‹ Chimie photographique (volume 2)Chapitre 19 sur 96 · COLLODION HUMIDE · texte numérisé non relu

COLLODION HUMIDE

§ 91. Le procédé sur collodion est celui que nous décrirons le premier, bien qu’il soit le dernier découvert; mais la simplicité des préparations, l’extrême sensibilité de la couche obtenue ont rendu son usage général : il a remplacé presque tous les autres procédés, et c’est, dans l’état actuel de la photographie, celui qui a le plus d’importance.

L’idée d’employer le collodion remonte a l’année i85r , date à laquelle M. Legray a indiqué, le premier, un procédé au collodion pour donner des images rapides développées par le sulfate de protoxyde de fer. MM. Archer et Fry publièrent la même année en Angleterre une étude nouvelle de cet agent dont l’usage devint bientôt universel.

§ 92. Le collodion est une solution de pyroxyline (poudre-coton) dans l’éther additionné d’alcool. Cette solution donne un liquide plus ou moins mucilagineux qui, étendu sur une glace ou toute autre surface, laisse après évaporation de l’alcool ou de l’éther une pellicule solide, mince, parhiitement transparente, dans laquelle il sulfit d’incorporer de l’iodure d’argent pour avoir une couche sensible d’une extrême finesse.

Antérieuremenl M.Nie[)ce de Saint-Victor avait rem-

COLLODiON.

placé les préparai ions faites sur papier par un procédé sur glace dans lequel ralbumine coagulée et sensibilisée par riodure d’argent donnait des images d’une finesse et d’une beauté remarquables; mais cette préparation était relativement assez lente et ne pouvait être employée que pour le paysage ou les reproductions.

Le procédé dit au collodion, par la simplicité de ses opérations, la rapidité avec laquelle il peut être impressionné, permet d’obtenir les images de la chambre noire en quelques secondes, souvent même l’opération peut arriver presque à X instantanéité .

Pour faciliter l’intelligence du procédé au collodion, nous avons séparé l’étude des diverses substances employées de la description des opérations; le commençant pourra de cette manière suivre avec plus de certitude la marche que nous allons indiquer.

S’il achète les produits nécessaires tout préparés, il passera aussitôt aux procédés opératoires, et peu à peu se familiarisant avec les divers réactifs, il reviendra sur la préparation de ces produits, pourra remédier aux insuccès qu’ils lui occasionneront et ne tardera pas à les préparer lui-même.

PRÉPx\RATlOlN DES RÉACTIFS EMPLOYÉS.

§ 93. Les diverses substances que l’on emploie pour faire les épreuves sur collodion sont de deux sortes. Les unes sont d’une préparation difficile et relativement conteuse, si on les fait en petit dans le laboratoire, tels sont par exemples l’alcool et l’étlier; il est donc préférable de les acheter toutes faites, et on les trouve le plus souvent convenablement pures dans le commerce: pour l’étude de ces produits nous renvoyons au Vocabulaire.

DEUXlÈMh: PARTIE.

Les autres substances résultent le plus souvent d’un mélange convenable des premières (collodion, bains d’azotate d’argent, bains réducteurs, etc., etc.), leur préparation fait en quelque sorte partie du procédé au collodion : aussi le photographe doit-il s’habituer à les préparer lui-même, encore bien qu’il puisse les trouver souvent toutes prêtes a servir et excellentes dans les maisons spéciales de produits chimiques pour la photographie.

L’alcool et l’éther doivent être purs et bien réctifiés, exempts de toute odeur étrangère et ne laissant sur les mains, lorsqu’on en fait évaporer une petite quantité, que l’odeur franche qui est propre à l’un ou l’autre de ces produits.

La pyroxyline, qu’on appelle indifféremment fulmi-cotonou coton-poudre, est une substance d’une préparation délicate, qui n’est pas sans inconvénients à cause des acides concentrés qu’il faut employer et des vapeurs que ces acides répandent; entre des mains exercées la réussite n’est pas toujours la même, il est plus simple de racheter toute prête : on trouvera néanmoins au Vocabulaire les diverses méthodes proposées pour la préparation de ce corps.

(^e coton-poudre, lorsqu’on le divise, ne doit pas se briser en poussière, ni se ramasser en petits pelotons trop serrés : il doit avoir à peu près l’aspect du coton ordinaire; il est seulement un peu plus jaune et plus rude au loucher, et il doit se dissoudre en totalité (i) dans un mélange d’alcool ou d’élher ou du moins ne laisser qu’un résidu insignifiant.

