‹ Chiromancie nouvelleChapitre 16 sur 200 · LA TRINITÉ HUMAINE · texte numérisé non relu

LA TRINITÉ HUMAINE

Mais lorsque l'enfant peut agir, quand l'esprit se trouve en harmonie avec l'organisation du corps, alors commence la lutte qui doit durer jusqu'au dernier jour entre les trois êtres qui se trouvent .en lui :

Le mens, le corps sidéral, le corps terrestre.

C'est toujours le monde divin, le monde abstr actif , le monde instinctif.

Le corps terrestre, fait de matière et qui doit nécessairement retourner à la matière, est porté vers les jouissances de la matière: il cherche à séduire et à corrompre, par l'attrait des plaisirs sensuels, le mens destiné à le dominer et à le conduire.

Dogme et rituel de la haute magie, page 142.

Le corps sidéral est l'intermédiaire entre l'âme et le corps matériel ; il sert de lien entre le cœur, source de la vie du corps, et le cerveau, siège de la vie de L'âme.

Le mens, l'âme, est l'étincelle divine qui vit en nous; c'est notre guide, notre conscience, notre flambeau, pendant notre séjour sur la terre.

L'âme, disons-nous, doit asservir le corps.

Elle peut lui permettre, de temps en temps, de goûter les plaisirs de la vie, mais à la condition de n'en être jamais l'esclave. Si l'âme est tempérante, si elle est juste, si elle aime tout ce qui est beau, tout ce qui est noble, tout ce qui est élevé, l'humanité, la justice, la bonne foi, la patrie, et si elle a avant tout l'amour du prochain, la charité sublime ! alors au jour de la mort elle quitte l'enveloppe terrestre, s'envole en suivant l'attraction de son étoile, et va revivre dans un autre univers où elle se fait un nouveau vêtement analogue au progrès de sa beauté, en laissant d'une part, sur terre, le cadavre matériel inerte en apparence, mais qui déjà travaille par sa décomposition même à concourir à des créations nouvelles, et, de l'autre, le cadavre sidéral qui s'élève comme un manteau lumineux, pour aller porter dans la lumière astrale, où tout s'imprègne, l'image, le reflet, le fantôme du corps sur la terre.

Si, au contraire, le mens s'est laissé subjuguer par les passions grossières du corps, s'il a permis le mensonge, les voluptés crapuleuses, l'injustice, tout ce qui est bas, tout ce qui est mal, alors, au jour de la mort, le cadavre astral rendu fort par les condescendances de l'esprit le

retient prisonnier comme pendant sa vie, et le livre au corps sidéral qui l'entraîne dans les tourbillons de la lumière astrale.

« L'immersion de l'étoile vivante dans la lumière morte est un affreux supplice comparable à celui de Mézence ; l'âme y gèle et y brûle à la fois, et n'a aucun moyen pour s'en dégager que de rentrer dans le courant des formes extérieures, de prendre une enveloppe de chair, et de lutter avec énergie contre les instincts pour affermir la liberté morale qui lui permettra, au moment de la mort, de rompre les chaînes de la terre et de s'envoler triomphante vers l'astre consolateur dont la lumière lui a souri1. »

Ainsi donc, le mens vient de nouveau s'emprisonner dans un corps pour recommencer une vie nouvelle, mais comme âme de retour.

La première fois, chue neuve, tout lui souriait ; il avait, comme l'ops des mystères orphiques, la richesse, la noblesse et la beauté.

Cette fois, il vient pour expier, pour souffrir.

Il était riche, il rentre pauvre ; il était beau, il revient laid; il a le goût des plaisirs sensuels dans lesquels il avait mis son bonheur, et qui sont maintenant une source de tentations impossibles à satisfaire, d'appétits monstrueux qui le déchirent et qu'il ne peut assouvir; ce qui faisait sa joie devient son tourment le plus affreux; il était maître, il revient esclave ; il humiliait, il est humilié; il était cruel, il souffre.

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