DES EUNUQUES
L’empereur Ling-ti ( 168— 1 89) favorisa encore plus l’ambition et le pouvoir des eunuques que ses prédécesseurs.
La puissance souveraine était tombée dans le dernier degré de l’avilissement. La fantaisie prit à cet empereur d’établir une foire dans son palais, où l’on vendait toutes sortes de curiosités , afin d’avoir le plaisir de voir ses concubines se prendre de querelles et en venir aux injures pour les moindres bagatelles qu’elles s’enviaient mutuellement. Par une autre fantaisie stupide, il substitua des ânes aux chevaux qui étaient à son usage , se promenant dans l’enceinte de son palais, et allant aux appartements de ses femmes sur un char attelé de ces nobles animaux.
Et comme en Chine la cour donne le ton à tout l’empire, les chevaux tombèrent à vil prix , et toute la nation des employés du gouvernement ne se fit plus traîner en voiture que par des ânes. I.es historiens chinois n’ont qu’une choseà louer danscet empereur :
c’est d’avoir fait graver en trois sortes de caractères, sur quarante-six tables de marbre , les cinq king ou cinq livres canoniques , et de les avoir fait exposer à l'entrée de l’académie, où ils restèrent sept cents ans.
sociétés secrétes. PERSÉCUTION DES L.ETTRÉS.
La puissance toujours croissante des eunuques devint si odieuse aux lettrés, que ces derniers se concertèrent pour les faire rentrer dans l’exercice de leurs fonctions humiliantes. Les eunuques qui , dès le moment où ils eurent acquis assez d’ascendant sur les empereurs pour espérer de se maintenir dans leurs bonnes grâces, sentirent le besoin de former entre eux une espèce de corporation , accusèrent les lettrés de conspirer contre le trône (169 de notre ère), et d’avoir formé des sociétés secrètes dans le but de renverser l’autorité impériale. Lingti , comme tous les princes faibles et débauchés , n’avait de force et de résolution que pour faire le mal ; il donna tout pouvoir aux eunuques qui en profitèrent pour accabler leurs ennemis ; cent grands de l’empire furent mis ù mort, ainsi que sept cents mandarins
Î0« L’UNIVERS
inférieurs ! Cette grande execution, commandée par les eunuques toutpuissants , ne fit qu’accélérer la chute de la dynastie des Han. Des troupes nombreuses de mécontents , qui s’appelaient les Bonnets jaunes, se formèrent, s’accrurent rapidement, et se répandirent dans plusieurs provinces sous le commandement de trois frères nommés Tchang, sectateurs de la doctrine de La.o-tseu; mais elles furent réprimées par l’habileté et la valeur de quelques généraux de i’empereur.Quatre-vingt mille hommes, commandés par deux des frères, périrent du côté des mécontents , dans une seule bataille, et dans un autre combat le troisième de ces frères fut vaincu avec cent mille hommes qui lui restaient.
Les guerres civiles ne cessèrent de ravager l’empire chinois sous Hian- Ti (190 — 220) , le dernier empereur de la première dynastie des Han. La Chine fut partagée d’abord en trois, puis en quatre parties différentes, qui avaient autant de souverains. La par-' tie orientale conspira contre Toung- TCHO, général des troupes impériales, qui voulut affecter l’autorité souveraine , et se rendit odieux par son insolence et son faste impérial. Ces guerres donnèrent occasion à Thsao- THSAO de déployer ses grands talents politiques et militaires. Ce général retarda de trente ans la chute complète de la dynastie des Han, et en prépara une nouvelle dans sa famille par l'éclat extraordinaire que ses talents et sa valeur lui avaient attiré dans ses guerres contre les Tartares , ces éternels ennemis des Chinois, et contre les rebelles de l’intérieur. « Ce général avait un talent particulier pour connaître les hommes et pour les employer selon leurs mérites. Cette connaissance fut la principale cause des grands succès qu’il obtint dans presque toutes ses entreprises; lorsqu’il reconnaissait de l’habileté à quelqu’un, il le cultivait avec soin , quelle que fut sa naissance. Il usait de tant de précautions dans ses expéditions, qu’il était très-difTicile de le surprendre. En présence de l'ennemi , et dans le plus
fort du combat , il conservait un rare sang-froid , et ne laissait jamais apercevoir la moin^e inquiétude. Libéral à l’excès quand H s’agissait de récom-
Senser une belle action, il était inexibie à l’égard des gens sans mérite, et ne leur accordait Jamais rien. Ne condamnant personne sans de puissants motifs, il était inflexible dans l’exécution de ses ordres , que ni la recommandation , ni la compassion ne pouvaient faire révoquer. Cm qualité l’avaient élevé à un si haut degré de puissance, qu’il était presmie devenu le maître de l’empire » iTameaux hist.
