‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 24 sur 162 · HYDROGÈNE · texte numérisé non relu

HYDROGÈNE

Le silex se fond en un verre coloré; l’alumine se convertit en émail blanc de lait, la barite donne un émail blanc-grisâtre ; il en est de même pour la zircone , la strontiane , la glucine , la chaux et la magnésie y mais chacune de ces terres offre des variétés dans la marche du phénomène.

On a aussi obtenu la fusion de la porcelaine , de la poterie commune , des fragmens de creusets de Hesse , de la faïence de Wedgwood, de plusieurs argiles, comme la terre de pipe , la brique réfractaire et quelques roches. M. Lainpadius, en faisant usage du chalumeau à gaz , a trouvé que la chaleur produite par la combustion de l’oxigène mêlé à l’hydrogène percarbonétiré du charbon de terre était supérieure à celle que donne l’hydrogène pur.

La grande légèreté de l’hydrogène en a fait adopter l’emploi pour la confection des aérostats: ces derniers sont ordinairement des ballons sphériques en taffetas gommé que l’on remplit d’hydrogène ; ils pèsent moins que le volume d’air qu’ils déplacent et conséquemment tendent à s’élever.

Le procédé indiqué plus haut pour obtenir l’hydrogène, est celui dont on se sert dans les laboratoires :mai§> lorsqu’il est nécessaire d’avoir un volume considérable de gaz pour le gonflement d’un ballon, le zinc serait trop dispendieux ; on le remplace par le fer : la réaction est la même et il se forme du sulfate de fer. L’expérience démontre que 3 kilog. de fer, 5 d’acide sulfurique du commerce et 3o d’eau donnent au moins un mètre cube de gaz.

Soit un ballon de io mètres de diamètre ou 523,6 mètres cubes: les matières employées sont \^o kilog. de fer, 2618 kilog. d’acide et 15708 kilog. d’eau. La règle est très simple, Y. étant le volume du ballon , on multipliera ce volume par 3 , pour avoir la quantité de fer, par 5 pour celle d’acide, et par 3o pour celle de l’eau.

La table suivante , due à M. F rancoeur, indique les-

poids que peuvent enlever des ballons de divers diamètres.

Diamètre

en

Mètres.

V olume en

M. cubes.

Surface

en

M. carrés.

Kilo

que le gaze peut enlever.

Poids

de

l’enveloppe en kilo.

Force

ascensionell.

poids des agrès.

1 i3,io

il 3, 10

De l’Etra.

L’hydrogène s’unit chimiquement àl’oxigène et peut iormerdeux composés, Veau et l’eau oxigénéc • le second de ces produits n’a pas d’usage, et sa préparation nécessite des détails qui ne peuvent trouver place dans cet ouvrage. Nous ne nous occuperons donc particulièrement que du premier.

L’eau est ce fluide répandu avec une si grande abondance sur toute la surface du globe ; à cet état l’eau n’est, presque jamais pure, si ce n’est celle qui tombe «à la lin

d’une longue pluie. Les substances étrangères mêlées à l’eau sont plus volatiles ou plus fixes qu’elle-même, par conséquent on la purifie en la faisant bouillir, condensantles vapeurs et rejetant les premières parties condensées : cette opération se fait en grand au moyen d’un appareil appelé alambic. Le liquide purifié porte le nom d’ eau distillée ; il est transparent, inodore , insipide, susceptible de transmettre le son et de mouiller la plupart des corps, très peu compressible; son pouvoir réfringent est considérable ; il conduit mal le fluide électrique et pèse 781 fois autant que le même volume d’air: sa pesanteur spécifique est supposée égale à 1 et sert à mesurer la pesanteur des corps solides et liquides.

L’eau refroidie jusqu’au-dessous de o° passe à l’état de glace; chauffée jusqu’à 100 degrés, elle bout et se convertit en vapeur. La dissolution des différens sels dans l’eau change son point d’ébullition ; la plupart l’élèvent, et cette élévation est en général proportionnelle à la quantité de sel dissous; quelques-uns l’abaissent ; le sulfate de cuivre ne le change pas.

