‹ Chiromancie nouvelleChapitre 196 sur 200 · ALEXIS · texte numérisé non relu

ALEXIS

Le célèbre somnambule Alexis est presqu'entièrement sous l'influence de Saturne d'abord, et de la Lune ensuite, puis de îMars et de Vénus.

Saturne donne à Alexis les doigts longs, noueux, au nœud philosophique très-développé, le pouce large à la première phalange, le médius large aussi à la phalange onglée, la peau noire, les cheveux noirs, la maigreur, la pâleur, la tristesse, l'indépendance poussée à l'excès, le

rigorisme de la justice, la mâchoire assez large, les sourcils froncés et bas sur les yeux; la Lune lui donne les yeux voilés, les mains molles; Mars, Vénus et Jupiter agissent sur son caractère, mais sans altérer extérieurement les signatures de Saturne.

Il a donc les mains longues, maigres, molles, mais spatulées par l'influence de Mars; Vénus a tracé dans sa paume le commencement de son anneau et des grilles sur le mont du pouce ; la première phalange du pouce est élargie par Saturne : c'est entêtement.

Dans la main gauche, la ligne de cœur est belle: il est sensible, aimant ; sa ligne de tête droite lui donne des goûts de gain et d'économie; une sœur de la ligne de tête descend vers la Lune et éveille l'imagination ; la croix mystique est bien écrite, le mont de Mars est calme, mais développé, et vient ajouter à ses instincts de résistance; la Saturnienne dans cette main se dirige au mont du Soleil : c'est célébrité donnée par Saturne. Dans la main droite , la ligne de tête est droite et longue (signature de Saturne) ; la Saturnienne est belle ; Mercure développé, lui donne des intuitions et au besoin la ruse.

Chez Alexis, Saturne domine presque absolument ; la Lune même n'est que secondaire. Son somnambulisme devient donc une seconde vue à laquelle Saturne préside, et il doit surtout avoir une lucidité extrême lorsqu'on le consulte sur les spécialités saturniennes : comme, par exemple, sur la découverte de trésors enfouis, de filons dans les mines, sur l'agriculture, sur les

problèmes de sciences, et aussi sur les maladies inspirées par cette triste planète.

Il est évident pour nous, et l'harmonie générale le veut ainsi, que les somnambules sont plus lucides dans la découverte des choses qui sont influencées par les astres dont ils portent eux-mêmes plus spécialement les signatures. Ainsi, une somnambule influencée par Vénus sera consultée avec succès sur les intrigues d'amour; Mercure lui donnera, avec ses influences principales, l'intuition des sciences hermétiques; la Lune la rendra plus apte aux révélations mystiques, et ainsi des autres.

Cette direction nouvelle basée sur la logique doit amener nécessairement des résultats plus satisfaisants et plus certains dans l'exercice du magnétisme.

Il est de même nécessaire, lorsque l'on voudra conquérir une spécialité, que le magnétiseur soit en harmonie planétaire avec le somnambule, ou qu'il ait au moins les qualités qui complètent les influences heureuses d'une planète par de sympathiques alliances que nous avons indiquées déjà : comme celle de Mercure favorable avec Saturne, celle de Mars favorable avec Vénus.

Ainsi Marcillet, le magnétiseur d'Alexis, est dominé par les planètes de Jupiter, de Mercure et de Vénus, qui toutes sont en harmonie heureuse avec Saturne (planète influente d'Alexis). C'est Mercure favorable chez Marcillet qui ajoute, par alliance, une intensité plus grande à la merveilleuse lucidité d'Alexis.

Nous terminerons ici nos portraits.

Si l'on nous demande pourquoi nous n'avons étudié que des mains d'artistes plutôt que de décrire un type de chaque profession, comme médecins, magistrats, commerçants ou militaires , nous répondrons qu'il nous a paru préférable, pour faire mieux apprécier et comprendre nos applications, de donner un exemple des variétés qu'une seule catégorie présente. Celle des artistes, étant évidemment de toutes la plus sensitive, est par cela même celle où les nuances de différences sont les plus difficiles à saisir et à expliquer. Les autres sont plus écrites; et si le lecteur nous a suivi attentivement, et nous n'avons pas épargné les dissertations et les exemples , il lui sera facile d'étudier chaque main dans sa spécialité. On trouvera d'ailleurs que les hommes supérieurs de chaque profession ont tous quelque chose de l'artiste, comme la rapidité d'intuition, la spontanéité du parti pris, la facilité d'élocution. Ils sont artistes même, car ils ont presque tous le goût et le sentiment des arts.

