‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 64 sur 238 · EXPÉDITIONS DES CHINOIS DANS L’ASIE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

EXPÉDITIONS DES CHINOIS DANS L’ASIE OCCIDENTALE

Telle était la situation des choses,

(*) Frère du général chinoii Pah-tchao, qui l’an 7a de J. C. vint avec une armée coniidérable dans l’Asie occidentale, et dont nous parlerons plna loin.

lorsque {'empereur guerrier (Wou-ti), instruit de ces grands mouvements des peuples qui se refoulaient vers l’Occident, voulut encore le précipiter, en s’efforçant de débarrasser ses frontières septentrionales des bordes barbares qui les harcelaient sans cesse, et de les rejeter pour jamais sur d’autres civilisations qui deviendraient leur proie. L’an 131 avant notre ère, il envoya son général Ho-khid-ping , à la tête d’une armée nombreuse, pour attaquer les liimmg-nou, campés au nord-ouest de la Chine. Ce général les vainquit dans plusieurs batailles rangées. Les principaux chefs se soumirent avec toutes les peuplades qui se trouvaient sous leur commandement.

Les Chinois entrèrent alors en relations amicales avec les rois et les petits princes de l’Asie occidentale, qui étaient dépendants des Hioung-nou, et qui voulurent s’affranchir. Les possessions de l’empire chinois, au nordouest de la Cliine, s’étendiroit de jour en jour. L’empereur y établit des colonies, y Gt bâtir des villes, et y plaça des gouverneurs militaires, qui les administraient en son nom , et qui portaient le titre de roi (toang).

Ce fut vers cette époque (100 ans avant notre ère) que le chef des Iliomg-nou envoya des ambassadeurs près de l’empereur de la Chine, pour lui faire sa soumission. Woü-ti reconnut ce procédé en envoyant de son côté des ambassadeurs près du chef des Barbares , à la tête desquels il plaça Sotl-OU ou Sou-TSEU-KING (vov. son portrait pl. 45, n° 3), homme du plus grand mérite, qu’il regardait comme la personne de son empire la plus capable de soutenir ses intérêts. Arrivés en Tartarie, le Tchen-yu (ou chef des Hioung-nou) , sentant plus que jamais le besoin d’aroir près de lui des hommes éclairés et représentants d’uns civilisation avancée, voulut les séduire pour les détacher du service de l’empereur chinois, comme il avait déjà fait pour plusieurs autres de ses sujets. Sou-ou, qui connaissait ses devoirs, et qui préférait leur aecomplissement à toutes les séductions possibles, après

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des résistances courageuses, fut condamné à mourir de faim dans une fosse profonde, où il fut jeté par ordre d’un Chinois transfuge, en consenant avec intrépidité un simple bâton (vovle portrait) , comme marque de sa dignité d’ambassadeur violée. Il fut ensuite retiré de la fosse et envoyé dans un désert de la Tartarie, où il supporta toutes sortes de privations avec un courage stoïque. L’empereur Wou- Ti, ayant appris la persécution et la fidélité de son ambassadeur, envoya une armée contre les Hioung-nou pour le délivrer.

A son retour en Chine , Sou-ou fut reçu avec les plus grands honneurs, et* (**)sa renommée de courage, de fidélité, de patriotisme, se répandit dans tout l’empire. 11 vécut jusqu’à l’âge de 80 ans. Après sa mort, qui arriva la 60' année avant notre ère , l’emoereur fit placer son portrait dans la salle des grands hommes. Les poètes chinois l’ont célébré à l’envi. L’un d’entre eux lui a consacré les vers suivants, traduits par le P. Amiot (Mém. sur les Chin. , t. III , pag. 360) :

«Traître a son prince, k «a pntrie,

Ootî'Liu (*) combla non infamie En renonçanl à sca aleax .

" Lx-i,i«o (•*), pour conaerver aa vie, Consentit à l'ignominie De porter un joug odieu».

, Maia plutôt que d'ètre infidèle ,

Soo>ov , notre digne modèle,

S’expose à tons les coups du sort :

Quand c’est le devoir qui l'appelle , il ne craint ni la soif cruelle ,

Ni t'affreuae faim , ai la mort.

