‹ Chimie photographique (volume 2)Chapitre 23 sur 96 · PROCÉDÉS OPÉRATOIRES · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS OPÉRATOIRES

§ 99. Nettoyage des glaces. — On peut se servir de glaces ou de verres de première qualité pour étendre la couche de collodion. La glace offre sur le verre l’avantage d’être parfaitement plane, bien polie, exempte d’aspérités et de bulles : elle est donc supérieure à ce dernier pour obtenir de beaux négatifs ; le verre au contraire offre presque toujours une surface moins polie, légèrementcourbe, ce qui ne nuit pas sensiblement a la pureté du cliché, mais est souvent une cause de dérangement dans la mise au point, ou de rupture par la pression dans le châssis positif: il faut donc, si on emploie du verre, avoir soin de le choisir assez mince pour qu’une légère pression sur les bords puisse en redresser la courbure et même le courber en sens contraire. Ce verre doit être autant que possible exempt de stries, de bulles et surtout de rayures profondes qu’il est très-difficile de nettoyer.

Les glaces ou les verres dont on veut se servir doivent être d’abord lavés à grande eau de manière a enlever toutes les empreintes visibles; il faut que l’eau s’y étende bien uniformément. Si elle refuse de couler également, c’est qu’il y a sur la surface quelques substances grasses; on doit alors employer pour le lavage de l’eau additionnée

GOLLODION.

d’un peu de potasse ou d’un peu d’ammoniaque, et bien rincer. Après ce bain alcalin, on fait égoutter les glaces pendant quelques instants en les dressant contre le mur et posant le bord inférieur sur un morceau de papier buvard, puis 00 les essuie et des sèche avec un linge fin ou avec quelques tampons de papier Joseph; on procède ensuite au nettoyage définitif.

On place la glace à nettoyer dans le cadre, ou presse a vis, spécialement inventée pour cet usage (fig. 21), et

(Fig. QI.)

après l’avoir solidement assujettie au moyen de la vis de pression, on projette sur la surface a nettoyer un ptni du mélange suivant :

Eau .. 1008'

Terre pourrie 25

Acide nitrique 3 à d*"*"

Avec un morceau de molleton de coton, on étend ce mélange sur toute la surface, et on frictionne en rond de manière a enlever toutes les impuretés; sans laisser sécher on prend un second tampon de la même étoffe, et par un frottement rapide et rectiligne, on enlève toute la terre pourrie en commençant par le bas de la glace et montant à mesure jusqu’à l’autre extrémité. Une légère pression des doigts qui maintiennent le iampou, tandis que le

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reste de l’étoffe s’étend. sous la paume de la main, facilite beaucoup cette opération; de cette manière les doigts enlèvent la terre pourrie, et la paume de la main polit en quelque sorte la glace, qui après cette opération doit être parfaitement nette et prête à servir. On peut comme surcroît de précautions donner à la glace un dernier coup avec un tampon neuf, ne servant qu’à cet usage. Les morceaux d’étoffe doivent toujours être assez grands pour que la main ne porte directement sur aucun point sur la glace. .

Nous préférons pour cette opération le molleton au coton cardé; ce dernier a l’inconvénient de donner des peluches et d’essuyer beaucoup moins bien 'qu’une étoffe.

Quelques personnes préfèrent employer pour le nettoyage un mélange d’alcool et de terre pourrie, d’autres y ajoutent de l’ammoniaque; le résultat ne nous à jamais paru meilleur et le procédé que nous indiquons réussit parfaitement.

Si les glaces ont été antérieurement vernies, ou préparées avec de la gélatine ou de l’albumine, il faut commencer par les débarrasser de cette couche excessivement dure, en les laissant quelques minutes dans une solution de potasse ou de soude caustique et en les lavant après; il suffit alors de gratter un peu avec un couteau à palette pour enlever toutes les matières adhérentes et mettre la glace à nu. Le nettoyage des glaces peut être fait quelques heures à l’avance; elles se conservent propres si on à le soin de les mettre à l’abri de la poussière. Cependant pour quelques procédés, comme le collodion sec ou le collodion albuminé, il est préférable de les nettoyer à mesure.

§ 100. Application fin collodion — La glace étant par-

COLLODÎON.

laitement propre, il faut la couvrir de collodion d’une manière régulière sur toute la surface : cette opération demande un peu d’habitude; si la glace n’excède pas 3o centimètres de côté, elle peut se faire seulement a la main. On prend la glace de la main gauche, on la soutient en dessus par le pouce et en dessous parles autres doigts, en ayant le soin d’intercaler plusieurs doubles de buvard pour empêcher qu’elle ne s’échauffe par places, ce qui produirait infailliblement des taches.

La glace étant tenue ainsi horizontalement, on passe d’abord a la surface un blaireau fin pour enlever toutes les poussières, on prend le flacon de collodion, dont on a essuyé le goulot pour enlever la poussière, on verse le collodion sur le point A (fig. 22) d’une manière régu-

lière et continue, de telle sorte que la liqueur s’étende en rond; on cesse de verser quand le liquide arrive a

l’angle gauche supérieur, et en même temps on incline légèrement la glace à gauche; le liquide vient en B, puis en C, on penche un peu sur soi et on incline de manière à faire couler lentement l’excédant par l’angle D : si on renversait trop vite, la couche serait irrégulière. On doit autant que possible, lorsqu’on verse le collodion, avoir soin qu’il n’en passe pas sous la glace et qu’il n’en vienne pas jusqu’au pouce qui la maintient.

