DU CUIVRE ET DE SES COMPOSÉS
Cuivre. L’époque de la découverte du cuivre n’est pas connue ; nous voyons dans Homère que, pendant la guerre de Troie, les combattons n’avaient d’autres armes que celles faites de bronze , qui est un alliage de cuivre et d’étain.
Le cuivre , pes. 8,89 , est un métal d’un beau rouge , brillant, dur, sonore , malléable et très ductile; sa saveur est styptique et nauséabonde. A une température de 27 degrés de Wedgewood, il entre en fusion ; le bain a une couleur bleu-verdâtre; une chaleur plus forte le fait entrer en ébullition et le volatilise en vapeurs visibles, selon Thomson. Les chimistes français lui refusent la propriété de se vaporiser, ainsi que celle de cristalliser bien nettement.
Le cuivre ne décompose l’eau «à aucune température, à moins qu’il ne soit à la lois mouille et en contact avec l’air : il existe dans la nature «à l’état natif, à l’état d’oxide , de sulfure, combiné avec les acides.
Les mines de cuivre sont en très grand nombre, et le procédé pour obtenir le métal est assez compliqué ; la pyrite de cuivre est le minerai que l’on exploite ordinairement. On rassemble le sulfure en tas sur un lit de bois ; au moyen d’une ouverture placée au milieu , et par laquelle on jette le combustible, on grille la mine : cette opération , qui dure quelquefois un an , a pour objet de sublimer le soufre et de transformer 1? sulfure
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Pour obtenir le cuivre pur , propre à faire des expéicnces , on le précipité à l’état métallique en plongeant , lames de 1er dans la dissolution de deutobydrochlo-
nnfl’iv^ ave ensuite le précipité avec une petite quantité d acide hjdrocldorique étendu.
e p ospliore , le soufre , l’iode et le chlore , forment avec le métal des composés sans intérêt.
-Les usages du cuivre à l’état métallique sont telle- 71 " noîjli ,eux qu il serait impossible de les énumérer °ll‘V no.“® appellerons seulement ses alliages avec les eomi ustibles métalliques précédemment étudiés.
e cm v le s unit impariaitement au fer par la voie te usion . ii se combine avec l’étain aune température îen intérieure à celle qui est nécessaire pour le fondre lui-meme , et c’est sur cette propriété qu’est fondé l’étamage des vases de cuivre. On commence par décaper la surlace du vase , puis on le chauffe , on le saupoudre de résiné et de sel ammoniac , afin de prévenir une nouvelle oxidation qui s’opposerait à l’adhérence de etain avec la surface : on y verse alors le métal fondu qu on etend avec soin ; une très petite quantité adhère au cuivre , mais suffit, quand elle est bien appliquée pour empêcher les effets nuisibles qui peuvent résulter îuv/ °xidatioii du cuivre. L’étain allié au cuivre en differentes proportions forme le bronze , dont la pesanteur spécifique est toujours plus considérable que celle
CUIVRE. 2a5
411c l on pourrait attendre des quantités respeetives et des pesanteurs spécifiques des parties qui le constituent.
Cette composition , sonore et durable, entre dans la fabrication des canons , des cloches , des statues et autres objets.
Bronze des canons 100 de cuivre 11 d’étain
L addition de 1 à 2 centièmes de fer donne à cet alliage plus de force et de résistance : tel est au moins le résultat d’essais faits dernièrement par le colonel Dusaussoy : une commission composée de membres de 1 Académie des sciences et d’ofliciers supérieurs s’occupe de cette question.
Métal des cloches 78 de cuivre 22 d’étain.
Les bronzes elle métal desclocl.es contiennent , outre I etain, quelques autres substances, telles que <lu plomb,
' “ Z'nc °" Je,! arsenic : une propriété remarquable du
onze est qu il devient malléable si on le plonge dans 1 eau troide après l’avoir chauffé au roime.