MIIIISTRFS ET PEKSONNAOES CÉLÈBRES SOCS WOÜ TI (i4o ANS AVANT J. C.)

Les lettres et les arts furent trèsflorissants SOUS cet empereur. Son r^ne fut illustré par l’éclat que jetèrent un grand noranre de personnages distingués dans la littérature, l’histoire et la science du gouvernement. A son avènement au troène, Wou-ti pu-

(*) Chinois transfuge près du chef des Tartares qui voulut retenir Son-ou.

(**) Général chinois qui se soumit aux Tartares , contre lesquels il avait été envoyé pour ramener Soo-ou.

blia un édit par lequel il invitait tous les savants à se rendre dans sa capitale. Au nombre de ceux qui se présentèrent, et qui furent reçus par l’empereur, se trouva Toüno-pangsou (voy. son portrait, p/. 51, n' î), dont l’esprit, les bons mots et les saillies le rendirent bientôt le favori de Wou-Ti , qui en fit un grand de sa cour et un ministre. Un autre personnage célèbre, nommé ïoong-tchoüsg- CHOü (voy. son portrait, p/. 51 , n'3), fut aussi ministre du même empereur.

Dans sa jeunesse, son application à l’étude fut si grande , qu’il resta trois années de suite sans sortir de sa chambre, sans même jeter les yeux, dit-on , sur la cour de sa maison. Il eût voulu se passer de nourriture et de sommeil, afin d’employer plus de temps à s’instruire. Élevé par son mérite à la première charge de l’État, il ne profita de son élévation que pour éclairer l’empereur sur les meilleurs moyens de gouverner dans l’intérêt du peuple. ’Wou-Ti, plein de confiance dans sa sagesse et sa science, l’engagea à écrire sur l’art de gouverner , et le ministre , dit le P. Amiot , profita de cette occasion pour mettre dans tout son jour la doctrine des premiers emreurs et des anciens sages. Il arait sa disposition la plupart de ces monuments antiques qui avaient été soustraits à la proscription de Hoahg- Ti. Il en avait copié, pour son propre usage , tout ce qui lui avait paru inériter d’étre conservé ; il avait fouillé dans toutes les bihiiothèques, dans tous les cabinets où l’on déposait les | anciens livres, à mesure qu’on en faisait la découverte, et il en avait fait des extraits détaillés qui pouvaient suppléer aux ouvrages mêmes. Le résultat de ses études et de ses recherches est consigné dans trois discours adressés à l’empereur Wou-ti, sur l’art de gouverner. Ils ont été recueillis dans la grande collection précédemment citM, et dont nous rapporterons ici quelques fragments.

•Votre Majesté , dans sa déclaration,

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a la bonté dedemander qu’on lui donne des lumières sur ce qui s’appelle le mandat du ciel {thien ming , c’est-àdire la mission de gouverner les hommes , confiée par le ciel) , ainsi que sur la nature et les passions de l’homme.

C’est de quoi je me reconnais peu capable... Quandi une dynastie commence a s’écarter des voies droites de la sagesse et de la vertu, le ciel commence ordinairement par lui envoyer quelques disgrâces pour la corriger. Si le prince qui règne ne rentre point en iui-méme , le ciel emploie des prodiges et des phénomènes effrayants pour lui inspirer une crainte salutaire. Si ‘le prince ne profite pas de ces avertissements , sa perte n’est pas éloignée... »

Dans le second discours , il propose à Vou-Ti de rétablir le collège de la Grande science, pour donner à l’empire de bons maîtres , capables d’instruire et de former à la vertu. Il gémit sur le petit nombre qui s’en trouvait alors dans l’empire. Il va plus loin encore; il exige qufi l’on donne les emplois publics à des hommes de mérite , et non pas comme on le faisait alors , et comme on le fait encore aujourd’hui dans presque toutes les contrées de l’Europe , à des fils de grands personnages, qui n’étaient recommandables que par les richesses , ou tout au plus par les talents de leurs pères. Il trouve fort injuste que le mérite des pères soit un titre suffisant pour parvenir aux grands emplois, et il veut qu’on n’y soit élevé que par degré.

« Ce n’est point ainsi , dit-il , qu’on agissait dans l’antiquité. La différence des talents réglait la différence des emplois. Un talent médiocre demeurait toujours dans un emploi médiocre.

