VOYAGEURS CÉLÈBRES. ..... . G
Femmes célèbbes 22
Anachorètes t
Produits et industrie. Taffetas de soie, arcs ornés de cornes, nattes pour coucher, papier (fcAi), tissus de petits roseaux teints en rouge, fard de diverse nature, nitre ou salpêtre, poires, cerises, dattes.
10' Dbpartem'1. Siouen-hoa-fou (').
Ce département, situé à 34 Jieues nord-ouest de Pf-king, a 3fi lieues de l’est à l'ouest, et 27 du midi au nord. Il comprend trois arrondissements et sept cantons.
Configuration géographique. Ce département, le plus septentrional delà Chine proprement dite, est comme enfermé dans deux ailes die la grande muraille, qui le bornent au sud-est et au nord-est; il est aussi comme enclavé dans une ceinture de montagnes; les fleuves Sàng-kién et 1 ông circulent dans la partie sud-ouest de son territoire.
Mœurs et usages. Les habitants de ce département frontière ont le naturel brave et courageux ; ils ne redoutent point les guerres ou invasions étrangères; ils se plaisent à rester dans leur état et leur condition. Actifs, laborieux et économes, ils s’appliquent principalement à l’agriculture ; leurs moeurs ne donnent pas dans les extrêmes. Le territoire de ce département comprend cent lieues carrées.
Les montagnes sont hautes, les eaux rapides; les vents violents, l’air froid. Le caractère des habitants est hardi et ferme, généreux, sincère et plein de droiture; c’est, pourquoi les habitants sont extrêmement attachés aux bons principes (**).
(*) Taï-dising-i-lhonns-tchi , x. ’JO et ai.
(**) Ibid. , f° 6.
1° Villes principales. Siouen-hoa, chef-lieu de département, ayant deux lieues et demie de circonférence et 7 portes. « La muraille crénelée qui l’cn- « toure, dit Timkomcski , qui la visité « en 1820, est haute de trente pieds; « elle nous rappela les murs du Krem- « lin : elle ressemble à celle de plu- « sieurs villes de la Russie. Elle con- « siste en deux petits murs parallèles, «en briques; l’espace intermédiaire «est rempli d’argile et de sable; la « muraiHe est flanquée de tours. On « passe par trois portes pour entrer « dans la ville : la première est cou- « verte de fer et de grands clous; à la « seconde est le corps de garde ; on « trouve ensuite une rue large bordée « de boutiques de quincaillerie et de « magasins de chariots, et l’on arrive «à la porte triomphale... Les rues « sont larges et propres... On fabrique « dans cette ville les meilleurs feutres • et autres objets en laine, par exemple, « des bonnets qui sont d’un usage ha- « bituel parmi les paysans chinois (*). » 2" Tcni-tching , chef-lieu de canton, 2 portes, autretois forteresse; 3 fi de circuit.
3° ft'en-tsioueiij chef-lieu de canton, 3 portes; G il 3 nou de circuit.
4" Loung-men , chef-lieu de canton,
2 portes; 4 li 53 pou de circuit.
ô° Hoaï-laï , chef-lieu de canton,
3 portes ; appuyée au nord-est sur une montagne; 7 li de circuit.
6° ft'el-tchèou, chef-lieu d’ arrondissement. 3 portes; 7 li de circuit.
7° Wel-lien , chef-lieu de canton.
8“ Si-ning, chef-lieu de canton , 4 portes; 4 li 13 pou de circuit.
9“ fioaï-ngan, chef-lieu de canton,
4 portes; 9 li 30 pou de circuit; fossés de G" de largeur, revêtus de briques sous les Ming.
10” Yen-king, chef-lteu à' arrondissement , 3 portes ; 4 li de circuit ; fossés de 9“ 450"" de largeur, revêtus de briques sous les Ming.
1 1* Pao-ngan , chef-lieu d'arrondissement, 4 portes; 4 li de circuit; fossés de fi" 930”“ de largeur, revêtus de briques sous les Ming.
Collèges, 11, distribués danscha-
(’) Traduction française, t. 1. p. 397.
cun de ces chefs-lieux; l’un, celui de IVei-tchéou , fondé sous les Mongols, les dix autres fondés sous les Ming Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits 63,898.
Terres cultivées. 68,458 king 85 méou , — 407,350 hectares.
Impôts fonciers en argent. 82,423 liang I tsien — 659,376 Jrancs.
— en nature. 85,833 chi ou hectolitres de blé, riz et outres grains.
Montagnes f.t rivières :
— Montagnes 132
— Pics et hauts sommets 40
— Fleuves et rivières 23
— Autres grands cours d’eau ,
marais, puits célèbres 49
Antiquités. Anciennes fortifications, tours, etc., dont un grand nombre existaient déjà du .temps des
Han 68
Douanes 5
Portes pratiquées dans la grande muraille (*), forts et postes fortifiés 57
Postes pour les mandarins en voyage, la plupart établies sous les Ming. 9
Ponts 14
Tombeaux célèbres ....... 3
Tbm ples 8
L’un est celui de l’empereur Hoang-ti, situé au sud-est de Pao-ngantcheou, et construit l'an 400 de notre ère; un autre, celui de l’empereur H'en-ti des Han, construit, selon une tradition du temps, au dixième siècle de notre ère ; les autres ont été fondés sous les Ming.
Monastères. Bouddhiques 2, fondés , l’un sous les K in, l’autre sous la
dynastie régnante.
" — Tao-sse 1
Mandarins célèbres 40
Hommes celèbxes 46
Voyageurs célébrés 1
Femmes célèbres 12
Anachorètes 2
Produits et industrie. On trouve dans ce département de l’or et de l’argent, du quartz cristallisé ( chàui-tslng ), ce dernier dans une montagne situee au nord du chef-lieu du departement; des pierres de cornaline (ma-nao-cht) ; de l’alun rouge daus la montagne Ma-
(*) Voyti 1. 1, p. aai et pl. i et ig.
Si
ngan, située au nord de la même ville; une autre pierre nommée hàa-pân-chï, ornée de couleurs variées et à fleurs (espece de marbre); de l’aimant, du charbon en pierre (chi-tdn j; ce dernier se rencontre dans 1rs cantons de Paongan , Si-ning et (Vei, ainsi que dans celui de IVen tsiouen; de ia houille ou du charbon de terre (mé I), de l'alun de plusieurs couleurs ; des pommes de pin ; de* léopards ( prie ), des ours, des moutons bleu* ( thslng-ydng ), du fiel d’ours, des cornes de cerf.
Il* Département. Tchino-ts-fou.
Ce département , qui , dans l’édition de 1744 de la Grande Géographie impériale, n’est qu’un arrondissement ressortissant directement au gouvernement central, a été élevé en 1778 au rang de département , comprenant un arrondissement et six cantons qui sont :
1° Pin-tsiouen , chef-lieu d’arrondissement.
2° Louan-ping , chef-lieu de canton.
3" Tchi-foung , id.
4“ Kien-tchang , id.
5° Tchao-gang, id.
G" Foung-ning , id.
Il fait partie de l’ancienne Tartarie et ronfine à l’est avec le territoire de Chin g - king ou Moukden , au sud avec la grande muraille, à l’ouest avec Tchakar. Il est situé à 42 lieues au nord-est de Pi-king ; il a 120 lieues de l’est à l’ouest et 86 du sud au nord.
C’est dans ce département qu’est située ia célèbre résidence impériale d’été, que l’on nomme Jé-hol , et qui fut contruite en 1703, sur le plan du palais de Pé-king , ayant près de deux lieues de circuit ; à gauche de ce palais, il y a un lac; a droite s'élèvent des montagnes, qui lui forment comme une ceinture. On a publié à Pé-king des gravures représentant 36 vues de cette résidence impériale, accompagnées d’une desciiption en vers, imprimée avec une rare élégance.
Population. On compte dans ce département 109,805 familles chinoises.
Tkbres cultivées. Les bannières ou milices tartarcs occupent 17,791 king, ou 105,866 hectares ;
L’UNIVERS
Les paysans chinois 3,440 king, ou 30,400 hectares.