Le cuivre , allié au zinc , compose le laiton , que l’on 1 istingue par differens noms, suivant les proportions des deux elemens II n’est pas facile d’unir par la usion ces deux métaux en proportions considérables parce que le zinc brille et se volatilise à une tempérai ture bien inferieure à celle qui est nécessaire pour fondre le cuivre ; mais ils s’allient très bien par la cémentation. Dans le travail du laiton, le cuivre est d’abord mis en grains en le versant à travers une plaque de fer percee de petits trous, et luttée avec de l’argile dans une masse à eau de quatre pieds environ de profondeur , et qu 011 renouvelle continuellement afin de prévenir les explosions dangereuses qui pourraient avoir-
pli’. "e verse le métal que par petites quantités à a lois. Il y a maintenant diverses méthodes pour corn biner ce cuivre en grains avec la vapeur de zinc. Le
procédé îe mieux entendu paraît être celui dont Cramer fait mention : la calamine pulvérisée et mêlée avec partie égale de charbon et une certaine quantité d’argile , est bien remuée dans le vase de fusion ; on place au-dessus une quantité de cuivre qui s’élève aux deux tiers du poids de la masse calaminaire ; le tout est recouvert de charbon. Parce moyen , le zinc volatilisé s’élève et convertit le cuivre en laiton qui s’écoule dans l’argile : si la calamine contient du plomb , il ne se trouve pas mêlé au laiton, attendu que le zinc s’élève seul par l’action de la chaleur. Eu Allemagne on bat en feuilles une belle espèce de laiton que l’on suppose fait parla cémentation de plaques de cuivre avec la calamine, et que l’on vend sous le nom d’or de Hollande ou de métal hollandais ; il est environ cinq fois aussi épais qu’une feuille d’or, c’est-à-dire que ces feuilles ont environ 1/60,000 de pouce d’épasseur.
Le laiton que l’on préfère pour le tour est celui de Stolberg j l’analyse démontre qu’il contient 65,8 cuivre , 3 1,8 zinc , 2,8 plomb , 0,26 étain : le chrfsocalc paraît formé de 92 de cuivre, 6 de zinc et 6 d’étain.
Le cuivre s’unit à l’arsenic et donne un composé blanc , cassant , appelé tombac. Le même métal s’unit promptement à l’antimoine , et donne lieu à un composé d’une belle couleur violette ; il ne se combine pas facilement avec le manganèse ; il s’allie au bismuth et forme un alliage blane-rougeàtre.
M. Darcet a constaté la propriété dont nous avons déjà parlé, c’est-à-dire que les alliages de cuivre et d’étain acquéraient par la trempe assez de ductilité pour être travaillés au marteau : si on les chauffe de nouveau et si on les laisse refroidir lentement, ils deviennent durs, plus ou moins cassans et sonoi es . tel est le principe utilisé par ce chimiste pour fabriquer des tamtams qui rivalisent avec ceux que l on inipoi tait de la Chine.
Oxides. Le cuivre exposé à l’air humide se ternit et bientôt se recouvre d’une croûte verdâtre , qui est
une combinaison d’oxigène et de cuivre mêlé à du carbonate de cuivre , et que l’on appelle vulgairement vert-de-gris. Il existe deux oxides de cuivre.
Le protoxide, rouge, et quelquefois orange, se trouve dans la nature, en rognons ou cristallisé ; chauffé il s’empare de l’oxigène de l’air et passe à l’état de deutoxide ; d n’est guère attaqué que par l’acide hydrochlorique :
chaque que par i acme ftyclrochlorique ; il se prépare en faisant digérer dans une fiole hernié-
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tiquement bouchée une dissolution d'hydrochlorate de cuivre sur des tournures de ce métal: la couleur passe
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du vert au bleu-foncé, et il se dépose des grains cristallises grisâtres. La dissolution de ces cristaux précipites par la potasse donne une poudre orange ; c’est le protoxide.
Le deutoxide est noir ; à l’état d’hydrate il est bleu , sans action sur l’oxigène ; mais il s’empare de l’acide carbonique de l’air, et forme un deutoearbonate insoluble dans l’eau , mais très soluble dans l’oinmpniaque à laquelle il donne une belle couleur bleu-céleste. Il est réduit par le charbon à une température elevée ; on peut le faire en desséchant l’oxide hydraté qu’on précipite du nitrate de cuivre par la potasse.