Pendant qu’on reverse l’excédant du liquide, on voit toute la couche se couvrir de stries dans le sens du courant; pour les faire disparaître complètement, il suffit de taire osciller la glace de gauche à droite en maintenant l’angle dans le goulot du flacon. Il faut toutefois que le mouvement d’oscillation ne fasse jamais revenir le bord de la glace incliné vers la droite dans une position telle, qu’il soifincliné vers la gauche, parce qu’ alors tout l’excédant de collodion qui se trouve accumulé sur ce bord reviendrait sur la couche et doublerait son épaisseur. On reçoit le collodion excédant dans un flacon propre et on ne le mélange pas avec l’autre : en effet, sur cette large surface l’éther se vaporise rapidement, et le collodion recueilli dans le flacon renferme relativement beaucoup plus d’alcool qu’il n’en renfermait auparavant, il est plus dense; si on le reversait dans le flacon dont on veut faire usage pour les glaces suivantes, on agiterait le fond du liquide, le mélange des deux collodions se ferait inégalement et, ne présentant plus une masse homogène, il donnerait des couches inégales et moutonneuses.

La série de mouvements par lesquels on couvre la glace avec le collodion doit se faire sans secousses, sans temps d’arrêt, de telle manière que le liquide ne revienne jamais sur lui-même. Si l’on a de larges surfaces à préparer, on disposera dans le goulot d’une hou teille un tampon fortement

GOLLODION. 139

serré ou un bouchon de liège arrondi, et on mettra en équilibre sur ce support le milieu de la glace a collodionner; tout le poids se trouvant ainsi supporté, on manœuvrera de la main gauche comme nous venons de l’expliquer, en versant le collodion de la main droite. Il est encore très-commode de prendre dans la main gauche un tampon d’étoffe, un mouchoir par exemple, de poser dessus le milieu de la glace et d’étendre le collodion comme nous venons de le dire; de cette manière on peut couvrir toute la surface sans qu’aucun angle soit endommagé par l’application du pouce.

Lorsque le collodion est étendu, la vaporisation de l’éther produit un grand froid, et immédiatement l’humidité de l’atmosphère vient se condenser sur les surfaces refroidies, le côté non préparé se recouvre d’une légère buée qui donne à la glace un aspect mat, la surface collodionnée reçoit aussi une certaine quantité d’humidité qui doit intluer sur les inconstances que présente l’emploi du collodion; mais jusqu’ici cette influence n’a pas encore été nettement appréciée.

On doit avant de plonger la glace dans l’azotate d’argent attendre que le collodion ait pris assez de consistance, il suffit pour cela de quelques secondes; si la couche était trop humide ou trop sèche, l’action du bain d’argent serait inégale et incomplète : l’hahitude sert de guide dans cette manipulation.

§ 101.' Sensibilisation de la couehe de collodion . — Le bain d’azotate d’argent étant préparé, on le filtre et il est bon pour sensibiliser la couche de collodion. Comme cette opération doit être faite régulièrement, sans temps d’arrêt et sans bulles, ce qui offre un peu de difficulté, nous citerons les divers procédés imaginés pour y parvenir.

l4o DEUXIÈME PARTIE.

On emploie soit l’affleurement de la face collodionnée sur le liquide, soit l’immersion complète de la ghce dans la cuvette horizontale, soit l’immersion dans une cuvette verticale.

Affleurement sur le bain. — On prend une cuvette à fond de verre et mieux à fond de glace entouré d’un cadre de bois verni {fig. ^3); on la pose sur la table.

(Fig. 23.)

non pas à plat, mais en l’élevant avec une planchette ou une règle de manière à l’incliner vers soi (le côté qui est près de l’opérateur étant le plus bas et celui qui est à l’opposé étant élevé d’environ 2 centimètres). Dans cette cuvette bien nettoyée et ne devant jamais servir qu’à mettre des bains d’argent, on filtre la quantité nécessaire pour que le liquide en couvre la moitié et laisse à sec la moitié la plus élevée.

On prend alors la glace préparée au collodion, on la retourne de manière que le coin par lequel s’est écoulé le collodion soit à la partie supérieure, on la place verticalement dans la cuvette de sorte que le bord inférieur trempe seul dans le liquide, que la face collodionnée soit tournée du côté de la cuvette et non du côté de Topéra-

COLLODÏON.

leur, on maintient le bord supérieur avec un crochet de baleine ou mieux d’argent, et avec ce crochet on abaisse complètement la glace d’un mouvement régulier, sans temps d’arrêt; le liquide, par la seule force capillaire, monte facilement entre la glace et la cuvette sans interposition d’une seule bulle d’air. On abandonne alors la glace, qui, posée sur son crochet, se trouve assez éloignée du fond pour qu’il n’y ait point contact entre les deux surfaces; il faut pour cela que le crochet soit assez petit pour être facilement maintenu par le poids de la glace. Le' crochet d’argent A que nous employons nous

paraît préférable au crochet de baleine coudée, parce que celle-ci se ramollit par l’action continue des liquides, peut laisser retomber les glaces, et ne présente pas en général assez de fermeté pour permettre de reprendre une glace que l’on aurait laissé échapper dans le bain.

