COMBUSTIBLES
couche de mastic composé de trois parties de cire jaune et d’une partie de térébenthine ordinaire ; on enlève ensuite ce mastic à l’aide d’une pointe ou d’un burin partout où l’on veut que l’acide agisse , en s’attachant à ce que dans tous ces endroits le verre soit parfaitement mis à nu pour que l’acide morde d’une manière égale. L’action de l’acide fluorique sur le verre s’explique facilement; on sait actuellement que cet acide s’unit à la silice et forme un gaz appelé acide fluorique silicé j ce composé reçu dans l’eau dépose la silice en gelée.
Acide fluoborique. Il nous est impossible d’isoler le fluor, mais on est parvenu à l’unir au bore en chauffant dans un vase de verre ou de plomb un mélange de spathfluor et d’acide borique : on obtient un gaz acide que l’on regarde comme composé de bore et de fluor : il est sans usage et peu connu.
3e SECTION»
Des Combustibles métalliques.
De leurs propriétés et de leur combinaison avec les acides et autres corps précédemment étudiés.
Les métaux forment la classe la plus importante des corps, puisqu’on les emploie dans presque tous les arts nécessaires à la vie : ils servent à fabriquer les instrumens employés dans nos travaux et nous rendent ces travaux plus faciles ; sans eux , même dans les climats les plus favorables, les hommes nés elèveraient pas audelà de l’état sauvage : ils donnent au médecin plusieurs médieamens héroïques. La chimie nous enseigne les moyens de les séparer des matières terreuses auxquelles ils sont mêlés dans la nature, de les purifier, de les employer seuls ou combines entre eux.
Les recherches importantes sur les métaux datent du moyen-âge , c’est-à-dire des siècles de Y alchimie : on appelait ainsi une science occulte , connue seulement d’un petit nombre d’adeptes, et qui avait pour but de découvrir un remède universel qui leur assurerait l’immortalité: les alchimistes croyaient également pouvoir trouver la pierre philosophale , c’est-à-dire le moyen de transmuter les métaux qu’ils àppellaient imparfaits en or et en argent. Leurs recherches étaient basées sur l’opinion que l’or existe dans tous les métaux, mais mêlé d’impuretés, et qu’en le séparant de ces substances étrangères 011 pouvait b* ramener à son état de pureté naturelle ; ils avaient donc divisé les substances métalliques en métaux nobles ou parfaits , et en demi-métaux ou imparfaits ; ils les avaient placés sous l’influence des planètes. Le fer était soumis à Mars , le cuivre à Venus , le plomb était consacré à Saturne , l’argent à Diane , l’étain à Jupiter , etc.; l’or était nommé le roi des métaux. Des charlatans firent des fortunes colossales aux dépens des rois , des princes , des évêques qu’ils flattaient de l’espérance de transmuter ainsi les métaux. Frédéric III , empereur d’Allemagne , fit frapper une médaille avec l’or qu’avait donné une opération alchimique faite en sa présence par un nommé Bichterhausen : il lui accorda des lettres de noblesse , et le mit au nombre des barons du Saint-Empire , sous le nom du baron du Chaos. Un tel fief valait une fortune : le nouveau gentilhomme ne se montrait nulle part qu’il ne fût accueilli et recherché : l’électeur de Mayence le pria de faire en sa présence une transmutation ; il y consentit et employagros comme une lentille de matière de projection qu’il mêla avec de la • gomme adragante , afin, disait— il, de la mitiger; il enveloppa le tout d’une couche de cire; on mit cette matière avec 4 onces de mercure dans un creuset qui fut recouvert de charbon. Le prince soufflait le feu lui-même et le baron dirigeait l’opération : quand elle
ï3c COMBUSTIBLES