de l’Asie.)
VI* DYMASTIE.
LES WBI»Biaso a aSS, 44 Awiis, 5 ■■psaavis
Le fils de Thsao-thsao, nommé Thsao-phi , s’empara de l’autorité souveraine que Hian-ti fut forcé de lui offrir. Il donna à sa nouvelle djmastie le nom de l-y el. « Ainsi finit la dynastie des Han, qui, pendant plus de quatre siècles , avait possédé le trône, et illustré la Chine par le rétablissement des lettres, et par l’extension qu’ils donnèrent à l’empire en reculant ses frontières occiaentales presque Jusqu’à la mer Caspienne. » (/d. )
SAK KOUA époque nES TROIS BOTXUMES.
HAK postérieurs.
C’est ici (220) que commence l’époque de l’histoire chinoise où l’empire fut divisé en trois royaumes: celui de H'etl, celui de Han de Chou, et celui de Ou. Le premier était situé dans la Chine septentrionale ; le second dans la province actuelle du Sse-tchouan : il commença en 222, et finit en 262 de notre ère ; le troisième occupait le reste de la Chine méridionale, et dura Jusqu’en 280. Les ff^ei furent détruits par les Tçin, qui soumirent aussi les deux autres royaumes.
Ce partage de l’empire a été déguisé par les écrivains chinois officiels (* ) ,
(*) Nous voulons principalement désigner la « T\ii.e cnaoKOfaMsiQui de tous les sou- • Tprain.s cpii ont irgné en (^lilne , rangée
Î|ui ont fait régner jusqu'aux Tçin diférents princes qui appartenaient à des
• par ordre de cycles , et exactement calcu- • fée sur les monumenls authenliqiies, de- « puis la 6i* année de l’empire de Hosna- “ Tl , qui en est le vérilalile législateur, "jusqu'à l'empereur actuellement régnant « (1769) , quatrième de la dynastie des Tar- " tores mantchoux, autrement dite la dy- • nastie des Tai-thsing, et imprimée à Pd- " king dans le palais impériaf, après avoir • subi tous les examens juridiques des dilTc- " rentes académies, ou tribunaux littéraires " de cette capitale, la 3a* année de Kixir- “ LoouG,c'est-à-dire, l’an de notre ère 1767, " pour servir désormais de règle aux histo- « riens et aux autres écrivains publics de " l’empire. »
C’est ainsi que la désigne le P. Amyot , dans une note manuscrite qui précède l’exemplaire qu’il a envoyé à la Bibliothèque royale lie Pans dans le siècle passé; exemplaire qui porte la transcription manuscrite de tous les noms des empereurs chinois, avec la réduction de toutes les années des cycles chinois i‘ii années précédant et suivant l'ère vulgaire. Ce même savant missionnaire ajoute: J’cs|)cre que ceux qui cultivent les lettres " me sauront quelque gré de les avoir mis " en état de voir par eux-mémes dans l’ori- " ginal tout l’ordre chronologique de l’his- •• toire chinoise. La Bibliothèque du roi " étant ouverte aux savants de toutes les « nations... j’ai cru que c’était le sanctuaire « où l’ouvrage de l'empereur, et celui dont "j’ose l’accompaguer en forme de cumplé- " ment, pouvaient être le plus utilement et <• le plus glorieusement déposés. Ces deux " ouvrages ne pouvant être sé|iarés l'iiu de " raiilrc , je fais hommage de l’im et de " l’antre. Uans le preniici', je mets en fran- ■■ cais le chinois de l’empereur; dans le deuxieme, je remplis les années des règnes « conformément aux annales les plus an- •• tbcniiqnes et les plus généralement sui- " vies. • (Amyot, m. d. I. c. d. j. à Péking,