La plus forte chaleur ne peut décomposer ce liquide. L’eau est composée en poids de 88, 29 oxigène 11,71 hydrogène (éch. syn. 8 oxigène , 1 hydrog. ) ou en volume de 2 hydrogène et de 1 d’oxigène. Cette decouverte de Cavendish et de Lavoisier peut se vérifier par l’analyse et par la synthèse.

En 1781 Cavendish, s’occupant d’examiner ce que devient l’air perdu dans la combustion , entreprit des expériences dans lesquelles il brûla 32,375 kilog. mesure de gaz hydrogène avec deux fois et demie cette quantité d’air commun, et en faisant passer ce mélangé brûlant à travers un tube de verre d’environ deux métrés de long, il se condensa 8,740 grammes d’eau pure.

Le 24 juin 1783, Lavoisier et Laplace répétèrent l’expérience de la combustion de l’hydrogène et de l’oxigène dans un vase de verre sur le mercure , en quantité plus grande que celle qui avait été brûlée par

Lavendish j le résultat fut cl environ loin grammes d’eau pure.

^ ,^n^n ^ expérience de MM. Fourcroy , Vauquelin et Seguin commencée le mercredi i3 mai 1790 11e lut achevée que le vendredi 22 du même mois ; le volume du gaz hydrogène fut de 20963,563 pouces cubes dont e poids était de 1009,358 grains : le volume d’oxigène fut de 12570,942 pouces cubes pesant 6209,869 grains. Le poids total de ces deux gaz était donc de 7249,227 grains.

Le poids de I eau obtenu fut de 72.45 grains ou 12 onces 4 gros 45 grains : le déficit fut donc de 4,227 grains. Cette expérience ne peut laisser aucun doute.

La composition de l’eau peut se démontrer par l’anafysc. Lavoisier fit une expérience facile à répéter qui consistait à faire traverser par de la vapeur d’eau un tube de fer chauffé au rouge : le fer fut oxidé , et il y eut dégagement d’hydrogène ; la vapeur d’eau à laquelle

0 t tiaverser diverses substances combustibles produisit c même effet. Ou se sert pour cette expérience de

1 aPPaicl ifig' IO- Ü est un tube de fer ou de porcelaine, que l’on remplit de fer bien décapé: ce tube traversant un fourneau est chauffé au rouge comme dans

appareil n° 4 ; le tube IN P reçoit de l’eau qui, arrivée eu I , est rapidement portéeen vapeur le long du tube II : es produits qui sont de l’hydrogène et de la vapeur <1 eau sont recueillis sur le mercure.

Fa plus ou moins grande pureté des eaux les a fait diviser en trois espèces : eau pure ou distillée , eaux ordinaires , eaux minérales.

La première est celle que nous venons d’examiner : ou emploie dans les laboratoires pour les analyses.

Fa seconde est l’eau potable ordinaire : elle renferme plusieurs sels, tels que sulfate de chaux , carbonate de chaux, sulfate de potasse, etc. Lorsque ces sels sont en lop glande quantité, l’eau ne peut cuire les légumes et décomposé le savon qui s’y dissout mal; c’est ordinairement le moyen que l’on emploie pour recon-

naître si une eau peut servir aux divers usages de la vie : dans le premier cas , la sélénite (sulfate et carbonate de chaux) , contenue dans l’eau s’interpose entre les molécules végétales , et rend les légumes durs et ligneux : dans le second , le savon étant composé d’huile et d’alcali (soude) est décomposé par les sulfate et carbonate de chaux ; il se forme un sulfate et un carbonate de soude solubles et un savon insoluble d’huile et de chaux. M. Thénard a indiqué comme moyen de purifier les eaux non potables l’addition d’une certaine quantité de carbonate de soude : on conçoit en effet cpie ce sel décompose les sulfate et carbonate de chaux , les transforme en sels de soude, et ces nouveaux sels, sulfate et carbonate de soude , ne s’opposent plus à la cuisson des légumes et ne décomposent plus le savon.

Les eaux minérales sont celles qui renferment une quantité de principes étrangers assez considérable pour produire une action particulière sur l’économie animale. On divise ces eaux en quatre sections ;

i° Eaux gazeuses ; 2° eaux salines; 3° eaux ferrugineuses ; 4° eaux sulfureuses.

