‹ Chimie. Traité élémentaire de cette science et de ses applications aux arts et aux manufacturesChapitre 63 sur 162 · IO · texte numérisé non relu

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Sulfure

DE POTASSE. Si

on traite à

l la chaleur

mélange à parties égales de fleurs de soufre et de potasse pure ou carbonatée, la matière se fond, présente la couleur du foie , peut se couler, et se prend par le réfroidissement en une masse pierreuse .-verdâtre, d’une

odeur d’œufs pcfurris caractéristique. Ce composé, qui est soluble dans l’eau, est connu en médecine sous le nom d e foie de soufre , et est employé avec succès dans le traitement des maladies cutanées. r

Sels de Potasse.

Carbonate de potasse. Il existe deux composés d’acide Carbonique et de potasse-: le premier, ou souscarbonate, s’obtient en dissolvant ^a potasse du commerce , filtrant , faisant évaporqr et cristalliser ; le deuxième est un carbonate neutre que l’on prépare artificiellement en faisant arriver jusqu’à saturation un courant d’acide carbonique dans une solution de souscarbonate , il constitue alors un réactif employé dans les analyses, et son histoire est peu importante : je m’occuperai particulièrement du sous-carbonate impur, ou de la potasse du commerce.

Potasse du commerce. On distingue plusieurs espèces de potasse : telles sont les potasses d 'Amérique , AeDantzick, de Trêves , de Cologne, Perlasse , etc. , etc. Toutes s’obtiennent en brûlant les végétaux, surtout les herbes , recueillant leurs cendres, lessivant et évaporant à siccité : le résidu constitue la potasse ordinaire. Lorsque l’on désire savoir si une plante contient de la potasse, on la brûle et on examine si le lavage

des cendres verdit les couleurs bleues végétales. Ou

• . ' ^ estime les quantités de potasse données par les divers végétaux en réduisant en cendres des poids égaux de ceux-ci, en lavant, filtrant et évaporant à siccité : le rapport des poids de sel obtenu indique à peu près les quantités cherchées; la même méthode sert à déterminer la valeur des plantes marines ( celles-ci donnent la soude ) avec une exactitude suffisante pour les besoins du commerce. Les herbes donnent en général quatre ou cinq, et les arbrisseaux deux ou trois lois autant de potasse que les arbres : les feuilles en -donnent plus que les branches et celles-ci

plus que Je tronc. Les végétaux brûlés verts sont plus productifs que lorsqu’ils sont brûlés secs.

Le résidu de l’évaporation des eaux de lavage n’est pas de la potasse carbonatée pure : il renferme divers sels etrangers, et il importe au commerçant de connaître le poids d’alcali réel qui entre dans la masse dont il fait 1 acquisition : on y parvient facilement en traitant une partie par l’eau , en filtrant et en notant la quantité d’acide sulfurique qu’exige la liqueur pour la neutralisation. TNous verrons plus bas que \o d’acide sulfurique neutralisent 48 de potasse ; conséquemment je suppose qu’après avoir traité par l’eau 100 grammes de la potasse a essayer, la liqueur obtenue exige 3o grammes d’acide sulfurique , on en conciliera qu elle renferme 36 de potasse caustique, et par conséquent 52 de sous-carbonate de potasse : cette estimation se lait rapidement au moyen de Yalcalimètre de Descroisilles.

Les chimistes préparent un sous-carbonate de potasse pur, en projetant dans une bassine de fer rougie au feu un ..mélange de tartre pur (tartrate acidulé de potasse) et de nitre ; ce dernier brûle l’acide tartarique, et le résidu constitue la potasse qu’ils emploient dans leurs préparations. Si au lieu d’employer un mélange de tartre pur et de nitre, on se contente de calciner du tartre brut ou même de la.lie de vin desséchée, on obtient un produit contenant depuis 25 jusqu’à 60 parties de carbonate de potasse : ce produit est connu dans le commerce sous le nom de cendres gravelées.

Sulfate de notasse (comp. éch. syn. 48 potasse, 4° acide sulfurique). Sel polychreste de glazer, sel de duobus : set blanc, sous forme de petits cristaux ordinairement octaédriques. Les pharmaciens en font usage pour s’opposer à la volatilisation de l’acide acétique dans hes flacons contenant ce que l’on appelle vulgairement sel de vmaigve : sa saveur est amère, on le prépare directement , ou en traitant le nitre (nitrate de potasse) par l’acide sulfurique. Ce sel se trouve aussi

POTASSIUM. î?7

dans les végétaux ligneux et n’est guère employé qu’en médecine, comme laxatif.