(i) D’après la manière dont se comporte la pyroxyline dans le mélange d’alcool et d’éther, on doit (Toire qu’il ne se fait pas une dissolution

COLLODION

§ 94. Préparation du coUodion photo grapJdque. — Nous devons dire qu’il y a pour faire le collodiou à peu près autant de formules que d’opérateurs : le grand nombre de recettes diverses et si peu différentes qui ont été proposées pour obtenir un même résultat, prouve qu’il n’en est pas une qui soit absolument bonne. Il arrive que telle formule réussit parfaitement avec certains produits et donne une préparation détestable avec d’autres; cela tient évidemment à la ({ualité des réactifs : aussi doit-on s’attacher à n’employer que des réactifs préparés spécialement pour la photographie (i ). Quant aux inconstances que l’on reproche, a juste titre, au procédé du collodiou, elles sont dues d’abord à .l’impureté des produits, puis aussi à l’instabilité de cette préparation. En conséquence il convient de ne préparer que de petites quantités de collodiou a la fois, attendu que si l’on rencontre des collodions qui se conservent quelquefois pendant plusieurs mois, il arrive plus souvent encore que la préparation s’altère rapidement.

réelle , mais bien un gonflement des- fibres analogue au gonflement des granules d’amidon ou de la colle de poisson dans l’eau.

En effet, s’il y avait dissolution, un môme poids de coton-poudre donnerait toujours un liquide de même consistance, la couche formée sur une surface lisse serait lisse elle-même comme un vernis, tandis que les collodions pour un même poids de pyroxyline sont toujours plus ou moins mucilagineux suivant le degré de gonüement cpae peuvent j)rendre les fibres du coton, et même pour des collodions fdtrés au papier, on retrouve toujours dans la couche qui se forme un réseau indiquant la direction des fibres.

(i) Les personnes habituées aux manipulations chimiques pourront rectifier elles-mêmes l’alcool et l’éllier, faire cristalliser de nouveau ou préparer les iodures alcalins; mais nous n’oserions conseiller aux amateurs de faire ces opérations, les deux premières du moins, à cause des dangers qu’elles pourraient présenter si les précautions simples d’ailleurs, recommandées par la pratique, n’étaient pas rigoureusement ol)servées.

Ij4 DEUXIÈME PARTIE.

Oii doit employer de préférence l’aleool a 4cV'; comme il conlieiU moins d’eau que l’alcool dit il donne une couche de collodion plus adhérente à la glace, moins siisceptihle de se fendiller parla dessiccation, La proportion d’alcool est généralement d’un tiers pour deux tiers d’éther. Cette proportion peut être modifiée sans grand inconvénient : si on ajoute plus d’alcool, on obtient un collodion moins fluide;si au contraire on augmente la proportion d’éther, le collodion est plus liquide, plus adhérent sur la glace : mais la dessiccation se faisant plus rapidement, on a moins de régularité etdes taches dans toutes les parties qui présentent la plus légère différence de température.

11 est impossible de fixer la quantité de coton-poudre nécessaire : elle est approximativement de i gramme pour loo centimètres cubes du mélange d’alcool et d’éther; mais la solubilité du coton et la consistance du liquide après la solution sont tellement variables, que tantôt il suffira de o^%75, et tantôt il faudra aller jusqu’à 5 pour obtenir une préparation convenable. Le meilleur moyen est d’essayer le coton et de le mettre en telle proportion, que le collodion versé sur une glace s’étende facilement comme le ferait l’huile d’olive. Dans ces conditions, lorsqu’on fait osciller plusieurs fois la glace dans un sens vertical, la couche est unie et ne présente pas de réseau trop apparent dans le sens d'écoulement du liquide.

Il a été fait de longs et consciencieux travaux pour savoir quels iodures et bromures solubles on devait employer de préférence })our iodurer le collodion, et nous citerons le travail récent de IM. Hardwich sur ce sujet (i).

h) The lUilish JouriKtl <>J P/iotog/vz/j/n . .laiivior uSOf.

COLLODION

Tous les iodures el bruinures capables de se dissoudre dans le mélange d’alcool et d’étlier ont été successivement proposés, mais aucun n’a semblé donner des résultats supérieurs aux iodures alcalins ou métalliques que l’on trouve ordinairement dans le commerce et qui sont les iodures de potassium, d’ammonium et de cadmium; on peut y joindre les iodures de sodium et de zinc. Nous laisserons donc complètement de côté les iodures de magnésium, de lithium, de fei% de nickel, de tétrétbylammonium, jusqu’à ce que des expériences rigoureuses aient démontré leur supériorité jusqu’ici contestée.

