‹ Chiromancie nouvelleChapitre 172 sur 200 · EMILE AUGIER · texte numérisé non relu

EMILE AUGIER

Les planètes principales de M. Emile Augier sont Vénus, Jupiter et Mars.

Les premières lui donnent, réunies, le teint blanc et frais, et les formes un peu rondes. Jupiter, tout en lui donnant la barbe belle, ôte à sa chevelure le luxe que lui aurait donné Vénus ; Jupiter le fait réussir, le conduit aux honneurs, et le rend apte à goûter les plaisirs sensuels; Vénus le favorise à sa manière en le rendant aimable et très-disposé à aimer; elle lui donne la sensibilité, Tâme, le charme, les qualités sympathiques. Mars lui donne, physiquement^ le nez aquilin, la poitrine large, et, moralement, non pas précisément l'instinct de l'attaque, puisqu'il est mitigé par l'influence de Vénus, mais au moins l'indignation de tout ce qui est égoïste et le courage d'attaquer en face les vices de son temps. Sa critique, sans être acre, puisqu'elle n'est jamais personnelle, est énergique et pleine d'une chaleureuse indignation; son fouet, frappant sur les masses, atteint et brûle bien des personnalités, et élève contre lui des cris de douleur et de rage dont il s'inquiète peu, parce qu'il sait que le châtiment est juste.

La main de M. Emile Augier est de la simplicité la plus grande.

Sa main est mixte, la véritable main de l'artiste : la forme et l'idée ! Ses doigts, de la même longueur que la

paume, lui donnent, on Ta déjà vu, la synthèse et l'analyse, c'est-à-dire la raison et la justesse d'esprit. Sa paume est demi-molle, c'est-à-dire qu'elle le rend apte à goûter les plaisirs du repos sans être esclave de la paresse ; elle est, en outre, favorable aux travaux d'imagination. Le nœud d'ordre1 n'existe pas chez lui; aussi, pas de calculs matériels et une sainte horreur des chiffres. Ses doigts lisses lui donnent l'inspiration instantanée. Il ne cherche ses combinaisons que dans sa causalité*, qui, très-marquée, lui donne la recherche des causes, et aussi le doute et l'indépendance. Comme chez tous les hommes supérieurs (et ce signe s'est représenté et se représentera fatalement à chaque portrait), toute sa science, toute son éloquence, toute sa perspicacité, tout Mercure enfin est porté du côté de l'art; l'argent ne vient chez lui qu'en seconde ligne. Sa forte logique l'emporte de beaucoup sur sa volonté ; car son pouce court 3 le laisse indécis, irrésolu, plutôt plus apte à être dominé qu'à commander lui-même; il lui donne des joies, des espérances, et lui jetterait aussi des découragements, des désespoirs, si le mont de Mars n'était puissant et calme, si l'imagination4 n'était pas calme et puissante.

Toute cette partie de la main, sans rides, annonce une sérénité invincible, une placidité, un courage de résis-

\. Deuxième phalange des doigts.

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