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DU FER ET DE SES COMPOSÉS

Fer. Pes. 7, 88 : c’est «à ce métal que s’appliquent particulièrement nos réflexions sur l’utilité des métaux en général. Sa découverte remonte aux siècles les plus reculés, puisqu’il était connu au temps de la guerre de Troie. Le fer est d’un gris clair , grenu ; il a un grand éclat métallique, surtout lorsqu’il est poli. Sa dureté excède celle de la plupart des métaux; elle augmente encore lorsqu’il est converti en acier. 11 est malléable ; c’est-à-dire qu’il s’étend sous le marteau et le laminoir ; mais on ne peut l’y réduire en feuilles aussi minces que l’or, l’argent ou même le cuivre. Sa ductilité est plus parfaite , car on le tire en fils aussi fins que les cheveux ; sa ténacité est 1 elle qu’un fil de fer de 0,002 mètres de diamètre peut supporter sans se rompre 249 kilogrammes.

Le fer exige , pour entrer en fusion , une chaleur de 1 3o° selon les uns, et selon les -autres, de i58° de Weedgwood. Cette dernière température est à peu près la plus élevée que l’on puisse produire , et ce métal ne se façonne en outils et en ustensiles qu’autant qu’on le force et qu’on le soumet à l’action du marteau. Ce haut degré d’infusibilité le prive de la propriété la plus précieuse des métaux, celle de pouvoir être coulé, et de former de plusieurs petites masses une masse unique, mais il jouit d’une propriété remarquable qu’il ne partage qu’avec le platine, celle de se souder. Si l’on porte au blanc deux barres de fer , qu’011 les superpose

et qu’on les forge , elles se confondront et ne formeront qu’une masse.

Ce métal acquiert par le frottement une odeur sensible ; il possède la propriété magnétique qu’il acquiert facilement par le frottement. A la température ordinaire le gaz oxigène , et même l’air humide , le transforment en oxide ; ces gaz secs ne l’altèrent qu’à une haute température. De tous les combustibles non— métalliques , l’hydrogène et l’azote sont les seuls qui ne

s’unissent point à ce métal.

Le fer est le plus abondant des métaux ; il est peu de minéraux qui n’en contiennent. Les sables, les ar- •les les eaux de source et de rivière n’en sont jamais parfaitement exempts. Les substances animales et végétales en fournissent également lorsqu on les incinéré. On trouve en Sibérie et dans l’intérieur de 1 Amérique méridionale des masses énormes de 1er natif. L est a l’état d’oxide que l’on trouve le plus communément ce métal ; il est coloré en rouge , brun , jaune ou noir : l’aimant est un minerai de fer , etc. , etc.

Dans l’exploitation en grand des minerais de 1er , on divise ces minerais en deux classes distinctes ; \ * le fer terreux qui est soumis au lavage pour être dégagé des parties argileuses ou calcaires qui l’enveloppent : on procédé à la fois à ce lavage et au boccardage qui s execule au moyen de pilons , qui brisent et pulvérisent le minerai ; ?0 le fer en roches qui est soumis au grillage ; operation qui a pour but de séparer le métal du soufre et de arsenic qu’il renferme. L’on procède ensuite a la fusion dans les fourneaux connus sous le nom de hautsfourneaux : quelques-uns ont jusqu a 14 métrés de hauteur. On charge le fourneau de charbon de bois ou de coke; on l’allume, et lorsque a combustion est très vive on y jette le minerai mele de charbon et d un fondant terreux qui varie selon la nature du minerai. Si celui-ci est très argileux , on ajoute de la pierre calcaire* lorsqu’au contraire la mine est calcaire, on ajou e de l’argile. Le feu est excité par des soufflets: les parties

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terreuses se vitrifient, le charbon passe à l’état d’acide carbonique, et le rainerai qui entre en usion , t tant plus lourd que le laitier, gagne le tond, n en t\e avec des ringards les terres vitrifiées ou laitier , et ou fait couler dans des rigoles de sable le métal en 1 usion connu alors sous le nom de fonte. Ou appelle gueuses les barres triangulaires de fer produites par celle pit

mière opération. ,

Au sortir des fourneaux de fusion , le 1er n est pas pur et peut former deux classes , la fonte blanche et la fonte grise : la fonte blanche a une cassuie brûlante , une texture cristalline ; elle n est nullement malléable et ne jouit d’aucune flexibilité : sa durete est telle qu’elle résiste à la lime et au foret. La fonte giise a une couleur plus foncée , elle présenté une textuie grenue et mate, elle n’est ni aussi dure, ni aussi cassante que la première; elle a une légère malléabilité, et s’emploie à la fabrication des objets dditdlerie et. autres qu’il est nécessaire de forer, de tourner et (le réparer. Le fer à l’état de fonte contient encore de 1 oxigène combiné , du carbone et du laitier; il n est pas susceptible d’être forgé ou d’ètre soude ; pour le rendre ductile il faut le séparer de tous les principes etrangers qu’il renferme. On appelle affinage 1 operation par laquelle on lui fait éprouver cette purification.

A cet effet , on place le fer cru sur une forge où il est entouré de charbon ; on excite le feu au moyen de deux soufflets : aussitôt que la lonte est en fusion pâteuse un ouvrier l’agite et en même temps dirige sur sa surface le vent du soufflet pour brûler le carbone qu elle contient : lorsqu’elle est au point convenable on la porte sous un gros marteau dont les coups répétés font suinter le laitier interposé entre les molécules du métal : on la porte de nouveau au feu , puis on la remet sous le martinet jusqu’à ce qu’elle ait acquis les formes et les dimensions voulues. On l’appelle alors fer forge ou fer ductile, fer en barre ; il jouit de toutes les propriétés que nous avons indiquées comme appartenant à ce

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