eut duré une demi-heure , on retira le creuset qui se trouva plein d’or en fusion ; il était d’un beau rouge. Le gentilhomme le jugea d’un titre trop élevé, il demanda qu il fut baisse par une addition d’argent : on le fit : on procéda à une seconde fusion , on coula et on obtint un lingot qu’on trouva très pur mais un peu cassant. L alchimiste expliqua facilement cette circonstance fâcheuse par les molécules d’étain accidentelles, qu’une troisième fusion devait faire disparaître : on fondit donc le métal une troisième fois et l’on obtint de 1 or excessivement ductile. Le directeur de la monnaie dit à l’électeur qu’il n’en avait jamais vu de plus fin. Menconius rapporte cette histoire et cite les expressions du prince avec une complaisance qui porte à croire que l’un et l’autre pensaient que la transmutation était réelle. Ceux qui faisaient de semblables expériences avaient soin de se munir, pour agiter le mélange , d’un tube creux qui contenait de l’or et qui n’était bouché qu’avec de la cire ; celle-ci fondait par l’action de la chaleur, le métal coulait dans le creuset et l’alchimiste réussissait ainsi à persuader à ses dupes qu’il avait les moyens de transmuter les métaux. L’art de préparer le remède universel suivit celui de faire de î’or. Paracelse, si célèbre pour la cure des maladies syphilitiques , de la lepre, etc., etc.s homme d’un grand mérite et qu’il ne faut pas classer à côté du charlatan dont nous venons de parler , portait au pommeau de son épée une panacée universelle qui devait le rendre immortel. Cette nouvelle fontaine de Jouvence ne l’empêcha pas de périr à 47 ans , victime de ses débauches. Ces idées ambitieuses ont du s’évanouir devant les lumières d’une saine philosophie : les chimistes modernes ne se livrent plus à ces travaux dont ils connaissent l’inutilité ; ils étudient les propriétés physiques et chimiques des métaux et s’occupent des moyens de les faire servir au bien-être de la société.
Propriétés physiques. Une des propriétés les plus remarquables des métaux est l’aspect brillant qui leur
€st particulier et qu’on désigne par le nom d’éclat métallique; cct éclat est dû à la faculté qu’ils ont de réfléchir puissamment la lumière, faculté qui semble en partie résulter de leur texture plus serrée et qui les rend particulièrement convenables pour les miroirs dont ils forment toujours la base : cet éclat n’a plus lieu dès que les métaux sont en poussière très fine. Ces corps sont en outre opaques , insolubles dans l’eau, bons conducteurs du calorique et de V électricité ; leur pesanteur spécifique est en général plus grande que celle de l’eau. Ils se fondent à l’aide de la chaleur ; et l’on peut en général , lorsqu’ils sont en fusion , les jeter dans un moule et leur donner telle forme qu’on désire : c’est ainsi qu’on fait un grand nombre d’ustensiles en étain , argent, etc. , d’une forme élégante. Ils diffèrent considérablement entre eux dans leur degré d c fusibilité ; le mercure jouit de cette propriété à un tel point qu’il reste liquide à la température ordinaire, tandis que d’autres métaux comme le platine ne peuvent être fondus que par la plus violente chaleur qu’il soit possible de produire. Quelques-uns sont volatils ; la plupart sont fixes dans l’acception ordinaire de ce mot, c’est-à-dire ne peuvent être volatilisés par la plus forte chaleur de nos fourneaux.
La dureté des métaux est très variable, mais cette propriété dans quelques-uns peut être augmentée par l’art : c’est ainsi que les modernes sont parvenus à se procurer avec l’acier un grand nombre d’instrumens tranchans que les anciens faisaient avec une combinaison de cuivre et d’étain; leur sonorité est en proportion de leur dureté.
L’élasticité des métaux dépend de leur dureté et peut de même être augmentée par l’art : ainsi l’acier dont sont faits les ressorts de montres est presque parfaitement élastique , bien que le fer dans son état naturel ne le soit que très peu.
Malléabilité ou propriété de s’étendre , de s’aplatir par le choc ou sous le laminoir. Celui de tous les
l3a COMBUSTIBLES
métaux qui est le plus malléable est For ; c’est nom
malgré SagFande valeur> on peut fairePdes f, d or assez minces pour se les procurer à bas pnx. L argent est aussi très malléable. Voici la liste des métaux malléables et l’ordre de leur malléabilité.