L’iodure de potassium est trop peu soluble dans le mélange d’alcool et d’étlier; il faudraitpour renq)loyer ajouter une petite quantité d’eau qui altère le collodion; l’iodure d’ammonium est bien plus soluble et donne en même temps un composé beaucoup plus tluide: il conviendrait pour cette raison de le préférer. Mais un collodion fait avec l’un ou l’autre de ces iodures devient rouge et se décompose en très-peu de temps, tandis qu’avec l’iodure de cadmium on obtient une préparation qui paraît beaucoup plus stable, mais elle a l’inconvénient d’être moins fluide pour une même quantité de coton. Le collodion préparé avec l’iodure de cadmium reste incolore pendant des mois; toutefois il arrive bien souvent qu’il ne donne pas de bons résultats s’il est employé isolé, et les formules de collodion que l’expérience nous a démontréesles meilleures comme stabilité et pour liurs résultats photographiques sont celles qui comprennent un mélange des divers iodures et bromures solubles. Le bromure d’argent, ainsi que nous l’avons indiqué §7(S, étant sensible à certains rayons colorés qui agissent moins sur l’iodure, il est bon de mélanger les iodures et bromures ‘ solubles dans le collodion. Ce mélange se fait ordinaire-

Il6 DEUXIÈME PARTIE.

ment dans la proportion (run quart de bromure pour trois quarts d’iodure; on peut augmenter eette proportion, s’il est nécessaire, suivant les objets à reproduire, comme les tableaux, les fleurs, etc. La somme totale d’iodures et bromures solubles ajoutés est en moyenne de i gramme pour loo centimètres cubes du mélange d’éther et d’alcool.

Les altérations principales qui se produisent dans le collodion ioduré sont de deux sortes. Tantôt le collodion rougit dans un temps assez court; sa teinte, d’abord jaunâtre, peut passer en quelques heures, ou en quelques jours au rouge foncé; tantôt au contraire un collodion qui avait commencé par prendre une teinte légère, même quelquefois une teinte rouge par l’addition de l’iode, libre, se décolore progressivement et devient tout à fait incolore.

Dans le premier cas, on peut admettre qu’il existe dans l’alcool, l’éther ou le coton-poudre, servant à confectionner le collodion, un acide libre qui réagit sur les iodures et les décompose; l’iode étant mis en liberté , communique eette teinte rouge à la masse ; or il y a tout lieu de croire que e’esl surtout à l’acidité du coton qu’est due cette réaction. Pourtant 31. Gaillard a remarqué que toutes les fois que l’alcool ou l’étber mis en contact avec Piodure de potassium blanc et pur prenaient une légère coloration dans l’espace de (.j^elques heures, le collodion fait avec ces mêmes produits devenait d’un rouge foncé. 11 y a donc une action complexe encore mal étudiée de l’alcool, de l’éther et de la pyroxyline sur les iodures. Séparément ces corps n’ont pas ou n’ont que très-peu d’action ; si on vient à les mélanger, l’action devient beaucoup plus rapide. De la l’habitude prise par certains photographes de

COLLODION

faire d’une pari un eollodion non induré qu’ils appellent collodkm normal, et d’autre part une solution aleooliquedesiodures etbroinuresemployés, pour ne mélangei* ees substances que peu de temps avant de s’en servir. On peut ainsi avoir des liqueurs toutes prêtes assez longtemps à l’avance. Toutefois ce serait une erreur de croire que le eollodion non induré peut se conserver indéfiniment; sous l’inlluence soit de la lumière diffuse, soit des éléments qui entrent dans sa composition, nous avons vu du eollodion non induré ancien, préparé il est vrai depuis (juinze à dix-buit mois, ne plus donner que de très-mauvais produits.

On peut par différents procédés faire disparaitre la coloration rouge des eollodions. Il suffit de mettre dans le flacon des lames de cadmium ou de zinc, ou même de l’argent très-divisé: ces métaux s’emparent de l’iode et décolorent le eollodion ; mais il faut avoir soin de ne pas amener une décoloration complète, car souvent alors le liquide prend une réaelion alcaline, la glace préparée devient complètement noire ou enfumée sous les réactifs révélateurs, et quelquefois même le bain d’argent est gâté. On peut également employer avec succès quelques gouttes d’ammoniaque très-diluée, mais on ne doit l’ajouter qu’avec beaucoup de précautions pour ne pas tomber dans l’excès; si le eollodion renferme des sels de cadmium, l’ammoniaque produira un loger précipité blanc d’oxyde de cadmium, qui souvent se redissout par l’au'itation, l’oxvde de cadmium étant soluble dans l’iodure du même métal.

