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TUMEURS

L'immense majorité des tumeurs de la main s'observe sur l'adulte ou le vieillard. On a cependant vu quelquefois des lipomes, des fibromes, des enchondromes congénitaux. Nous les mentionnons aux chapitres consacrés à ces tumeurs.

Sans essayer d'établir une classification de ces néoplasies pour la main, nous nous contenterons de les décrire successivement en les groupant autant que possible par rapport à leur origine, à leur gravité et à leur composition. Nous ferons observer toutefois qu'un certain nombre de ces tumeurs ont été classées sous des dénominations différentes. La clinique a subi naturellement le contre-coup des fluctuations de l'anatomie pathologique : le cancer, par exemple, d'il y a trente ans n'est plus le cancer d'aujOtird'hui et nous avons dû rejeter toutes les observations dans lesquelles l'examen microscopique n'avait pas été consciencieusement pratiqué.

A. PAPILLÔMES.

Les verrues sont de petites excroissances d'une consistance ordinairement ferme, tantôt mobiles et superficielles, tantôt profondément implantées dans le derme. Elles sont constituées par l'hypertrophie d'une ou de plusieurs papilles dermiques revêtues d'une couche d'épiderme souvent proliférée.

Elles peuvent se développeràtout âge, mais sont plus fréquentes dans l'enfance et la jeunesse que dans la vieillesse. Tantôt elles

sont isolées, tantôt elles apparaissent soudainement et en grand nombre et disparaissent de même, sans qu'il soit possible d'établir sous quelle influence. J'observe en ce moment un malade chez lequel on compte 288 verrues disséminées sur les deux mains.

Quelquefois enfin elles peuvent se montrer à l'état confluent et simuler des végétations analogues à celles qu'on voit sur les organes génitaux (fig. o5).

Ces tumeurs siègent plus souvent à la face dorsale qu'à la face palmaire et sont plus gênantes que douloureuses.

Annandale et Holmes ont signalé une variété de ces verrues naissant sous la partie terminale de l'ongle et causant des douleurs très violentes. Je les ai vues également survenir dans cette région à la suite de contusion, mais sans occasionner ces douleurs violentes dont parlent les auteurs anglais.

Signalons enfin quelques cas rares dans lesquels ces hypertrophies sont devenues, au bout d'un temps très long (30 ans), le point de départ d'un cancer épithélial.

Le traitement est des plus simples. Quand la Kg. 55. — Papiiio- verrue est pédiculée on l'enlève par la liga-

mes du doigt (Mu- ture. Dans le cas contraire, on obtient la gué-

sée Saint-Louis ,

no 4m nson au moyen de cautérisations répétées avec

de l'acide acétique, chromique ou nitrique, de la teinture d'iode, du perchlorure de fer. On a vanté également l'usage d'une solution saturée de bicarbonate de soude. On détachera hâtivement avec le bistouri la petite eschare ainsi formée pour cautérisera nouveau les parties sous-jacentes.

Quand les papillomes sont réunis sur une petite surface, il sera bon de pratiquer le raclage avec la curette avant d'appliquer le caustique. Mais il est important de ne pas entamer avec

l'instrument la couche vasculo-nerveuse pour éviter la douleur et les lymphangites.

Cornes. — Ces productions, qui sont le résultat do la prolifération dos cellules épidërmiques, ont été signalées par plusieurs auteurs, surtout au niveau de la face dorsale des phalanges où elles se présentent sous la forme d'un cône plus ou moins allongé et volumineux(fîg. 56).

On les a vues également naître sur du tissu de cicatrice.

Le sexe féminin et la vieillesse y semblent particulièrement prédisposés.

Si ces tumeurs étaient douloureuses ou gênantes, si surtout elles étaient multiples, ce qui arrive fréquemment, on en débarrasserait le malade soit avec l'instrument tranchant, soit au moyen d'une ligature suivie ou non de cautérisation.

Fig. 56. — Corne de la face dorsale de la main (Musée Dupuytren, n° 48).

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