Or.
Argent.
Cuivre.
Etain.
Platine.
Plomb,
Zinc.
Fer.
Ductilité., Propriété qui rend les métaux susceptudes d etre étirés en fils ; on peut à cet égard les ranger comme d suit :
Or.
Argent.
Platine.
Fer.
Cuivre.
Zinc.
Étain.
Plomb
irefilerie. Celte opération est celle par laquelle on eliie te» barres de métal en les faisant passer dans les trous d’une lame d’acier appelée filière. Pour qu’un fil puisse être etire il laut que le métal ait une grande ténacité : lor, 1 argent, le fer, l’acier, le cuivre et les adiages qu ils peuvent former entre eux sont ceux que 1 on emploie ordinairement.
L action violente de l’étirage durcit ie métal et le rend cassant ; il faut le recuire plusieurs fois pendant le cours de 1 operation. Les fils d’or et d’argent sont laits en couvrant un lingot cylindrique d’argent de feuilles o oi , et le passant par les différons trous de la filière jusqu a ce qu il ait la grosseur d’un cheveu. Celte grande ductilité fait un des caractères distinctifs de l’or.
Ténacité. Cette propriété , en vertu de laquelle un corps supporte un poids plus ou moins considérable sans se rompre 7 varie dans les métaux.
MÉTALLIQUES, i33
Les métaux suivans , tirés en fil de deux millimètres de diamètre, ont supporté, savoir:
Fer 249 kit. 65g
Cuivre i3r,
Platine
Argent
• Or
Étain
Zinc
249 kil.
Il est évident que les corps pour être tréfilés doivent jouir de la ténacité à un certain degré.
Les métaux sont en général insipides et inodores ; quelques-uns cependant exhalent par le frottement une odeur désagréable. Leur structure est lamelleuse , fibreuse ou granuleuse ; ils peuvent cristalliser en cubes en octaèdres, etc.
Etat naturel, extraction. Les métaux se trouvent dans la nature quelquefois à Tétât natif, c’est-à-dire, purs et non mêlés à d’autres substances , de manière qu’ils possèdent l’apparence et les propriétés métalliques ; on les rencontre le plus souvent unis avec d autres substances ; ce mélange s’appelle minerai (1). On en isole le métal par l’action d’une violente chaleur et par des moyens mécaniques. Les métaux et les minerais métallifères se trouvent à dilférens endroits sous 1 eau , dans les lits des rivières, des lacs, des mers: tels sont les sables aurifères et ferrugineux , les grains d or natif, les ocres et les fragmens de minerais ;* a l’état de sels et en dissolution dans l’eau : telles sont encore les eaux vitrioliques qui contiennent du fer, du cuivre ou du zinc. Dans la terre les métaux sont communément disposés en filons, plus rarement ils forment des couches ou des amas: tantôt ils composent à eux seuls le filon ; tantôt ils y sont mêlés à des substances pierreuses; ils entrent quelquefois comme partie consti-
(i)Onnomme^ la substance pierreuse ou acidifère îoinpagne les mm-erais métalliques.
qui ac-
s 34 COMBUSTIBLES
tuante dans la composition de certaines roches auxquelles ils donnent leur couleur, leur densité, etc. , etc.