Impôts , levés sur les terres des six bannières, en argent, 13,333 liàng — 106,636 francs.
— I.evés sur les terres des paysans, 6,669 liàng = 53.352 francs.
Temples. On en voit de magnifiques à Je-hol ; le plus remarquable est le temple de Bouddha (*) que l'empereur Kien-toung lit construire en 1770, d’après le plan du temple de Boudala, qui est le palais du Dalaï- Lama au Thibel, près de la ville de If Lassa. Il consiste en un grand et en plusieurs petits édifices. Le principal, dit Staunton , est d'une forme carrée, et a 200 pieds de chaque face : il est très-élevé; on y compte onze rangs de fenêtres , ce qui annonce un pareil nombre d’étages. Cet édifice a dans le milieu , un carré, au centre duquel est la chapelle dorée, qu’on appelle ainsi d’après l’or qui y abonde, du moins en apparence. Dans le milieu de la chapelle il y a une estrade entourée d’une balustrade. Là sont trois autels richement ornés, sur lesquels on voit les statues colossales de Fo, de sa femme et de son fils (**). Derrière l’autel et dans un endroit obscur, est placé le tabernacle, qu’une lampe solitaire éclaire faiblement , comme si l’on voulait inspirer par là une terreur religieuse.
Arrondissements ressortissant directement au gouvernement central (***)■
r Y-Tchéou. Cet arrondissement est à 22 lieues au sud-ouest de Pé-king ; il a 28 lieues de l'est à l’ouest et 18 du midi au nord ; il comprend deux cantons, et touche au nord à la grande muraille.
Les lettrés v ont en général l’esprit éclairé et libéral, et ne s’occupent point de futilités; les mœurs du peuple sont franches et honnêtes; son occupation est le labourage et la culture des mûriers.
(*) Voy. la gravure XIII, tirée de Y Ambassade de lord Maeartney.
(**) Oei est une erreur ; Fo ou Bouddha, d'api es (ouïes les traditions , n’eut ni Jemme, ni fils ; il n'eut que des disciples.
if*') Tai-thsiag-i-thoung-tcki. k. »-*6.
Villes principales. Les villes principales fortifiées sont: r Y-tchéou, chef-lieu d arrondissement ; 2” ImIchout et 3’ Kouang-tchang, chefs-lieux de canton.
Collèges. Chacune de ces villes a un collège; fondés tous les trois du temps de la dynastie mongole.
Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits, 51,451.
Terres cultivées, 5,735 king 48 meou, = 22,1 16 hectares.
Impôts fonciers en argent: 34,680 liang 9 tsân — 277,240 troncs.
— en uature : riz mondé , 2,609
hectolitres.
Montagnes et rivières :
— Montagnes 40
— Fleuves et rivières 18
Antiquités. Anciennes fortifications, tours, etc., 25; plusieurs antérieures aux Han.
Douanes 1*
Postes 3
Ponts 4
Digues et jetées 3
Tombeaux célébrés, 6, au nombre desquels est celui de Tchao-vang du royaume de Yen, qui régnait dans
ce pays 311 ans avaut notre ere.
Monastères bouddhiques... 3
Mandarins célébrés 13
Hommes célébrés 27
Femmes célèbres 6
Produits et industrie. Soie fine, taffetas, châtaignes, miroirs, vins.
2° Ki-tcheou. Cet arrondissement est à 63 lieues au midi de Pé-king; il a lt lieues de l'est à l'ouest et 15 du sud au nord ; il comprend cinq cantons, et confine à la province de Chantoung.
Les habitants de cet arrondissement se livrent peu à la littérature; ils ont le caractère droit , mais l’humeur guerrière et entreprenante; on les a surnommés violents et obstinés.
Villes principales :
1“ Ai tchiou, 24 li de circuit; cheflieu de Y arrondissement .
T Nan-koung, chef-lieu de canton.
3* Sin-ho, id.
4” Tsao kiang, id.
S" tVou-yi, id.
6’ Hang-choul , id.
Collèges. Un collège dans chacun de ces chefs-lieux ; fondés, 2 sous les Mongols et 4 sous les Ming.
Population en >743. Contribuables chefs de famille inscrits 314,514.
Terres cultivées. 39,853 kïng 28 mèuu — 237,127 hectares.
Impôts fonciers, en argent:
185,269 liang — 1,482,152 francs.
Montagnes et biviebes :
— Montagnes 2
— Fleuves, rivières et canaux. 12 — lac fVou-kiang.
Antiquités. Anciennes villes fortifiées, tours, etc., 25, dont la plupart
existaient du temps des Han.
Douanes il
Ponts 5
Digues bt if.tees 7
Tombeaux célèbbss 7
Temples 2
Monastèbes bouddhiques. . . 4
— Tao-sse 1
.Ce dernier fondé sous les Mongols, les autres sous les Sou r, les Soung et les
Makda&ins célèbres 33
Hommes célébrés 35
Femmes célèbbes 13
Anachorètes. Depuis les//an. 1
Produits et industrie. Taffetas de soie, sel.
3* Tchao-tchéou. Cet arrondissement est à 74 lieues au sud-ouest de J’é-king ; il a 10 lieues et demie de l'est à l’ouest, et 10 du sud au nord; il comprend cinq cantons.
Sa situation géographique en fait un lieudepassage pour toutes lesautres provinces. Les habitants aiment à se livrer à la littérature et aux sciences positives.
Villes principales :
r Tchao-tchèou , chef-lieu d'arrondissement ; a une lieue trois quarts de circonférence , 4 portes et des fossés de 3t“ 500"* de largeur, creusés sous les Ming, et réparés sous Khang-hi.
T Pe-hianq , chef-lieu de canton; 4 portes , fossés de 9* 450*“ de largeur, creusés sous les .Soûl et réparé* sous les Ming.
3* Kao-tji , chef-lieu de canton; 4 portes , fossés de 9“ 450“ de largeur, creusés sous les Ming.
4° Lin-tching , chef-lieu de canton; 3 portes.
5“ Ning-tsin , chef-lieu de canton ; 3 portes, fossés de 9* 300“ de circuit, creusés sous les Ming.
Collèges, 9, dont 2 fondés sous les Soung et 5 sous les Mina.
Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits, 153,592.
Tebbes cultivées. 27,820 king 45 mêou=z 165,531 hectares.
Impôts fonciers, en argent:
125,732 Hong, = 1, 005,856 francs.
Montagnes et biviebes :
— Montagnes 7
— Rivières et canaux 19
De ce nombre est le torrent de la Sainte mère, à l'embouchure duquel est un temple en son honneur. Ce nernier est à 3 lieues au nord-ouest de Lintching.
Antiquités. Anciennes villes fortifiées, tours, etc., 26; la plupart remontent aux cinq derniers siècles avant
notre ère.
Douanes et postes 8
Ponts 8
Tombeaux célèbbes 10
dont un en honneur du fondateur de la dynastie des Han, à 2 lieues au nordouest de l.in-tching, et deux en l'honneur de l'empereur Kouang-wou , de la même dynastie.
Monastères bouddhiques, 2 , dont un en l'honneur de l’ancien Fo, situé à 2 lieues au nord-ouest de Lin-tching.
Mandarins célèbres 31
Hommes célébrés 58
Voyageurs célèbres t
Femmes célèbres 18
Anachorètes. Depuis les Soung. 2.
Produits et industrie. Étoffes de soie, pommes-grenades, poudre pour noircir les sourcils.
4° Chin-tchéou. Cet arrondissement est à 61 lieues au sud-ouest de Pi-king; il a 12 lieues de l'est à l’ouest et lt et 1/2 du sud au nord; il cromprend trois cantons.
Villes principales :
1* Chin-tchéou , chef-lieu de l’arrondissement , a 8 li de circuit, 4 portes , des fossés de 6* 300“ de largeur, creusés et revêtus de briques sous les Ming.
2” tf'ou-kiang, chef-lieu de canton, 4 li de circuit, 4 portes.
L’UNIVERS
3* Jao-Yang, chef-lieu de canton , 4 li de circuit, 3 portes; fossés de 0“ 300““ de largeur, creusés sous les Ming.