On laisse ainsi la glace dans le bain pendant une minute environ jusqu’à ce que la teinte opaline n’augmente plus; on la relève et on voit que le liquide n’en mouille pas régulièrement la surluce, mais se divise par veines d’une apparence huileuse. Il faut alors l’abaisser, la relever plusieurs fois de suite jusqu’à ce que cet aspect huileux ait complètement disparu et que la surface soit mouillée uniformément. On relève la glace, on la laisse égoutter au-dessus du bain pendant quelques secondes et on la met dans le châssis.

Ce procédé présente les avantages suivants : Emploi d’une très-petite quantité de bain (i5o centimètres cubes de liquide suffisent pour des glaces d’un quart de feuille, soit 27), plus de facilité et de propreté dans les

manipulations, la glace n’étant mouillée que d’un seul côté; mais, par contre, le bain s’épuise beaucoup plus vite et se sature très-promptement d’alcool et d’éther par

cela seul que la masse en est moins considérable. Il est facile de remédier à l’épuisement en ajoutant une préparation neuve dans laquelle on a forcé un peu la dose du nitrate d’argent (soit a lo pour loo), et on se débarrasse facilement de l’alcool et de l’étber en faisant bouillir le bain pendant quelque temps; on le ramène à son volume primitif par addition d’eau distillée. Nous devons ajouter que ce procédé donne quelquefois des réductions d’argent sur la glace, si on n’a pas eu le soin d’écrémer le bain en passant à la surface une feuille de papier.

Immersion complète dans la cmette horizontale. — 11 faut employer, pour cette opération, une cuvette qui soit d’un quart environ plus longue que les glaces a sensibiliser. Cette partie plus longue de la cuvette est couverte par une bande de verre exactement collée et maintenue sur les bords, de telle sorte qu’en soulevant la cuvette par l’extrémité opposée tout le liquide vienne se placer dans cette espèce de caisse. On verse dans la cuvette placée horizontalement assez de liquide pour qu’il y en ait près d’un centimètre d’épaisseur; il faut, pour des glaces de 2 1 X 27, environ 65o à ySo centimètres cubes de bain. Soulevant alors la cuvette de la main droite, on envoie tout le liquide dans la partie fermée; avec la main gauche on place la glace, le collodion en dessus, sur la partie de la cuvette restée a découvert, et on abaisse aussitôt la main droite de manière que le bain sensibilisateur vienne recouvrir d’un coup toute la surface collodionnée. On agitte la cuvette, en découvrant la glace de temps en temps pour voir si elle a perdu son aspect huileux, on la retire au moyen du crochet, on la fait égoutter, on essuie l’envers avec un peu de papier joseph ; elle est alors prête à servir.

Emploi de la ciicette verticale. — La cuvette verticale

COLLODION

iZ,3

est faite soit en verre moulé d’une seule pièce, soit en gutta-percha, soit en glaces collées ou même en porcelaine; c’est une caisse ayant la hauteur et la largeur des plus grandes glaces que l’on veut sensibiliser et une épaisseur de 2 à 3 centimètres. On y verse la quantité de liquide nécessaire pour que la glace, étant plongée, baigne complètement sans faire déborder, et on immerge celle-ci au moyen d’un crochet en verre ou en gutta-percba. Le reste des manipulations est le même que ci-dessus. Nous ne nous servons pas ordinairement de ces cuvettes verticales préférées cependant par beaucoup de personnes. Elles nécessitent des quantités de bain considérables, car si on les suppose épaisses seulement de i 4centimètre, et il est rare que ces cuvettes n’aient pas une épaisseur beaucoup plus considérable, nous voyons que pour des glaces de x 27 il faut i litre de liquide; en outre elles ne peuvent servir qu’à ce seul usage et sont difficiles à remplacer.

Toutefois pour un travail courant de chaque jour, comme cela a lieu pour les photographes de profession, la cuvette verticale sera peut-être la meilleure; la cuvette à recouvrement sera préférée parles amateurs; le procédé d’affleurement convient surtout à celui qui, variant continuellement ses essais, doit chercher à économiser les bains.

§ 102. Exposition à la chambre noire. — La glace sensibilisée, convenablement égouttée, est placée encore tout humide dans le châssis, qui doit toujours être maintenu incliné dans le sens de l’écoulement du liquide,, afin d’éviter que l’azotate d’argent revienne sur luimême, ce qui serait une cause incessante de taches. 11 faut donc tenir compte, tant en faisant égoutter la glace

l44 DEUXIÈME PARTIE.

qa’en la plaçant dans le châssis, de la position qu’elle doit avoir dans la chambre noire, soit en hauteur, soit en largeur. La glace sensible, nous l’avons dit en parlant du matériel photographique, ne doit porter que sur les quatre angles' et nullement toucher par les bords, et encore les quatre, coins du châssis doivent-ils être enduits de gomme laque ou de gutta-percha. On pose sur l’envers des glaces une feuille de gros buvard, dont la partie inférieure excède un peu le bord, pour absorber l’excès d’azotate d’argent, et fermant le châssis, on le porte à la chambre noire.