On obtient les métaux en général en traitant les minerais par le boccardage, le lavage , le grillage et la fusion. La première et la seconde de ces opérations les réduisent en poudre et les séparent des sels et autres matières plus légères ou plus solubles dans l’eau. La troisième et la quatrième les isolent entre eux ; elles volatilisent l’arsenic , le soufre et les autres substances volatiles avec lesquelles ils sont combinés. Ces diverses opérations amènent en général les métaux à l’état d’oxides : on les unit alors aux flux noirs ou blancs. On désigne ainsi les substances quelles qu’elles soient qui facilitent la fusion des minerais. On emploie en grand comme flux les pierres à chaux ou les terres argileuses : dans les expériences chimiques on se sert principalement de quelques alcalis. Les flux alcalins sont les flux bruts blancs et noirs; le flux brut blauc est un mélange de partie égaie de nitre et de tartre qu’on met dans un creuset avec le minerai qu’on a l’intention de faire fondre : l’explosion que fait le nitre avec la matière inflammable du tartre est utile dans quelques opérations, quoique, en général, elle présente l’inconvénient de faire jaillir hors du vase une partie de la matière à essayer, si l’on n’a pas le soin de ne jeter à la fois qu’une petite quantité du mélange ou d’opérer dans un grand vase. Le flux noir diffère du précédent par la proportion de ses ingrédiens : il contient une fo:s plus de tartre que de nitre ; aussi la combustion est incomplète , et une forte partie d’acide tartarique se décompose par la simple chaleur et laisse à nu une certaine quantité de charbon qui donne au mélange la couleur noire. On se sert pour réduire les oxides ou les ramener à l’état métallique des charbons de bois ou de terre qui, pendant la combustion, s’emparent de l’oxigène de l’oxide et se combinent avec lui.
Nous examinerons actuellement les propriétés chimiques générales des métaux , c’est-à-dire l’action
qu’exercent sur eux les corps précédemment étudiés , et nous terminerons par l’étude particulière de ceux qui , par leurs usages dans les arts, offrent de l’intérêt.
Propriétés chimiques. Les corps simples ou composés précédemment étudiés ont une action plus ou moins marquée sur les métaux. La plupart de ces actions sont liees par des lois générales qui permettent de les réunir sons un seul point de vue , et nous nous convaincrons que cette marche abrège de beaucoup le travail et diminue conséquemment la masse des laits isoles que la mémoire doit recueillir.
Action de la chaleur sur les métaux. Les métaux exposés à la chaleur peuvent être rangés en plusieurs classes. Fusibles a la température ordinaire (le mercure) ; fusibles au-dessous de la chaleur rouge ( potassium , sodium , étain , bismuth ) ; fusibles au-dessus de la chaleur rouge ( argent , cuivre , or, etc., etc.) ; fusibles au chalumeau le plus énergique (titane, cérium, etc). Infusibles ( tungstène , etc. , etc). Volatils : on dit qu’un métal est volatil lorsque, exposé à une température supérieure à celle qui est nécessaire pour sa fusion, il peut entrer en vapeur (mercure, arsenic, potassium, tellure, zinc ).
Table des principaux métaux rangés suivant l’ordre de leu /
plus grande fusibilité.
Mercure
Potassium . ; .
Sodium
Étain. .......
Bismuth
Plomb ......
Tellure
Arsenic
. indéterminé.
Antimoine . . . .
Pjrom de Wedgwood.
Argent 2o°
Cuivre 27
Or * 3^
Fer 1 3o
Manganèse ibo
La plupart des autres métaux 11e peuvent entrer en fusion qu’au feu du chalumeau d’oxigène et d’h y-
ï 36 COMBUSTIBLES
Action de la pile. Je renvoie , pour cette partie , à ce qui a été dit en parlant de la pile galvanique.
Action de l’qxigene sur les métaux". La plupart des métaux s’unissent à l’oxigène , et un grand nombre s’y unissent en plusieurs proportions. Les différens oxides que peut former un seul métal sont liés par une loi qui peut s’énoncer ainsi : Les closes d’oxigène , dans les différens oxides d'un métal > sont toujours en rapports simples . Cette loi est une conséquence de nos remarques sur l’échelle synoptique.
Protoxide de mercure, 200 -f~ 8—208.
Protoxide de cuivre, 6 4 -|— 8 = 7 .
Deutoxide de mercure, 2 00 T 16=2 1 6.
Deutoxide de cuivre, 64-j-r6=8o.
Les doses d’oxigène sont pour le mercure et le cuivre dans le rapport de 8 à 16 ou de t à 2. Ce rapport serait pour le fer de 1 à 1 i|2.
Nos lecteurs trouveront dans la table suivante les rapports en poids dans lesquels l’oxigène se combine avec les métaux les plus employés.