4" Gan-ping , chef-lieu de canton, a 3 murs d’enceinte, l’un intérieur et l’autre extérieur; 4 portes.
Collèges. 4, un dans chaque cheflieu , fondés , trois sous les Mongols et un sous les Ming.
Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits, 300,038.
Tannas cultivées. 34,095 A ing 63 mèou, = 146,938 hectares.
Impôts fonciers, en argent :
123,184 liàng 8 tsièn ; = 086,479 fr.
— en nature, riz , 26 cAl ou hectol.
Montagnes et rivières ;
— Montagnes O
— Rivières 8
1 lac, celui de lien-hoa ou de la fleur du nénu/ar, situé à 4 lieues à l’est de Chin-tchéou.
Antiquités. Anciennes villes for-
tifiées, tours, etc 15
Douanes 6
Ponts 3
Digues et jetées 7
Tombeaux célèbres 11
Mandarins id 19
Hommes id 53
Voyageurs id 1
Femmes id 16
Produits et industrie. Soie, pommes-grenades, sel.
5° Ting-tchbou. Cet arrondissement est à 50 lieues sud-ouest de Pè- Mng; il a 10 lieues de l’est à l’ouest, et 9 du sud au nord ; il comprend deux cantons-, il embrasse à l’ouest les monts Tal-ling.
Mœurs et coutumes. Les mœurs des habitants sont simples et pures.
Les hommes se livrent au labourage et h la culture des mdriers; ils sont économes et diligents; ils ont le caractère éminemment libéral et généreux.
Villes principales :
1“ Ting-tchèou , chef-lieu de l’nrrondissement , a 2 lieues et 1/2 de circonférence, 4 portes , des fossés de 31“ 500” de largeur, creusés sous les
2* Chin-tsi, chef-lieu de canton , 3 portes.
3“ Kio-yang , chef-lieu de canton, 5 portes.
Collèges- 3, un dans chaque cheflieu , fondés tous trois sous les Soung.
Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits, 136,451.
Terres cultivées. 8,360 klng 96 mèou , = 49,747 hectares.
Impôts fonciers en argent, 94,714 liang 5 /sien, — 757,712 francs.
Montagnes et rivières :
— Montagnes 11
— Fleuves et rivières 9
1 tac, nommé tac du puits céleste, à 4 lieues et 1/2 au sud-est du chef-lieu de l’arrondissement; il a 6 lieues de circonférence.
Antiquités. Anciennes villes forti-
fiées, tours, etc 15
Douanes, postes, etc 7
Ponts 4
Tombeaux célèbres 3
Temples id 3
Monastères bnuddhigues. ... 2
Mandarins célébrés 42
Hommes id 24
Femmes id Il
Anachorètes id t
Pboduits et industrie. Étoffes de soie pour robes, prunes, vases de terre.
Il* gouvernement ; le kiano-
nan(*),
aujourd'hui provinces de kiang-sou et de NGAN-HOEÏ.
Cette ancienne grande province, oui en forme actuellement deux, est décrite dans la Géographie impériale, immédiatement après la précédente et celle de Ching-king ou Moukden ( réservée pour la description de la Tartarie et de la Mongolie), quoiqu'elle en soit séparée par celle de Chan tnung.
La ville capitale de cette ancienne province, Kidng-ntng, plus connue sous le nom de. Ndn-Mng, capitale du midi, comme Pé-klng signifie capitale du nord, est à 240 lieues au midi de Pé-klng, et le Aidng-ndn embrasse une éiendue de 1G3 lieues de l'est à l’ouest, et 170 du midi au nord.
(*) Ttû-lhsing-i-thsoung-tckl, k. 37 -SS.
Ce gouvernement comprend seize départements, sept arrondissements et soixante-deux cantons; plus quatre arrondissements et cinquante cantons qui ressortissent directement à Tchi-ti, ce qui fuit IG villes de 1*' ordre, 10 du 2". et 1 12 du 3* ; en tout 138 villes fortifiées.
CONFIGÜBATION GÉOGB APIUQUE. A l'est, la mer Daigne ses côtes déplus de cent lieues d’étendue, au midi ; elle coullne au grand lac ( Tett-hod ) qui la séare de la province de Tché-klAng; à ouest, elle, est bornée par les provinces du Hoû-koudng et du Hô-ndn, et au nord par celle de Chàn-toûng. Les principales montagnes sont: la montagne nommée Tchoung, située au nordest de NAn-klng ; la montagne tloûng ou jaune, situee à 23 lieues au nordouest de Hoel-lchéoufoù ; les deux montagnes nommées Liang; celles nommées Tsiao, Hien , et Ho. Les principaux fleuves sont le grand Kiàng( Tdkidng), le Uôanghô ou fleuve jaune, le Hoat, le Thsing-hû et le Yûn-nô ou grand canal de transports. Lesprincipaux lacs sont :
le Thâo-hoû , qui a douze lieues de circonférence; le Tdi-hoù, qui a 38 lieues de diamètre, et qui est environné de montagnes pittoresques.
Population en 1743 (*). A. Contribuables chefs de famille inscrits des huit départements et des trois arrondissements dépendants du receveur nu trésorier général delà province de Kidngsoü 2,917,707
R. Contribuables chefs de famille inscrits des huit départements et des cinq
(*) Dans la description de la province de Tc/ii-û, nous avons reproduit les sections : roruL.sTion et impôts TenniToaiAUX de chaque département , telles que les donne le Taî-thsing-i-thaung-tchi, étm. imp. de 17 44, dont nous traduisons ce qui nous parait le plus important à connaître. Pour abiéger des détails qui peuvent être d'une certaine utilité, mais qui sont eu même temps fort arides pour des lecteurs européens, nuus nous bornerons dorénavant à la reprodurtion de «3 mêmes sections générales pour chaque province, en y ajoutant le résultat des recense, moins officiels de 181s, traduits du Tai- Using-hoei-tien , édition impériale de 1818, publiée à Pé-king , dont nous donnerons les détails à la section du Ministère des finances.
arrondissements de la province de Ngân-hoé l 1,435,560
Impôt tebbitobial. A et B. Terres cultivées des seize départements et des huit arrondissements dépendants des deux receveurs généraux de la province de Kidngsoti et de celle de iYgdnhoei : 1,023,568* 24* = 6,090,231 lied.
Terres des colons militaires, 45,032* 51“ = 267,943 hect.
Impôts fonciers en argent, ensemble 5,248,930 lumg,z=. 4 1,99 1,440 francs.
Argent provenant de diverses sources, 72,120 /.= 576,960 francs.
Impôts en nature-, riz 3,001, 684 c/U ou hectolitres.
Froment, 78,712 chl ou hectolitres.
Légumes, 31,728 chl ou hectolitres.
Bottes de foin, 28,226.
Population en 1812. A. Province de Kidng-soû, Individus 37,843.501.
B. Province de Ngan-hoel, 34, 168,059.
Impôt tebbitobial. A et B. Terres cultivées, 1,135,203 kintj , 61 mèou — 6,754,818 hectares.
Impôts fonciers en argent. A et B.
5,558,372 liàng, =44,466,976 francs.
Impôts fonciers en nature. A et B.
497,490 chl ou hectolitres.
