‹ Chirurgie de la plevre et du poumonChapitre 28 sur 99 · ACCIDENTS ET COMPLICATIONS · texte numérisé non relu

ACCIDENTS ET COMPLICATIONS

1° Forme syncopale pure. — Cette première forme esl relative m enl rare : Cestan en a réuni 20 cas. Le pronostic est grave, car 16 fois sur ces 20 cas, la mort survint. Parfois elle fut immédiate, le malade s'affaïssant sans un cri; plus souvent, elle fut précédée d'une période d'angoisse pendant laquelle le malade pâlissait, respirait difficilement; les pupilles se dilataient, les mouvements du cœur devenaient de plus en plus faibles, puis cessaient complètement.

Pcul-ftre cette forme clinique cache-l-elle des accidents de nature fort différente, et nous serions d'autant plus tentés de le croire que la syncope se présente à des moments très variables.

Tantôt, comme dans le cas de Slephen Paget ', elle survient au moment où lo bistouri entame la peau, lantùt pendant la section d'une cdie % plus souvent, pendant l'évacuation du pua, bien plus souvent encore au cours d'im lavage, que celuici ait été fait au moment de l'opération ou même longtemps après.

Il est impossible de ne pas comparer les accidents qui surviennent en pareil cas, à ceux qui suivent trop souvent le lavage d'un abcès ou d'un kyste pulmonaire communiquant avec les bronches.

1. Pflget (S.). A past-i/raduoie leclurt onsome caset iUutlrating Ihe surgery of Ihe cliesl. — The Lancel, LondOD, 18913, 1, 1099-1101.

2. De CérentiUe. Dp la résection de» cCCes dans le traitement dea excavations et des fialuie» consécutives à la pleurésie purulente. — Heii. mfd. de la Suisse romande, GenÈTB, 1886, VI, 321; 101; iS--i97.

A la forme syncopale pure, Cestan ajoute une forme de transition ; st/ncope avec convulsions légères. L'époque de l'accident est fort différente, comme dans les cas précédents, mais le pronostic est moins grave ; les accidents syncopaux dominent la scène ; les convulsions sont yariables et comme territoire et comme intensité, mais jamais elles ne présentent les trois phases de l'épiiepsie convulsive, tonus, clonus et coma, comme dans la forme générale.

2° Forme convulsive. — La forme convulsive pure est plus fréquente que la précédente ; Jeanselme en réunit 19 cas, Cestan 29, dont 16 guérisons et 13 décès.

L'allaque peut être précédée d'un malaise, dune Ultra parcourant le membre supérieur, d'une grande pâleur, souvent d'un cri,

La période tonique dure une ou deux minutes ; le thorax est immobilisé, les principaux signes sont ceux de l'éclampsie. XiaLtisla. phase clonique, les mouvements convulsifs prédominent du côté correspondant à la pleurésie ; et cependant.

Rendu les a observés siégeant exclusivement du côté sain.

A ces secousses, fait suite la phase comateuse et le pronostic est d'autant plus grave que celle-ci se prolonge davantage.

Accompagnant ou suivant ces troubles moteurs, Jeanselme a étudié des troubles intellectuels, des troubles aphasiques, sensoriels, de sensibilité générale (anesthésie ou hypereslhésie) , des troubles vaso-moteurs, trophiques, tliermogènes.

ACQDEMTS ET COMPI. [CATIONS BD

La forme convulsïve avec hémiplégie est une nsilion avec la forme suivante. Quoi qu'en be'Jeanselmc, la paralysie ne parait pas siéger ujours du même côté que rempyème.

' Forme hémiplégique. — Très rare, d'ail- , cette forme serait caractérisée, d'après nselme, en ce qu'elle survient d'emblée sans ises convulsives et en ce qu'elle no s'accom- ;gne pas de perte de connaissance.

jtiCestan décrit une hémiplégie avec syncope \ une hémiplégie sans syncope ; dans ce dernier cas, les troubles demotilité étant tantôt rapides, tantôt lents.

Pathogénie des accidents nerveux. — Les théories pathogéniques proposées pour expliquer les accidents nerveux peuvent se ranger en trois groupes : causes toxiques, mécaniques, dynamiques.

1° Parmi les partisans de la théorie toxique, les uns ont accusé X'urémie; mais l'albumine a toujours fait défaut; les autres, comme JeanselmeetTalamon, ont invoqué une loxi-infection et se sont appuyés sur la fréquence des accidents nerveux dans la pleurésie métapneumonique.

2° Des théories mécaniques, celle de l'embolie est la plus intéressante : elle a pour elle des faits non douteux, mais ne correspond probablement qu'à un nombre restreint de cas.

3° La théorie de l'acte réflexe, sur laquelle viennent se grctTer celle de l'épilepsic et de l'hysléro-traumalisme, compte un très grand nombre de partisans, correspond peut-ûtre aux

faits les plus nombreux, mais ne repose cependant que sur des hypothèses.

C'est avec raison, semble-t-il^ que Ceslan, à propos de la prophylaxie des accidents nerveux, insiste sur le danger des lavages.

Comme moyens curatifs, il propose la flagellation, la faradisation, et, en particulier, celle du nerf laryngé supérieur, les tractions de la langue, les excitants divers dans les formes syncopales; contre les formes convulsives, les calmants : chloroforme et chloral ; contre les formes paralytiques dui'ables : l'électricité, le massage.

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