De ces deux ouvrages que le P. Amyot regardait avec raison comme si utiles pour l'étude de l’histoire de la CJiine, il ne reste plus à la Bibliothèque du Roi que la Table ctironolog'ujne de l’eœperenr Kiih -iouro , qui ne renferme que les noms des souverains classés selon l'ordre des cycles, avec U-.s noms donnés aux années des différents s’i'gnet, aussi classés dans leur ordre le plies
branches plus ou nutius éloignées de la race des Han, tels que : Han tcrao- LIE-TI (221— 322); Han heou-tchoii (223 — 2G3); ensuite Toüan-ti (264) des fVei , reconnu par eux comme appartenant également à la race des Han. Ces différents souverains ont été désignés sous le nom de Han postérieurs {Héou han). Le royaume de fP'eî avait sa capitale à Lo-ycmg; les États de l’Asie centrale , qui avaient été les alliés des Han, conservèrent les mêmes relations avec ses souverains. Les rois des Han de Chou tenaient leur cour à Tching-tou, capitale de la province actuelle du Sse-ichouan ; et les rois de Ou Grent leur résidence à Kian-khang (connu plus tard sous le nom de Nan-king, d'où l'on tire les étoffes légères de ce nom) (*).
Le souverain du royaume des If'ei, après avoir combattu ceux de Han et
exact, et la première parlie de son Abrégé chronologique de t histoire universelle de l’empire citinou, telle qu’elle a été impri-* mée dans le XIII* vuliime des Mémoires sur les Cliiuois, p. 74 et suiv. Cette parlie ne va malheureusemuni que jusqu’à U mort do l’empereur Chou , aao6 ans avant notre ère. Elle fait bien vivement regrelter la suite qui venait jusqu’en 1770 de J. C. , et qui« par une infidélité à Jamais déplorable, a disparu depuis longtemps de la Bibliothèque du rot. Nous avons aequis la preuve, par la parlie Imprimée, que le savant travail du missionnaire sur l’nistoire de la Chine , était tiré en grande partie du Li^tai-ki-sse , souvent cité dans le conuDencenieDt de cet ouvrage (v. p. 35, 65 , 87 , g5, 96 et suivante'!), qui est en chinois le développe* ment le plus méthodique et le plus comr plel de la Table clirono/ogiifue , et qui a clé rédigé en ceut volumes grand in-8» chinois, par les mêmes auteurs, et publié par te même empciciir. Nous n'avons pu continuer à nous en servir comme par le passé, par<« que l’alfenlion du conservatoire de la Bibltolhcqiie rojale a^ant été attirée sur ce l>el ouvrage, il a été considéré comme trop irccieiDi |M)ur en laisser faire usage au de* tors.
(•) Voyez une vue de Nan~king, pL 55 , la grande Tour de porcelaine et les autre» monuments seront donnes plus tard avec I» description de la ville.
L’UNIVERS
de Ou pour corupiérir la souveraineté absolue , fut à son tour renversé du trône par son propre général que .ses triomphes avaient séduit. Le fils de Heou-ti , voyant la puissance de son père en péril, alla le trouver, et lui dit : « Il n’y a point à délibérer; c’est ici un moment décisif, il nous faut ou vaincre ou mourir comme nos ancêtres, ô mon père! » l,e roi ne voulut point suivre cette résolution du jeune homme.
Celui-ci , désolé , se retira dans la salle funèbre des ancêtres , et , ayant tué sa femme , il se tua lui-même de désespoir.
L’année 263 (quarante- unième du règne de Heou-ti ou Heou-tchou) , la racedes Hanîat entièrement éteinte ; l’armée impériale fut taillée en pièces, et le palais abandonné au pillage.
vu* DYNASTIE.
LES TCtN, DE i65 à 4>8 . i55 edebii et
i5 mMrtiiBUkS.