Ix Kidng-ndn est la contrée de la Chine la plus belle, la plus fertile, la
lus riche et la plus populeuse de tout
empire chinois. Elle doit tous ces avantages à sa position heureuse, aux faveurs de la nature et à l’industrie de ses habitants. « De toutes les provin- « ces de lu Chine (dit M. Louis de «Besi, évéque apostolique de A ’dn- « klng (*). (dans une lettre datée de « cette ville le 15 mai 1843), le Kidng- « ruin est peut-être la plus belle et la « mieux cultivée. Le Kiang, ce fleuve « majestueux que les indigènes appcl- « lent le fils de la mer, la divise en « deux parties; dans celle de droite se • trouve la capitale, qui a donné à « toute la province son nomàe.\An-klng « ou cour méridionale, par opposition «■ à Pé-king situé plus au nord. Del'au- « tre côte du Kiang, le chef-lieu est « Sou-tchéou , la plus gracieuse et la « plus polie, des cités. Tout favorise la
(*) Annales de U Propagation de la foi , septembre 1844, p. 4»9-
L’UNIVERS
« culture de ce beau pays, la fertilité
• du sol comme l'activité intelligente
• de ses habitants, les pluies fréquen- « tes qui l'arrosent aussi bien que les
• nombreuses rivières qui le sillonnent " en tous sens. Neanmoins, ni l'indus- « trie vraiment prodigieuse des Nanki- « nois, ni la fécondité inépuisable du « terrain, ne peuvent suffire à alimen- « ter la population, qui est encore plus
• considérable ici que dans toute au- « tre province. Pour fournir à sa con- « sommation annuelle, on tire une
• grande quantité de riz du llou- « kouang , auquel le Kiang-nan em-
• prunte aussi la plupart de ses bois
• de construction. •
A. DEPARTEMENTS DE LA PROVINCE DE KfANG-SOU, 8.
1" Département. Kiang-ning-fou ou Ndn-klng (*}.
Ce département, situé à 24-1 lieues au midi de Pé-klng, a 34 lieues de l'est à l'ouest, et 38 du midi au nord; il comprend safjt cantons.
Moeurs et usages. Le sol de ce département est uni et découvert, et les fleuves qui descendent des montagnes, larges et profonds; c’est pourquoi les habitants, dans les choses de la vie, attachent beaucoup d'importance à ce qui est grave, solide et droit (**). Rarement ils s’abandonnent à la ruse, au mensonge et à la fausseté. Leurs mœurs sont patientes, et les lettrés, qui surpassent tous les autres en talents, se font une grande renommée dans l’opinion publique par la pureté et l'élégance de leurstyle. Le territoire est étendu et les talents aussi. Les hommes supérieurs appliquent leur intelligence à observer les rites, respectent ce qui est respectable; les hommes du commun appliquent leurs for-
(#) Taï-tksing4ahoung-tchif k. 38.
(**) On voit par ce passage ..traduit littéralement, que les Chinois attribuent une influence très-réelle aux circonstances géologioes et climatériques sur l'homme ; et celte oclrine, très-récente en Europe, est fort ancienne dans un pays où Von n'a jamais séparé 1 homme de l'ensemble harmonique du mmide physique et de la solidarité universelle des êtres.
ces physiques au labourage et à la plantation des tndriers. Ils ont les mêmes usages aujourd'hui qu’ils avaient anciennement.
Villes principales. !• Kidngning, ou Ndn-king (•), chef- lieu du département ; elle a 9 lieues et demie de circonférence (96 II), neuf portes monumentales, plusieurs beaux ponts. — Elle est de figure très-irrégulière, située a 60 lieuesde la mer, et à une lieuedu grand fleuve Yang-lseu-kiang , qui peut porter des vaisseaux de haut bord, et qu'ont remonté depuis quelques années les flottes anglaises et françaises. On nomme aussi cette ville A in-ling ou la Colline d’or.
T Kiéou-young, chef-lieu de canton ; 7 li de circuit, 5 portes; fossés autour des murs d'enceinte.
3° Li-choul, chef-lieu de canton, une demi-lieue de circuit, 6 portes; enceinte de fossés revêtus de pierres sous les Ming.
4° Kao-chun, chef-lieu de canton.
5° Kiana-pou . chef-lieu de canton.
6° l.ou-no, chef-lieu de canton, 6 li de circuit, 6 portes; fossés creusés sons les Ming.
7“ Chang-youen, chef-lieu de canton, 6 li de circuit; fossés creusés sous les Ming.
La première des villes énumérées cidessus , la plus grande de l’empire après Pé-king, est trop célébré en Europe, pour ne pas ajouter ici quelques détails à ceux, beaucoup tropconcis, que donne la Grande Géographie impériale chinoise. Le P. Matthieu Ricci, qui la visita lorsqu'elle était encore la résidence impériale des empereurs de la dynastie des Ming, h la cour de l’un desquels il fut admis en 1601 (**), en fait une. magnifique description. » Cette ville, dit-il, au jugement des Chinois, surpasse en beauté et en grandeur toutes les autres villes du monde. Et certes, elle peut être jugée inférieure à peu d'autres. Car elle est pleine de trèsgrands palais, temples, tours et ponts : toutes lesquelles choses néanmoins
(*) Voy. danv le 1. 1, pl. 55, une vue de cette grande ville.
(") L'cmnercur qui régnait alors était Clnn-tsoung-liien-ti, dernier empereur de la dynastie des Ming. Voy. t. 1, p. 407-411.
sont presque surmontées par celles de notre Europe de pareille espèce, mais elle surpasse en d’autres choses plus les nôtres. Elle excelle aussi en température d'air, en fertilité de terrain, en bontéd'esprits, en douceur de mœurs, en élégance de langage, et en multitude d’habitants de toutes qualités, du vulgaire, des gens de lettres et des magistrats , dont les derniers sont à comparer à ceux de Pé-king en nombre et en dignité , d'autant plus que l'absence au roi rend cette égalité inégale.
» Cette ville est aussi environnée de trois murailles ; la première est celle du palais royal, en vérité très-magnifique. Ce palais est aussi entouré de trois murs en forme de citadelle, et de fossés creusés en rond, qui sont tous remplis d’eau. Il a de circuit quatre ou cinq milles d'Italie. Et certes j'ose dire qu’il n’y a roi en aucune part du monde, qui ait' un plus beau palais, non-seulement conférant chaque partie l'une avec l’autre, mais encore taisant comparaison du tout au tout. L’autre muraille environne derechef ce même palais et la plus grande et principale partie de la ville. Elle est entrouverte de douze portes (il n'y en a plus que neuf maintenant), lesquelles sont garnies de barres de fer et munies de canons placés dedans la ville à l’opposite d’icelles. Cette seconde muraille comprend pareillement en son circuit dix-huit milles d 'Italie (*). La troisième muraille extérieure n’est pas continue partout; mais aux endroits où l’on a jugé qu’il pouvoit y avoir quelques dangers, l’art a suppléé les défenses de. la nature. A peine peut-on savoir combien elle a de circuit. Encore qu'en l’enclos de cette muraille y ait de grands entre-deux de jardins, montagnes, bois et lacs , néanmoins la plus grande partie d’icelui est très-peuplée.
« Cette seule ville est gardée par quarante mille soldats de garnison or-
(•) Ce sont des milles de 60 au degré. Les iB milles d'Italie équivalent donc à 7 lo ues i/a. La circonférence de 9G li ou 9 lieues 1/1 donnée par la Géographie impériale au mur d'enceinte extérieur de Nâu-king, qui est la troisième muraille décrite par le P. Ricci, n'est donc pas exagérée.
dinaire. La rivière coule vers les parties occidentales d’icelle , et on pourvoit douter si l’utilité qu'elle apporte décore davantage la ville, que la récréation et le plaisir qu'on en tire, ne lui donne de beauté. Et non-seulement elle coule le long des murs, mais encore plusieurs canaux d’icelle, que leurs ancêtres ont artificieusement creusés , sont conduits en la ville et donnent entrée en icelle à plusieurs grands bateaux. C'est pourquoi anciennement elle a été nommée la capitale de tout le royaume, et le siège commode des anciens rois durant plusieurs siècles. Et encore que le roi ait depuis transporté sa demeure à Pi-king (pour mieux surveiller et repousser les Tartares Mantchoux qui menaçoient et conquirent bientôt son empire), néanmoins cette ville n’a rien perdu de sa splendeur ou fréquentation : ou s’il lui défaut quelque chose, on peut de là juger quelle a autrefois été encore plus somptueuse et plus digne d'admiration (*). »
Le P. Le Comte, qui visita Ndn-ktng près de cent ans plus tard , la trouva déjà déchue de sa splendeur. « On voit encore quelques vestiges de ses anciennes murailles , dit-il , et il semble que ce soient plutôt les bornes d’une province que celles d’une ville. Quana les empereurs y tenoient leur cour, il est certain que 1e nombre de ses habitants étoit infini. Sa situation , son port, la fertilité des terres qui l’environnent, les canaux qui facilitent le commerce, tout cela contribuoit à sa splendeur.