Echelle synoptique.
Quantité d'oxigène que prennent 100 parties de métal pour passer
Noms de» oxides. à l’étal d’oxide. (Les
proportions indiquées dans cette colonne ont été données par l’analyse directe.)
1 2 magnés. 8 g alumin. 8 8 silicium 8 20 calcium 8 44strontium 8 70 barium 8 4opotassiumS 24 sodium 8 28 mangan. 8 28 — 16
33 zinc. . . 8 28 fer. ... 8
oxige oxide de magnésium ou magnésie. « »
. — - — - d’aluminium ou alumine. . . » »
— — de silicium ou silice „ ■»
— — de calcium ou chaux. ... » »
. — — de strontium ou strontiane. » »
— — de barium ou bariîe. .... » «
— — . de potassium ou potasse... . 20,40g
— de sodium ou soude 34,372
— de manganèse. 28,10
— (pero.) 56,21
— (prot.) de zine 24,79
— (prot.) de fer 29,48
(deut.) de fer 39,3 1
— (trit . ) de fer 4 4 ; 2 2 4
MÉTALLIQUES. i37
5q étain. 8 oxig. oxide (prot.) d’étain i3,6
5q — 16 — — (deut.) d’étain 27,2
38 arsenic 8 — — (dent.) d’arsenic 21,1
28 chrome 12 — — (prot.) chrome 42,63*
45 antime. 8 — — (prot.) d antimoine 18,6
^5 12 — — (dent.) d’antimoine 20,8
^5 16 — — (trit.) d’antimoine . 35,993
26 cobalt 8 — — (prot.) cobalt 27,097
26 — 12 — — (deut.) cobalt 40,647
yi bismuth 8 — — de bismuth 11,270
64 cuivre 8 — — (prot.) de cuivre 12,638
64 — 16 — — (deut.) de cuivre 25,276
64 — 3a — — (trit.) de cuivre 5o,552
104 plomb 8 — — (prot.) de p!omb 7>79-5
Ï04 — 12 — — • (deut.) de plomb 11,587
104 — 16 — — (trit.) de plomb i5,45o
200 mercure 8 — — (prot.) de mercure 3,95
200 — x6 — — (deut.) de mercure 7,90
1 10 argent 8 — — d’argent 7 ,3 98
199 or 8 — — (prot.) d’or 4,026
199 — 24 — — (deut.) d’or 12,077
18 x platine 16 — — • (prot.) de platine 8,022
i8r — 32 — — (deut.) de platine 16,04 5
Les métaux ont été classés en six sections suivant leur affinité pour l’oxigène , et on les étudie en générai dans cet ordre.
ire Section. Métaux dont on n’a pu réduire l’oxide et que l’on admet par analogie ; ils sont au nombre de sept : magnésium, glucinium, jtrium , aluminium, thorinium , zirconium , silicium. On 11e les rencontre dans la nature qu’à l’état d’oxides.
2e Section. Métaux qui ont la propriété : i° d’absorber l’oxigène à la température la plus élevée ; 20 de décomposer subitement V eau à la température ordinaire en s’emparant de son oxigène. Us sont au nombre de six : calcium , strontium, barium , sodium , potassium , lithium.
3e Section. Métaux qui ont la propriété : i° d’absorber l’oxigène à la température la plus élevée ; 2° de de ne décomposer l’ eau qu’à l’aide de la chaleur rouge. Us
i38 COMBUSTIBLES
sont au nombre de cinq : manganèse , zinc , fer, étain , cadmium.
4e Section. Métaux qui : i ° absorbent V o xi gène à la température la plus élevée ; 2° qui ne décomposent Veau ni à chaud ni a froid. Il y en a quinze , et les cinq premiers sont acidifiables : arsenic , molybdène , chrome , tungstène, columbium , antimoine , urane , cérium, cobalt, titane, bismuth , cuivre , tellure, nickel, plomb.
