‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 185 sur 238 · LE BREUVAGE DK I.’IMMORTALITÉ · texte numérisé non relu

LE BREUVAGE DK I.’IMMORTALITÉ

La dynastie mongole ayant disparu de la Chine, et avec elle la puissance des lamas , les Tao-sse s’efforçèrent de

gagner la conQance du nouvel empereur, pour acquérir une prépondérance religieuse sur tous leurs rivaux. Un de leurs principaux docteurs romposa un livre dans leiiuel il donnait la recette infaillible au breuvage de l’immortalité, et se lit introduire près de l’empereur pour le lui présenter. L’empereur demanda au Tao-sse si le livre et le secret nu’il renfermait pouvaient servir à tout le monde, ou s’il n’y avait ue lui seul , empereur, qui pdt en prêter. « C’est uniquement pour Votre Majesté, répondit le Tao-sse, et le commun des hommes n’a pas droit à un aussi grand avantage qu’est celui de l’immortalité.

— Cela étant, reprit l’empereur, je ne puis accepter votre livre; il ne me serait d’aucun usage , parce que je ne veux me procurer de bonheur que celui que je puis partager avec mon peuple; tout avantage exclusif n’est pus pour moi. Remportez votre livre, et occupez-vous désormais à quelque chose de mieux. Le vrai secret de l’Irainortalité est de pratiquer la vertu , de faire du bien aux hommes et de remplir tous ses devoirs. Ce secret est à la portée de tout le monde ; je tâcherai d’en faire usage. U

Le conseil qu’il donna au Tao-sse de s’occuper à (luelque chose de mieux qu’à chercher des recettes pour l’immortalité, il le donnait à tous les gens de lettres qui perdaient leur temps, selon lui , à composer des ouvrages sur des sujets stériles ou de pur agrément. Ces sortes d’ouorages, leur disait-il, ne sont propres qu'à amuser les oisi/s et à les entretenir dans leur faitiéantise; et, parce qu’un auteur chinois (Yang-hioung) n’en avait fait que de pareils, à ce qu’il croyait, il fit dter son portrait du temple de Khoung- TSEU, et le remplaça par un autre plus digne d’occuper cette place immortelle.

Page 1