Il convient, avant de préparer la glace ou pendant la sensibilisation dans le bain de nitrate d’argent, de déterminer sur la glace dépolie la mise au point de l’objet à reproduire. S’il s’agit de paysage, la netteté portera surtout sur les premiers plans; on obtiendra ainsi plus d’effet et de perspective. Si l’on fait une reproduction de tableau, de dessin ou gravure, on a soin que les plans verticaux du tableau et de l’objectif soient parfaitement parallèles et que le centre de l’objectif soit sur le même axe que le centre du tableau; enfin on s’attache a rechercher la plus grande netteté possible au centre et aux extrémités. Pour le portrait, c’est au goût de l’opérateur a poser convenablement son modèle, à l’éclairer de la manière la plus avantageuse. Il ne nous appartient en aucune façon de donner des conseils à ce sujet: une pose naturelle et facile, un éclairage disposé de telle sorte que les ombres soient très-adoucies parce que toujours elles seront exagérées par la reproduction, une étude convenable du jour de l’atelier, sont des préceptes généraux connus de tous. Il ne faut pas non plus forcer la dimension que peut donner l’objectif : on aurait ainsi des déformations considérables; la netteté doit toujours être plutôt eu avant qu'en arrière des par-

COLLODION

lies les plus saillantes de la figure. Enfin il y a lieu de faire en toutes circonstances la part des sacrifices nécessaires a l’instrument qui souvent ne peut pas rendre l’image telle qu’on voudrait l’obtenir.

Lorsqu’on apporte la glace sensibilisée dans son châssis, on jette un coup d’œil sur la glace dépolie pour voir s’il n’y a pas eu de changement dans la mise au point, et celle-ci étant arrêtée d’une manière rigoureuse, on substitue le châssis a la glace dépolie, on lève la planchette, on découvre l’objectif, et l’on compte le temps d’exposition, qui ne saurait être déterminé que par l’habitude et peut varier de l’instantanéité à plusieurs minutes, suivant l’objectif, les diaphragmes, la lumière, l’objet à reproduire;, etc., etc.

Il est bon, pour la régularité des opérations, d’avoir un compteur qui marque les secondes; a défaut de compteur, on peut en faire un avec un fil d’un mètre de long auquel on pend une balle de plomb : on a ainsi un pendule dont l’oscillation marque assez bien la seconde. Pour avoir une épreuve négative qui représente l’ensemble de l’objet a reproduire, il faut toujours poser plutôt trop longtemps que pas assez; un temps de pose trop court donne des oppositions du blanc au noir trop dures, trop heurtées, manquant de détails dans les ombres et les demiteintes; une pose trop longue donne au contraire un ensemble complet, mais souvent trop uniforme : il faut donc apprécier le temps de pose d’après les objets a reproduire et d’après les effets que l’on veut obtenir.

§ 103. Développement de limage, — L’exposition terminée, on rapporte le châssis dans la pièce obscure eu ayant soin de le maintenir toujours dans le même sens, pour éviter le retour du liquide, ce qui produirait infail-

lO

i46 deuxième partie.

liblement des taches, on retire la glace du châssis, et on la retourna pour que la face collodionnée soit en dessus; on la inet soit sur le pistolet porte-glace [fig> 24),

(Fg. 2/i )

que l’on emploie de préférence en campagne parce qu’il prend moins déplacé, soit sur un cadre â poignée (^^.25),

(Fig. 25.)

qui est généralement employée dans l’atelier. On pourrait également tenir la glace â la main ; mais comme les réactifs agissent sur la peau, celle-ci, après quelques opérations, se trouve littéralement teinte en noir : il est donc préférable d’employer un support quelconque. L’image, invisible jusque-là, est ensuite développée par l’un des procédés suivants.

Le mode de développement le plus généralement adopté consiste dans l’emploi de la solution de sulfate de protoxyde de fer étendue, vulgairement bain de fer, § 96. On met soit dans un verre à fond plat à bec, dit vase à précipiter [fig^ 26), soit dans tout autre vase

(Fig. 26.)

COLLOUION.

qui puisse veeseï* régulièreiueiil une quaiUité du bain de fer plus que suffisante pour eouvrir la. glace en une seule nappe, et, coniniençant par le coté qui était dans le haut du châssis, on verse hardiment et d’un coup cette solution, non pas sur le milieu de la glace, mais sur le bord, de manière que la nappe liquide coule uniformément sur toute surface et déverse par le bord opposé, puis relevant immédiatement la main avant que la solution ait pu s’écouler en totalité, on promène le liquide sur toute la surface et on voit apparaitre l’image.

Il y a dans cette opération une sorte de tour de main dont il faut se rendTe maître, sans quoi les plus belles épreuves pourraient être gâtées par des taches de différente nature. Ainsi lorsqu’on verse le liquide sur un même point, le nitrate d’argent qui reste sur l’épreuve et qui est nécessaire au développement, se trouve chassé de la place sur laquelle tombe le bain réducteur, et le développement ne se faisant a cet endroit que d’une manière très-faible, il reste une partie beaucoup plus transparente que les autres. Si la nappe, au lien de couler régulièrement, se divise en plusieurs parties, qui viennent ensuite se rejoindre, chacune de ces jonctions est marquée par une raie noire ou des jaspures qui indiquent qu’à ce point le nitrate d’argent, chassé par deux flots de liquide en sens inverse, s’est trouvé réparti d’une manière inégale, et par conséquent a produit des taches. Lorsque l’opération est bien faite et commencée par le bord supérieur, le nitrate d’argent libre accumulé au bord inférieur de la glace est enlevé etj’ejeté au dehors par la nappe de sulfate de fer; mais si on commence à verser cette nappe parce côté même où le liquide est accumulé, au lieu de le rejeter en dehors, on le répartit sur toute la surface d’une

l/\S DEUXIÈME PAETIE.

manière inégale, ce qui est encore une cause de taches. Si enfin les deux liquides refusent de se mêler parce que fun est beaucoup plus alcoolisé que l’autre, il se fait sur toute la surface des marbrures sans nombre, et l’épreuve est perdue; on remédie a cet inconvénient en ajoutant un peu d’alcool au bain de fer.

