‹ Chimie photographiqueChapitre 5 sur 109 · PI · texte numérisé non relu

PI

Plomb

Si.

Silicium. . . .

Th.

Thallium* . .

Hydrogène.

Bi.

Bismuth ....

Potassium . .

Hg.

Mercure ....

Na.

Sodium ....

Sn.

Etain

Lithium* . .

Ti.

Titane*

Rb.

Rubidium* .

Ta.

Tantale*. .. .

ii53,62

Cs.

Cæsium* . . .

ié/,1,87

Nb.

Niobium*. . .

Ba.

Barium

858,oo

Jl.

Ilménium*..

St.

Strontium. .

548,oo

Pp.

Pélopium*. .

Ca.

Calcium ....

Sb.

Antimoine. .

Magnésium .

i5o,oo

Uranium* . .

Gl.

Glucinium* .

Ag.

Argent .....

Al.

Aluminium .

Au.

Or

Zr.

Zirconium . .

PL

Platine

To.

Thorium* . .

Pd.

Palladium* .

Yt.

Yttrium* . . .

Rh.

Rhodium* . .

Ce.

Cérium*. . . .

Ir.

Iridium* . . .

La.

Lanthane* . .

Ru.

Ruthénium*.

Di.

Didyme* . . .

ff

Os.

Osmium*. . .

Er.

Erbium* . .

rt

Les corps simples marqués d’un astérisque sont pour ainsi dire sans application jusqu’ici. Pour quelques corps (rès-rares, les équivalents n’ont pas èncore été déterminés.

Les procédés si délicats de l’analyse spectrale, que l’on doit à MM Kirchhoff et liunscn, permettront probablement de modifier encore le nombre des corps simples.

[Jn nouveau métal, le wasium , est signalé, mais son existence n’est pas encore généralement admise.

Nota. — On a choisi, dans le tableau qui précède, l’oxygène pour point de comparaison. On aurait pu prendre un corps simple quelconque, le travail n’eût pas été moins exact; mais, comme l’avantage d’un pareil ensemble était de permettre aux chimistes de s’entendre entre eux, il a bien fallu se décider, et l’on a choisi primitivement l’oxygène comme étant le plus répandu, celui dont les combinaisons étaient les plus nombreuses et les mieux connues. Les chimistes anglais ont admis de préférence comme point de départ l’hydrogène qui, de tous les corps, a l’équivalent le plus léger. Pour faire leur tableau il nous a suffi de diviser les équivalents de chaque corps simple par celui de l’hydrogène, soit i2,5o; si le chiffre résultant du calcul n’est pas encore un nombre entier, on passe outre aux décimales. Ce calcul des équivalents rapportés à l’hydrogène sera bientôt adopté d’une manière générale. Il présente l’avantage de donner des nombres plus petits, plus simples, plus faciles à calculer et à retenir. On trouve dans notre tableau les équivalents calculés d’après l’un et l’autre système.

g 9.. Nomenclature . — Nous avons vu que les corps simples en se combinant forment tous les corps compo sés. Si l’on donnait à chacun de ces composés un nom arbitraire sans suivre aucune loi, il serait bientôt impossible à la mémoire, même la plus heureusement douée, de pouvoir se les rappeler tous. Aussi les chimistes ontils été dans la nécessité de fixer des règles de langage dont l’ensemble forme la nomenclature chimique ; ces noms chimiques, si bizarres pour toute personne n’ayant aucune notion de la science, sont parfaitement raisonnés. En effet, une seule dénomination indique le plus souvent, non-seulement la nature et l’espèce du corps au-

quel on a affaire, mais encore les éléments dont il est formé et même les proportions dans lesquelles ces éléments sont combinés.

On n’a posé aucune règle pour former les noms des corps simples : les meilleurs sont ceux qui ne présentent pas de signification importante que les progrès de la science pourraient démentir, et qui, courts et harmonieux, peuvent facilement s’alliera d’autresnoms, comme

Brome, Iode, Chlore.

Les corps composés sont binaires , ternaires , quater naires, etc., formés .de 2* 3, 4» etc., éléments; parmi les composés binaires, on doit distinguer ceux qui sont acides, ceux qui sont basiques et ceux qui sont indifférents.