Le fils du général qui avait renversé le dernier et faible rejeton de la race des Han, est le fondateur de cette nouvelle dynastie. Il prit le titre de Wou- Ti , empereur guerrier ou conquérant, titre qui convient à presque tous les fondateurs de nouvelles dynasties en Chine , où ledroitdu plus fort , comme ailleurs, légitime souvent des actes qui n’ont pas aautre sanction. C’est ainsi que les destinées des peuples se jouent le plus souvent dans les batailles. Que de fois la force et l’adresse ont décidé du sort des nations! N’en doit- il pas être ainsi dans toutes les luttes sanglantes des hommes, tant que d’autres éléments de solution neseront pas trouvés aux querelles politiques et religieuses qui les agitent? tant que la plupart de ces éléments seront de nature brute et irraisonnables? Les changements de dynasties sont nécessaires quand ces dynasties ne remplissent plus les conditions de leur existence, quand les éléments qui faisaient leur droit et leur force sont en dissolution. La chute de la dynastie des Han était prévue, était dans l’ordre des choses naturelles, était nécessaire; celle des Tçin lui succède
avec moins d’éléments de force et de durée : ce n’est pas une révolution désirée et consommée ; ce n’est presque qu’un changement de personnes. Le jxiuvoir souverain est tombé dans des mains plus fermes , plus habiles , plus jeunes ; mais les principes de gouvernement, les éléments d’existence restent à peu près les mêmes. Le nouvel empereur fut droit, sincère et magnanime; ces qualités lui gagnèrent Bien des cœurs. Il tint sa cour à I.o-yang, dans la province du Ho-nan. Sous son règne (265 - 290), dix-huit petits souverains se disputèrent la dignité impériale ; mais ceux des provinces méridionales furent le plus souvent vaincus par ceux des provinces septentrionales, (dus robustes et plus endurcis aux fatigues de la guerre, en même temps qu’ils étaient soutenus par lesTartares, leurs alliés.
L’année 267, des barbares (étrangers) de l’orient, hommes de Weï (ou Japonais), vinrent apporter des tributs de différente nature au fondateur de la dynastie de Tçm. L’histoire diinoise rapporte à l’année cyclique qui correspond à celle de 268 de notre ère, un événement météorique trop extraordinaire pour être passé sous sileuce :
« En automne, à la septième lune, une multitude d’étoiles filèrent à l’occident et tombèrent comme de la pluie (*).
Le nord étant soumis, l'empereur avec deux cent mille soldats envahit l’État du roi de Ou , traversa le grand fleuve Kianq et prit la ville de Nanking. Le roi de cet Etat, le dernier représentant des trois royaumes , détesté de son peuple pour avoir introduit de nouveaux supplices, et qui entretenait dans son palais cinq mille femmes pour jouer la comédie , sortit de la ville et se rendit au vainqueur, qui lui donna une petite souveraineté où il finit misérablement ses jours.
O. fut ainsi que la dix-septième année de son r^ne(28l), Woo-ti conquit un État (]ui contenait cinq cent
(*) Thsieou tsi youé tchoiing sing si tieou \un jou y'ti.
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vingUtrois villes ou bourgades, défendues par deux cent trente mille lionimes, et devint le seul maître de tout l’empire chinois, tel qu’il avait existé sous les grandes dynasties antérieures. C’est alors que cet empereur, confiant dans sa fortune et se reposant sur ses victoires , crut qu’il n’aurait plus d’ennemis à combattre, et licencia son armée. Il se renferma dans son palais, s’abandonnant au luxe et à la débauche qui avaient perdu son rival , et se faisant promener avec ses troupeaux de femmes dans ses jardins impériaux sur des chars traînés par des moutons. Ce prince, que la fortune avait élevé à la plus haute dignité, ne sut pas maintenir ses faveurs. Cependant son règne fut assez prospère; les relations entre la Chine et l’Occident , interrompues pendant la division de l’empire, furent rétablies, et ce fut cet empereur qui , en 284 , reçut l’ambassade de Théodose , frère île l’empereur Héraclius , dont il est fait mention dans les historiens chinois (*j. Il mourut h l’âge de cinquante cinq ans , laissant l’empire h son fils aîné, jeune homme stupide et hébété (291), qui prit le titre de Hoeï-ti. Sa profonde incapacité laissa le champ libre aux intrigues et à l’ambition de ses femmes.
