammes d’acide acétique — 34^^^, 6. Comme on prépare généralement les mêmes quantités de dissolution, ce petit travail une fois fait (il n’est pas plus long qu’une pesée), on notera sur son livre la quantité de centimètres cubes nécessaire pour remplacer tel poids indiqué d’un liquide , et l’on n’aura pour ainsi dire plus de pesées ni de calculs a faire.
Il est facile de connaître approximativement le poids du centimètre cube d’un liquide au moyen d’un aréomètre connu dans le commerce sous le nom de densimètre de Gay-Lussac, qu’il ne faut pas confondre avec l’alcoomètre. On remplit une éprouvette longue du liquide dont on veut connaître la densité, et l’on y plonge l’aréomètre.
1 ij Quand on prend facide acétique liquide siunageanl les cristaux c’est sur les chilfres de i ,o4 qu’il faut faire son calcul.
Le point d’affleurement indique le poids en grammes que pèsent loo centimètres cubes de ce liquide. On arrive par ce moyen à une détermination suffisamment exacte pour toutes les opérations photographiques.
Dans le commerce, on a l’habitude de se servir des pèseacides, pèse-sels, etc., gradués selon Baumé. Nous rapportons dans le tableau suivant, que nous empruntons àSoubeiran, les degrés de l’aréomètre de Baumé à la densité (par conséquent au poids du centimètre cube du liquide essayé), de manière que toute personne ayant l’aréomètre Baumé pourra s’en servir pour connaître la densité d’un liquide, et toute' personnne faisant usage d’un densimètre ou connaissant la densité d’un liquide, pourra reconnaître le degré Baumé. Nous ferons seulement remarquer que le chiffre i,ooo de ce tableau correspond au loo du densimètre.
Rapport des degrés Baumé et de la densité pour les liquides plus lourds
que l’eau.
BAUME
DENSITÉ
BAUMÉ
BENSITÉ.
i,4io
kl
H.apport des degrés ü^aumé et de la densité pour les liquides plus légers
que Peau (i).
BAUMÉ
DENSITÉ
BAUMÉ
DENSITÉ
3oo
CO
OC
iG
GO
o.goS
§ 62. Il est inutile de dire que tous les vases dont on se sert dans les opérations doivent être d’une propreté rigoureuse; aussi eonséillons-nous de les laver immédiatement après qu’on s’en est servi, de les rincer à grande eau, de les essuyer soigneusement avec un linge et mieux avec du papier gris ou du papier josepli. Si on laissait les
(i) Les aréomètres Baiimé, pour les liquides plus légers que l’eau, sont gradués en marquant lo degrés au point d’affleurement dans l’eau distillée : lo degrés de rinstrument Baumé pour les liquides plus légers que l’eau correspondent donc au zéro de l’instrument Baumé fait pour les li(piides plus lourds , et, dans les deux cas, à loo du densimètre de Gay- Lussac et à une densité de i ,ü{xj.
diverses solutions s’évaporer dans les vases, on aurait ensuite beaucoup plus de peine a obtenir un nettoyage parfait.
§ 63 Appareils. — Il est quelquefois nécessaire pour les photographes de monter des appareils avec des bouchons percés et des tubes de verre recourbés.
On choisit des bouchons d’excellente qualité, que l’on ramollit en les frappant ou les comprimant en tous sens et que l’on amène a la grosseur voulue en les pelant également avec un bon couteau ou en les usant avec une râpe : pour râper un bouchon on le tient entre le pouce et l’index de la main gauche, tandis qu’on prend la râpe de la droite. On doit s’attachera ce que le bouchon conserve sa forme très-régulière légèrement conique. Pour percer le bouchon, on emploie une lime ronde dite queue-de-ral; on tient le bouchon entre le pouce et le médius de la main gauche, et on appuie l’index sur une des sections. Avec la queue-de-rat tenue de la main droite' on détermine le centre de l’autre face, et on enfonce progressivement la lime en la tournant sur elle-même et la maintenant régulièrement dans F axe du bouchon. Lorsqu’on est arrivé a moitié de la longueur, on dégage la lime, on retourne le bouchon et l’on opère delà même manière de l’autre côté. Les deux trous doivent se rencontrer exactement et n’en faire ainsi qu’un très-régulier que l’on aug- ! mente a volonté au moyen de la queue-de-rat. Pour savoir si on réussit dans cette première manipulation très-importante, il faut sacrifier quelques bouchons, les fendre I lorsqu’ils sont percés, afin de voir si le trou qui les traverse est parfaitement calibré dans toute sa longueur.
Quand le liouchon est percé de part en part â la grosseur du tube, on y fait entrer celui-ci à frottement en le
r>8 PREMIÈUE PARTIE.
prenant toujours très-près du bouchon et le maintenant régulièrement dans Taxe; il arriverait infailliblement, si on le tenait trop haut ou obliquement, qu’il se briserait et pourrait blesser grièvement l’opérateur.
Les chimistes emploient généralement les tubes de verre de 3 a /j millimètres de diamètre intérieur ; on les coupe à la longueur voulue en les marquant d’un trait vif tout autour, au moyen d’une lime triangulaire, séparant les deux bouts par un léger effort de la main; on doit émousser les arêtes en les chauffant au rouge a la lampe a alcool, sans quoi on risquerait de déchirer le bouchon. On donne facilement aux tubes les courbes nécessaires en les ramollissant dans la flamme de la lampe.
Le plus souvent on peut employer des tubes de caoutchouc ou des tubes de plomb qui se courbent à la main sans effort.
MANIPULATIOINS ANALYTIQUES.