Acides . — Les composés acides renfermant de l’oxygène prennent les désinences suivantes :

Si le corps ne forme qu’un acide avec l’oxygène, on ajoute la terminaison ique au nom du corps simple (souvent modifié par euphonie). Le carbone et l’oxygène donnent l’acide carbonûpe. Si le corps forme deux acides, le plus oxygéné prend la terminaison ique , le moins la terminaison eux. Le soufre et l'oxygène donnent non-seulement l’acide sulfurée, mais aussi l’acide sulfur eux (1). Si, la nomenclature établie, on découvre des combinaisons nouvelles et intermédiaires à celles déjà connues, au lieu de changer les noms adoptés, ce qui rendrait les livres incompréhensibles, on les modifie ainsi : Pour un acide plus oxygéné que l’acide en ique , on met devant le nom du corps la préposition per ou hyper (au-dessus); l’acide du corps plus oxygéné que l’acide chlorique devient l’acide perchlorique. À un acide moins

(1) Suif ii7- est le mot latin qui signifie soufre. Soufiiquc , soüft'euæ seraient durs à l’oreille.

oxygéné que l’acide en ique , plus que l’acide en eux, on applique la préposition hypo (sous); on appelle hypochlor ique l’acide nouveau moins oxygéné que l’acide chlorique, plus oxygéné que l’acide cîiloreux. Enfin, un acide encore moins oxygéné que l’acide en eux prend la préposition hypo , en conservant la finale eux ; on appelle hypochloreux l’acide du chlore moins oxygéné que l’acide ch 1 or eux.

Les composés acides renfermant de l’hydrogène prennent de même la terminaison ique; seulement, pour rappeler leur composition, on fait entrer dans le nom du corps lahréviation de l’hydrogène, soit hyclro , que l’on met au commencement du mot, ou hydrique , qu’on ajoute à la fin. Ainsi on dit: acide chlor hydrique ou hydrovhlorique, momhydrique ou Ayr/robromique, etc., etc.

Les corps binaires oxygénés basiques ou indifférents n’ont pas de terminaison qui leur soit propre; on les appelle simplement oxydes de tel ou tel élément : ainsi oxyde de carbone, d’argent, de cuivre. S’il y a divers degrés d’oxydation, c’est-à-dire si le corps simple se combine avec un ou plusieurs équivalents d’oxygène, la combinaison la moins oxygénée s’appelle protoxyde , la seconde deuloxyde , etc. ; la plus oxygénée peut recevoir le nom de peroxyde .

Lorsque les composés binaires auxquels on a affaire ne contiennent ni oxygène ni hydrogène, ou si, renfermant de l’hydrogène, ils n’ont pas le caractère acide, on leur donne un nom formé par la réunion des noms des deux composants, on termine en ure le nom du premier corps énoncé, et le second se place à la suite sans modification; chlorure d’argent, io dure de potassium. On aura soin de placer toujours le premier celui qui , dans le tableau des équivalents , est le plus rapproché de F oxygène.

Lorsque pour deux mêmes éléments on a plusieurs composés en ure , on adopte les prépositions/?ro/o, deuto , trilo, comme nous l’avons dit plus haut pour les divers degrés d’oxydation : protoohXovure d’étain; deutooXûoYure d’étain.

La préposition sesqui est souvent employée pour indiquer une combinaison de 2 équivalents d’un corps (2 fois le nombre porté au tableau § 8 ) et 3 équivalents de l’autre ( 1 et 1 \)-, tels sont le sesquiox yde et le se^wzchlorure de fer, renfermant 2 équivalents de fer pour 3 d’oxygène ou de chlore (ou 1 pour 1 |) ; et la préposition bi pour une combinaison de 2 équivalents d’un corps et un seul d’un autre : ainsi le bioxyde de manganèse.

Il nous reste a examiner les cas où des corps sont formés par la combinaison d’un acide avec une base (sels). Rien n’est plus simple que d’énoncer ces combinaisons: le nom de l’acide est joint au nom de la base, seulement le corps simple qui dans l’acide avait pris la terminaison ique prend la terminaison ate ; de même celui qui avait la terminaison eux la change en ite. Supposons les acides du chlore combinés avec la potasse (oxyde de potassium); nous aurons avec

l’acide çhXovique le chlorate de potasse;

l’acide hypochloreux . . . . Y hypochlovite de potasse; l’acide perchXorique le perchlorate de potasse.

Si un corps simple donne naissance à plusieurs oxydes salifiables ou bases, on mentionne ainsi les sels formés avec ces bases :

Sulfate de proton yde.