5e Section. Métaux qui : i° n’absorbent. Voxigène qu’à une certaine température et dont les oxides sont réductibles à une température plus élevée ; 2° qui ne peuvent décomposer Veau. Us sont au nombre de deux : mercure, osmium.
6e Section. Métaux qui n absorbent Voxigène et ne décomposent Veau ci aucune température , et dont les oxides se réduisent au-dessous de la chaleur rouge. Us sont au nombre de six : argent , palladium, rhodium , platine , or , iridium.
Action du chlore, du soufre, de l’iode et du brome sur les métaux. La place que doivent occuper ces élémens dans la série des corps chimiques n’est pas encore fixée. Les conséquences de cette incertitude sont remarquables , surtout dans l’action de ces mêmes corps sur les métaux. Examinons les proportions que doivent avoir ces composés en suivant l’échelle synoptique : nous prendrons pour exemple le mercure.
Protochlorure de mercure Deutochlorure —
Protosulfure —
Deutosulfure —
Protoiodure —
Deutoiodure —
Protobrômure —
Deutobrômure —
se compose de 36 chlore, 200 merc.
de 72 chlore, 200 merc.
de 16 soufre, 200 merc.
de 32 soufre, 200 merè.
de 125 iode, 200 merc.
de 25o iode , 200 merc.
de 75 brome, 200 merc.
de ïSobrôme. 200 merc.
La même table nous montre que
36 de chlore et x hydrogène forment l’acide hydrochlorique.
i 6 de soufre et I hydrogène forment l'acide hydrosuifurique. iîô d’iode et i hydrogène — l’acide hydriodiqne.
76 de brome et x hydrogène — l’acide hydrobrômique.
200 de mercure et 8 oxigène — le protoxidede mercure.
200 ■ — et 16 oxigène — le deutoxide de mercure.
Par conséquent le chlore, l’iode, le soufre, le brome unis au mercure sont respectivement dans des proportions telles que l’hydrogène nécessaire pour acidifier les radicaux non-métalliques, et l’oxigène nécessaire pour oxider le métal sont exactement dans les proportions pour faire l’eau. D’un autre côté l’état actuel de la science ne permet pas d’affirmer qu’un corps bien desséché ne contient plus d’eau ; on peut donc se faire les questions suivantes :
Lorsque le chlore , le soufre, l’iode ou le brome s’uniront à un métal, le composé sera-t-il binaire (chlorure , sulfure, iodure, bromure du métal) , contenant une certaine quantité d’eau ? ou, les principes constitnans de l’eau se sont-ils séparés dans l’action chimique, l’hydrogène s’unissant avec le radical non-métallique pour former un hydracide , et l’oxigène s’unissant au métal pour former un oxide ; auquel cas le composé serait un sel ( hydrochlorate, hydrosulfate, hydriodate, hydrobrômate de l’oxide du métal)? Ces questions n’ont pas été résolues ; quelques chimistes prétendent que le composé , lorsqu’il est solide, est binaire ou en ure, mais qu’il passe à l’état de sel lorsqu’il est dissous dans l’eau. Cette décision ne me paraît pas mathématique , et je préfère appeler ces composés indifféremment chlorure , sulfure , iodure, bromure, hydrochlorate, hydrosulfate, hydriodate, hydrobrômate. Je remarquerai seulement que le nombre équivalent du soufre étant 16 et celui de l’oxigène étant 8, la quantité de soufre dans les sulfures sera double de la quantité d’oxigène nécessaire pour oxider le métal.
Action de l’hydrogène, du bore, du carbone, de l’azote, du phosphore sur les métaux Ces élémens , excepté le dernier , ont peu de tendance à s’unir avec
*4o COMBUSTJ BLES
les métaux; les phosphores paraissent régis dans leur formation, par les mêmes lois que les sulfures.
1 Agtion des acides sur les métaux. Les acides sont de deux espèces : i° oxacides , lorsqu’ils ont l’oxi°-ène pour acidifiant ; 2° hydracides , lorsque l’hydrooène est acidifiant.