Les opérations auxquelles nous donnons le nom de manipulations analytiques sont celles par lesquelles on se propose de reconnaître la pureté des corps employés. Ces manipulations sont généralement délicates et minutieuses, elles demandent une grande attention de la part de l’opérateur.
^ 04. Les instïTiinents nécessaires sont simples et peu coûteux : il suffit de quehjues verres de montre communs (jue l’on trouve chez les iournisseurs d’horlogerie, quelquesou tubes fermés par un bout, une lame de platine mince, large de 1 5 millimètres, longue de 8 à 1 0 centimètres, trois ou quatre baguettes de verre, une dizaine de flacons de loo grammes environ, pour renfermer
ÉLÉMENTS DE CHIMIE. Gg
les dissolutions qui servent de réactifs ( i j pour déceler les impuretés des substances, une lampe a alcool, une petite capsule de porcelaine de 9. centimètres de diamètre; un densimètre de Gay-Lussac ou au moins un pèse-acides, et un alcoomètre centésimal.
§ 65. Les essais se font de la manière suivante :
Dans les verres de montre, on verse trois à quatre gouttes de la liqueur à essayer, puis, avec une baguette de verre plein (agitateur)*, bien lavée et essuyée, on laisse tomber une ou deux gouttes du réactif destiné à faire apparaître les impuretés cliercbées.
S’il est nécessaire de faire bouillir les liqueurs, comme les verres de montre trop épais et mal recuits ne pourraient être cliauffés, on se sert de tubes fermés par un bout.
3"^ S’il faut évaporer à sec, on emploie la petite capsule de porcelaine .
4® La lame de platine, enfin, sert pour l’essai des substances qui doivent être volatiles sans résidu; on comprend dès lors qu’il faut que cette lame soit toujours propre et brillante, ce qu’on obtient facilement en la frottant avec un peu de cendre et d’eau.
Dans les recherches analytiques, on doit toujours se servir d’eau distillée.
(1) Ces réactifs sont : l’acide azotique;
Une dissolution d’azotate d’argent;
)) » d’azotate de baryte;
)) )i d’ammoniaque;
» » de cyanoferrure de potassium ,
» » d’acide chlorhydrique;
» )) d’oxalate d’ammoniaque ;
» » de chlorure de calcium ;
» )) d’iode dans l’alcool ;
Du papier rouge et bleu de tournesol.
PREMIEKE PARTIE.
Nous aurons besoin, pour l’analyse, de faire en petit la plupart des opérations que nous avons décrites précédemment, telles que dissolution, filtration, etc. [Voir pour les détails et l’analyse de chaque substance le Vocabulaire.)
§ 60. Il arrive très-fréquemment, dans l’atelier des photographes, que les étiquettes des flacons sont ou illisibles, ou détériorées, souvent même elles sont erronées; on doit appliquer, dans ce cas, les opérations analy tiques : mais si l’on ne suit pas une marche régulière, si l’on fait les essais sans méthode d’après de simples suppositions, on perdra lieaucoup de temps le plus souvent sans arriver à reconnaître les substances. Les propriétés caractéristiques des corps employés en photographie sont indiquées au Vocabulaire, elles serviront a constater l’identité du corps; mais, avant de constater cette identité, il faudra pouvoir lui rendre son nom. On y arrivera très-vite en suivant la marche que nous indiquons dans les deux tableaux suivants appropriés seulement aux substances dont les noms suivent et qui sont les plus employées en photographie :
Corps solides.
Acide citrique;
Acide gallique ;
Acide pyrogallique;
Azotate d’argent (nitrate d’argent);
Bichlorure de mercure ;
Bichromate de potasse.
Bromure de potassium ;
Bromure d’ammonium (hromhydrate d’ammoniaque);
Bromure de zinc;
Bromure de cadmium;
Chlorure d’ammonium (chlorhydrate d’ammoniaque);
Menez
gros comme un grain de blé de la substance inconnue dans un tube éprouvette de verre, ajoutez
d’acide azotique chauffez
doucement sur la lampe à alcool, il se produit des vapeurs.
LE CORPS A ANALYSER EST SOLIDE (i).
fl ne se volatilise pas-
les parois «lu'} Jodure
ouuES, se condensant en gouttelettes rouges do sang sur le parois du tube
? volatilise. On dissout un I
un frnBment du j nouveau fragment de la sub-l blanc, /Elle,
arps il analyser sur \ stance dans quelques gouttes 1 mette?, ’ l
\ corps il analyser sur \ stance dans quelques gouttes 1 mette? l •"'«vie.
Itromure B / ‘'‘= P'nt'ne. j ‘'’oa" distillée, et on ajoute ' dans la solution recouvre j
' ' une seule goutte d’ammo- i une lame de J àe pouJre grise [ i ou
niaqite étendue d’eau. [ (jne, ( "•éialli<iuc. ^
B de zinc.
B de cadmium.
1 Odeur de chlore {atxw régale). Un ccharrlillon \ ic volatilise sans laisser de résidu Chlorure d’ammonium
chauffé sur la lame de platine ) àécréYsMe sans se volatiliser Chlorure de sodium.
Odeur piquante de soufre qui brûle (acide sulfureux). Dépût de poudre jaune (soufre). Le corps est en 1 cristaux blancs, il se liquéfie par la chaleur seule, sa solution décolore l’iode j ^yposulfite de soude,
nAitcccc J' ï ' 1 I ! La solution du corps dans / corps est blancf cristallisé en ;7ai7- j
ROUSSES, sans depot colore SWY les/ . . . i » } Acide pyrogallique