Nous ne connaissons pas encore d’explication du fait de la décoloration spontanée des eollodions; on peut remarquer (jue CCS eollodions deviennent plus fluides, la couebe qu’ils formoni est plus mince, généralement irisée après

DliüXlliML: PAiriîE.

dessiccation, plus perméable dans les endroits qui correspondent aux ombres du modèle, et l’argent se réduit avec un aspect métallique sur la glace même; le plus léger défaut de nettoyage devient alors une tache; enfin il arrive souvent qu’en séchant le collodionse casse, se déchire seul, et quelquefois suit dans ces déchirures le contour exact du dessin.

On doit croire, d’après ces observations, que lapyroxyline subit une action décomposante, et on peut en effet remédier en partie à ces défauts graves, en ajoutant peu à peu à ces collodions de l’iode libre jusqu’à ce qu’il n’y ait plus décoloration, et en mettant à ce moment une dose nouvelle de coton-poudre en quantité convenable pour rendre à la couche de collodion l’épaisseur qu’elle doit avoir.

On peut voir, d’après ces généralités, qu’il n’est pas possible de donner une formule rigoureuse pour faire de bons collodions. Toutefois, d’après le grand nombre de recettes qui ont été publiées ou qui nous ont été communiquées, nous avons relevé une sorte de formule générale présentant un rapport très-simple entre ses divers éléments, et d’après laquelle un photographe pourra préparer toutes les tormules particulières ou nouvelles qu’il voudrait essayer.

Prenez: éther sulfurique rectifié à 62'*, 67 centimètres cubes;

Ajoutez : coton-poudre, i gramme;

!.e coton ne se dissout pas si l’éther est convenablement pur, seulement les fil)res s’écartent, les pelotons se distendent;

Ajoutez : alcool d(‘ vin rectifié à /|o^, 33 centimètres cubes.

l.c coton poudre se dissout alors rapidement.

COLLODIOÎN.

Pour avoir le collodioii induré, il suflit de uieUreulaiis le mélange ci-dessus 1 gramme d’iodures soluPles (le plus souveiii addilionnés d’un quart de bromures i.

La préparation est prête a employer après douze a vingt-quatre heures de repos pour l’éclaircir.

Cette formule est très-simple, elle se résume ainsi : deux tiers d’éther, un tiers d’alcool, et pour 100 centimètres cubes de ce mélange, i gramme de coton-poudre et i gramme d’iodures. Toutefois elle admet toutes les modifications nécessitées par les circonstances dans lesquelles on se trouve.

Nous ferons suivre cette formule générale des recettes particulières suivantes, qui nous ont été communiquées et donnent le plus souvent de très-bons résultats. Nous ferons toutefois observer que pour le travail d’atelier on doit iodurer plus fortement le collodion que pour la reproduction des paysages, par conséquent c’est au photographe à faire varier ses préparations suivant le travail qu’il doit faire.

i” (i) Elher sulfurique reclifié... 3oc/‘

Alcool à 4o" 200

Coton-poudre S®"

lodure de potassium i

lodure d’ammonium 1,76

lodure de cadmium 1,75

Bromure de potassium o,25

Bromure d’ammonium o,5o

Bromure de cadmium o,5o

Mettez séparément les iodures et bromures dans un petit mortier de porcelaine, pulvérisez-les finement avec un peu du collodion préparé, et versez-les dans les 5oo

(1) Formule coinmuni(iuée par M. le comte Aguado.

centimètres cubes de collodion, en ajoutant un peu d’iode en paillettes de manière a donner au liquide une couleur d’eau-de-vie ordinaire. Après avoir bien agité, laissez décanter le tout jusqu’à parfaite limpidité, ou filtrez sur du papier ou sur du coton; lorsqu’on emploie le coton, il faut recommencer plusieurs fois la filtration.

2^' (i) Faites d’une part le collodion normal suivant :

Ether rectifié iGo*'*'

Alcool à 40'’ 4o

Coton-poudre.. . . 2^%25

Faites d’autre part la liqueur pour iodurer :

Alcool rectifié à 36'" 120'"''

lodure de potassium.,.. 2S'’

lodure d’ammonium 2

lodure de cadmium G

Bromure de cadmium. . . . 3

On pulvérise les substances solides avant de les ajouter dans l’alcool et on agite; après dissolution, on ajoute io centimètres cubes de cette liqueur sensil^i/isalrice pour 100 centimètres cubes de collodion normal.

3" (2) Préparez les deux solutions suivantes :

N” 1. Alcool à 4o”

lodure de cadmium 7?5o

Bromure de cadmium.... . 3,75

N” ^2. Alcool à 4o"

lodure d’ammonium 7?5o

Bromure d’ammonium 3,75

Après avoir préparé un collodion normal d’après la

(1) Formule communiquée par M. .loueL i2) Autre communication.

COLLODION

formule

Éther suUurique redifié à 6s>‘’. . .