Trouvait-on un homme d'un mérite rare, on ne faisait pas difficulté de l’élever aux plus grands emplois. Par là il avait le moyen de faire valoir son talent, et le peuple en retirait de grands avantages. Au lieu qu’aujonrd’hui un homme de premier mérite demeure confondu avec le vulgaire;

et un autre d’une capacité médiocre parvient à des emplois qui sont beaucoup au-dessus de son mérite. »

Dans son troisièmediscours, le même savant ministre établit que le soin que les gouvernants avaient dans l’antiquité d’instruire le peuple de ses devoirs, faisait que quelquefois on ne trouvait pas un criminel dans tout l’empire. Il y pose quelques principes de la philosophie de Confucius en ces termes : « Tout ce que le ciel prescrit et ordonne aux hommes, est compris sous ce mot, mandat ^ mission, destinée {ming). Remplir parfaitement ce mandat, cette mission, sa destinée, c’est être parvenu à la perfection. Les facultés, les dispositions naturelles que chacun apporte en naissant, sont toutes comprises sous le terme nature (sing); mais cette nature , pour acquérir la perfection dont elle est susceptible, a oesoin du secours de l’instruction. Tous les penchants naturels à l’homme sont compris sous le mot inclinations {thsing). Ces penchants, ces inclinations ont besoin de règles pour ne donner dans aucun excès. Les devoirs essentiels d’un prince et ses premiers soins sont donc d’entrer avec respect dans les vues du ciel , son supérieur , pour se conformer Iui-méme à ses ordres; de procurer aux peuples qui lui sont soumis l’instruction aont ils ont besoin pour acquérir la perfection dont leur nature est capable ; enfin d’établir des lois , de distinguer les rangs , et de faire d’autres reglements les plus convenables pour prévenir et arrêter le déréglement des passions.

« L’homme a reçu du ciel son mandat , bien différent de celui des autres êtres vivants. De ce mandat naissent dans une famille les devoirs de relations entre ses membres ; dans un ittat, ceux de prince et de sujets, de déférence et de respect pour la vieillesse. Delà l’union, l’amitié, la politesse, et tous les autres liens de la société. C’est par là que le ciel a

1 bv - >1,

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donné à l'homme ce rang siij)érieur u’il occupe sur la terre. Le ciel prouit les cinq espèces de grains et les six espèces d’animaux domestiques pour le nourrir; la soie, leclianvre, etc. ,

{)our le vêtir. Il lui a donné le taent de dompter les boeufs et les chevaux pour les faire servira son usage.

Il n’y a pas jusqu’aux léopards et aux tigres, sur le^uels il n’exerce son empire, et qu’il ne vienne à bout de soumettre à sa puissance. C’est que véritablement il a une intelligence céleste supérieure qui l’élève au-dessus de tous les autres êtres. Celui qui sait connaître comme il le doit cette nature céleste qu’il a reçue, ne la dégrade pas jusqu’à s’abaisser au niveau de la brute. Il conserve son rang et se distingue des êtres dépourvus de raison par les connaissances qu’il possède, et par l’estime qu’il sait faire de la charité , de la justice , de la tempérance, de l’attachement aux formes établies , et de toutes les vertus. L’amour et le respect qu’il a pour elles le portent à les pratiquer; et il s’en fait une si douce habitude , qu’il ne trouve plus que du plaisir à laire le bien, et à suivre en tout la raison. C’est à celui qui y est parvenu que l’on donne avec raison le nom de sage ; et c’est le sens de ce que dit Khoung-tseu, que l’on ne doit point appeler sage celui qui oublie son mandat f sa mission d’homme, sa destinée enfin, ou qui méconnaît sa nature (*). »

L’HISTOBIEN SSE MA-THSIAK.

Mais l'homme qui a jeté le plus grand éclat sous le règne de l’empereur W0U-Tl,eSt SSE-UA-THSIÀN (**), que M. Abel Rémusat a nommé V Hérodote de la Chine. Il naquit à Loungmen dgns le Ch^-$i , vers l’an 145 avant notre ère , et , après avoir fait de fortes et brillantes études, il voulut, comme le père de l’histoire grecque ,

^*) Vojr. du Halde, Deacription de la Clijne, t. U, pag. 5i4.