Depuis ce temps-là elle a beaucoup déchu de son premier état; cependant si l’on compte ses faubourgs et les habitants de ses canaux, il s’v trouve encore plus de monde qu’à Pé-king. Et, quoique les collines incultes, les terres labourées, les jardins et les vides considérables qu’on voit dans son enceinte, en diminuent la grandeur, ce qui est habité fait néanmoins une ville d’une prodigieuse étendue.
« Les rues en sont médiocrement larges, mais bien pavées; les maisons
(*) Histoire de l'expédition chrestienne en la Chine, etc., rédigée par le P. Trigant. Traduite du latin en frauçus. Paria, 1618, p. 447 et auiv.
L’UNIVERS
basses et propres, les boutiques riches et fournies de toutes sortes d’étoffes et d’autres ouvrages de prix. C’est laque les docteurs les plus fameux et les mandarins hors de charge viennent ordinairement s’établir ; les bibliothèques en sont nombreuses, et les livres choisis; l'impression plus belle; les ouvriers plus habiles; le langage plus pur, et l’accent meilleur que nulle part.
« Il y a encore diverses choses qui la rendent célébré parmi les Chinois.
« La première est le fleuve Kiâng sur lequel elle est située (*), le plus grand, le plus profond, et le plus navigable de tous ceux qui arrosent l’empire de la Chine. Il a vis-à-vis de la ville près d’une demi-lieue de large.
« La seconde est l’observatoire royal, placé sur une haute colline. On y aroit autrefois pratiqué une plate-forme et dressé des machines propres aux observations ; mais les instruments ont été transportés à Pé-king , et l’on n’y voit plus que quelques bâtiments anciens, et une grande salle carrée, nouvellement bâtie en reconnoissance de l’Iionneur nue l’empereur Khang hi a fait à la ville de la visiter.
Tour df. porcelaine, près de Nân-king (**). « La troisième est la grande tour ou la Tour de porcelaine .
Il y a hors de la ville, et non pas au dedans, comme quelques-uns l’ont écrit, un temple que les Chinois nomment le Temple de la reconnaissance (***), bâti il y a 300 ans (de 1403 à 1425) par l’empereur Young-lo (****). Il est elevé
(*) Le P. Le Comte se trompe ; ce n’est pas le Kiâng même qui passe à Aàn-kùtg, mais un de ses affluents; le grand fleuve Ta- kiâng en est, comme nous l’avons dit, éloigoé d envirou uue lieue.
(*•) Voy. la Planche 14 de ce volume.
(**•) En chinois Tâ-pao-ngan-ste. Le Temple de la gratitude et de la reconnaissance extrêmes . Taithsing-i-lhoiuig-lcld , k. 39, i° 3 1 verso.
(****) C’est encore ici une erreur : c’est pendant la période d’années de règue nommée young-lo , de l’empereur T ching tsou-wen tit des Ming, que ce monument fut reconstruit , sur le même emplacement où en existait un précédent élevé sous les Tcin , de af>5 à 430 de notre ère. Voir le Tai-thsing-i-thuung-tchi , beu cité, où il n'est donné que très-peu de dé-
sur un massif de briques qui forme un grand perron entouré d’une balustrade de marbre brut ; on y monte par un escalier de dix à douze marches, qui règne tout le long. La salle qui sert de temple a cent pieds de profondeur, et
fiorte sur nue petite base de marbre laute d’un pied, laquelle en débordant laisse tout autour une banquette large de deux. La façade est ornee d’une galerie et de quelques colonnes. Les toits (car, selon la coutume de la Chine, il
tails sur celle tour de porcelaine, nommée en chinois tha. Il est dit seulement que cette tour a cent et quelques tcluing de hauteur, c'est-àdire, 3i5 métré*, et qu’elle fut réparée la 3e année Khang-hi , c'est-à-dire eu 1664. Elle fut visitée par ce même empereur, qui monta jusqu’à son sommet, dans le voyage qu’il fit au midi de son empire.
Il y a évidemment une erreur dans la hauteur indiquée de celte tour, à moins qu’on ne donne au tchâng une valeur beaucoup inférieure à celle qu’on lui attribue ordinairement. D’après une autorité chinoise citée dans le Chinese Repository (Macao, mai 1844, p. 361), cette tour aurait juste 3*9 tchi 4 fen 9/10 de hauteur, ou io3 m. 635 mm. Ce qui est beaucoup plus vraisemblable et se rapproche de la hauteur approximative donnée par le P. Le Comte.
Lors de l’expcdiliou anglaise de 184a, le lieutenant FiU-James mesura la tour de porcelaine et lui trouva 361 pieds anglais de hauteur, et 96 pieds 10 pouces de diamètre à sa base; ce qui, réduit en mètres, donne 79 m. 55o mm. pour la hauteur, et 39 m. 359 mm. de hase.
Ce genre de monuments, très-nombreux en Chine, n’y date que de l’époque de l’introduction du bouddhisme vers le commencement de notre ère. Quoiqu’ayant pris à quelques égards la forme de l'architecture chinoise, ces monuments n'en ont pas moins couservé leur caractère originaire d'édiliccs à nombreux étages (toujours impairs, variant de cinq à ireite), représentant symboliquement, dans les idées bouddhiques, les sphères superposées des cieux. On ne trouve plus de ces monuments dans l’Inde, où ils ont été détruits après l'expulsion des bouddhistes; mais on en a dérouvert récemment des vestiges dans le Caboul, dans l'Afganistan, c’està-dire, dans l’ancien empire indo-bactrien, dont la population à l’époque de leur érection professait la religion bouddhique, laquelle religion s'est étendue autrefois dans une grande partie de l’Asie occidentale.
CHI NK MODERNE.
y en a deux, l'un qui naît de la muraille, l'autre qui la couvre), les toits, dis-je, sont de tuiles vertes, luisantes et vernissées; la charpente qui parolt en dedans est peinte et chargée de pièces différemment engagées les unes dans les autres ; ce qui n'est pas un petit ornement pour les Chinois. Il est vrai que cette torêt de poutres, de tirants, de pignons, de solives, qui régnent de toutes parts, a je ne sais quoi de singulier et de surprenant; parce qu’on conçoit qu'il y a dans ces sortes d’ouvrages du travail et de la dépense, quoiqu'au fond cet embarras ne vienne que de l'ignorance des ouvriers qui n'ont encore pu trouver cette belle simplicité qu'on remarque dans nos bâtiments, et qui en fait la solidité et la beauté.
« La salle ne prend jour que par scs portes; il y en a trois à l’orient, extrêmement grandes, par lesquelles on entre dans Ta fameuse tour dont je veux parler, et qui fait partie de ce temple. Cette tour est de figure octogone, large d'environ 4U pieds, de sorte que chaque face en a quinze. Elle est entourée par dehors d'un mur de même figure, éloigné de quinze pieds, et portant, aune médiocre hauteur, un toit de tuiles vernissées qui parolt naître du corps de la tour, et qui forme au-dessous une galerie assez propre. La tour a neuf etages, dont chacun est orné d’une corniche de trois pieds à la naissance des fenêtres, et distingué par des toits semblables à celui de Ta galerie ; à cela près qu’ils ont beaucoup moins de saillie , parce qu’ils ne sont pas soutenus d’un second mur; ils deviennent même beaucoup plus petits à mesure que la tour s’élève et se rétrécit.
« Le mur a au moins sur le rez-dechaussée douze pieds d’épaisseur, et plus de huit et demi par le haut. Il est incrusté de porcelaine posée de champ ; la pluie et la poussière en ont diminué la beauté ; cependant il en reste encore assez pour faire juger que c’est en effet de la porcelaine, quoique grossière; car il y a apparence que la brique, depuis trois cents ans que cet ouvragedure, n’aurait pas conservé le même éclat.