Coton-poudre

Alcool à 4o°

ïodurez-le avec les solutions précédentes d’après le travail que vous avez a faire.

Pour l’atelier et le portrait, ajoutez à loo centimètres cubes de collodion normal, 7 centimètres cubes de la solution n® 1, et 3 centimètres cubes de la solution n^' 2.

Pour faire le paysage, il suffit d’ajouter à loo centimètres cubes de collodion normal, 3 centimètres cubes de la solution n*^ 1, et 2 centimètres cubes de la solution n'" 2.

N. B. Dans le cas où l’on emploie ce collodion pour le paysage, il faut que le bain d’argent et le bain révélateur d’acide pyrogallique soient affaiblis de moitié.

Cette formule pour le paysage permet d’obtenir de trèsjolis clichés, remplis de détails, dans lesquels on obtient même les ciels avec les nuages; mais ils manquent un peu de vigueur.

fi) Collodion normal.

Éther rectifié à 62”

Pyroxyline (faite avec du papier pur; voir ‘au Vocabulaire)

Agitez, puis ajoutez peu a peu de l’alcool absolu jusqu’à solution de la pyroxyline.

Après le repos nécessaire pour arriver à l’éclaircissement complet du liquide, décantez la pariie claire, que vous conservez dans un endroit frais et obscur; pouriodurer ce collodion, ajoulez à 100 centimètres cubes de ce

(ij Formule de M, Maxwell Lyte.

collodioli nornial, 33 centimètres cubes de la solution iodurée suivante :

Alcool à

lodure de sodium 2®'’, 70

lodiire de cadmium 5

Bromure de cadmium.. . . 1 , 7^

Ap rès avoir bien agité le mélange, laissez reposer douze heures ou plus avant de vous en servir.

5" On peut encore faire le collodion en préparant Tiodure de cadmium dans le collodion même. 11 suffit pour cela d’introduire de l’iode et des lames de cadmium dans le collodion normal, et d’abandonner à l’abri de la lumière jusqu’à décoloration presque complète.

Éther reclitié à 62" 67^*"

Coton-poudre U*”

Alcool à 4o“ • 33^*"

Iode pur en paillettes 0,6

(Cadmium laminé un excès.

On retire ensuite le cadmium lorsque le collodion n’a plus qu’une teinte très-légère.

On peut varier à rinfini ces diverses formules, les mélanger les unes avec les autres; on arrive ainsi souvent à améliorer des collodions qui donnaient de mauvais résullats. Le succès, nous le répétons, dépend beaucoup moins de la formule employée que de la pureté des produits.

Nota. J® Quand on prépare chaque fois les mêmes tjuantités de collodion, il est commode de se servir toujours du même flacon; on mesure lors du premier dosage la quantité d’éther né(T‘ssaire, on marque d’un trait, soit à la lim(‘, soit au diamanl, le point d’affleurement du li- <juid(‘. Quand on a ajouté ralcool, on martpic de même l(‘ sc(a)iîd pffint (‘I, dans loulcs l(^s préparations suivantes.

COLf.ODlOIN.

011 mesure les liquides direetement dans le tlacoii d’après les points d’aflleurement tracés, ce qui constitue une économie de temps très-grande.

2*^ Nous conseillons de préparer le collodion douze heures au moins a l’avance pour qu’il puisse s’éclaircir de lui-même; mais il arrive souvent qu’on veut l’employer tout de suite, il est alors nécessaire de le filtrer. Cette opération se fait souvent assez mal sur un filtre, on opère mieux sur un tampon de coton tassé au fond d’un entonnoir; et la filtration, qui marche d’abord rapidement, s’arrête, bientôt ne se fait plus que goutte à goutte; l’étlier et l’alcool se vaporisant inégalement, les proportions de la formule primitive sont changées et le produit se trouve ainsi altéré; il faut avoir le soin de couvrir l’entonnoir avec une glace fermant presque hermétiquement: on pourra se servir avec avantage de l’appareil de M. Gaillard que nous avons décrit p. 53.

§ 95. Préparation du bain d’argent. — Le collodion induré, que l’on a le tort d’appeler souvent collodion sensibilisé, n’est pas sensible a la lumière dans le sens photographique de ce mot; pour devenir sensible, il faut que les iodures solubles qui entrent dans sa composition soient transformés en iodure d’argent; il suffit pour cela d’immerger la glace recouverte de la couche de collodion dans un bain d’azotate d’argent (i ). Les photographes peuvent faire eux-mémes l’azotate d’argent [voir au Vocabulaire ), mais on le trouve pur dans le commerce des produits chimiques à un prix qui n’excède que de bien peu le prix de revient du laboratoire.