Sulfate de potasse et d’alumine , appelé ordinairement alun : ce sel est blanc, transparent, soluble, d’une saveur acide astringente analogue à celle de 1 encre. Il est de la plus grande importance dans les manufactures, il sert alors a former l’acetate d’alumine dont on fait des consontmations énormes en teinture comme mordant y il est employé lui-même de la même maniéré, et a beaucoup d autres usages dans les arts.

Selon Berzelius, l’alun est formé d’acide sulfurique 3ij.,33 , d alumine 10,86, de potasse 9,81, d’eau 45. On ne le trouve qu’en petite quantité à l’état natif, il est alors mêlé a des matières étrangères; aussi peut-on dire que ce sel est presque toujours factice, puisqu’on 1 extrait de divers minerais appelés mines d’alun, tels que 1 argile sulfurée qui constitue la plupart de ces mines , et notamment celle de la Tolfa près de Civita- / ccclua en Italie; cette terre est blanche, compacte et aussi dure que l’argile séchée, d’où lui est venu le nom de Petra aluminaris y elle est fade, farineuse ; c’est la plus riche de toutes les mines d’alun. Ces minerais 11e diffèrent entre eux que par la proportion de leurs principes , qui sont des sulfures de fer, de chaux , d’alumine et de magnésie; on concasse ordinairement ces minerais; lorsque leur agrégation est trop forte, on leur lait subir un grillage en les arrosant de temps en temps? 1 oxigène de l’air et de l’eau décomposée font passer le soulre a 1 état d’acide sulfurique qui se porte presque en entier sur l’alumine ; l’oxide de fer au contraire se suroxide et se sépare du soufre auquel il était combine. Les schistes brisés sont alors traités par l’eau qui ne dissout ni le sulfate de chaux, ni l’oxide de fer • on concentre la dissolution, on fait cristalliser, on ibsout les cristaux dans de l’eau pure , on ajoute de la

potasse ou ce 1 ammoniaque , et on fait cristalliser de nouveau le sel double.

On fait aussi de 1 alun de toutes pièces dans les pays

I7g POTASSIUM,

qui ne possèdent pas les minerais nécessaires à celte fabrication : la méthode la plus généralement suivie aujourd’hui est de calciner dans des fours a réverbère une argile exempte autant que rouble de 1er et de chaux; on réduit ensuite cette argile desseohet en poudre au moyen d’une meute verticale ; on tamise , puis on mêle 100 parties de cette poudre avec 45 d aeide sulfurique à 45» de Baumé : on remue le mélangé, et après quelques jours on laisse la combinaison <se faire; on lessive ensuite , on évapore et on procédé au brévéta-re par le sulfate d’ammoniaque ou de potasse ;

on obtient par le refroidissement des cristaux

d’alun , dont le poids est triple de celui de 1 acide m ployé; on les purifie par la dissolution dans la plus petite quantité d’eau bouillante possible Le res nent être lavé à grande eau, parce que cette eau set Cuite à df autres* lessivages. L’eau-mère qu, contient encore de l’alun et du sulfate de er -maximum

. d’oxi dation est excellente pour te fabrtcatiou- du bleu

de Prusse : et même cette méthode de faire 1 alun est spécialement avantageuse aux fabricans de ce ^produi , attendu qu’ils peuvent calciner 1 argile pendant q» dessèchent leurs matières animales, qu U ne sont pas obligés, dans ce cas, d ajouter de a potasse, et que te présence du fer, ioin d’ètre nuisible, est favorable : s’ils veulent fabriquer de 1 alun pom le co merce Ils peuvent faire usage, pour dissoudre 1a ^combinaison d’alumine et d’acide sulfurique, au ben n eau, des Isolations de sulfate de potasse que eurdoune 1 lavage du bleu de Prusse, Nous avons vu que 1 acide nitriaue ou eau-forte, se prépare en traitant par la chaleur une’pâte d’argile et de sel de antre; conséquemment les résidus obtenus par les distillateurs d eau-tortesont susceptibles de former facilement de 1 a un , j 5 oon 1 nent la proportion requise île potasse et n’ont besoin que d’ètre pulvérises, a, roses avec -de 1 ac.de sulfurique et lessivés. Les eaux-meres de ces aluns sont

1 i 'ne -ivpi> ovanta^e dans la fabrication du aussi employées avec a\anwtoe uuu.s

POTASSIUM. j7g

bleu de Prusse; mais comme ces résidus contiennent un excès de potasse , il convient d’y ajouter le huitième de leur poids d’argile calcinée.