Sulfate de peroxyde.

Le tableau ci-contre résume le mécanisme de la nomenclature :

cr

fi

Il I = "'£

il;

fin 03 G S 03 ,3

ë -g, gU

2 fin

a ai

<j <î <! <! -s< < o O Ph c/3 P P »2

fi ; .s i *

fi? fi © s ?»

llî

?| i| f.l| j'.f 1 " 1 fl .1 |1

Sh îh A O O O ~

-fi "S

Hfi dS ^ .

!’§gS.|<.||§

fl P « S « B 8

CO

'fi

fi*

fi ^

03~ 2 fi o

'§oK

on de !

ygène J squ’il j ure. . \

fi* en 2 fi

fi g. S c*

-fi P

If f !

fi*

‘'fi

la &

as

il !

Sj J

1ÏP

fg|“

afii

üfi

S&gi

if

BU

■ï-ss!

pu

B^sS

«£sû

lit!

If!

JSfs .

Pour indiquer la présence de l’eau unie à une base a la manière des acides, on dira de ces bases combinées à l’eau que ce sont des hydrates , Peau pouvant être considérée comme l’acide hydrique :

Hydrate de potasse,

Hydrate de soude.

Les acides combinés à l’eau seront dits hydrates ; les particules mono , hi , tri, indiqueront le degré de l’hydratation :

Acide sulfurique monohydraté.

Les composés en ure peuvent s’unir entre eux comme les oxydeè ; les uns alors jouent le rôle d’acides, d’autres le rôle de bases.

La combinaison de deux sulfures est un sulfosel; la combinaison de deux chlorures un chlorose!; le sulfure qui joue le rôle d’acide est un suîfacide ; le sulfure qui joue le rôle de base est une sulfobase, ainsi

Sulfarséniate de sulfure de potassium

veut dire sel de potassium non oxygène dont le sulfure d’arsenic est l 'acide et le sulfure de potassium est la hase .

Cet aperçu de la nomenclature suffira aux personnes auxquelles ce livre est destiné; nous ne voudrions pas jeter le trouble dans les esprits en mentionnant ici les exceptions et les additions que les progrès de la science nécessitent journellement.

§ 10. Nous venons de voir combien est simple le langage parlé; le langage écrit ne présente pas plus de difficultés. Au lieu d’écrire le nom d’un corps simple en toutes lettres, ce qui serait trop long, on le représente par une abréviation : ainsi l’argent par Ag, fiode par I,

le brome par Br, l’oxygène par O, etc. Cette abréviation s’appelle le symbole ; elle représente en même temps le nom du corps et Y équivalent de ce corps. ( Voir les symboles au tableau des équivalents. )

Lorsqu'il y a combinaison de deux corps, leurs symboles s’écrivent l’un à côté de l’autre, sans aucun signe qui les sépare ; cet assemblage est la formule du corps.

Ainsi Ca est le symbole du calcium, O est le symbole de l’oxygène, Ca O est la formule suivant laquelle on écrit l’oxyde de calcium. Une combinaison très-complexe, formée de corps moins complexes, s’écrit comme elle se parle; seulement des virgules indiquent la séparation (théorique) des divers composés moins complexes qui la constituent : la chaux peut se combiner a l’eau (hydrate), la formule CaO, Il O rend parfaitement compte de cette combinaison; les signes -V plus, — moins, — égal à, sont employés et conservent la signification qui leur est propre. Ca h- O = CaO veut dire : i équivalent de calcium se combinant avec i équivalent d’oxygène donne i équivalent d’oxyde de calcium, ou calcium plus (-*-) oxygène égale (=) oxyde de calcium. Si plusieurs équivalents d’un même corps simple entrent dans une combinaison, on en marque le nombre par un exposant mis à la droite du symbole de ce corps : SO3 est la combinaison de i équivalent de soufre avec 3 équivalents d’oxvgène (ce composé est l’acide sulfurique).