Disons-le toutefois, cette considération c[ui nous a déterminé à étudier les artistes de préférence n'est pas la seule, il y en a deux autres encore, et les voici :

On trouve chez les artistes une affabilité, un laisser aller, une expansion que l'on ne rencontre guère chez les gens haut placés dans le monde. Ceux-ci, par habitude, par prudence, par suite de leurs relations journalières, par les exigences de leur position enfin , sont obligés de conserver un certain décorum, une dignité un peu empesée, une affabilité protectrice , condescen-

dante, qui ne s'harmonise que médiocrement avec notre politesse dorée, mais conservant au fond, bien que nous puissions faire, un alliage d'indépendance.

Et puis, en second lieu, nous sommes artiste nousmême : là sont toutes nos sympathies, et nous l'avouerons, et l'on nous pardonnera notre chauvinisme eu égard à notre franchise, nous ne concevons pas de vie possible en dehors de l'art. Nous ne demanderions pas mieux que d'être un peu riche, assez pour nous donner par hasard un peu de superflu; mais, en vérité, nous ne voudrions pas 1 être trop, de peur d'émousser notre sensibilité au contact de l'or, et de peur de mépriser peut-être notre frugalité, notre amour de l'étude, nos promenades à pied sur la grande route, et nos extases en face d'une belle nature ou d'un coucher de soleil.

Nous voudrions admirer, vénérer de cœur toutes les grandeurs de la terre et rendre à la richesse, aux dignités, à la noblesse héréditaire, l'hommage qui leur est dû, mais hélas! cela nous est impossible. On ne peut révérer ce que l'on ne désire pas. Nous admettons volontiers toutes les hiérarchies, mais nous n'avons de respect sincère que pour le génie, que pour l'artiste supérieur.

Nous admirons ce type étrange, cette organisation toujours agitée, toujours nerveuse, toujours dévorée par une fièvre inexplicable, toujours prête à trembler au moindre souffle .de plaisir, de chagrin, de gloire ou d'amour! cette voix qui vibre si haut, soit

qu'elle pleure, soit qu'elle chante, qu'elle éveille dans tous les cœurs un écho sympathique! Le grand artiste a le secret de la vie; il anime le marbre, il anime la toile, et fait causer la mer, les rochers, les bois et les fleurs; comme l'aérostat, il s'élève au-dessus de la demeure des hommes, et, comme l'aérostat, dès qu'il quitte la terre, il devient le jouet d'inspirations qui n'appartiennent plus à la terre, et, poussé dans sa course irrégulière tantôt vers le midi, tantôt vers le nord, il prête à rire aux sages enfants du monde qui marchent de plain-pied sur le sol natal. Mais ces voix railleuses lui parviennent à peine, suspendu qu'il est entre la terre et le ciel ; il écoute ailleurs ; son cœur palpitant répond à des harmonies inconnues; il sent frissonner tout son être d'un ineffable plaisir, il tressaille, il souffre, il vit, il parle, il éblouit, il charme, il entraîne !

Écoutez, sages du calcul, gens aux nerfs paisibles : toutes les cordes se ressemblent; il n'y a que celles qui vibrent qui donnent un son.

Sans doute, et nous en avons comme une révélation secrète, nous avons vécu d'une vie antérieure. Avonsnous été poète, philosophe, trouvère, imagier, mosaïste, bohémien ou ménétrier? Nous ne saurions le dire; mais à quelque degré que ce soit, artiste du palais ou de la rue, nous avons été artiste à coup sûr.

Et maintenant, en terminant cet ouvrage, et après de si longues dissertations, sur l'influence des astres, nous croyons devoir exprimer bien clairement nos convictions.

Les influences des astres sont incontestables; mais ce qui est plus incontestable encore, c'est l'action universelle et toute-puissante d'un être éminemment supérieur, qui régit les astres, les cieux, les mondes visibles, les mondes invisibles, les espaces sans bornes, l'immensité ! Cet être que notre raison éblouie ne peut concevoir, cet être qu'elle adore et auquel elle n'ose donner un nom, les hommes l'ont appelé Dieu.

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