PROCÉDÉ DE M. LE VICOMTE VIGIER
§ 186. On doit toujours employer un papier fortement encollé; les papiers anglais sont ceux qui réussissent le mieux. Le double iodure que l’on applique sur le papier est moitié moinsconcentré que celui que l’on emploie pour les négatifs; on le prépare en dissolvant d’une part 68^,5 de nitrate d’argent dans iSo grammes d’eau dislillée, d’autre part 65 grammes d’iodurede potassium dans i5o grain-
mes d’eau distiilée; on mélange les deux liquides en agitant: il se fait un précipité abondant jaune clair d’iodure d’argent; on ajoute alors, fragments par fragments, de l’iodure de potassium, jusqu’à dissolution complète du précipité: le liquide est ainsi prêt à servir.
On enduit les feuilles d’après le procédé indiqué, § 163 et suivants, au moyen d’un triangle de verre, on les pend et les laisse sécher. On les met ensuite dans une grande bassine pleine d’eau, deux feuilles seulement tournées dos à dos; on les retourne de temps en temps, et après douze à vingt“(|uatre heures d’immersion, sans changer l’eau, on les pend et les laisse sécher. La surface préparée prend ainsi une teinte jaune bien égale, mais faible.
Si on veut faire successivement un assez grand nombre d’épreuves positives, on met dans une bassine :
Eau distillée
zVcélonilrate d’argent. . 5
l/acétonitrale est préparé d’après la formule suivante :
Eau distillée - loo^^
.Azotate d’argent lo
Acide acétique 20
On met le côlé préparé de la feuille pendant deux ou 1 lois minules environ sur ce bain; on l’éponge très-forlement dans du papier buvard neuf jusqu’à ce qu’elle cesse de goder, on la met alors sur le négatif et on expose à la lumière diffuse un temps déterminé par l’expérience pour cinupie négatif et qui peut varier de cinq à cinquante secondes. On rapporte l’épreuve dans le laboratoire, et on la développe av(‘c uim solution saturée d’acide gaHi(pie à laquelle on ajoule un tiers environ d’acétonilrat<' d’argimt : on met ce mélange dans une cuvette,
on pose kl feuille à la surface du bain , on l’enlève et on la laisse se développer en la plaçant, soit sur une glace, soit sur des doubles de buvard. On peut ainsi faire développer à la fois un assez grand nombre d’épreuves que l’on suit en même temps, en ayant soin, si elles se ralentissent, de les remettre de temps à autre sur l’acide gallique préparé ; on ajoute del’acétonitrate d’argent avec le triangle de verre pour avoir des noirs plus intenses. L’épreuve arrivée au ton voulu est lavée rapidement , puis fixée dans iiii bain d’hyposulfite de soude à 20 pour T oo, contenant un gramme de chlorure d’or par litre. On lave avec soin à plusieurs eaux, et on obtient des épreuves d’un très-beau ton bistré, très-vigoureuses, même avec des négatifs faibles, maison ne réussit pas aussi bien avec des négatifs vigoureux.