Les premières pétillent et dégagent de l’acide carbonique : eaux de Seltz , de Sedlitz , etc. ; les deuxièmes renferment plusieurs sels, tels que suif ate de magnésie, hydrochlorate de soude, hydrochlorate de chaux , etc. ; les troisièmes contiennent du fer en dissolution , eaux de Spa, de Pyrmont , de Passy , de Vichy , etc. ; les quatrièmes enfin ont l’odeur d’œufs pourris , eaux de Barrèges , de Baguer es , de Bonn , d’ Aix-la-Chapelle , etc. ; ces dernières, et quelques-unes des trois autres sections , ont quelquefois une température supérieure à celle de l’air environnant.

Température de quelques sources dt eau chaude.

Bristol 23° Carlsbad 68*

Bath. .

Vichy.

Aix-la-Chapelle 62

Barrèges 49

L’eau est d’un emploi continuel dans l’état ordinaire

de la vie. Le chimiste s’en sert dans presque toutes ses opérations; elle se combine avec les corps , soit en les dissolvant et restant limpide, soit en se solidifiant ellemême. Toute réflexion sur son utilité serait donc superflue , et nous aurons occasion de revenir sur ses divers emplois comme agent chimique: mais l’usage de la vapeur d’eau comme force motrice s’est tellement répandu que cette partie exige quelques développemens.

La- vapeur d’eau occupe , avons-nous dit, i^oo fois le volume qu’elle avait à l’état liquide : cette énorme différence a donné à l’homme une puissance dont il ne connaît pas encore la limite. On conçoit que si une masse d’eau vaporisée est introduite dans un espace où elle ne puisse se dilater, elle chassera les parties mobiles de la paroi dont le mouvement permettra son expansion : si elle est subitement condensée, l’espace qu’elle occupait sera vide , et l’air par sa pression ou toute autre force agira extérieurement en ramenant le piston dans un sens opposé; une nouvelle masse liquide vaporisée et condensée produira le même effet ; de là un mouvement de va-et-vient : tel fut le jeu des premières machines à vapeur. Plus tard on fit arriver la vapeur sur les deux surfaces du piston ; ainsi l’eau gazéifiée agit à la surface inférieure , et au moment où elle passe à l’état liquide par des injections froides, une masse de vapeurs se répand sur la surface supérieure : cette dernière est liquéfiée tandis que la vapeur s’introduit sous l’autre surface, et ainsi de suite. Ce mouvement continuel de va-et-vient employé coin me force motrice a donné -des résultats surprenans. Les premières idées sur l’application de la vapeur comme puissance appartiennent à la France : ce fait a été prouvé par M. Ara go et il est consigné dans l’ouvrage intitulé : Histoire descriptive de la machine à vapeur par R. Stuart. Mais on doit au célèbre Watt, anglais , la mise en pratique et des perfectionnemens tels que son nom vient se placer au-dessus de tous ceux qui devance. Chacun aujourd’hui a entendu parler

l’ont

8o BORE.

de la vapeur employée comme force motrice dans les matures , dans la navigation , enfin dans tous les établi gsemens qui nécessitent une grande puissance. On s est egalement beaucoup occupé des explosions arrivées sur les batimens à vapeur ; et par suite des dangers qui accompagnent l’emploi de ce nouveau

m°.-e . C,, tran^Port Par eau : je renvoie pour cette partie a 1 excédent mémoire de M. AragoJ mémoire publie dans 1 annuaire du bureau des longitudes pour i»3o, et au traite intitulé Guide du chauffeur et du proprietaire de machines à vapeur : les personnes nui dirigent des machines à vapeur ou qui ont besoin < e les étudiée, trouveront expliquées dans cet ouvrage toutes les causes d’explosions des chaudières

ainsi que les moyens à employer pour prévenir ces aecidens.

Un autre usage qui est encore peu popularisé en

rance est 1 emploi de la vapeur d’eau comme moyen de chauffage dans les batimens : cette vapeur se dégagé d une chaudière et est transportée à tra vers les appartemens par des tuyaux de conduite. L ’expérience a prouve que ce moyen réunit les quatre conditions que 1 on exige d’un bon chauffage , l’économie , la propreté , la sûreté et la salubrité. Quelques foyers de nos théâtres sont actuellement chauffés, du moins en partie, par la vapeur d eau.