Action des oxacides sur les métaux. S’il y a action
le métal est oxidé aux dépens de l’acide et il y a dégagement du radical de l’acide, ou d’un composé qui contient moins d’oxigène que l’acide lui-même: l’oxide métallique formé s’unit en général à l’acide excédant: par exemple, si l’on verse de l’acide nitrique sur ducuivre, il se forme du nitrate d’oxide de cuivre , et il se dégage du deutoxide d’azote. Quelquefois le métal s’oxide aux dépens de l’eau contenue dans l’acide s’unit à l’acide, et l’hydrogène est dégagé (zinc , eau, acide sulfurique); il se forme du sulfate d’oxide de zinc et l’hydrogène se dégage.
Action des hydracides sur les métaux. Il en résulte presque toujours un corps binaire en ure et l’hydrogène se dégage ( acide hydrochlorique et potassium ); il se forme du chlorure de potassium si l’acide est <m zeux , ou de l’hydroehlorate de potasse si l’acide "est liquide. Dans ce dernier cas le potassium est oxidé aux dépens de l’eau qui tient le gaz acide hvdrochlorique en dissolution.
Action de la chaleur sur les oxides. Les protoxides absorbent en général de î’oxigène , les peroxides dégagent souvent l’oxigène qu’ils contiennent. Quelques oxides , ceux des 5e et 6e sections , abandonnent tout leur oxigène.
Action de la pile voltaïque sur les oxides. Tous les oxides des cinq dernières sections sont réduits par la pile galvanique : l’oxigène se porte au pôle vitré la base au pôle résineux.
Action de l’oxigène sur les oxides. Les . protoxides sont portés à l’état de peroxide.
Action de l hydrogène, du carbone, du chlore sur
METALLIQUES. i/f*
les oxides. Ces élémens décomposent plusieurs oxides à Laide de la chaleur : les deux premiers se combinent avec l’oxigène , le troisième s’unit au métal réduit. Quelques oxides très peu réductibles , tels que ceux de potassium , de sodium , de barium , de calcium se combinent avec le chlore et forment des chlorures d’oxides ; ces composés sont remarquables en ce qu’ils conservent plusieurs des propriétés du chlore, et surtout celle de décolorer les matières organiques.
Action du soufre et du phosphore sur les oxides. Us s’unissent quelquefois aux oxides en donnant naissance à des oxides phosphurés ou sulfurés.
Action de l’eau sur les oxides. Oiî peut diviser les oxides en oxides solubles et en oxides insolubles. Les premiers sont la barite, la potasse , la strontiane , la chaux, la soude, l’oxide blanc d’arsenic et l’oxide d’osmium; tous les autres oxides sont insolubles.
Action de l’ammoniaque. On peut diviser les oxides en oxides solubles dans l’ammoniaque liquide et en oxides insolubles dans le même liquide. Les premiers sont l’oxide de zinc, le deutoxide d’arsenic, les protoxide et deutoxide de cuivre; l’oxide d’argent, le deutoxide et le tritoxide d’antimoine, l’oxide de tellure; tous les autres oxides sont dans la seconde série.
Action des acides sür les oxides. Un acide s’unit avec un oxide métallique et forme un sel • ainsi le sel marin est le résultat de l’union de l’acide hydrochlo— rique avec l’oxide de sodium. Cette action peut avoir lieu de diverses manières : si l’oxide est .à l’état de deutoxide ou de tritoxide il abandonne quelquefois de l’oxigène : quelques protoxides au contraire enlèvent de l’oxigène à l’acide ou à l’eau, mais dans tous les cas il en résulte un sel. Le nombre des sels est très considérable et cette partie offre également des résultats généraux qui en facilitent l’étude. Nous diviserons les données générales qu’on a sur les sels en huit parties : i° composition des sels; 2° action du calorique sur les sels ; 3° action de l’eau sur les sels;
4° action des acides et des bases sur les sels; 5° action des sels les uns sur les autres ; 6° moyens de reconnaître en général l’acide d’un sel; 70 moyens de reconnaître la base d’un sel; 8° méthodes générales à suivre dans la préparation des sels.