• L’escalier qu'on a pratiqué en dedans est petit et incommode, parce que le* degrés en sont extrêmement hauts ;
chaque étage est formé par de grosses poutres mises en travers, qui portent un plancher et qui forment une chambre dont le lambris est enrichi de diverses peintures ; si néanmoins les peintures de la Chine sont capables d’enrichir un appartement. Les murailles des étages supérieurs sont percées d’une infinité de petites niches qu’on a remplies d’idoles en bas-reliefs, ce qui fait une espèce de marquetage tres-propre ; tout l’ouvrage est doré et paraît de marbre ou de pierre ciselée. Mais je crois que ce n’eSt en effet qu’une brique moulee et posée de champ, car les Chinois ont une adresse merveilleuse pour imprimer toutes sortes d’ornements dans leurs briques , dont la terre, extrêmement fine et bien passée, est plus propre que la nôtre à prendre les figures du moule.
« Le premier étage est le plus élevé; mais les autres ont’ la même hauteur entre eux; j’y ai compté cent quatrevingt-dix marches, presque toutes de dix bons pouces, que je mesurai exactement; ce qui fait cent cinquante-huit pieds. Si on y joint la hauteur du massif, celle du neuvième étage qui n’a point de degrés, et le couronnement, on trouvera que la tour est élevée sur le rez-de-chaussée de plus de 200 pieds.
« Le comble n’est pas une des moindres beautés de cette tour; c’est un gros mât qui prend au plancher du 8* etage, et qui s'élève plus de trente pied* en dehors. Il parait engagé dans une large bande de fer de la meme hauteur, tournée en volute et éloignée de plusieurs pieds de l’arbre; de sorte qu’elle forme en l’air une espèce de cône vide et percé à jour, sur la pointe duquel on a posé un globe doré d’une grosseur extraordinaire. Voilà ce que les Chinois appellent la « Tour de porcelaine. » Quoi qu’il en soit, c’est assurément l’ouvrage le mieux entendu, le plus solide et le plus magnifique qui soit dans l’Orient. Du haut de la tour on découvre presqup toute la ville, et surtout la grande colline de l’observatoire qui est à une bonne lieue de là (*). »
(*) Mémoires sur l’étal présent de la Chine, par le P. Louis Le Comte ; 3* lettre. Paris, t-oi.
L’UNIVERS
Lors de l'expédition anglaise de 1842 dans les eaux de Nin-king , la tour de porcelaine fut l’objet principal de la curiosité des Européens, qui endommagèrent tellement à coups de marteau et de ciseau le revêtement extérieur en porcelaine, que le plénipotentiaire anglais, si renommé à juste titre par son esprit de loyauté et d'équité, crut convenable d'aflecter une somme d’argent pour réparer les dégradations faites à cet édifice {*).
Dés l'origine, huit chaînes de fer, auxquelles étaient suspendues 72 clochettes d'airain, partant du faite de la tour, descendaient sur chacun des huit angles en saillie, et de là 80 autres clochettes étaient suspendues aux angles des toits de chaque étage, depuis le neuvième jusqu'au premier. Et en dehors des neuf étages étaient aussi suspendues 128 lampes; en bas, dans le pavillon octogone, et dans le centre de la pagode, étaient suspendues I2autres lampes de porcelaine. Au sommet étainet placés deux grands bassins de cuivre, pesant 600 kilogrammes, et un vase céleste pesant 300 kilogrammes.
Collèges. Cedépartement en a. . 10
Celui de Nàn-klng fut fondé en 1381 sous les Ming, pour être l’établissement destiné à donner l'éducation aux fils du royaume , c'est-à-dire aux Gis de l'empereur et des autres princes du sang.
Cette destination lui fut retirée dès Te commencement de la dynastie tartare régnante; il n'a plus été dès lors qu'un collège départemental. Celui de Chanyyouen, fondé sous les Soung , de 1034 a 1038 de notre ère, comme collège dé-
Ïiarteinental, fut élevé au rang de colége royal au commencement de la dynastie des Ming; il est redevenu collège cantonal. Les autres, presque tous fondés sous les Ming, sont des collèges cantonaux.
Montagnes et biviébes.
— Montagnes C4
’ Plusieurs de ces montagnes sont renommées pour avoir été visitées par des empereurs qui y ont laissé des souvenirs. Il y a la montagne blanche {Pé-chûn) , "célèbre par la retraite d’un
(’) Chinesc Repository, mars >845 , Pa6a.
Tao-sse; la montagne de'cuivref Thoiingchôn), ainsi nommée parce qu’autrefois on en extrayait du cuivre; il y en a plusieurs dans le même cas; elle est située à 7 lieues au sud-est de Ndnklng, et a près de 2 lieues de tour; la moutagnede la pagode du phénix foùngtàl-chân), sur laquelle est une tour ou pagode de ce nom; la montagne du lac C Hoû-chûn ), près de Nàn-klng, et au sommet de laquelle est un grand lac ; la montagne du temple des ancêtres (7'xoùth&ng-chdn), a une lieueetdemieau midi de Nôn-king, où un temple dece nom fut construit sous les Soimg ; la montagne de l'Indien (lhiên-tchù<hàn), ainsi nommée par suite de la retraite qu'y üt un bonze indien en 675 de notre ere ; la montagne du lac de f Espérance [If 'dng-
hoû-chdn), etc.
— Fleuves et rivières 17
— Lacs remarquables 17
Grands affluents , canaux , marais ,
etc 59
Iles Il
Antiquités. Anciennes fortiGcations de villes, 50. Palais, anciens temples, pavillons, forteresses, grandes ménageries , tours , autels , arcs de
triomphe, résidences, etc 102
Dans ce nombre on remarque, « l'Autel du labourage » (Kheng-thàn), situé à l’est de Chang-youen , elevé sous les Soimg du nord, l'année 443 de notre ère ; « l’Autel du génie de la terre et des grains, sous les Tçin » [Tçin chétsi thân), élevé par l’empereur Yovanti des Tçin (317-323 de notre ère). Ce fut cet empereur qui transporta sa cour ou sa résidence habituelle de Hô-nànfoü , ville départementale de la province du llô-ndn, où elle était auparavant, à Kidng-ning ou Nàn-king, ce qui lit donner à ses successeurs le nom de Tçin orientaux, cette dernière résidence étant plus orientale que la première. Cet autel est en dehors de la ville nommée Kou-tou, du canton de Chang youen; «T Mulet de la terre et du « ciel resplendissant » ( Mlng-thién-thi thiin ), elevé en dehors de la porte lloung-wou de la ville de Chang-youen , par le premier empereur des Ming{ 1368) qui, d'après le Ming-king-tching-tchoûtc/ii, « Description accompagnée de cartes et de plans de la ville capitale des
by G
Miny , » considérait le Ciel comme le père, et la Terre comme la mère de ceux ui régnent, et qui, ne trouvant aucune ifference dans la raison des sacrifices qu'on doit leur offrir, leur éleva un seul et même Autel, afin qu’on leur sacrifiât en même temps et dans le même lieu (*)• Le mdle de cet autel a quatre ouvertures, et il est entouré d'un mur d’enceinte, rouge, de peu d’élévation, en dedans duquel est un second mur. L' Au* tel ou môle est élevé au milieu ; au sommet du môle se trouve « le temple des « sacrifices, » devant lequel était un palais qui est maintenant en ruine (**).
(*) Tai-thsing-i-thoung-tchi , k. 3$ , f° ta verso.