Du Bore.

Le bore est solide, brun-verdâtre, inodore, sans saveur ; sa pesanteur n’est pas connue ; ij n’existe dans la nature que combiné , et a été peu étudié; la lumière, 1 électricité, la chaleur même la plus violente sont sans action sur lui.

Il paraît ne se combiner avec aucun des corps combustibles,^ excepté Je fer et le platine.

Chauffe au-dessous de la température ron°e, il s’unit a 1 oxigene et forme de l’acide borique.

ACIDE BORIQUE, gl

Il s’extrait de ce dernier acide par un procédé difficile et coûteux.

Acide borique. Pes. i,4y, ou i ,80 : comp. incertaine. Coi ps solide, inodore, incolore, d’une saveur peu prononcée; il rougit faiblement la teinture de tournesol; privé d’eau il a l’apparence du verre, est fusible a une haute température sans cependant être altéré ni volatilise par la chaleur; attire l’hurni- ‘Jljf de l air et devient opaque. Cet acide se dissout difficilement ; uni à 1 eau, il cristallise sous forme d’écailles blanches nacrées et de prismes ou lames mal déterminées : il est alors soluble dans quinze fois son poids d’eau bouillante ; chauffé il se fond et perd l’eau avec laquelle il était combiné .-l’oxigène, l’air, l’hydrogène sont sans action sur lui.

Lorsque 1 on préparé l’acide borique en petites quantités on l’extrait du borate de soude en pulvérisant ce sel, le faisant dissoudre dans six fois son poids c eau, et versant peu à peu dans la dissolution de aut e sulfurique jusqu à ce que la liqueur rougisse le papier de tournesol; on agite en même temps vivement: le borate se décompose, il se forme un sulfate acide de soude qui reste en dissolution , et l’acide bonquese précipité par le refroidissement sous forme de paillettes nacrées. On fi I Ire le liquide froid et on lave le résidu a 1 eau froide, puis on fait égoutt r et sécheron peut ensuite le faire fondre dans unecreuset de ri6ss6 pour achev er de le purifier.

, Te! n est Pa* le procédé que l’on suit aujourd’hui dans les arts On purifie en grand l’acide borique que ion trouve al état libredansplusieurs lacs de la Toscane fie tcrrein de ces lacs est formé d’une matière boueuse sans cesse agitee par une ébullition apparente due à un dégagement continuel de vapeurs qui sortent du sein

cil '1' Tv J< B "î? l’5 P*0’ r|ehes sont ceux de Cher- - lajo, de Monte-Cerboli , de Castel-Nuovo, etc., etc.

du lessive avec de l’eau chaude, les boues rejetées •sur les bords des lacs ou lagonis et on fait évaporer : .

souvent#»! se contente de concentrer les eaux mêmes de ces sources thermales qui contiennent l’acide borique en dissolution ; mais celui qu’on obtient par ce procédé n’est jamais pur. L’acide borique s’emploie dans les analyses de minerais (cet usage sera développé plus loin ) ; il sert à faire le borate de soude en usage dans les verreries; il entre dans la composition du strass , enfin il pourrait servir à faire des vernis ou couvertes dans les poteries communes , mais il est encore trop cher; on l’emploie en médecine comme sédatif.

Du Carbone,

Le carbone est pour le chimiste le principe parfaitement pur du charbon : la nature ne le présente que dans le diamant : ce dernier corps brûle dans 1 oxigène pur , à l’aide d’une température excessivement élévée, ne laisse aucun résidu , et le gaz produit de la combustion est l’acide carbonique. Le carbone uni à l’hydrogène et à quelques matières terreuses eonsti tue le charbon ordinaire.

L’unité de poids pour les diamans est le carat. Le carat pèse 4 grains, et les diamans impropres à la taille se paient de 3o à 36 fr. le carat ; quand iis peuvent être taillés et que leur poids est au-dessous du carat on les vend 48 fr. le carat : si leur poids dépasse ce terme, on en prend le carré que l’on multiplie par 48 ; ainsi un diamant de 5 carats vaut

Enfin si le diamant est taillé , on estime le poids

perdu à la moitié du poids brut.

