‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 159 sur 238 · EXAMEN DES LETTRÉS · texte numérisé non relu

EXAMEN DES LETTRÉS

L’empereur Hoü-pi-lif. avait promis aux Chinois d’ordonner, dans tout l’empire , l’examen des lettrés , et on avait négligé, jusqu’à J in-tsoung, d’exécuter cette promesse. Ce dernier empereur publia les règlements à cet effet, dans l’année 1313. En 1315, il établit les examens parmi les docteurs; on les divisa en deux classes ; l’une de Mongols , l’autre de Chinois. L’empereur les assembla , et voulut qu’ils composassent, en sa présence, sur un suiet qu’il leur donna lui-méme. Trois dfocteurs , de chaque classe , devaient être choisis dans chaque examen , pour recevoir des titres et des récompenses. Cette coutume dure encore , dit le P. Gaubil , mais on ne fait aucune distinction des Chinois et des Tartares. Les historiens chinois font à cette occasion de grands éloges de Jin-tsoung, et le célèbrent comme le plus illustre des empereurs mongols qui ont régné en Chine.

CALAMITÉS, continuation DE LA RÉFORME DES ABCS.

L’empereur Jin-tsoung avait une vertu dominante, dont son nom indique bien le earactère (**) : il aimait avec affection le peuple qu'il était chargé de gouverner ; et il vo)[ait avec douleur qu’une épidémie faisait de CTands ravages dans la capitale de t’empire. Il ne voyait pas avec moins de chagrin, dit-on, que, depuis qu’il était sur le trône, le soleil s’était éclipsé , une comète avait paru , il y avait eu deux tremblements de terre , la famine, la sécheresse, et les inondations des rivières avaient ruiné plusieurs provinces. Jin-tsoung assem-

(*) Voy. pag. 187 el suiv.

(**) Jm signifie en chinois humain , ijui aime Us hommes,

24' Livraison. (Chine. )

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bla les grands de l’empire, pour les consulter sur les conjonctures présentes : les uns dirent que l'empereur devait imiter l'exemple de Tching- TANG (*) ; les autres prétendirent que le culte de Fo , si favorisé par les empereurs , était cause de toutes les calamités. Jin-tsoung se contenta de faire des proclamations dans lesquelles il déplorait les malheurs du peuple , en les attribuant aux fautes qu’il avait pu commettre , et il laissa les lamas et les bonzes en possession de tous leurs privilèges.

Il n'en fut pas de même pour les eunuques, qui cherchaient à ressaisir leur ancienne influence. Instruit de tous les maux qu'ils avaient causés par leurs intrigues et leur crédit aux dynasties précédentes, il défendit de les nommer à aucune fonction publique.

Ses réformes se portèrent aussi sur la répartition des impôts. Il envoya dans les provinces méridionales dtô commissaires pour examiner la nature et la valeur des terres qui pouvaient être affermées, et des terres labourées. Ces commissaires trouvèrent que les taxes étaient mal assises; ils réformèrent les registres ou contrôles de l’impôt réel a percevoir sur les terres.

Au commencement de l’année 1315, l’empereur Jin-tsoung envoya d’autres commissaires - inspecteurs dans tout l’empire pour examiner la conduite des manoarins. Il apprit par eux que les provinces du midi avaient beaucoup souffert des vexations de plusieurs mandarins , et qu’il régnait beaucoup de mécontentement dans les populations. L’apparition d’une comète vint renouveler les terreurs de l’empereur, gui s’empressa de publier une amnistie générale, et d’exempter de tout impôt pendant deux années entières les provinces du Kiang-si et du Tché-kiang, qui avaient le plus souffert. Les autres provinces furent aussi soulagées en proportion des désastres qu’elles avaient éprouvés.

(*) ^’oy. pag- fix et pl- >4 > où il faut lire Tching au lieu de Thing.

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