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PROCÉDÉ DE M. LE VICOMTE VIGIER

§ 191. On doit toujours employer un papier fortement encollé; les papiers anglais sont ceux qui réussissent le mieux. Le double iodure que l’on applique sur le papier est moitié moins concentré que celui que l’on emploie pour les négatifs; on le prépare en dissolvant d’une part 6*r,5 d’azotate d’argent dans i5o grammes d’eau distillée, d’autre part 65 grammes d’iodure de potassium

EPREUVES POSITIVES

dans i5o grammes d’eau distillée; on mélange les deux liquides en agitant : il se fait un précipité abondant jaune clair d’iodure d’argent; on ajoute alors, fragments par fragments, de l’iodure de potassium, jusqu’à dissolution complète du précipité : le liquide est ainsi prêt à servir.

On enduit les feuilles d’après le procédé indiqué, §§ 1 G8 et suivants, au moyen d’un triangle de verre, on les pend et les laisse sécher. On les met ensuite dans une grande bassine pleine d’eau, deux feuilles seulement tournées dos à dos; on les retourne de temps en temps, et, après douze à vingt-quatre heures d’immersion , sans changer l’eau, on les pend et les laisse sécher. La surface préparée prend ainsi une teinte jaune bien égale , mais faible.

Si on veut faire successivement un assez grand nomb e d’épreuves positives, on met dans une bassine :

Eau distillée 25o?r

Acétonitrale d’argent 5

L’acétonitrate est préparé d’après la formule suivante :

Eau distillée ioosr

Azotate d’argent io

Acide acétique 20

On met le côté préparé de la feuille pendant deux ou trois minutes environ sur ce bain; on l’éponge très-fortement dans du papier buvard neuf jusqu’à ce qu’elle cesse de goder, on la met alors sur le négatif et on expose à la lumière diffuse un temps déterminé par l’expérience pour chaque négatif et qui peut varier de cinq à cinquante secondes. On rapporte l’épreuve dans le laboratoire, et on la développe avec une solution saturée

d’acide gaîlique à laquelle on ajoute un tiers environ d’acétonitrate d’argent : on met ce mélange dans une cuvette, on pose la feuille à la surface du bain, on l’enlève et on la laisse se développer en la plaçant, soit sur une glace, soit sur des doubles de buvard. On peut ainsi faire développer à la fois un assez grand nombre d’épreuves que l’on suit en même temps, en ayant soin, si elles se ralentissent, de les remettre de temps a autre sur l’acide gaîlique préparé; on ajoute de l’acétonitrate d’argent avec le triangle de verre pour avoir des noirs plus intenses. L’épreuve arrivée au ton voulu est lavée rapidement, puis fixée dans un bain d’hyposulfite de soude à 20 pour 100, contenant un gramme de chlorure d’or par litre. On lave avec soin à plusieurs eaux, et on obtient des épreuves d’un très-beau ton bistré, très-vigoureuses, même avec des négatifs faibles, mais on ne réussit pas aussi bien avec des négatifs vigoureux.

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