1,’une d’elles, qui avait le titre de xecotide impératrice , s’empara tellement de son esprit qu’elle vint à bout de chasser l’imperatrice , dont elle fit périr par le poison le fils unique; elfe fit ensuite massacrer tous les grands qui étaient attachés à cette princesse.
Ces actions barbares firent renaître la guerre civile dans l'empire : la seconde impératrice fut tuée à son tour, et tous ceux qui étaient de son parti périrent par le fer, et l’empereur même prit la fuite. Les petits souverains ambitieux, et tous ceux qui tenaient à la dynastie déchue ou qui étaient mécontents de la nouvelle, augmentèrent les troubles , et ce fut sans doute à l’extrénie division des partis que la dynas-
(*) Voy. Tahloaiix liLsIoi iqiic.'i de l’A-sic, |iagu.s 70 et tgi.
tie de Tçin dut de ne pas avoir été renversée dans la mêlée.
C’est dans les temps de troubles et d’anarchie que les esprits ardents clierchent un nouvel aliment et de nouveaux principes pour s’opposer à la dissolution sociale. Aussi les hi.storieiis chinois disent qu’à l’époque dont il est question il s’éleva une nouvelle secte, née de celle de Lao-kiun ou Lao-tseu (voy. p. 110 et suiv.), que l’on nommait fyou-wel-tUao , ta xeete du t Me et du Néant, comme l’interprétèrent ses adversaires, mais dont la doctrine stoTque avait pour but de retremper les âmes et de leur faire dédaigner les honneurs et les biens du monde, comme étant choses vaines et indignes des affections immortelles de l’homme.
llOEÏ-Ti mourut empoisonné (30G) à l’âge de quarante-huit ans.
nOYAUHB DE HAN, OD TCHAO.
Les Hioung-nou ou Tartares, ces éternels ennemis des Chinois, ne man-
uèrent pas de profiter de la faiblesse
e la dynastie des Tcin et des troubles qui agitaient l’empfre pour agrandir leurs possessions. Un de leurs chefs, qui avait été au service des Tçm et qui avait obtenu une petite principauté dans le nord du Chan-si, avait conçu le projet de se servir de sa puissance jiour se rendre indépendant, et pour replacer sur le trône la famille des Han, dont il se disait un descendant par alliance. Il établit sa cour dans le Chan-si, espérant se rendre maître de Lo-xjang, l’une des capitales de l’empire. Ses guerres contre les Tçin furent presque toujours heureuse.s , et en 311 la résidence impériale de Lo-yang fut pillée et réduite en cendres. L’empereur tomba entre les mains du vainqueur; il fut déposé et réduit à la dignité d’échanson. Le vainqueur, après avoir tué le fils de cet empereur, se fit servir à table par ce dernier vêtu en esclave, et le lit mourir ensuite. L’année suivante, uncautre résidence royale {Tchang-ngan , aujourd’hui Si-ngarfou) fut aussi prise par les nouveaux Han.
On rapporte qu’en 30!) il v eut une
si grande séclieresse en Chine, que les plus grands lleuves tarirent presque
Cinq empereurs se succèdent dans l'espace de trente-deux ans. L’un d eux , Youan-ti (317-322), transporta sa cour de Ho~uan-fou (dans le IJo-nan) à Kian-khang {Nan-king, voy. la;>/.
65) ; c’est ce qui a fait donner à lui et <à ses successeurs le nom de Tçin orientaux ( Thoung-tçin). Pendant ce temps les nouveaux Han transportèrent leur cour à Tchaiig-ngan (318), et donnèrent à leur dynastie le nom de Tchao, qui fut ensuite changé en Heou-tchao ou Tchao postérieurs. Cette dynastie, qui n’est pas placée au rang des dynasties impériales par les historiens chinois, finit, en 352 de notre ère, par son extermination totale.