‹ Chine ou description historique, géographique et littéraire de ce vaste empire, d'après des documents chinois première partie comprenant un résumé de l'histoire et de la civilisation chinoises depuis les temps les plus anciens jusqu'à nos jours par m. G. PauthierChapitre 93 sur 238 · ORGANISATION DE L'ARMÉE · texte numérisé non relu

ORGANISATION DE L'ARMÉE

La milice prit aussi une forme nouvelle : elle lut comprise sous huit cent quatre-vingt-quinze corps de même nom , mais de trois ordres différents; c’est-à-dire, de l’ordre supérieur, de l’ordre intermédiaire et de l’ordre inférieur. Ceux de l’ordre supérieur étaient composés chacun de douze cents hommes; ceux de l’ordre du milieu de mille; et ceux de l’ordre inférieur de huit cents hommes seulement.

On construisit des magasins, on bâtit des greniers , on établit des haras uniquement destinés les uns et les autres à l’usage des troupes. Dans les magasins on mit en réserve les armes, les habillements, les ustensiles et autres choses semblables; on remplit les greniers de riz et de différentes sortes de grains ; et l’on destina un certain nombre de haras pour fournir des chevaux à toutes les écuries militaires qu’on établit dans les différentes provinces de l’empire. Des officiers particuliers nommés par le tribunal de la guerre, auquel ils étaient tenus de

(*) En prenant le U de celle époque , comme celui de la dynastie précédente, pour la valeur d’un so° de lieue (au lieu d’un i o* que vaut le U d'aujourd’hui ), on aurait 545 lieues pour le premier nombre et 475 pour le second , ce qui dépasserait l’élendue de l'empire chinois actuel. On est donc amené à réduire le li des Souî et des Thang k un aS" de lieue, ce qui donnerait 436 lieues pour le premier nombre et 38o pour le second.

(*•) Ou dix grandes voies ( chi tao\ comme s’exprime le chinois.

rendre compte de tout, fiirent préposés pour avoir l’inspection générale sur ces divers établissements. Ils étaient chargés, outre cela, de veiller à ce que chaque soldat fût pourvu de tout ce qui lui était nécessaire, tant pour commencer que pour continuer le service.

Il fut réglé que l’on n’admettrait au nombre des gens de guerre que ceux

2ui avaientaccompli XavingUètHe année e leur âge, et qu’on licencierait tout soldat qui aurait soixante ans. A la fin de I hiver de chaque année on devait faire une revue générale. Les commissaires des guerres se rendaient dans les d^artements respectifs, assemblaient les troupes et leur faisaient faire toutes les évolutions militaires pendant environ un mois. Tout soldat devait savoir se battre à pied et à cheval , parce qu’il devait être cavalier ou fantassin suivant les occasions. Il devait par [conséquent être au fait des évolutions propres à la cavalerie, et de celles qui sont particulières aux fantassins. Ceux qui montraient le plus d'habileté , et qui d’ailleurs avaient de bonnes attestations de la part de leurs officiers , étaient promus à des grades supérieurs, s’ils étaient déjà cavaliers, ou étaient mis au nombre des cavaliers s’ils n’étaient que simples fantassins. Il n’était pas a crainure que l’on fît des passe-droits , parce que ceux qui étaient chargés de la promotion étaient des commissaires nommés par le tribunal de la guerre, et confirmés par l’empereur. Quant aux soldats de mauvaise conduite. Diligents, ou qui faisaient mal l’exercice, ils étaient punis selon qu’ils étaient plus ou moins coupables. La punition la plus ordinaire pour les cavaliers était de les faire descendre au rang de fantassins, et l’on châtiait les fantassins, d’abord en leur retranchant pour quelques mois une partie de leur solde, et en les cassant ensuite, s’ils ne se corrigeaient pas.

Le total de la milice était, comme on l’a dit, composé de huit cent quatre-vingt-quinze corps. Six cent trentequatre de ces corps étaient jKiur le

CHINE

service intérieur de Vcnipire, et les deux ceiit soixante et un autres étaient uniquement destinés à la garde des frontières occidentales. On ne voulut point conGer la garde de la capitale et du palais à des corps particuliers exclusivement aux autres. Ce service se faisait par tous les corps, tantôt par les uns, tantôt par les autres, au choix, non des ministres, mais du tribunal de la guerre. Cette garde étant renouvelée chaque mois, if était difficile que ceux qui les composaient pussent entrer dans des cabales ou des conspirations dangereuses pour l’État.

Tous ces règlements avaient été précédés par d’autres plus salutaires encore, en ce qu’ils tendaient au bien général de l’humanité.

éniTS POUR ASSURER L'EXISTENCE AUX

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