La nappe étant régulièrement versée et promenée sur toute la surface, en supposant d’ailleurs toutes les autres préparations bien réussies, l’épreuve se dessine plus ou moins rapidement suivant le temps de pose, la température, la nature des produits employés. Si le temps de pose a été trop prolongé, toute la surface devient grise d’une manière uniforme; s’il a ététfop court au contraire, les grandes lumières se marquent seules en noir, et dans les ombres la couche reste, opaline sans qu’aucun détail vienne s’y dessiner même après un temps assez long; si enfin le temps de pose a été convenablement calculé, l’épreuve ne doit venir que successivement: les grandes lumières se développent d’abord, puis les demi-teintes, les moindres détails apparaissent peu à peu, même dans les parties les moins éclairées, enfin la couche peut s’égaliser en apparence d’une manière générale ; mais si on regarde par transparence, on voit l’image dans toute sa pureté. Si, pendant le temps nécessaire à ce développement, la solution de fer est restée en trop minime quantité sur la glace, on en ajoute de nouveau, en ayant le soin, par un mouvement de la main, d’opérer aussitôt un mélange général; il ne faut pas oublier toutefois que l’image ne se développe que grâce à l’azotate d’argent dont la couche de collodion est imprégnée, et qu’un trop grand excès de la solution de fer équivaudrait à un lavage et ne pourrait produire un développement #onveiud)le.

COLLODrON.

La venue de Lépreuve doit être surveillée par transparence, aussi cette opération doit-elle toujours se faire soit près de la fenêtre qui éclaire le laboratoire d’un jour jaune, et mieux encore près d’une lumière artificielle, toujours la même, munie d’un écran jaune (la lumière directe d’une bougie suffirait pour voiler l’épreuve) ; on fait couler dans un verre par l’angle inférieur de la glace le liquide qui la recouvre, on examine l’épreuve par transparence : si elle n’est pas assez venue, on reverse le liquide écoulé, en le faisant tomber de préférence sur les parties plus faibles. Lorsque ce liquide est devenu gris et boueux, on doit le rejeter complètement.

11 arrive souvent qu’après ce premier développement l’épreuve a assez de vigueur, c’est-à-dire que les noirs sont assez opaques (et ils ne doivent pas l’être trop) pour donner une bonne épreuve positive; on procède alors au lavage et au fixage comme il sera dit plus loin.

Mais plus souvent encore l’épreuve, quoique très-belle dans tout son ensemble, manque de la vigueur nécessaire et ne donnerait au tirage que des images positives blafardes sans aucun effet; il est alors nécessaire de la remonter, et on y arrive facilement par différents moyens.

Si l’image est près de la perfection et qu’il soit nécessaire de lui donner seulement un peu plus de ton, on rejette tout le liquide qui couvre la glace et on le remplace par une solution de nitrate d’argent faible (2 grammes d’azotate d’argent pour 100 d’eau additionnéde 5 centimètres cubes d’alcool environ). On maintient le liquide pendant quelque temps sur la glace, puis on verse une nouvelle nappe de bain de fer; le développement recommence alors, l’épreuve prend une vigueur nouvelle, et en alternant ainsi les deux li(}uides, on peut la faire arriver à l’opacité complète. Mais comme nous venons de le dire,

nous préférons employer ce moyen seulement lorsqu’il s’agit d’un renforcement léger. En effet, lorsqu’on exagère ce développement, il se forme des granulations d’argent de plus en plus grosses, qui se détachent sous le courant des liquides et causent des multitudes de petites piqûres à jour dans l’épreuve.

Si l’image beaucoup trop légère doit être renforcée vigoureusement après le bain de fer, on commence par la laver avec soin sous un courant d’eau, puis on verse à la surface un mélange, que l’on fait au moment, de deux tiers environ de la solution d’acide pyrogallique, et un tiers de la solution faible de nitrate d’argent [voir au Formulaire les proportions); on suit alors avec soin Je développement de l’épreuve, et reversant dans un verre le liquide, regardant par transparence, puis remettant le liquide sur- la glace, on laisse agir jusqu’à ce qu’on ait atteint la vigueur voulue (i); le liquide se colore peu à peu en brun: s’il devient trop trouble,* on le remplace par une nouvelle quantité du même mélange. Après cette seconde opération, si l’épreuve n’est pas arrivée au point

(1) Il so présente quelquefois un phénomène assez singulier lorsqu’on fait remonter l’épreuve, l’image se renverse pour ainsi dire, le développement se produit non plus sur les noirs, mais sur les parties restées blanches jusqu’alors, et on obtient une image positive par transparence et par réilexion , à laquelle quelques auteurs ont donné le nom d’image amj)hitjpe. M. le docteur Sabatier a décrit dernièrement le procédé suivant (jui permet de reproduire ce phénomène à volonté et d’obtenir ainsi immédiatement des images positives à la chambre noire : il suffit, aprèsun premier développement ordinaire très-léger, de laver la glace, la couvrir d’une solution d’argent à réaction alcaline, ou d’une faible solution alcaline quelconque, et de recommencer le développement. 11 y a tout lieu de croire que lorsipie ce phénomène se jirésentc accidentellement, on doit en rechercher la cause soit dans le manque d’acidité di* l’a/otate d’argent pour déveloj'tpemcnt, soit dans l’alcalinité passagère des oaux de lavage.