L alun a plusieurs usages : il donne de la dureté au suif, il rend les bois qu’il pénètre moins combustibles et produit le même effet sur le papier; aussi celui qui sei't a enfermer la poudre en est-il ordinairement imprégné; le tannage et surtoutla teinture, où il sert de mordant, en consomment des quantités considérables. Les pjrrophores sont des corps inflammables à l’air, que l on obtient en calcinant 1 alun avec des matières végétales ; on se procure un matras revêtu d’un enduit de terre grasse, puis on dessèche l’alun et on y mêle de la farine ou du sucre, etc. ; en calcinant jusqu’à un certain terme, on retrouve un mastic qui s’enflamme a l air, surtout si on excite l’inflammation par 1 humidité de l’haleine.

Chlorate de potasse. Si l’on fait passer un courant de chlore dans une solution de potasse, les premières, parties de gaz s unissent à l’alcali et forment , avonsnous dit, le chlorure cle potasse connu sous le nom d eau de ..javelle : si le courant continue, le chlore s unit au potassium , forme un chlorure de potassium et 1 ox.gène dégagé s’unit au chlore qui arrive, forme de l acide chlorique et par suite du chlorate de potassé , qui étant peu soluble, se précipite en lames micacées que l on peut purifier par une deuxième cristal lisation. Ce sel est blanc, sa saveur est fraîche, acerbe et ses propriétés singulières en font un objet de curiosité; mêle au soufre ou au charbon, ou à d’autres matières combustibles et trituré dans un mortier . il détonne avec un bruit analogue à celui d’un ■coup de ouet. Bertholet avait proposé de l’employer pour fabriquer lapoudre ordinaire, mais la facilité a vec laquelle il lait explosion au moindre frottement rendrait son usage trop dangereux. On avait utilisé cette propriété pour la fabrication des poudres fulminantes ou amorces de fusil ; la plus ordinairement employée se composait

i8o POTASSIUM.

de salpêtre, de soufre, de charbon de bourdaine, de lyeopode et de chlorate de potasse ; mais aujourd’hui on tait usage du fulminate de mercure ( voyez ce Métal).

Les briquets oxi gènes sont fondés sur la propriété que le chlorate de potasse possède de s’enflammer lorsqu il est en contact avec l’acide sulfurique : on imprègne une allumette d’un mélange d’une partie de soufre et de deux de chlorate de potasse : la pâte est faite au moyen de la gomme adragante, et colorée ordinairement avec du cinabre. Cette allumette s’enflamme lorsqu’elle est trempée dans, un flacon qui contient de l’acide sulfurique. Le chlorate de potasse sert dans les laboratoires pour obtenir de l’oxigène parfaitement pur; il suiïit de chauffer ce sel dons une petite cornue de verre et de recevoir le gaz sous la cloche dans la cuve pneumatique.

Si dans la préparation du chlorate de potasse on remplace la potasse par la barite, on obtient un chlorate de barite qui , dissous dans l’eau et traité par l’acide sulfurique, précipite le sulfate de barite tandis que la liqueur est l’acide chlorique pur.

Nitrate de potasse (comp. éch. syn. ^potasse, 54 acide nitrique) , que l’on appelle aussi sel de nitre , salpêtre, est un sel blanc cristallisé en prismes à six faces et à sommet dièdre, d’une saveur fraîche et piquante ; exposé à l’air humide il devient déliquescent ; il est soluble dans l’eau et beaucoup plus à chaud qu’à froid, susceptible de fuser sur les charbons ardens, de fondre à la chaleur dans son eau de cristallisation et de pouvoir alors être coulé en une masse pierreuse blanche opaque que les pharmaciens nomment cristal minéral ou sel de Prunelle .

Le sel de nitre existe tout formé et en grande quantité dans la nature , dans les Indes Orientales ^en Espagne et dans le royaume de JNaples ; mais le nitrate de chaux auquel il est mêlé est encore plus abondant. Le nitre se trouve en France dans les débris des vieux bâtirnens, sur les murs des lieux inhabités ou qui abon-

POTASSIUM. i8x

dent en vapeurs animales , tels que les tueries , les ruines , etc. Pour purifier le salpêtre on réduit en poudre grossière les terres ou plâtres, ou les place sur une couche de paille dans des tonneaux posés debout et percés à leur base d’un trou garni d’un robinet; on verse de l’eau ; après un contact de plusieurs heures » on fait écouler les lessives et on renouvelle les eaux.

' On sépare les lessives selon leur force. On procède eni suite à la saturation qui a pour objet de transformer i en salpêtre les nitrates de chaux et de magnésie mêlés ; au nitrate de potasse. Cette saturation s’opère en ver— i sant du sous-carbonate de potasse dans les eauxjusqu’à ce i qu’il ne se fasse plus de précipité : les nitrates de chaux > et de magnésie transformés en sous-carbonates des t mêmes bases se précipitent, et la chaux de l’hvdrochlorate de chaux se transforme en hydrochlorate de potasse et r^ste en dissolution dans la liqueur.