(*•) Nous ne pouvons nous empêcher de remarquer ici, à propos de ce dernier Aulel, thnn, que M. Bazin est encore tombé dans nue erreur grave, en prétendant (Préface de sa traduction du Pi pa Ai, p. XVI) que «• de «. grandes transformations s' étaient- opérées - dans le culte national des Chinois » sons l.i dynastie des Ming , comme, selon le mémo sinologue (Journal asiatique, nov. iS3ç), p. 3(>7, et Appendice a la trad. de la Chine de Davis), du temps de Confucius, de grandes alterations avaient été faites à ce même culte par le philosophe. Nous avons déjà prouvé ailleurs {Esquisse dune histoire, de la philo sophie chinoise , p. 41, Paris, 18. U, cl rie de Confucius, dans le Dictionnaire des sciences philosophiques , par une société de professeurs de philosophie. Paris, Hachette, 1844), que celte dernière accusation était, du moins en ce qui concerne le-, faits articulés, sans aucune espece de fondement. Nous regrettons d’élre obligé de dire que la nouvelle allégation de M. Bazin n’est pas mieux fondée. Voici la preuve qu’il doutie des prétendues grandes transformations du euhe chinois sous les Ming : « Il existait à Pé-king, « dit-il, au commencement de la dynastie « des Ming, un temple qu’on appelait Titien • « ti- titan, « temple du ciel et de la terre, » « dans lequel chaque amiée, au solstice d’hi-
• ver, les petils-lils de Ceugiskan offraient
- des sacrifice* au ciel et à la terre. Ce tem-
* pie subsista jusqu’à la 9e année Kia-tsing
- de la même dynastie (ï53o), époque à la- « quelle l'empereur Chi-tsouug institua des « règlements pour les sacrifices distincts que •* l’on doit ojjrir au ciel et à la terre. Le » teiuple commun du ciel cl de la terre fut •* démoli par ordre Je Chi-tsoung. On cous- «r truisit alors deux temple* séparés, le lem*
- pic du Ciel et le temple de la Terre. » Il
5* Livraison. (Chine modehnb.)
On compte aussi dix grandes tours ou plates-formes (thâi), au nombre desrésulte de cette citation textuelle: x° qu’au commencement de la dynastie des Ming, il existait a Pé-king un temple qu’on appelait temple du ciel et de la terre; qu’il fui démoli à l’époque où Chi-tsoung fit rendre un culte distinct au ciel et à la terre. Mais il n’cu résulte nullement qu’à celte époque. il se soit opéré de grandes transfui mations dans te culte national , comme le soutient M. Bazin; la conséquence n’est aucunement renfermée dans les prémisses. H y a mieux : c’est que l’empereur Chi-tsoung , loin de transformer té culte des Chinois; loin de lui faire subir de grandes modifications, ne ft simplement que de le rétablir , pour lirait en question, dans la forme primitive qu'il avait déjà sous les Tchëott (Voy. le Tchcou li), et que sou ancêtre Tai-tsou , le fondateur de sa propre dynastie, avait, lui, modifié, i5.» ans auparavant, à l'exemple îles empereur-. Kouang-cvou-li des Han, et Hiouan-tsoung îles Thang. Ce fut, en effet, cet empereur, sorti des rangs les plus obscurs d'uu couvent de Bonzes, * qui, ainsi qu’on le voit par le passage du Ming-king-tching-thou-chi , cité dans le texte, vraisemblablement dominé par une pensée bouddhique , comme les empereurs ci-dessus nommés, réunit en un seul le culte du Ciel et celui de la Terre, qui étaient séparés avant lui. Les petits-fils de (iengiskan ne pouvaient donc pas, ainsi que le dil M. Bazin, offrir, comme chefs sup rentes de l'Etat et de ta religion , de» sacrifices au ciel et à la terre, dans un seul et même temple, puisque ces deux cultes lie furent réuni» qu apres la chute de leur dynastie. Ce lait est positivement affirme dans le Tai thsing-i-thoungtchi, k. 1, f* 4 verso (édit, de 1744), ou il est dit, à propos de Y Autel Ki ko-thàn, ou Autel de la prière pour obtenir les fruits de la terre en abondance : « Cet Aulel e$l le •« Temple de la gronde immolation [tà-hiàng- « tiàu), situe dans l’enceinlcde l'Autel du Ciel. " Chaque année, au commencement de la « nouvelle lune du premier mois, 011 y offre ré- " vérencieusenieiil uu sacrifice au Chàng-ti , « pour l’implorer en faveur des grains de la « terre de l’année. Dans la période joung-lo « de» Ming (x4o3-i<ia5), 0,1 réunit en un seul " le sacrifice du Ciel et celui de la Terre ; on « construisit ce temple qui lut nommé le « Temple du grand sacrifice ( tâ-sse-tidn ). « Dans la 9e année Kia-t/uing (i53o), ou •• divisa l'emplacement en deux parties: l’une , « méridionale et l'autre septentrionale. Hans
* Voy. t. I, pp. 3-6 et 38).
L’UNIVERS
quelles est • la tour du fanal » (foûng ko thâi), construite dans le 3' siècle de notre ère, sur un lieu éleve près de Chang-youen; « les tours de la iecture ' des livres de Tchao-ming (Tchad ntiiig lou-choû-lhài), situées, l'une près de la même ville, et l'autre à une lieue et demie au sud-est de héou-yoûng ; « la tour du phénix » (foûng hvàng thàl), située au midi de .\An-king, construite en 437 de notre ère ; la « tour de la justice » (» tliïtl), situee au sud ouest de Kieou-young , et construite sous les Thang.
On remarque encore parmi les anciens monuments, le palais du Teü-ki, ou premier principe des choses (Toiki lien) {*), situé au nord de Changyouen , et construit de 370 a 397 de notre ère; il fut reconstruit de nouveau en 513 ; il fut brillé depuis par des soldats, puis reconstruit en 558.
Douanes. Etablissements grands et
petits 38
Postes pour les mandarins 4
Ponts 41
Digues et jetées 16
Tombeaux célèbres 58
De ce nombre sont les tombeaux de plusieurs empereurs célébrés.
Temples 28
De ce nombre sont : * le temple du philosophe hhoung-lseu , * situe a 3 lieues à l’est de la ville cantonale de A (ao-chitn; le « temple des ministres qui ont eu des mérites éclatants »
(Mlng-koûng tchln miào ), fondé en 1 387 de notre ère; le « temple de Tching ,
« la partie méridionale, on construisit I .lu- « 1,1 du Ciel , el le temple (celui du grand sa- „ enfin-, qui n’étail lui-même que celui du « Ciel et de la Terre réunis) fut alors cnnsa- .. eré à la prière, pour obtenir les fruits de « la terre en abondance, etc. -
Un rapporlaot res autorités, ce n’est pas que nous prétendions ici que le culte chinois n'a subi aucune modification depuis l'origine de la monarchie. Nous ferons connaître ses variations à l'article Culte rt Religions des Chinois , de ce volume; nous avons seulement voulu démontrer qu’il ne faut pas se hâter de porter des allégations à la légère sur des passages pris au hasard, et qui eu définitive prouvent le contraire de ce qu’on a voulu leur faire dire.
(*) Tai-lhsing, etc., k. 3g, P li verso.
surnommé Ming-tao . la « raison brillante » ( Tching inUig lao fsd), célébré commentateur des htny, fonde en 986; ce dernier est situe à l'est du gouvernement du canton de Chang-youen.
Monastères. Bouddhiques. ... 19
— Tao-sse 5
De ce nombre est celui dans l’enceinte duquel se trouve la célèbre « Tour de porcelaine, * décrite précédemment. Un grand nombre de ces monastères sont situés dans le canton de Chang-youen ; et leur fondation remonte pour quelques-uns au 4' et au 5' sieele de notre gfe. Plusieurs furent visites par le célèbre A hang-hi.
j\dn king, renferme aussi beaucoup de. temples. Ou en remarque deux grands près de la porte par où l’ambassade de lord Amherst entra dans cette ville. « Celui dédié à la déesse liican- « yln, dit M. F.llis, et appelé Thsing- « hai-tsé , ou le temple de la mer
* tranquille, est intéressant par le liui « précieux des portraits de philosophes « chinois et de saints qui ornent la « grande salle Quoiqu’au nombre de
* plus de vingt, ils sont tous dans des « attitudes différentes et pleines d’ex- « pression. Il y en a deux qui , quant ■ aux traits et aux costumes , ressem- « blent assez aux sages de l’ancienne « Rome, l.e pouvoir de l’un est désigné « par une bête sauvage rampante à scs
« pieds Quelques vases de métal
« destinés à briller de l’encens lixè- « rent notre attention par l'elegance de « leurs formes et le fini du travail ; « l'un d’eux a beaucoup de rapport avec
« les vases étrusques, etc. »
Mandabins célèbbes 82
Hommes celf-bbes 74
Passagebs célèbbes. De ce nombre est le célèbre poète Li-pé, qui vivait sous les Thang.
