VAN-SOU
Ne m’avez-vous pas dit : Tu es bieu impudente , petite misérable ; sais-tu bien où tu demeures? — (Elle chante .) « Ne suis-je pas dans le palais du ministre d’État ?» — (Elle parle.) Et qui êtes-vous , mademoiselle ? — (Elle chante.) « Vous êtes une jeune personne ; oserais-je vous séduire par des propos indiscrets? Quand madame, qui est d’un caractère si bouillant, aura vu cette servante qui déshonore sa maison , c’en est fait d’elle! Permettez - moi de vous quitter promptement. » — (Elle parle.) Je vais aller trouver madame — (Elle chante ), » afin qu’elle me châtie comme je le mérite. »
SIAO-MAN
Fan-sou , je veux raisonner sérieusement avec toi.
VAN-SOtJ.
Feu le ministre d'Élat a gouverné sa maison avec tant de sévérité, que les dmiirsli-
ii es et les servantes n'osaient pas faire nue
émarche contraire aux rites. Aujourd’hui , mademoiselle , vous mettez en oubli les instructions que vous avez reçues dans votre enfance.; vous ne cultivez pas les vertus de votre sexe; vous désobéissez à votre tendre mère.... Vous promettez votre cœur à un jeune homme , et vous lui donnez un gage de votre tendresse. Ces jours derniers vous étiez fatiguée de broder; vous vous disiez atteinte de cette lassitude qu’occasionne l’influence du printemps : il parait que c’était pour cela. Voilà le larcin découvert! C’est à vous maintenant de demander pardon : loin de là, vous voulez avoir un entretien sérieux. Rejetant vos fautes sur moi , vous m'accables de reproches. Est-ce ainsi qu’on traite les gens? Je ne vous fais qu’une seule question : Vous avez brodé sur ce sachet deux oiseaux qui entrelarent leurs ailes ; quelle était votre pensée? — (Elle chante.) «Il faut convenir qu’ils sont brodés avec art. • — (Elle parle.) Voici une touffe de néuufar. — (Elle chante .) » Vous aviez sans doute vos raisons pour les
L'UNIVERS
broder aussi. Cette conduite d’une personne distinguée comme vous l'ôlea ue peut manquer d'exciter la raillerie et les sarcasmes du public. ( Elle se met à courir .) Je cours montrer à madame ce petit sachet. »
aiao-mar, C arrêtant.
Tout à l'heure je plaisantai* avec toi; pourquoi veux-tu aller chez ma mère ?
far-sou. {Elle chante.)
• Vous êtes une jeune personne : pourquoi agissez-vous ainsi? •
siao-mar, la retenant toujours.
C’est un tort que j’ai eu..,.
far-sou.
Est-ce bien vous , mademoiselle ? — ( Elle chante.) « Comment ! vous me suppliez; moi, qui suis une misérable servante, de vous accorder du répit ! »
siao-mar.
Je conviens que j’ai eu tort.
FAR-SOU
Mademoiselle , tout a l’heure «avez-vous pas voulu me frapper ?
*1 A o- MAI».
Eh bieu 1 frappe-moi à ton tour.
FAR-SOU
Allons t venez ici, et mettez- vous à genoux. — {Elle chante.) «Notre rdle est changé;c’est maintenant à moi de vous châtier....» 77 {Elle parU.) Esl-cu que voua avea peur?
SI AO-MAR
Certainement que j’ai peur.
FAR-SOC
Ab I n'ayec aucune crainte ; je voulais seulement plaisanter avec vous.
SrAO'Jf AR.
Tu as manqué me faire mourir de frayeur.
’ FAR-SOU
Mademoiselle , parlez - moi sérieusement.
Est-cr \otts qui avez donné ce sachet à Pêmin-tebong?
srAO-MAir.
Oui.
FAR-SOU
Pourquoi vous êtes-vous cachée de moi ?