(**) Voy. tou portrait,/'/. Si, u» 4.

visiter les contrées et les peuples dont il se proposait d’écrire les annales.

Il voulut savoir ce qui pouvait encore subsister de son temps des travaux du grand Yu(dont nous avons parlé pages 47 et suiv.), et il alla visiter, dans ce but , les neuf principales montagnes , sur lesquelles les anciens empereurs offraient des sacrifices en l’honneur du souverain suprême. 11 parcourut ainsi les provinces du sud et du nord de la Chine , en recueillant avec soin les traditions, et en examinant le cours des fleuves et des principales rivières. Ce fut vers l’an 104 avant J. C. qu’il commença à rédiger ses Mémoires historiques (en chinois Ase-A»’), au milieu de ses fonctions de grand historiogriq^ de l’empire, auxquelles il avait été appelé après la mort de son père, qui les remplissait lui - même. L/importance de l'ouvrage de Sse-ma-thsiam, que l’on possède en Europe, et qui est pour la Chine le premier traité historique complet , nous engage à entrer dans quelques détails, qu°on ne lira pas sans intérêt, et qui serviront à corroboref la confiance que l'on doit avoir dans l’histoire chinoise.

« C’était alors un temps de faveur et une époque de restauration pour les études historiques ( dit M. Abel Rémusat dans la vie de Sse-ma-thsian), comme pour les autres branches de la littérature. Les vieilles chroniques avaient péri dans l’incendie générm de l’an 213; ressource étrange d’un novateur qui avait bien senti qu’il ne pouvait disposer à son gré du présent sans abolir le souvenir mi passe , mais qui s’était trompé sur l’étendue de sa puissance, et la croyant capable de triompher des souvenirs et des habitudes d’une ; grande nation. Tous ses efforts pour anéantir les anciennes annales n’avaient abouti qu’à changer en enthousiasme le zèle des gens de lettres, qui, presque tous, s’étaient montrés dignes des honneurs de la persécution. 11 avait échoué en voulant effacer les exemples des anciens et les traditions publiques qui l’importunaient; mais il avait porté un coup mortel à la chronologie, dont, vrar-

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semblablement, il ne s’embarrassait guère.

« Lorsque l’orage fut calmé, on vit reparaître de tous côtés les débris des anciens monuments, mais tronqués, mutilés, privés de ces appuis qui en font la solidité. Le souvenir des principaux événements s’était conservé; mais on avait perdu la trace de ces particularités intermédiaires qui concourent à établir la certitude , en rappelant la liaison des faits, et en exposant les contradictions apparentes des témoignages. On conçoit quelle dut être la tâche des fondateurs de la nouvelle histoire. Il fallait rechercher tous les vestiges des anciennes annales , recueillir tous les fragments , rapprocher tous les lambeaux épars des chroniques impériales, provinciales, urbaines; interroger tous ces témoignages matériels qui ne sont pas de l'histoire, mais qui prêtent à i’histoire ses plus solides fonaements : les vases , les meubles, les instruments, les ruines; expliquer les monuments flgurés, déchiffrer les inscriptions. Il fallait surtout (et c’était la partie de la tâche la plus laborieuse comme la plus imortante), il fallait rassembler de bonne eure ces traits fugitifs, qui pouvaient servir à faire apprécier la valeur relative des témoignages écrits, d’après leur nature , leur origine , leur âge et les circonstances qui les avaient conservés. La chose était déjà diflicile à la Chine, un siècle après rincendie des livres : elle eût été impraticable deux ans plus tard; et l’on doit admirer la contiance des critiques de l’Occident , qui entreprennent de réformer le travail des critiques chinois deux mille ans après eux , en Europe, ne sachant qu’imparfaitement la langue, et quelquefois même ne l’ayant pas étudiée.

« SSE-MA-THSIAN mit à profit tout ce qui restait des Livres classiques , de ceux du Temple des ancêtres de la dynastie des Tchéou ; les Mémoires secrets de ta maison de Pierre et du Coffre (for , et les registres appelés Planches de jaspe {ru-pan). On ajoute qu’il dépouilla le Liu-litig, pour ce qui concerne les lois; la Tactique dellAN-

siN, pour ce q^ui regarde les affaires militaires; le Tchang-tching , pour ce qui a rapport à la littérature en général; et 1e lÀ-yi, pour tout ce qui est relatif aux usages et aux cérémonies.