De la composition des Sels.
Un sel est toujours formé parla réaction d’un acide (corps rougissant la teinture de tournesol) sur un oxicle ou base (corps ramenant au bleu la teinture rougie par un acide). Il résulte de là que les composaus d’un sel masquent réciproquement leurs propriétés, ce que l’on désigne en chimie par le mot neutraliser. Cette neutralisation n’a lieu que pour des proportions définies d’acide et de base , ou en d’autres termes , une quantité donnée cl’acide ne peut neutraliser qu’une quantité définie de base ; conséquemment un sel neutre passera à l’état de sel acide ou de sur-sel si on lui ajoute une proportion quelconque de base. 4° parties d’acide sulfurique neutralisent exactement 4$ de potasse, et forment un sulfate de potasse d’une saveur amère , dans lequel on n’aperçoit ni les propriétés de l’acide, ni les propriétés de la base; mais si l’on unit 48 parties d’acide et 48 de potasse , les 8 parties surabondantes d’acide jouiront de toutes leurs propriétés : le sel sera acide ou sur-sel. Si au contraire on unit 4o d’acide et 56 de potasse, les 8 parties surabondantes de potasse jouiront de leurs propriétés : le sel sera sous-sel »
Nous avons déjà remarqué que si le chlore, le souffre, l’iode, le brome dans leur réaction sur les métaux forment des sels hydrochlorate, hydrosulfate , hydriodate, hydrobrômate d’oxide métallique , on doit admettre que l’hydrogène de l’acide et l’oxigène de la base sont exactement dans les proportions pour faire l’eau: des relations d’une nature peu différente ont lieu entre les principes constituans d’un sel dont l’acide
contient l’oxigène comme principe acidifiant ; ces relations sont enoncees dans les trois lois qui suivent :
ire Loi. Si r on détermine les nombres qui donnent les rapports des capacités de saturation de toutes les bases pour un acide, ces nombres resteront les memes quel que soit ensuite l’acide , et vice versa , si l’on détermine les nombres qui donnent les rapports de capacité de saturation de tous les acides pour une base, ces nombres resteront les mêmes, quelle que soit ensuite la base. L’inspection de l’échelle synoptique nous démontre la vérité de cette loi. Les nombres 20, 28, 52, 78, 32 et 48 expriment les rapports de saturation des bases magnésie, chaux, strontiane, barite, soude et potasse pour 54 d’acide nitrique* ces nombres seront encore les mêmes pour /\o d’acide sulfurique.
2e Loi. Il existe toujours un rapport simple entre l’oxigène de la base et l’oxigène de l’acide ; ce rapport reste le même pour tous les sels qui ont le même acide. En effet , si l’on se reporte «à l’échelle synoptbque , l’oxigêne de l’acide est un multiple de 8, l’oxigène de la base est 8 ou un multiple de ce nombre : le rapport entre ces deux quantités ne peut être que très sim pie. Ainsi l’acide sulfurique contient 3 X 8 d’oxigène , la potasse renferme 1 X 8 d’oxigène : le rapport sera celui de 3 X 8 à 1 X 8 ou de 3 à 1. De même le sulfate de zinc est tel que l’acide renferme 3x8 d’oxigène, la base 1 X 8 d’oxigène ; le rapport est encore celui de 3 à 1 .
3e Loi. La quantité d’acide est proportionnelle «à la quantité d’oxigène de l’oxide, et le rapport reste le même pour tous les sels qui ont le même acide. Pour tous les sulfates le rapport sera celui de 5 à 1 : i°dans les protosulfates il y aura 4 o ou 5x8 d’acide et 1X8 d’oxigène ; 20 dans les deutosulfates il y aura 80 ou 10x8 d’acide et 1 6 ou 2 X 8 d’oxigène.
Nous donnons ci-dessous le tableau des rapports dans lesquels 1 oxigène de l’oxide est à l’oxigène de l’acide dans les sels formés d’un même acide.
QUANTITÉ D’OXIGÉXË.