Pour indiquer 3 équivalents d’acide sulfurique, on placerait le chiffre 3 devant la formule entière de l’acide • sulfurique : 3SG3 signifie 3 équivalents d’acide sulfurique. Ce chiffre, placé à gauche d’une formule, multiplie cette formule entière jusqu’à la rencontre d’un des signes plus, moins ou égale ,

Quelques exemples feront comprendre plus facilement ce mécanisme. Ainsi,

PbO-j-SO3, HO = PbO, SOM-HO

signifie: 1 équivalent d’oxyde de plomb plus i équivalent d’acide sulfurique uni à i équivalent d’eau (ce que les chimistes appellent acide sulfurique monohydraté) produisent i équivalent de sulfate d’oxyde de plomb (sulfate de plomb) plus i équivalent d’eau.

Ci OS KO — O6 = K Cl,

c’est-à-dire : i équivalent de chlorate de potasse auquel on enlève 6 équivalents d’oxygène laisse pour résidu i équivalent de chlorure de potassium.

3 SO3 -{- Fe2 O3 = F e2 O'3, 3S03, ou Fe203 (S03)3

s’entend ainsi : 3 équivalents d’acide sulfurique (q-) plus i équivalent de sesquioxyde de fer (==) produisent i équivalent de sulfate de sesquioxyde de fer.

Si l’on disait 3Fe203,S03, on multiplierait par 3, non-seulement SO3, mais aussi Fe et O3; ce serait dire Fe609, S3 O9, au lieu de Fe2 O3, S3 O9.

§ 11. L’exemple suivant résume ce qui a été dit sur les équivalents, la nomenclature et les formules chimiques. Tous les photographes connaissent le nitrate ou azotate d 'oxyde d’argent que l’on appelle par abréviation azotate d’argent (expression vicieuse, mais consacrée par l’usage). Voici la composition de ce sel :

L’azote uni à l’oxygène forme avec lui son composé le plus oxygéné, l’acide azotée (on dit aussi nitrique , parce qu’on a aussi appelé l’azote nitrogène).

Un équivalent de cet acide renferme i équivalent d’azote ( soit j 75 ou Az) pour 5 équivalents d’oxygène

(ou 5oo ou O5 j, donnant, par leur combinaison, i équivalent d’acide azotique (ou 6^5 ou AzO5).

L’argent combiné avec l’oxygène constitue l’oxyde d’argent qui renferme i équivalent d’argent ( 1 349,01 ou A g) pour 1 d’oxygène (100 ou O); soit 1 équivalent d’oxyde d’argent (ou 1449,01 ou AgO).

Un équivalent d’acide azotique (ou AzO5 ou 670) est uni à 1 équivalent d’oxyde d’argent (ou AgO ou i449>oi), et donne ainsi 1 équivalent d’azotate d’oxyde d’argent (ou AgO, AzO5 ou 2124,01).

Il serait bon que le photographe s’habituât aux équivalents et l’écriture chiffrée : les applications en sont très-fréquentes. En voici une, entre autres, qui est pour ainsi dire journalière.

Nous venons de dire que 1 équivalent d’argent donne, avec l’oxygène, 1 équivalent d’oxyde d’argent, lequel, uni a 1 équivalent d’acide azotique (supposé exempt d’eau ou anhydre ), produit 1 équivalent d’azotate d’argent; soit en chiffres :

Ag ( 1 349)0 1 ) -h 0 ( 1 00 ) 4- Az O5 ( 675 J — Az 0 ’ A g Ô ou 2124,01

La traduction de cette équation est que i349gr,oi d’argent convenablement traités donnent 2 1 2 4§r, o 1 d’azotate d’argent. Cela posé, nous allons voir qu’un photographe peut déterminer immédiatement combien 20 grammes d’argent, par exemple, lui donneront d’azotate : en effet, il résulte de ce qui a été dit que si j 349,01 en donnent 2124,01, la quantité indiquée 20 en donnera une quantité proportionnelle :

le calcul fait, l’opérateur trouvera pour résultat 3igr,43. L’expérience viendra confirmer le calcul, si l’argent et

l8 PREMIÈRE PARTIE.

l’acide sont purs, et s’il opère, avec tout le soin qui doit caractériser un chimiste.

Nota. — Les nombres équivalents ont été déterminés par des expériences rigoureuses; pourtant, comme en définitive ce sont expériences d’hommes, ils présentent entre eux de légères différences sur lesquelles les chimistes ont eu le tort de ne pas s’accorder; pour cette raison, on trouve dans les divers Traités de Chimie des tables qui peuvent n’être pas absolument semblables entre elles. Il ne faut pas s’arrêter à ces différences; nous avons donné ici les nombres les plus récents.

Page 1