COLLODION

voulu, on peut continuer à la développer, mais elle ne doit pas donner beaucoup d’espoir, elle se salit, et le plus souvent on n’obtient qu’un mauvais résultat.

A la place de la solution pyrogallique ci-dessus on peut

employer la suivante :

Acide gallique 3^'’

Acide pyrogallique. ... i

Acide citrique i

Eau,.

Additionné d’azotate d’argent en solution faible, l’action est plus lente, mais elle paraît donner des noirs plus vigoureux.

Lorsque l’épreuve est convenablement sortie, on la lave avec soin sous le courant d’eau d’un robinet (i) ou avec une fiole à laver [fig- 27 ou 28), en prenant garde que

(Fig. 27 et 28.)

l’eau frappant trop fort, ne passe sous la couche de collodion et ne le détache de la glace; puis après l’avoir égouttée un instant, on procède au fixage.

Pour développer les épreuves sur collodion on emploie également bien la solution faible d’acide pyrogallique additionné soit d’acide acétique, soit d’acide citrique, sans se servir préalablement du bain de fer.

(i) On se sert actuellement dans les ateliers d’un robinet à ressort trèscommode, on le fait manœuvrer avec le pied au moyen d’une pédale et on a ainsi les deux mains libres.

i52 deuxième partie.

On verse cette solution sur la glace, en ayant le soin de l’en couvrir uniformément, puis par une suite de mouvements doux et lents, on fait marcher le liquide sur toute la surface, et on suit le développement de l’épreuve, qui apparaît rapidement quand la solution est acidulée par l’acide acétique et un peu plus lentement si on a employé l’acide citrique. On doit souvent relever la glace, reverser la solution pyrogallique dans le verre, examiner par transparence le développement de l’image, la développer de nouveau en reversant sur le collodion le liquide du verre. La quantité d’azotate d’argent qui imprègne la glace est généralement suffisante pour le développement complet de l’épreuve; cependant si celle-ci ne devenait pas assez vigoureuse, on mettrait dans le verre un peu de solution faible d’azotate d’argent, on ferait écouler dans le même verre le liquide qui baigne la glace et on reverserait le tout sur le collodion. Enfin on arrête l’action lorsqu’elle paraît arrivée à son point; si la solution devient trop trouble, trop boueuse avant la sortie complète de l’épreuve, on recommence avec une nouvelle quantité, mais il faut alors y ajouter tout de suite un tiers environ de la solution faible d’azotate d’argent, celui qui imprégnait la couche de collodion ayant été enlevé ou décomposé par la première opération.

Lorsque l’image est sortie au point voulu, on lave avec soin et de manière à ne pas enlever la couche de collodion, et on porte l’épreuve à fixer.

Si l’épreuve est trop grande pour qu’on puisse la couvrir a la main uniformément avec la solution pyrogallique, on met cette solution dans une cuvette inclinée, comme nous l’avons expliqué § lOJ , et on pose la glace, le collodion en dessous, comme s’il s’agissait de la sensibiliser; on relève et abaisse plusieurs fois de suite avec le crochet

COLLODION

pour mélanger le nitrate de la glace et la solution, et, la laissant à plat, on suit le développement de l’épreuve. Les crochets d’argent qui servent à faire développer les épreuves ne doivent servir a sensibiliser les glaces qu’après avoir été bien lavés et bien essuyés, attendu que la plus petite trace d’acide pyrogallique ou gallique dans le bain d’azotate d’argent suffit pour altérer ce bain, faire sur les épreuves de longues taches dans le sens du crochet et même les voiler complètement.

On peut encore développer l’épreuve par l’acide gallique additionné d’acétate de plomb. ( Voir § 96. )

§ 104. Fixage de Vépreiwe. — L’épreuve convenablement développée, bien lavée à l’eau ordinaire pour enlever la solution qui a servi au développement, contient encore de l’iodure d’argent qui, sous l’influence de la lumière, pourrait noircir et altérer l’effet du cliché; le fixage a pour but d’empêcher cette altération. Il peut se faire de deux manières : i^ en dissolvant l’iodure d’argent; 2° en l’empêchant de noircir. Toutes les fois qu’un négatif est vigoureux, bien réussi, il vaux mieux éliminer complètement Tiodure, on obtiendra plus de transparence. Si au contraire le négatif est faible, il ne faut pas enlever Tiodure, mais seulement anéantir sa sensibilité.

L’épreuve sur collodion lavée avec soin peut supporter la lumière diffuse sans s'altérer; on peut donc l’apporter au jour pour la fixer.

Fixage à lliyposulfite de soude, — On met dans une cuvette la solution d’byposulfite de soude à 25 pour roo d’eau et on y plonge complètement la glace. On peut aussi verser cette solution sur la glace en la maintenant horizontale. On voit peu à peu disparaitre la couche jaune d’iodure d’argent, on soulève la glace à des intervalles rappro-

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chés, et on examine l’envers, quand on ne voit plus de traces jaunes opalines d’iodure d’argent; on relève la glace et on la lave a grande eau, si cela se peut, sous le robinet d’une fontaine, en ayant soin, nous le répétons, que l’eau ne frappe pas trop fort sur le collodion, parce qu’on risquerait de le détacher. Nous insistons sur un lavage un peu prolongé; en effet, la couche de collodion est imprégnée d’iiyposulfite de soude, et si on ne lavait que superficiellement, au bout de quelques jours ce sel reviendrait cristalliser à la surface, rongerait l’épreuve, et le cliché serait complètement perdu. Le fixage a l’hyposulfite de soude a sur le cyanure de potassium l’avantage d’attaquer moins l’argent réduit, et par conséquent de respecter mieux les demi-teintes.