(i) On peut employei indifféremment la dénomination d’azotate ou de nitrate d’argent, ces deux mots représentent un seul et môme cor[ts. Cependant nous admettrons de (>référenre le mot nzotaic.

Le bain se compose d’une solution d’azotate d’argent dans l’eau distillée. Si on employait l’eau ordinaire, on aurait un précipité plus ou moins abondant, dû à la présence des chlorures et carbonates en solution qui se transforment alors en cblorure et carbonate d’argent insolubles. L’eau de pluie convenablement recueillie peut toujours en photographie remplacer beau distillée; enfin, a défaut d’eau de pluie ou d’eau distillée, on emploie l’eau ordinaire lorsqu’elle ne donne pas un précipité trop abondant, les parties insolubles qui troublent le liquide sont éliminées par filtration et mises aux résidus.

La dose de l’azotate d’argent peut varier de 5 a i o grammes pour loü centimètres cubes d’eau. La formule moyenne est de 7 à 8 grammes.

Pour les reproductions de paysages elle peut tomber jusqu’à 3 grammes seulement, mais il arrive souvent alors que l’épreuve n’est pas assez vigoureuse.

Lorsque le temps est froid, les réactions sont plus lentes; on doit alors augmenter la dose d’azotate d’argent, qu’il faut au contraire diminuer dans les temps de chaleur.

Ün bain d’azotate d’argent neuf présente, suivant le produit emplové, une réaction acide, ou neutre, ou alcaline; avec l’azotate d’argent cristallisé, le plus souvent la réaction est légèiaunent acide, à nmins que le sel parfailement séché au-dessus de i3o‘^ n’ait été ensuite redissous et cristallisé dans l’eau distillée. Il pourra alors être neutre au papier de tournesol; il en sera de même s’il a été fondu avec beaucoup de soin; mais lorsque la température de fusion a été un peu dépassée, il se fait un comnumcement de décomposition, Fazotaie d’argent prend la réaction alcalim' cl ramime au l)lcu le tournesol rougi.

Avccunl)ain légetamienl acide, on oblieni plus facile-

GOLLODIOIN.

ment des épreuves propres et nettes ; e’est une eondition première pour les épreuves positives directes, mais en général la sensibilité de la préparation et l’intensité de l’image sont moins grandes. La neutralité du bain est l’état le plus favorable; avec un bain qui est devenu alealin, soit spontanément, soit par des causes aecidentelles, la surface sensible noircit coniplétement sous l’influence des agents réducteurs.

Selon M. Hardwich, l’azotate d’argent peut renfermer des matières organiques très-nuisibles aux opérations photographiques; cela peut être vrai pour le sel cristallisé, mais nous ne pensons pas que les matières organiques puissent résister à l’action du nitrate d’argent maintenu à l’état de fusion.

Lorsque le bain a servi pendant quelque temps, ses qualités peuvent changer, soit qu’il s’améliore, soit qu’il s’altère.

D’abord il se charge d’une petite quantité d’iodure d’argent; ce sel, insoluble dans l’eau, est en effet soluble dans une solution d’azotate d’argent et en (juantité d’autant plus considérable que cette solution est plus concentrée; en effet si on ajoute de l’eau distillée à un bain d’argent qui a servi à quelques préparations indurées, il se fait immédiatement un trouble dû à Liodure d’argent insoluble dans une solution moins concentrée, mais qui se redissout aussitôt si on ajoute au liquide une nouvelle dose d’azotate d’argent.

Chaque glace immergée apporte son contingent d’alcool et d’éther. Ces substances n’ont aucune action nuisible.

Mais si le collodion que l’on emploie est alcalin, commis cela arrive quelquefois par suite de l’addition de quelques gouttes d’une solution ammoniacale, il peut altérer le

bain et celui-ci donnera des surfaces sensil)les qui noirciront inimédiatenient sous les agents révélateurs, même sans avoir vu le jour. Si au contraire le collodion renferme de l’iode libre, ce dernier mettra en liberté un peu d’acide nitrique dans le bain.

Quelques gouttes d’une solution d’acide gallique ou pyrogallique, ou de sulfate de protoxyde de fer qui tomberaient dans le bain d’argent, l’altéreraient immédiatement et on n’obtiendrait plus que des images très-faibles et voilées. (En conséquence on doit toujours avoir le soin de couvrir la cuvette dans laquelle est le bain, pour éviter qu’il ne soit altéré par des éclaboussures au moment du développement. ) Cependant lorsque le bain d’argent a été ainsi altéré, on peut le ramener à un état convenable en le faisant bouillir dans une capsule de porcelaine ou dans une fiole à fond plat (dite fiole à médecine), en ayant le soin d’ajouter quelques gouttes d’acide nitrique. On sature l’excès d’acide par un peu de craie en poudre et on filtre. Après refroidissement ce bain peut servir de^ nouveau. S’il ne donnait pas des épreuves parfaitement propres, on y ajouterait avec beaucoup de ménagement et goutte a goutte, en essayant ciiaque fois, de l’acide acétique, préalablement étendu de dix fois son volume d’eau distillée.

