ALBUMINE
la poussière; on la met parfaitement de niveau sur un pied à caler et, après avoir aspiré avec une pipette de verre rigoureusement propre ( fig. 29) la quantité d’albumine nécessaire pour couvrir la glace, on ferme avec le bout du doigt l’ouverture de la pipette qui est dans la bouche; on approche la pointe du milieu de la glace et on laisse tomber le liquide en débouchant la partie supérieure de la pipette : on doit avoir soin que l’albumine s’écoule très-près du verre pour ne pas faire de bulles. On prend alors la glace et on l’incline en tous sens pour couvrir toute la surface, et s’il se forme des vides (qu’il faut éviter autant que possible), on les recouvre en s’aidant d’une baguette de verre.
Quand la couche est régulièrement étendue, on incline légèrement vers un coin pour faire écouler l’excès d’albumine. Quand il n’en tombe plus que quelques gouttes, on relève la glace de manière à faire revenir rapidement le liquide à l’angle opposé; on en laisse écouler l’excès et on met la glace a sécher sur l’appareil spécial [ 3o),
en donnant alors une très-légère inclinaison dans le sens d’écoulement du liquide pour que celui-ci ne revienne pas sur lui-même faire une double couche.
§ 148. On a également employé la force centrifuge pour régulariser la couche d’albumine (i).
L’albumine étant préparée comme nous l’avons- indiqué, on colle sur l’envers de la glace, convenablement nettoyée, une rondelle de bois recouverte de gutta-percha, à laquelle est adapté un manche rond de 20 centimètres de longueur. Il suffit de chauffer la gutta-percha et de l’appliquer sur la glace pour obtenir l’adhérence. Après
(1) J, CoüPPlKR, Traité pratiffiu; de Photo^rn])hic sur verre.
refroidissement, on maintient la giace horizontale avec le manche; on enlève les poussières, on verse ralbumine sur le milieu avec une pipette, on incline de manière à répandre le liquide uniformément sur toute la surface; on fait écouler l’excès par un angle, et quand il n’y a plus sur la glace que la quantité de liquide nécessaire, on fait tourner le manche de bois entre les deux mains, avec un momvement modéré, et la couche d’albumine s’étend alors avec une grande régularité.
§ 149. De quelque manière que l’on étende l’albumine sur la glace, les opérations suivantes pour sensibiliser, développer, fixer les épreuves, restent les mêmes à quelques variantes près qui sont particulières à chaque opérateur. Nous conseillons d’opérer la sensibilisation de la couche albuminée dans une cuvette horizontale, relevée d’un côté comme pour le collodion (?jqyez p. \l\o, fig, 23) ; la glace posée sur son crochet reste d’une demi-minute à une minute dans le bain d’acétonitrate d’argent com-
posé de :
Eau distillée too
Nitrate d’argent 8
Acide acétique cristallisable .
(]es proportions ne sont pas tellement rigoureuses, (ju’on ne puisse les varier, puisque d’autres photographes
(unploient :
Eau... loo
Nitrate d’argeul lo
Acide acélique cristallisable. lo
Toutefois il est important que le liquide soit assez chargé en nitrate d’argent pour que la coagulation de l’all)umine se fasse immédiatement lorsque la glace touche
ALBÜMIINE.
le bain : il laiit (}ue cette a[)plication suit régulière, sans temps d’arrêt, sans quoi il y aurait autant de lils et de solutions de continuité dans la couclie que de temps d’arrêt.
Quelquefois sous rinlîuence du bain d’argent ou des opérations suivantes l’albumine se soulève en cloches : ces soulèvements sont dus le plus souvent à un nettoyage imparfait de la glace; on ne saurait donc donner trop de soins à cette opération préliminaire, l.’addition du sucre et de la gomme rend ces soulèvements moins fréquents, parce que ces substances en s’incorporant à ralbumim; diminuent, dit-on, sa force contractile et lui donnenl plus d’adhérence.
Le temps d’exposition pour les pré[)aralions à Talbumine simple est toujours très-long; nous avons vu plus haut que M. Forticr, dans les circonstances ordinaires d(‘ la prise d’une vue, l’évalue a raison d’une minute environ au soleil par 3 centimètres de longueur de foyer et au double a l’ombre.
On fait développer et on lixe l’épreuve comme M. Fortier l’a indiqué ci-dessus, §§ 143, 144.
§ 150. Albumine rapide. — Les préparations à l’albumine seule étant toujours un peu lentes à s’impressionner, M. Bacot a donné le procédé suivant, qui accélère beaucoup la formation de l’image (i ).
On fait a chaud, dans une capsule de porcelaine, la solution suivante :
Eau distillée
Dextrine
lodure de potassium..
Bromure de potassium,
(i) Brochure de M. Ch. ('lievalier, ingénieur-opticien.
DEUXIEMIi PARTIE.
et on filtre dans six blancs d’oeufs dont on a préalablement ôté les germes. On bat le tout en mousse, et après deux heures de repos l’albumine est prête a servir; on l’étend sur la glace placée horizontalement; on en fait écouler l’excès, on régularise la couche en faisant revenir la dernière goutte au milieu après l’avoir ramenée aux quatre angles, et on laisse sécher bien de niveau; la glace sèche est posée sur une boîte à iode comme pour les plaques, jusqu’à ce qu’elle ait pris la teinte jaune d’or. On la sensibilise dans un bain de :
Eau distillée • ....... 280
Nitrate d’argent...,. 82
Acide acétique cristallisable . 80
On la lave, on la laisse sécher et on l’expose; l’image est développée dans une solution chaude à 5o ou 60 de-
grés, composée de :
Eau distillée
Acide gallique 7^'’
Acétate de chaux 3
On plonge la glace dans ce liquide chaud, et quand il est refroidi, on ajoute quelques gouttes de l’acétonitrate
suivant :
Eau distillée 100
Nitrate d’argent 6
Acide acétique 20
L’épreuve est fixée dans l’hyposulfite de soude à 10 pour 100.