L’image fixée à l’hyposulfite de soude apparaît tantôt positive par réflexion, tantôt négative. Cette différence tient à un lavage plus ou moins parfait après le développement par l’acide pyrogallique; si le lavage a été fait avec soin, l’image apparaîtra positive, quoique empâtée par le dépôt d’argent; si le lavage est incomplet, les traces d’acide citrique ou acétique qui restent sur l’épreuve suffisent pour décomposer une faible proportion d’hyposulfite de soude et pour former une certaine quantité de sulfure d’argent qui empêche l’épreuve de prendre l’aspect positif. Cette variation ne se présente jamais avec le cyanure de potassium, qui ne contient pas de soufre et donne toujours l’aspect positif aux épreuves vues par réflexion sur fond noir. L’hyposulfite de soude employé comme agent lixatimr du collodion présente un léger inconvénient : c’est d’obliger l’opérateur à se laver les mains avec soin après chaque lixage, car il suffirait d’avoir sur les doigts quelqiKîs traces de ce réactif pour tacher toutes les glaces que fou prépaiau’ail ensuil(‘.

COLLODIOIS.

Od peut employer aussi la solution de cyanure de potassium (à a pour loo) : l’action de ce liquide fixateur sur l’iodure d’argent est excessivement rapide; s’il s’agit de fixer des glaces qui n’excëdent pas le quart de feuille (ai X 27), on peut le versera la main sur le collodion; on maintient le liquide de niveau pendant quelques secondes, et aussitôt que la couche d’iodure d’argent est enlevée, on reverse la solution dans le flacon el on lave la glace pour empêcher que l’action ne continue en attaquant l’argent; si l’épreuve est trop grande pour que le fixage se fasse facilement à la main, on peut mettre dans une cuvette la quantité nécessaire de cyanure de potassium et y plonger complètement la glace. Ce dernier procédé, très-commode, donne malheureusement des vapeurs cyanhydriques abondantes qui peuvent occasionner de violents maux de tête : il faut, quand on veut l’employer, avoir soin, après chaque fixage, de couvrir la cuvette (1) d’une glace plus grande que celleci. On lave ensuite l’épreuve avec soin et on la laisse sécher en posant le bord inférieur sur quelques doubles de [lapier buvard.

Si l’épreuve est faible, on n’emploie aucun de ces deux moyens qui l’affaiblirait encore, et, au lieu de chercher à dissoudre la coucîie d’iodure d’argent, on préfère anéantir sa sensibilité. Un lavage plusieurs fois répété atténue déjà beaucoup cette sensibilité, qui est complètement détruite si l’on passe sur l’épreuve une solution de bromure de potassium à pour 100, ou une solution de

[)ersulfate de fer a 2 grammes pour looo d’eau, ou même

(i) Les cuveltes (iont oti se sert pour le fixage au cyanure de |)olassiuin doivent être (ui gutla-percha ou en porcelaiiie, les ('uvettes vernies seraient iminédiaL uient al laquées.

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une solution saturée de sel marin. On lave ensuite et on laisse sécher. Les clichés que l’on conserve ainsi donnent, en général, des images d’une grande douceur ; mais il faut une longue exposition pour tirer les positifs, parce que la lumière impressionne difficilement le papier positif à travers la couche jaune d’iodure d’argent.

§ 105. Rehaussement de V épreuve négative. — Quelquefois il arrive après le fixage, soit a l’hyposulfite de soude, soit au cyanure de potassium, que le cliché prend plus de transparence qu’on ne s’y attendait, et il devient évident pour l’opérateur qu’il n’aura qu’un négatif sans vigueur, on peut alors faire monter le ton du cliché; on a proposé dans ce but l’emploi de divers réactifs.

Si le cliclié a seulement besoin de prendre un peu plus de ton, immédiatement après le lavage qui suit le fixage, on verse sur le collodion une solution saturée de bichlorure de mercure (sublimé corrosif) dans l’eau distillée, en quantité convenable pour couvrir toute la glace. L’épreuve se rehausse immédiatement, elle devient d’un noir d’encre et prend plus d’opacité; on lave de nouveau à plusieurs eaux et on laisse sécher après avoir recouvert de la solution de gomme. (Il faut en effet qu’un cliché passé au bichlorure de mercure ne soit pas verni avec les vernis résineux ordinaires qui lui rendraient sa transparence première et annuleraient sensiblement l’action du bichlorure) dans le cas où l’on voudrait employer les vernis résineux, il faudrait vernir a froid pour obtenir un vernis mat.

On a proposé de remplacer le bichlorure de mercure pai* le hi-iodiirc de ce même métal, dissous dans l’iodure de potassium.

iVl. I)rap(‘i‘ a préconisé rem|)loi de chloiTire de palladium, etc.