On a proposé d’additionner le bain d’argent d’un peu d’acétate de soude, mais en minime proportion, sans cela il se ferait immédiatement un précipité d’acétate d’argent (ce dernier corps étant peu soluble), les acides plus énergiques que l’acide acétique qui viendraient accidentellement a être mélangés au bain se trouvent ainsi saturés (;t remplacés par l’acide acétique.

Eniin quelques photographes ont eu l’idée de composer divers mélanges poui‘ augmenter la sensibilité du

COLLODION

gent ordinaire, nous donnons ici une Idrinuie qui nous a été communiquée il y a quelques années :

Eau distillée

Azotate d’argent

Eau distillée

Sous-acétate de plomb.

25gr j faites dissoudre d’une pari.

^ / faites dissoudre d’autre parf.

Ajoutez quatre gouttes d’acide nitrique, mélangez les deux liquides, faites bouillir et filtrez après refroidissement.

§ 96. Préparation des bains réducteurs ou révélateurs. — Après l’exposition à la chambre noire, l’image est invisible; elle apparaît sous l’influence de réactifs qui ont la propriété de réduire l’azotate d’argent, comme nous l’avons expliqué § 77 et suivants. Les réactifs de cet ordre les plus employés pour le collodion humide sont le sulfate de protoxyde de fer et l’acide pyrogallique, rarement l’acide gallique.

Le sulfate de protoxyde de fer est employé a l’état de solution plus ou moins étendue. Si l’on se sert d’une dissolution saturée, l’image apparaît d’un coup, la réduction se fait aussitôt, et l’épreuve n’a pas le temps de se développer assez pour donner des parties noires vigoureuses; si on emploie une solution très-étendue additionnée d’acide acétique, elle se fait d’une manière beaucoup plus lente, l’image apparaît successivement avec plus d’opposition entre les blancs et les noirs.

On prépare cette solution de la manière suivante :

Eau saturée du sulfate de protoxyde de fer. too^^

Eau ordinaire (loo à 700

\cide acéti(|ue cristal!isal)ie . • 20

Alcool à 36*’ 20

On peut remplacer l’acide acétique cristallisable par l’aeide pyruligueux épuré du commerce, mais on doit alors doubler la proportion, l’acide pyroligneux étant de l’acide aeétique non concentré. On peut préparer à l’avance une assez grande quantité de cette solution, qui semble plutôt s’améliorer que s’amoindrir avee le temps. L’addition de l’alcool est nécessaire pour répandre régulièrement le liquide sur la coucbe du collodion. En effet, celle-ci en sortant du bain d’argent est imprégnée d’un mélange d’eau, d’alcool et d’éther, et elle repousse soit l’eau pure, soit les solutions non additionnées d’alcool, et si on ne prenait la précaution d’ajouter de l’alcool on aurait des marbrures et des taches nombreuses.

Avec ce liquide l’image doit se développerrapidement, mais non d’un seul coup: souvent le développement est complet en quelques secondes et assez vigoureux pour qu’il ne soit pas nécessaire de renforcer l’épreuve ; mais souvent aussi l’image apparaît trop faible par transparence, et il est nécessaire de la remonter par un des procédés indiqués plus loin.

L’acide pyrogallique en solution très-étendue est employé également bien pour développer les épreuves : il fait apparaître l’image moins rapidement, maisil permet souvent de lui donner plus de vigueur. Les proportions du mélange employé sont les suivantes :

Eau ■2^0'^^'

Acide pyrogallique i®*’

Acide acérujiie cristallisable. 2{f'^

Acide ci ni que i®’’

Alcool 20^^

‘L’emploi de l’acide citrique proposé par M. Gaillard

COLLODION. I2

est excellent: avec cet acide on obtient des clichés noirsbleus d’une très-grande pureté et d’une très-grande transparence. On doit même se méfier un peu de cette coloration bleue perméable a la lumière, et les clichés développés avec addition d’acide citrique doivent être plus poussés que ceux que fon développe avec addition d’acide acétique; l’acide citrique présente encore cet avantage d’être un corps solide, d’un transport facile et absolument sans odeur. Il faut avoir soin, pour que le liquide se répande uniformément sur la glace, d’ajouter une certaine quantité d’alcool ; cette addition n’est pas nécessaire lorsqu’on se sert d’acide acétique, parce que celui-ci ajouté en quantité assez considérable joue le double rôle de l’acide et de l’alcool.

