‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 2 sur 162 · ET DE · texte numérisé non relu

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L’homme est placé sur la terre avec des besoins dont la satisfaction nécessite l’emploi de tout ce qui l’entoure. Cette nécessité , jointe au sentiment de curiosité qu’il porte en lui , l’amenèrent à l’examen des êtres vivans , des substances inorganiques qui pouvaient lui etre utiles ou nuisibles. Ses recherches s’étendirent à mesure qu’il s’éclaira ; il reconnut bientôt que les corps dont se compose le système terrestre réagissaient à chaque instant les uns sur les autres, éprouvaient des changemens dans leur état physique et souvent dans leur nature. Ses idees sur ce genre de phénomènes furent long-temps vagues et presque toujours déraisonnables. La manie de créer des systèmes basés sur l’imagination l’égara dans de fausses routes jusqu’au moment où Bacon signala une erreur si funeste et montra que l’étude des sciences naturelles n’était que l’étude des faits. Dès lors on commença à procéder par une série d’observations , d’expériences faites avec le soin nécessaire : les découvertes furent nombreuses et bientôt l’on dut se convaincre que l’homme ne pouvant embrasser à la fois cette masse énorme de faits , le seul

moyen de le guider dans un pareil dédale était d’établir une division raisonnée de ces mêmes phénomènes.

Ce premier pas conduisit à l’observation de ce fait important : les corps sont de deux espèces.

Les uns sont formés de matière j par matière, nous entendons tout ce qui est soumis à cette grande loi d’attraction universelle qui porte les noms i° gravitation, lorsqu’elle s’applique aux corps célestes ; 2° de pesanteur y lorsqu’elle réagit sur les corps placés à la surface de notre globe ; 3° enfin d9 attraction moléculaire , lorsqu’elle détermine la réunion des particules des corps.

Ces corps sont donc pesans ; ils sont en outre coè'rcibles, c’est-à-dire peuvent être retenus dans des vases, transvasés , etc. , etc.

Certaines causes , au contraire , échappant aux moyens dont nous pouvons disposer pour constater la pesanteur, et n’étant pas susceptibles d’être renfermées dans nos vases, ont donc, comme matière, une existence problématique : on admet cependant la matérialité de ces causes , parce qu’on facilite ainsi l’expli- ► cation des phénomènes qu’elles produisent. Ces causes sont au nombre de quatre : la lumière , le calorique , le fluide él sidérations divisions :

Corps impondérables.

— pondérables.

Mais les corps, quels qu’ils soient, ont deux espèces ! de propriétés : les unes inhérentes à la matière , et par suite communes à tous les corps; les autres particulières à chacuns ; ce qui établit une division dans cette étude ; i° l’étude des propriétés générales des corps, et des phénomènes produits par les agens impondérables , s’appelle physique ; 2° l’examen des propriétés parti-

ectrique et le fluide magnétique: ces conpartagent les corps de la nature en deux

culières à chaque corps pondérable , et des actions réciproques de ces corps , a reçu le nom de chimie.

On concevra facilement par reposé qui précède que celui qui se livre à l’étude des sciences expérimentales , doit commencer par la physique , et que cet examen terminé , il étudie la chimie. Cet ordre est le seul rationnel ; on l’énonce d’une manière claire et succincte en disant que la chimie commence oit finit la physique. Conséquemment la première de ces connaissances exige une connaissancesinon complète, au moins generale des phénomènes de la seconde. La lecture de ce traité sera donc précédée d’une étude préliminaire de physique : nous donnerons seulement un exposé rapide des propriétés générales çle la matière et de l’action des agens impondérables.

Nous suivrons dans cet aperçu la division indiquée plus haut , c’est-à-dire qu’après avoir parlé des propriétés générales des corps pondérables, nous passerons à l’examen des propriétés particulières des fluides impondérables et de leurs actions sur les corps matériels.

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