Les diamans les plus remarquables sont: i° eeiui du raja de Matun. à Bornéo ; il pèse 3oo carats au moins ; 2° celui de l’empereur du IVIogol , il pese 2^9 carats et vaut onze millions; 3° celui de l’empereur de Russie (193 carats); 4° celui de l’empereur d’Autriche ( 189 carats) ; 5° celui du roi de France (1 36 carats).

Divers essais out été faits pour opérer la fusion du charbon ordinaire purifié; ee qui aurait peut-être conduit à la fabrication du diamant. MM. Hare et Sillimann ont annoncé avoir opéré cette fusion en établissant la communication entre les deux pôles d une pile à l’aide d’un morceau de charbon taillé en pointe à ses deux bouts. Plus récemment M. Cagnard - Latour, et ensuite M. Gannal, ont cru avoir fabriqué 'du diamant. A cette époque le prix du diamant baissa sensiblement.Mais les faits annoncés n’ont pas été confirmés.

Le diamant est employé pour graver et couper le verre. C’est avec sa poussière qti’on parvient a tailler les autres pierres dures.

Le charbon ordinaire est un corps solide, sans odeur, sans saveur, d’une couleur noire ; sa dureté, sa pesanteur et sa porosité varient beaucoup. Il est mauvais conducteur du calorique, mais conduit assez bien l’électricité quand il a été calciné convenablement ; aussi 1 ’employe-t — on pour garnir le pied des paratonnerres et transmettre facilement au sol le fluide électrique. La plus forte chaleur lie peut le ramollir; il est. inaltérable à l’eau et l’on eharbonne la partie des pieux que l’on enfonce en terre pour les rendre plus durables. Une de ses propriétés les plus remarquables est celle d’absorber les gaz avec lesquels on le met en contact; cette absorption est d’autant plus grande que la température est plus basse et la pression plus forte; elle est moins considérable lorsque le charbon est en poudre; elle augmente avec sa densité jusqu’à un certain point, où les pores trop serrés ne la permettent plus aussi facilement : elle varie avec la nature des gaz.

La table suivante , due à de Saussure , indique quelques unes des variât ons : un volume de charbon de bois absorbe

90 vol. de gaz ammoniacal.

85 — d’acide hydrochlorique.

40 — de protoxide d’azote.

15 — d’acide carbonique.

35 vol. d’hydrog. percarboné.

9,^5 — d’oxigène.

7,5 — d’azote.

i,7 5 — d’bydrogèue.

Cette propriété rend le charbon très utile pour prévenir la putréfaction des eaux dans les voyages de longcours ; a cet effet on conserve ces eaux dans des tonneaux dont l’intérieur est charboné. On purifie celle qui a quelque odeur en la filtrant «travers plusieurs couches de charbon pilé : tel est le procédé mis en action dans 1 etablissement des eaux clarifiées par les filtres-charbons. On peut aussi ôter la mauvaise odeur et le mauvais goût de la viande gâtée en la faisant bouillir avec du charbon.

Ce combustible jouit encore de la propriété de décolorer plusieurs substances végétales et animales. Nous reviendrons sur plusieurs deces usages et de ces propriétés en traitant des différentes espèces de charbon.

On peut diviser les charbons en trois espèces distinctes: i° charbon animal ; 20 charbon de bois ; 3° charbon minéral.

L’usage a consacré le nom de charbon animal à celui que l’on obtient en distillant dans des vases clos , un peu au-dessus du rouge cerise , les os de divers animaux que l’on recueille en très forte quantité, surtout dans les grandes villes. On les soumet à la calcination par deux procédés : dans le premier on remplit d’os concassés et dépouillés de leur graisse de gros cylindres placés horizontalement dans un four et terminés par un tuyau de trois pouces de diamètre adapté à un appareil réfrigérant ; on élève peu à peu la température jusqu’au rouge , et l’action se continue ainsi pendant trente-six heures ; il suffit alors de retirer le charbon , on le met dans les étouffoirs , on le laiese réfroidir et on le réduit en poudre fine. Dans le deuxième procédé on calcine les os dans des marmites de fonte assemblées par paire et renversées l’une sur l’autre sur leurs orifices ; les deux marmites sont lutées avec de la terre grasse, et cet enduit forme en se desséchant quelques fentes qui suffisent au dégagement des gaz, de l’eau vaporisée et de l’huile empyreumatique.