On peut enfin employer pour faire apparaître les épreuves une solution saturée d’acide gallique ; sous ce réactif l’épreuve sort immédiatement, mais ne prend pas d’intensité; on fait écouler le liquide qui est sur la glace dans un verre, et on ajoute quelques gouttes d’une solution étendue de sous-acétate de plomb. Il se fait un précipité caséeux de gallate de plomb, un peu d’acide acétique est mis en liberté, et en reversant le mélange sur la glace on finit par obtenir des épreuves très-vigoureuses avec un temps de pose relativement très-court (i).

§ 97. Bains de fixage. — Les agents fixateurs sont l’hyposulfite de soude et le cyanure de potassium. Nous donnons la préférence au premier. L’hyposulfite de soude en effet est moins énergique, il n’attaque pas les demiteintes comme le fait le cyanure de potassium, et son emploi ne présente pas les mêmes dangers (2).

(i) Ce procédé a été indiqué par M. Frank de Yillecholes.

(y.) Le cyanure de potassium est un des plus violents poisons que con-

l3o DEUXIÈME PARTIE.

L’iiyposulfite de soude s’emploie souvent en solulion très-concentrée, même a saturation, mais alors le liquide est presque sirupeux. Nous préférons la formule suivante :

Eau filtrée ordinaire. . . . roo^*' îlyposuliile de soude . . . 'iS

Nota. On doit avoir la précaution, chaque fois que les mains ont touché de l’hyposulfite de soude, de les laver avec le plus grand soin, car les moindres traces de ce sel donnent avec le nitrate d’argent, lorsqu’il est en excès, des taches d’un noir intense après le développement, et l’on pourrait ainsi perdre toutes les épreuves qui suivraient un premier fixage.

§ 98. Vernis. — Lorsque le cliché est sec, on peut s’en servir immédiatement pour tirer des épreuves positives; mais la couche de collodion adhérente à la glace s’altère et s’éraille avec la plus grande facilité. Il est donc nécessaire, toutes les fois que l’on tient a un cliché, de le recouvrir d’un vernis qui puisse le mettre a l’abri de frottements.

Si l’on ne doit tirer que quelques épreuves et détruire l’image ensuite, une solution de lo parties de gomme arabique dans loo parties d’eau sera suffisante; l’avantage que présente ce vernis est de pouvoir être enlevé par un simple lavage a l’eau. Si l’on désire une solidité plus grande et un vernis qui puisse résister à un tirage mul-

naisse la chimie; son odeur agit déjà suffisamment sur certains tempéra ments pour causer de graves malaises; un llacon de cyanure de potassium" devient un danger réel dans un laboratoire, et nous pensons qu’on doit en ])roscrire- complètement l’usage. Si l’on veut s’en servir, ce ne doit être (|u’en solution très-étendue, à la dose de 2 parties de cyanure pour 100 d’eau. -

COLLODION

tiplié, il faudra prendre une des formules suivantes (i) : Vernis au benjoin.

Benjoin

Alcool à loo'"*'

faites dissoudre el filtrez (‘2).

Vernis au copal.

Vernis au copal du commerce. . . i partie. Benzine 2

Vernis à V ambre. — Prenez de Pambre jaune préalablement fondu à un feu vif, dans un vase couvert, et dissolvez ensuite dans la benzine (3). Les proportions ne peuvent être précisées, il faut essayer les quantités, car l’ambre fondu est plus ou moins soluble dans la benzine.

Nous employons de préférence le vernis au benjoin; appliqué à cbaud,il donne une couche brillante, et le cliché gagne en transparence; appliqué à froid, il donne une couche mate, et le cliché gagne au contraire en opacité, ce qui permet de modifier les effets que l’on veut obtenir. Enfin quelques gouttes d’alcool sur un tampon de coton suffisent pour l’enlever lorsque l’on veut nettoyer la glace.

Le vernis a l’ambre fondu dissous dans la benzine, lorsqu’il est bien réussi, est le meilleur de tous; il s’applique à une très-faible chaleur, il est très-résistant, et la haute température à laquelle peut arriver la glace dans le châssis positif n’a sur lui aucune influence.

(1) On trouve dans le commerce différents vernis, notamment le vernis de Soehnée, qui sont d’un excellent emploi.

(2) Communiqué par M. Gaillard.

(3) Communiqué par M. Naya de Venise.

l'^2 DEUXIÈME PARTIE.

On le préférera pour les clichés qui doivent fournir le plus long tirage possible; pour l’enlever, il faut laver la glace à la benzine. . -

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