1 On laisse alors reposer la liqueur pour qu’elle se ela- [ ri fie , on décante et on concentre par l’ébullition ; on enlève les écumes et le précipité avec des écumoires , et on arrête le feu lorsque le liquide marque i5° à 1 l’aréomètre. On laisse encore reposer, puis on décante : dans des baquets où la cristallisation s’opère. Ce sal- ( pètre est ensuite raffiné par des dissolutions et cristail lisations successives.

A defaut de formation naturelle on établit quelque- ) fois des minières artificielles y elles sont formées par des murs bâtis à cet effet et où l’on réunit les condij lions necessaires pour la formation du nitre , c’est-àdire de la chaux, une matière animale et la présence de 1 air. Ces murs sont ensuite détruits, et les ] plâtres battus , brisés , soumis aux lavages à l’eau bouillante , donnent le nitrate de chaux que l’on décompose par la potasse. Ces ni trières sont peu emj ployées en France.

Le nitre active la combustion des substances inflami mables ; trois parties de nitre, deux de sous-cafbonate de potasse et une de soufre mêlées ensemble dans un

mortier, forment une poudre fulminante; si on en place une petite quantité sur une pelle et que l’on expose le mélange à la chaleur jusqu’à la fusion , il y a détonation. Trois parties de nitre , une de soufre et une de sciure de bois, constituent la poudre de fusion ; si on dispose du cuivre couvert de cette poudre dans une coquille de noix , et si on y met le feu , il y a détonation et fusion du métal qui passe à l’état de sulfure sans que la coquille soit attaquée. Les acides borique, phosphorique , la silice, l’alumine et la barite , décomposent le nitre à une haute température , s’unissent à sa base et dégagent Pacide nitrique en partie décomposé ; l’effet a lieu pour l’alumine même lorsqu’elle est en poterie ; aussi les creusets sont facilement perforés par le nitre que 1 on y calcine. Les usage» du nitre sont nombreux : il entre dans la composition des Oux et est employé, en métallurgie ; il sert dans la fabrication de l’acide sulfurique , dans la teinture , pour faire des mélanges frigorifiques ; la médecine l’administre comme diurétique , mais on peut dire que presque tout le nitre est employé à faire de la poudre à tirer.

La poudre. Ce composé est un mélange intime de nitre pur, de soufre sublimé et de charbon : ce dernier doit être léger, sonore et bien carbonisé'; le meilleur est cejkii qu’on obtient par la carbonisation du bois dans les cornues ou cylindres de fer : on choisit de préférence pour le faire les jeunes branches de bourdaine, de tilleul ou de peuplier. Les proportions à suivre dans cette fabrication varient avec le but même que l’on se propose ; on distingueles poudres de guerre, de chasse , de mine.

De guerre.

Salpêtre 7 5.

Charbon 12, 5.

Soufre i 2, 5.

La confection de la poudre comporte cinq opérations distinctes : i° réduction des substances en poudre et mè-

ne ebas'e.

ro.

De mine.

lange ; 2° battage ; 3° grenage ; 4° séchage ; 5° lissage : cette dernière n’a lieu <[iie pour la poudre de chasse, je renvoie d,ailieurs pour les details de ces operations au traité spécial de MM. Botte et Riflault.

Bertholet a reconnu que les produits élastiques de la détonation de la poudre étaient composés de deux parties d’azote , d’une d’ackle carbonique, et d’un peu d’acide hydrosulfurique : la formation et l’expansion soudaine de ces gaz expliquent les elfets que produit la poudre.

La potasse peut donner plusieurs autres sels , tels que phosphate , hydrochlorate , hydriodate , etc. , etc. Tous ces composés peuvent se préparer, en traitant le carbonate de potasse par l’acide et faisant cristalliser; ils sont d’ailleurs sans usage.

-Propriétés caractéristiques et réactifs des sels de potasse. Nous avons vu dans l’examen dés sels que ceux de potasse, de soude et d’ammoniaque étaient les seuls qui ne fussent point précipités par les sous-carbonates de soude et d’ammoniaque. Conséquemment il suffit de donner les caractères qui distinguent les els de potasse de ceux de soude ou d’ammoniaque :

i° Les sels de potasse sont moins solubles que ceux de soude,

2° Précipitent en. orangé par l’hydrochlorate de platine,

3° Donnent après un-quart d’heure un précipité blanc cristallin, lorsqu’on y verse un excès d’acide tartarique liquide.

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