« C’est de cette manière qu’il composa le grand ouvrage auquel il donna le simple titre de Mémoires historiques {sse-ki). Cet ouvrage, divisé en ce«f trente livres, est distribué en cinq parties. La première, intitulée Chronique impériale, comprend douze livres; elle est consacrée au récit des actions des souverains de la Chine , et des événements qui ont eu l'empire entier pour théâtre : les faits y sont disposés chronologiquement, et rapportés aux dates qui leur appartiennent. L’auteur a commencé son récit au règne de Hoang-ti (2C97 avant J. C.), et il le termine au règne de Hiao-wou, de la dynastie des Han. Les deux derniers livres de cette partie ont été perdus.

« La seconde partie, qui porte le titre de Tableaux chronologiques , est composée de dix livres , et ne contient que des tables, dont la forme ressemble beaucoup à celle de nos atlas historiques. Le dernier livre est perdu.

« La troisième partie, en huit livres, traite des huit branches de sciences : ce sont les rites , la mtisiue, les tons considérés comme types es mesures de longueur, la division du temps, l’astronomie (y compris l’uranographie et l’astrologie), les cérémonies religieuses, les rivières et canaux , les poids et mesures.

« La quatrième partie, formée de trente livres, renferme l’histoire généalogique de toutes les familles qui ont possédé quelque territoire, depuis les grands vassaux de la dynastie des Tcheou, jusqu’aux simples ministres ou généraux de la dynastie des Han.

<> Enûn , la cinquième et dernière partie, composée de soixante-dix livres, est consacrée à des mémoires sur la géographie étrangère, et à des articles de biographie , plus ou moins étendus, sur tous les hommes qui se sont fait un nom dans diverses parties

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des sciences ou de l'administration.

Tel est, en peu de mots, ajoute M. Rémusat, le plan de ce vaste monument historique érigé par Sse-mà-thsian.

L’ordre qu’on y admire est un de ses moindres mérites. La multitude des faits qui y ont trouvé place, la manière toujours nette et vive dont ils y sont présentés, la simplicité constante et la noblesse soutenue du style , suffisent pour justifier la haute estime dont jouit cet ouvrage. »

VAISSEAUX CHINOIS MENTIONNÉS l>AB SSE-MA-THSIAN.

L’historien célèbre dont il vient d’étre question dit, dans le 13° vol. de ses Mémoires historiques, qu’un amiral de Wou-Ti, ayant une armée à bord de vaisseaux à appartements sur le pont itou tchouaii), alla soumettre (es côtes orientales de la Chine,

ui étaient gouvernées par un chef iii-

éuendant. Cet amiral prit sur ces memes vaisseaux la population entière de Canton, qu’il transporta dans la province situee entre le grand fleuve Yang-tse-kiang et la rivière Hoal.

Par cette mesure, Canton fut privé longtemps d’habitants.

FON DATION D’DNK BIBUOTHÊQUE IMPÉRIALE.

L’empereur Wou-ti favorisa tellement la recherche et l’explication des livres, qu’il institua un tribunal académique pour les recueillir et les conserver à la postérité, dans des salles construites a cet effet. L’époque encore peu éloignée de l’incendie des livres peut faire comprendre l’importance de cet établissement.

La doctrine du Tao ou de la Raison, dont on a vu (pages 110 et suiv.j que Lao-tseu avait été le fondateur ou au moins le restaurateur, prit un grand développement sous 'Wou-ti.

Ses sectateurs, qui avaient déjà eu beaucoup de crédit sous Thsin-chi- HOANG-Ti, en dénaturant sa doctrine jusqu’au point d’en faire la doctrine du oretwage de l’immortalité , virent s'accroître le nombre de leurs prêtres,

en même temps que celui des temples que l’on érigeait en l’honneur des divinités qu’ils s’étaient faites. Mais quelques-unes des fourberies de ces prêtres a^ant été découvertes par l’empereur, il les persécuta dès fors avec la même vigueur qu’il les avait protégés , à la grande satisfaction des sectateurs de la doctrine morale deRHOUNO-

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