L1TH0TR1TIE
l’effet désiré. On reconnaît ce dernier à la détente des muscles, à l’insensibilité aux excitants extérieurs, la lumière, les pincements, etc. Le patient tombe comme dans un sommeil paisible ; sa respiration est tranquille; le pouls, qui au commencement a été agité, s’est également calmé. Souvent ce calme général est précédé d’une grande excitation et de tous les phénomènes de l’ivresse. Mais celle-ci est passagère, et bientôt l’action sédative se produit. Le chirurgien peut alors commencer l’opération, qui perd ainsi ce qu’elle a de douloureux, car elle a lieu comme sur un corps inanimé.
Dans la pluralité des cas, il n’est nécessaire de rien faire pour faire revenir l’opéré à lui-même. L’action du chloroforme est de courte durée et se dissipe d’elle-même. S’il était besoin de recourir à des moyens, on ferait respirer au malade l’air frais et quelques sels, de l’ammoniaque, par exemple. Les enfants tombent généralement dans un sommeil profond qu’il est bon de respecter. La régularité de la respiration et du pouls, l’état paisible de la face, indiquent qu’on n’a rien à craindre. '
LITHOTRITIE.
Parmi les progrès de la chirurgie nous signalerons encore ceux qui ont permis de substituer des manœuvres simples à des opérations sanglantes.
Telle est, entre autres, la lithotritie, ou le broiement des calculs urinaires.
La taille est une opération qui , si elle n’est plus douloureuse depuis l’invention du chloroforme, est pleine de dangers. On le conçoit facilement. Il faut, à travers une grande épaisseur de parties molles, se frayer une voie vers la vessie, l’inciser, au risque de rencontrer des vaisseaux importants, et, par l’extraction même de calculs volumineux, de froisser le col de l’organe et de produire ainsi des fistules toujours difficiles à guérir. Aujourd’hui on introduit dans les voies naturelles des instruments au moyen desquels on saisit le calcul, et on le broie ou on le perfore en morceaux assez ténus pour pouvoir être expulsés avec les urines. C’est donc un progrès réel.