Femmes cblèbbes 34
Anachorètes célèbres 18
Produits du sol. Cuivre, fer, toile de filaments de la plante nommée Ad; aimant, ou pierre d'aimant ( tseà-cht ) ; poissons de différentes espères et en abondance que l’on envoie jusqu’à Téking ; étoffes de colon renommées en Europe sous le nom de nankin. Salines abondantes sur les bords de la mer.
Population pii 1743 (•). Contribuables, chefs do famille inscrits 509,064.
Tbhbes cultivées. Montagnes et marais, 52,614 king 9 mèou; = en hectares 313,062.
— Terres des établissements militaires, 1 1 ,849 k. 27 m. = hect. 70,501 .
Impôts foncikbs en argent.
381,554 l. G ts. =: en fr., 2,252,432.
— en ris, 162,420 chi ou hectolitres.
— en légumes , 3,000 —
2" DÉPARTEA!"'. Sou-TcnÉou-Poi) (*').
Ce département, situé à 272 lieues de Pé-king, a 22 lieues de lest a l’ouest et 25 du midi au nord. Son chef-lieu, Sou-tchéou , est à 45 lieues au sud-est de NAnrking. Il comprend dix cantons.
Configuration géographique.
Ce departement jouit du bénéfice de trois grands fleuves et de cinq lacs ; les trois premiers l’arrosent et le fécondent ; les cinq derniers l’enrichissent aussi considérablement. Il confine a I ouest au grand lac Tdl-holi et au nord au fleuve Kiâng.
Moeurs et usages. I.es hommes distingues sont polis, c est-a-dire, trèsobservateurs des lois de la politesse et des cérémonies; et la foule du peuple n est guère moins attachée à ces usages. J-es mœurs sont généralement très-pures. La doct rine du Tao y est florissante et y entretient la paix et l’harmonie (Histoire des Sont). Ce département est une véritable pépinière de lettrés.
Son territoire n’est pas très-étendu; les habitants sont très-actifs, très-diligents, mais aussi très-péu économes ou
(*) le désir de rendre aussi eomplète que possible, dans les limites qui nous sont accordées , celle première’ statistique rumpètnne de l'empire chinois , puisée uiix sources chinoises les plus aulkrntiqnc*, nous » tait revenir sur |n dclunmaauoh prise ^-deveqt, page 5y, de supprimer les serions POPCCATÏOU Cl I SI l'ù l, THIIBITOniALV °u voxctfcaà des Pr.rsKTiKi.en et ÀK;u:-f • 11 "i u,.>t , , , . Nous espérons qu'un nous
saur , pé , es* faveur de : science, , de celle «etermotiri.u.ii nouvelle qui ne l.il qu'ajouter, p««i itKu,, ipv labeurs de plus à des Ira- 'su\ déjà siiflisauimcut iuerais.
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parcimonieux. Ils sont vains, mais braves, et aiment la prodigalité. Tels ils étaient autrefois, tels iis sont encore maintenant.
Villes pbincipales, \°Sou tchénu, chef-lieu du département; elle a 4 lieues et demie de circonférence, 6 portes par terre, et 5 par eau ; un canal environne son mur d'enceinte , lequel canal fut creusé sous les Thang en 875 ; il fut recreusé sons les Mongols en 1351, et réparé sous le règne de Khang-hi.
2’ Kouen-chtln , chef-lieu de canton; murailles d'enceinte de | lieue -j de circonférence; G portes par terre, 6 par eau; fossés de 18" 900*“ de largeur, ^creusésen 1357 pour construire le mur ‘d’enceinte de la ville, et rçvétus de briques en 1539.
3" Sin yang , chef-lieu de canton , comprise dans l’enceinte de la ville précédente.
4” Tchang chou, chef-lieu de canton; muraille d’enceinte d'une lieue environ de circonférence; G portes par terre, 5 portes par eau ; appuyée sur une montagneaiuiord-oucst,et entourée au sud-est dé trois côtés par de larges fossés, creusés sous les Mongols.
5* Tchao-wen, chef-lieu de canton, comprise daus l’enceinte de la ville précédente.
6” It'ou-ktang, chef-lieu de canton; une demi-lieue de circonférence, I portés par terre, 5 par eau ; fossés de 9” 450"* de largeur, creusés sous les Mongols et réparés sous le règne de Khang-hi
7° Chin-tsi , chef-lieu de canton , comprise dans l’enceinte de la ville précédente.
8° Tchang-tchéou, c\\c[-lieu d'arrondissement.
9” )otien-ho, chef-lieu de tonton.
10° Tai-hou-ting , chef-lieu de district, situe au milieu du grand lac Tàthoü.
La ville de Sou-tchéou , où réside le lieutenant-gouverneur du Kiângnân, est une des plus bel es et des plus agréables villes de la Chine; les Européens qui l’ont vue la comparent à Venise, avec cette différence que Venise est au milieu de la mer, tandis que Sou-tchéou est construit au milieu d’une quantité de cours d’eau, qui prennent leur source
fi.
ou qui se perdent dans plusieurs lacs environnants.
Cette ville fait un grand commerce, non-seulement avec toutes les provinces de l’empire , mais eneore avec le Japon. Tout ce qui peut servir aux commodités de la vie s’y trouve en abondance. Les Chinois ont un proverbe qui dit : En haut est le temple, du ciel , en bas est Sou-tchéou et Uang-tchéou (*), dans le Tché-kiûiiy.
C’est aussi une des villes chinoises ou il y a le plus de leltrés, où il se publie le plus île livres, et où ces derniers s’impriment au meilleur marché. Cependant les éditions de Kdn-klng sont plus correctes et plus recherchées des savants. •
« La ville, de Sou-tchéou (dit sir G.
Staunton , dans sa relation de l'Ambassade de lord Macartnev) parait extrêmement grande et extrêmement peuplée. Les maisons y sont bien bâties et agréablement décorées. Les habitants qui , pour la plupart , sont vêtus de soie, ont l'air d’etre riches et heureux... Les Anglais trouvèrent les femmes de Sou-tchéou plus belles, plus jolies, et vêtues avec plus de godt que la plupart de celles qu’ils avaient vues dans le nord de la Chine. »
Collèges. On en compte 11, dont cinq sont des établissements que l’on nomme des « demeures littéraires »
(choü yoitén), dans lesquelles de grandes bibliothèques sont toujours a la disposition îles hommes studieux.
Le collège de Sou-tchéou fut construit en 1034 sous les Soung, de même que
(*) Chimg y chu thién thdng ; tua ye'ou Sou Hong : t e qui signilie que les villes de Sou-tchéou cl de Hong- tchéou sont sur la terre ce que le paradis est dans le ciel. C'est là, dit le I*. Martini, « où res gens qui se m croient nés pour le plaisir, s'abandonnent
- au vin et aux femmes avec tant d'excès , « qu'ils y perdent souvent la vie. Il y a là
- qtianlilè de navires qui ne sunl destinés ., que pour le seul plaisir et divertissement , « tous enrichis d'or et peints des couleurs les « plus vives, plus semblables à des maisons «. magnifiques qu'à des vaisseaux. — In bis hel- « luoues isti, dit-il, ac cotnbiboues Itacehu « Venereque srse inergunl cl perdunt. ■ Les navires dont parle le P. Martini , les Chinois les nomment des bateaus de Jtcurs.
ceux de Kouen-chan , de Tchang-chau , de lk'oukiang,e te.; un seul, « le collège ou institut des études littéraires » [K’éit hié cho&t/ouén), situé à l'est de Tchang-chou , fut fondé par les Mongols (en 1332), et deux autres parles Ming (1432 et 1541).
Population en 1743. Contribuables chefs de famille inscrits, 463.846.
Terres cultivées. 62,665 k. 39 ni.
= hect. 372,856.
Impôts fonciers en argent , 668,392 I. 7 ts. = jr. 5.347,136.
— riz, 90 1 ,070 hectolitres.
— blé, 1,766 —
— légumes, 662. —