COLLOÜION. i57

Si le cliché à besoin d’un rentbrceinent vigoureux, on emploie le même mélange d’acide pyrogallique et de nitrate d’argent que nous avons indiqué pour développer l’image, on le verse pendant quelques instants sur l’épreuve; l’action se fait très-rapidement, et il y a souvent lieu de craindre de remplacer un cliché trop doux par un cliché heurté. On lave de nouveau la glace, on passe rapidement dessus un agent fixateur pour être sûr d’enlever tout excès d’azotate d’argent, on lave de nouveau et on laisse sécher.

Lorsque l’épreuve a été fixée à l’hyposulfite de soude, il faut, avant d’essayer ce mode de renforcement, laver avec un soin extrême et employer l’eau en grande abondance, car les plus petites traces d’hyposulfite de soude en présence d’un excès d’azotate d’argent donnent des taches irréparables. Cet inconvénient, il est vrai, n’est plus à redouter si le fixage a été fait au cyanure de potassium.

Malgré toutes les précautions prises, il arrive quelquefois qu’en renforçant ainsi une épreuve après coup avec l’acide pyrogallique et le nitrate d’argent, le développement se fait d’une manière inverse et se porte sur les blancs de l’épreuve au lieu de se porter sur les noirs, et les colore en rouge brun. Cet accident doit être attribué aux mêmes causes qui produisent les épreuves dites amphitypes, qui sont positives à la fois par transparence et par réflexion (§ 103).

§ 106. Séchage. — L’épreuve étant terminée, convenablement lavée, 011 examine s’il ne reste pas à la surface quelques poussières, quelques impuretés qu’un nouveau courant d’eau pourrait emporter. On la pose ensuite sur plusieurs doubles de papier buvard le long du mur, le collodion en dessous; on peut également employer un

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appareil composé de deux planches à rainures sur lesquelles on peut faire tenir une certaine quantité de glaces, puis on laisse sécher spontanément.

Toutefois rien n’empêche, si l’on est pressé, d’activer la dessiccation par une chaleur artificielle; cependant les collodions qui ont une tendance à se casser et a se déchirer par lambeaux en séchant, semblent plus susceptibles encore de s’altérer si on les chauffe trop rapidement.

§ 107. Vernis. — Le cliché étant sec, on peut s’en servir immédiatement pour tirer des épreuves positives; mais toutes les fois que l’on tient à un cliché, il faut le recouvrir d’un vernis qui puisse le mettre à l’abri des frottements. Quelques personnes se servent simplement d’une solution de gomme arabique à lo grammes de gomme pour loo grammes d’eau; cette solution étant parfaitement claire et limpide, exempte de bulles et d’impuretés, est versée immédiatement aprësle lavage. L’épreuve terminée, on laisse égoutter la première couche quelques instants, on en reverse une seconde, puis on abandonne la glace à la dessiccation spontanée. Ce vernis a l’avantage de ne pas donner de transparence aux noirs et convient surtout aux épreuves un peu trop faibles. Nous avons remarqué que si on laisse d’abord sécher la glace et qu’on la mouille une seconde fois pour appliquer plus facilement la solution de gomme, le cliché prend plus d’opacité. L’alhumine peut parfaitement remplacer la gomme, on la verse et laisse sécher de la même manière, et si l’on veut un vernis très-résistant, on coagule cette albumine en la faisant passer dans un bain d’azotate d’argent acidulé par l’acide azotique. La glace lavée avec soin, fixée dans une solution faible d’hyposulfite de soude pour enlever les traces de nitrate d’argent qui pourraient rester, est lavée une der-

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iiière fois et mise à séeher. Toutefois ce dernier moyen peut amener (les soulèvements et perdre ainsi une belle épreuve.

Le plus souvent on emploie soit les vernis résineux (jue l’on trouve dans le commerce, soit ceux que Ton fait soi-même. Nous avons dit § 98 que celui que nous préférions était le vernis composé de

Benjoin lo^’’

xMcool à

Quelque soit du reste le vernis que Ton choisisse, le mode d’emploi est le même.

Sur la glace préalablement chauffée à une douce température, et avec soin pour éviter de la casser, on verse le vernis comme on a versé le collodion, et après avoir égoutté, on chauffe de nouveau toute la surface qui doit prendre le poli du verre; on a soin de poser Tangle d’écoulement sur un papier qui, absorbant Texcès de vernis, empêche celui-ci de remonter en faisant bourrelet. Le meilleur mode de chaiiffa^e est, soit un feu de braise abondant, soit une bouche de calorifère, auquel on présente les surfaces a chauffer. La lampe a alcool, excellente pour les petites dimensions, est d’un moins bon usage aussitôt que les glaces dépassent 1 8 x 24 ; elle ne chauffe pas d’une manière assez générale.

Le vernis appliqué à chaud donne aux noirs beaucoup plus de transparence, l’aspect du cliché gagne généralement, mais dans certains cas cette transparence devient un défaut; on doit alors chercher a obtenir un vernis mat, il suffit pour cela de vernir à froid. î.e vernis étant répandu sur la glace, on pose l’angle d’écoulement sur du papier buvard placé sur une table, et, appuyant l’angle supérieur contre le mur, on laisse le vernis sécher à froid

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a l’abri de tous courants d’air. Lorsque la dessiccation est complète, la surface n’a pas le brillant flatteur d’une glace vernie a chaud, mais les noirs n’ont rien perdu de leur opacité.

Même après dessiccation complète au feu, on doit attendre que le vernis soit un peu durci avant de tirer une épreuve positive, sans quoi le contact du papier pourrait en altérer la surface.

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