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CRAMPE DES ÉCRIVAINS

Sous ce titre générique on doit comprendre une série de troubles fonctionnels survenant dans la musculature de la main et du bras à la suite de l'usage excessif et exclusif d'un certain nombre de ces muscles.

Cette affection ne se développe pas seulement chez les écrivains, mais s'observe également clans un certain nombre d'autres professions : employés clés télégraphes, pianistes, violonistes, fabricants de cigarettes, etc.

Ces contractures se voient également à la suite d'états pathologiques : périostites, ongle incarné, ulcérations du bras (Runge).

La crampe n'est qu'un des nombreux symptômes de cette maladie bizarre, et souvent elle n'apparaît qu'à la fin.

Toujours ou presque toujours elle est précédée ou accompagnée d'un certain nombre des symptômes suivants : fatigue, tremblement, fourmillement, engourdissement, anesthésie, hypéresthésie, etc.

Ces phénomènes, qui peuvent avoir leur point de départ dans le système nerveux central ou bien dans les expansions périphériques des nerfs, sont le résultat d'une application soutenue et de la répétition fréquente des mêmes mouvements. Il est bien entendu qu'une irritabilité particulière à l'individu constitue une cause prédisposante importante.

Au début le malade éprouve des tiraillements et des douleurs vagues dans les muscles de la main et de l'avant-bras. Puis survient un tremblement, et bientôt une impossibilité de mouvoir

certains muscles. Cette contracture n'empêche d'abord que les mouvements qui l'ont occasionnée, le plus ordinairement les mouvements des lléchisseurs du pouce et de l'index ; mais bientôt elle s'étend à toute la main et à l'avant-bras. Plus tard il peut survenir une paralysie plus ou moins complète.

Le traitement de cette affection s'adressera à la moelle, lorsqu'on aura quelque raison de supposer une altération de cet organe.

Les injections hypodermiques de strychnine associées à l'emploi de l'électricité, les courants continus, le massage sont très utiles ; mais il faut souvent faire porter aux malades des appareils prothétiques spéciaux, et c'est pour cette raison que nous avons jugé utile de dire quelques mots de cette singulière névrose.

Nous prendrons la crampe des écrivains comme type de ces spasmes fonctionnels, et nous allons décrire rapidement les différents moyens qui ont été employés pour y remédier.

Ces moyens doivent remplir les deux indications suivantes : immobiliser les doigts et donner à la main une position qui permette la synergie musculaire, à condition que cette position diffère de celle qui est habituellement employée pour écrire.

L'appareil le plus simple et le moins dispendieux consiste à remplacer le porte-plume par un cône en bois ou en liège dans lequel on creuse des sillons destinés à loger les doigts. Pour

Fig. 49. — Appareil de Ferdinand Martin.

fixer l'endroit exact et la place de ces sillons, il faut entourer le porte-plume d'une couche de cire à modeler (fig. 49). Le malade

se sert alors du porte-plume, en ayant soin de donner à ses doigts l'attitude qui prévient le plus efficacement les crampes : on a ainsi la notion exacte de l'empreinte et du creux à donner à l'instrument.

L'appareil de Gazenave (fîg. 50) est constitué par deux cercles en

Fig. 50. — ■ Appareil de Cazenave de Bordeaux.

caoutchouc servant à immobiliser le pouce, l'index et le médius dans la position adoptée pour l'écriture. Chacun de ces cercles

Fig. 51. — Porte-plume à anneaux de Mathieu.

est muni d'un ajutage avec vis de rappel destiné à fixer le porle-plume.

Cet appareil a l'inconvénient de mettre enjeu les interosseux et les lombricaux qui, au bout de peu de temps, sont atteints de crampe et refusent le service.

Aussi a-l-on essayé* à prévenir cet accident en fixant la plume

à doux anneaux destinés à recevoir les doigts étendus (fig. 51).

Dans une autre série d'instruments les doigts sont affranchis de la nécessité de maintenir l'a plume.

L'appareil de Velpeau (fig. 52) est un des plus simples dans ce genre.

Fig. 52. — Appareil de Velpeau.

Il consiste en unïtube adapté à un manche en forme de poire soit d'une manière fixe, soit au moyen d'une articulation.

Le tube reçoit le porte-plume qui glisse à frottement de façon à pouvoir monter ou descendre à volonté.

Fig. 53. — Appareil de Duchenne.

L'appareil de Duchenne (fig. 53) est constitué par un palet circulaire ou ovale légèrement convexe à sa face supérieure et portant

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sur son bord une plume à laquelle on peut donner une inclinaison plus ou moins grande. La plume peut être placée à volonté entre le pouce et l'index ou entre celui-ci et le médius. L'appareil, appliqué dans la paume de la main, glisse facilement sur le papier.

Le même auteur a modifié son appareil en plaçant le palet circulaire ou ovale sur un support plus ou moins élevé glissant au moyen d'un galet roulant (fig. 54). Une courroie élastique assujettit l'appareil à la main. L'inclinaison de la plume peut varier également.

Ces divers modèles que nous venons de décrire montrent dans

Fig. 64. — Appareil de Duchenne.

quel ordre d'idées on a cherché à remédier à ces troubles fonctionnels. Ils serviront de guide pour la construction de moyens prothétiques destinés à neutraliser l'action des muscles contractures ou paralysés à la suite d'un exercice trop longtemps soutenu.

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