La propriété décolorante du charbon, découverte par Lowitz, a fait le sujet d’un concours proposé par l’Ecole de Pharmacie. Deux mémoires remarquables, l’un de M. Bussy, l’autre de M. Payen, ont partagé l’honneur du prix : les résultats qu’ils offrent sont à peu près identiques. Ils ont démontré que la supériorité du pou- ^ décolorant du charbon animal comparé a celui du charbon végétal était due h la finesse de ses molécules. Dans la calcination des os , la partie minérale, (phos— phate de chaux) s oppose à l’agrégation des parties de charbon et fait rester ces dernières dans un très grand état de division : or on peut facilement prouver que le charbon décolore en s’emparant de la matière colorante à la manière des corps poreux; en effet si l’on mele du charbon a une solution d’indigo dans l’acide ■uilfurique, et si l’on filtre, l’acide passe incolore; le ‘barbon mêlé à la matière colorante reste sur le filtre; nais si on le lave au moyen d’un alcali, la matière coorante se sépare du charbon et passe à la filtration : m peut ainsi renouveler le pouvoir décolorant duchar- >on , mais ces opérations seraient trop dispendieuses lans la pratique. C’est surtout pour la clarification et a décoloration des sirops, du miel, etc., que cette propriété a été utilisée : l’on a substitué dans ces opéraions le charbon animal au charbon végétal que l’on vait d’abord employé de préférence.

Le charbon animal possède en outre une autre proi ictc precieuse pour la fabrication des sucres. Dans ette fabrication le liquide extrait des cannes ou des etteraves est déféqué au moyen de la chaux : cette ase en trop grande quantité altère le sucre ; on polirait saturer cet excès par un acide ; mais ce dernier, si n dépassé le terme de saturation , offre encore de plus ram s incom eniens : il est démontré actuellement que ; charbon a le pouvoir de saturer la chaux ; si l’on mmet à l’ébullition un mélange de ioo parties d’eau c aux et de io de charbon, la liqueur passée au tre ne précipité plus avec l’oxalate d’ammoniaque.

Le charbon animal, après avoir servi dans les raffineries, est répandu sur la terre comme engrais.

Pur, il forme le noir d’ivoire si employé en peinture.

Le charbon de bois est d’un grand usage dans les usines , dans l’économie domestique , etc. ; sa préparation dans les forêts se fait encore p?r un procédé qui diffère très peu de celui que l’on suivait anciennement. On choisit un terrain uni , fermé et à portée des tas de bois abattus ; chaque fourneau occupe environ une aire de 12 à i5 pieds de diamètre ; le choix des bois n’est pas indifférent. Les bois durs produisent le meilleur charbon; il est pesant, compact, et donne une forte chaleur; les charbons légers, produits des bois blancs, sont proportionnellement plus chers puisque la vente s’en fait à la mesure; ils ne sont bons que lorsque l’on veut un leu vit. Les fourneaux se constiuisent de la manière suivante : on fiche en terre une forte^ bûche amincie à une extrémité et fendue en quatre à 1 autre ; on ajuste dans les fentes des bûches à angle droit et horizontales ; quatre autres bûches sont inclinées vers

celle du centre, s’y appuient et sont contenues dans s : on dispose sur l’aire une série de bûches en

les angles

rayons dont la bûche principale est le centie, on î emplit le tout de petites bûches de un à trois pouces de diamètre : des fiches a ia circonférence consolident le I premier étage qui est en forme de cône tronqué. Un second étage se construit de la même manière: on répète ainsi l’opération jusqu à ce que le fourneau ait. une hauteur d’environ 1 5 pieds au plus. On îecouvre cet assemblage avec de l’herbe, des feuilles , etc., ex-a cepté un demi-pied par le bas pour donner accès a l’air extérieur. L’ouvrier retire alors la bucae du prv. I mier étage et jette au centre une pelletée de feu avec du menu bois ; bientôt la masse s’échauffe, une tum,çe , épaisse s’échappe par les ouvertures: à ce moment h\ présence de l’ouvrier est rigoureusement nécessaire il rebouche avec soin toutes les ouvertures qui donnen une issue trop facile à la fumée ; le trou central est h

Seul qui doit établir un courant d air rapide : quelquefois les gaz comprimés lont de petites explosions qui ébranlent la masse et donnent naissance a des fissuies , on rebondie ces cheminées avec soin L operation se prolonge pendant deux jours pour les bois secs , mais en général elle dure quatre jours : alors on ouvre le fourneau d’un côté.