Ces oxides sont très vénéneux.
On connaît sous le nom de cendres bleues une matière colorante obtenue avec le cuivre et employée dans la coloration des papiers : les cendres bleues anglaises, qui sont estimées à cause de la permanence de leur couleur, ont la même composition que le carbonate bleu naturel , c’est-à-dire deutoxide de cuivre b9,i3, acide carbonique 2-5,6, eau 5,37 •* le procédé par lequel on les prépare est tenu secret. Nos cendres bleues sont préparées en traitant le nitrate de cuivre par la chaux; on broyé l’oxide de cuivre précipité avec 0 a 7 centièmes de chaux ; ces cendres, qui ne sont par conséquent qu’un mélange de chaux et d’oxide de cuivre, donnent une couleur bleue qui, avec le temps passe au vert. r 7
Sels de Cuivre.
Les oxides de cuivre forment avec les acides des sels presque tous solubles dans l’eau.
Carbonate de cuivre. Se rencontre dans la nature sous deux états bien distincts ; le carbonate vert et le carbonate bleu. On croit que cette différence provient delà quantité d’eau qui leur est combinée. L’espèce verte malachite peut acquérir un beau poli , on l’emploie à faire des dessus de meubles d’un grand prix. Ce sel s’obtient artificiellement en faisant arriver un courant de gaz acide carbonique dans de l’hydrate de cuivre tenu en suspension au moyen de l’eau.
Sulfate de cuivre (éch. syn. 80 acid, suif., Booxid. de cuivre). L’acide sulfurique à froid n’attaque pas le cuivre ; bouillant il se partage , une partie oxide le cuivre, l’autre se combine avec cet oxide et forme un sulfate. Ce sel est en beaux cristaux bleus , d’où lui sont venus les noms de couperose bleue , de vitriol bleu. 11 a une saveur styptique désagréable; il se trouve dans la nature en dissolution dans quelques eaux minérales d’où on l’extrait par évaporation ; on l’obtient aussi en exposant la pyrite de cuivre à l’air humide , lessivant et faisant cristalliser. Ce sel sert à préparer le vert de Seheèle , les cendres bleues , etc,, etc.
Nitrates de cuivre. Le cuivre est attaqué rapidement par l'acide nitrique ; il se dégage du deutoxide d’azote qui se change au contact de l’air en vapeurs rouges et rutilantes d’acide nitreux ; le cuivre est oxidé et dissous ; en variant les proportions d’acide et de métal on obtient du protonitrate ou du deutonitrate. Le premier est bleu , déliquescent , éprouve la fusion aqueuse et peut se décomposer par une chaleur plus élevée.
Le cuivre pur n’est point vénéneux , mais ses préparations agissent comme poisons lorsqu’elles sont introduites dans Festomac des animaux : il est probable que le poison est absorbé et vient par le moyen de la
circulation agir sur le cerveau et les nerfs : le sucre est un antidote puissant contre ce poison, quoique son mode d’action soit tout-à-fait obscur. M. Duval, et en- | suite M. Orfila, rapportent plusieurs exemples de per— = sonnes qui ayant avalé; accident ou à dessein des doses assez fortes de vert-de-gris , furent sauvées par l’usage du sucre. M. Orfila trouva constamment qu’une ; dose de vert-de-gris qui aurait été capable de tuer un 3 chien dans l’espace d’une heure ou deux pouvait être i avalée impunément si on l’avait préalablement mêlée 3 à une grande quantité de sucre.
Propriétés caractéristiques et réactifs des sels i de cuivre. Ce métal formant deux oxides , on connaît i deux genres de sel, protosels et deutosels : les premiers 1 ne se trouvent que dans les laboratoires ; je donnerai ? seulement les réactifs des seconds.
i° Le cuivre est précipité à l’état métallique par le 1er et le zinc.
20 Précipité bleu par les alcalis ; le précipité se redissout dans l’ammoniaque liquide et donne une liqueur 1 limpide d’un bleu magnifique.
3° Précipité noir par l’acide hydrosulfurique.
4° Idem brun-marron par la ferrocyanate de potasse.