Le procédé que nous venons de décrire a etc perfectionné successivement par MM. Tbilorier, Mollerat , Foucaut, Rurtz et L’Homond : cet abrégé ne permet pas d’entrer dans les détails de ces ameliorations , que l’on trouvera dans W4rt du charbonnier par Pelouze j nous rapporterons seulement les résultats comparatifs des produits obtenus.

Le bois que l’on carbonise a ordinairement une année de coupe et sur ioo parties se compose de :

Eau à l’état libre * 2 5

I hydrogène ... 3, 7

oxigène 29,6

carbone 36,6

Cendres 5

Procédé ordinaire: 100 de bois donnent 1 8 decharbon vendable. — de M. Tbilorier : 100 — • 20 — 5 acide pyrolrà 3°Re

— de M. Foucaud : 100 — 24 — “20 — à 4Ü

— de M. Mollerat : 100 — 23 — 25 — à 5°

— de M. Kurtz.. . : 100 — 27 — 48 a 6°

Le procédé de M. Kurtz offre donc des avantages marqués ; mais les quantités données doivent être réduites en raison des pertes que l’on éprou ve toujours dans les opérations en grand. On peut obtenir (terme moyen) de 1000 stères de bois pesant 2' >0000 kilogrammes, 32oo hectolitres de charbon , ùoooo kilogrammes d’acide pyroligneux mêlé de goudron, d’où l’on retire 2800 kilogrammes d’acide acétique blanc et valant 7 fois celui d’Orléans. On décrira ce dernier procédé à l’article acide acétique.

Le charbon de saule est employé pour dessiner.

Les charbons de bois divisés servent à polir les mé-

«s ACIDE CARBONIQUE.

taux ; ils constituent le noir de fumée , entrent dans la composition de l’encre d’imprimerie, de la poudre, etc. Le charbon est encore employé pour réduire les oxides métalliques, cémenter le fer. Le noir de pêche n’est que le résultat de lacarbonisation desnoyaux dece fruit.

Le carbone uni aux pyrites, «à des matières terreuses et résineuses, etc. constitue le charbon minéral connu sous les noms de houille, d’anthracite, etc. Ce composé donne une lorte chaleur, s’emploie en Angleterre , en b rance dans les usines pour désoxigéner les métaux. La flamme qu il produit est due a 1 hydrogène perça r— bone qu il renferme ; ce fait sera développé plus bas.

Acide carbonique. Pes. i,524, comp. 37,69 , carb. 100 oxig. (éch. syn. 6 carbone, 16 oxigène). Le charbon porté au rouge cerise absorbe l’oxigène de l’air et forme 1 acide carbonique. Ce gaz est incolore, près— qu’inodore, d’une saveur acidulé; il éteint les corps embrases, suffoque les animaux, surtout ceux qui sont à sang chaud, ne rougit que faiblement la teinture de tournesol. Il résiste sans se décomposer à la pli is forte chaleur. Il a été liquéfié par M. Faraday en mêlant dans un tube sinueux bouché aux deux extrémités du carbonate d’ammoniaque et de l’acide sulfurique concentré : à l’état liquide il est très fluide, ne se solidifie pas , même cà un très grand froid : à o° sa vapeur exerce une pression de 33 atmosphères, à n" une pression de 23 atmosphères. La pesanteur de ce gaz étant plus forte que celle de l'air explique le phénomène si connu de la grotte du chien dans le royaume de Naples. Cette grotte si fameuse depuis des siècles est situee près le lac Agnano : un chien qu’on y tient couché contre terre périt en peu de minutes par l’effet de 1 exhalaison de ce gaz délétère, tandis qu’un homme peut s’y promener impunément.

L’acide carbonique est soluble dans l’eau , et la dose d acide dissoute augmente avec la pression exercée sur le liquide. Cette eau ainsi chargée pétille et a les propriétés des eaux minérales gazeuses. Le réactif que

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